vendredi 3 mai 2013

Les lobbies qui nous gouvernent…

Il y a 50 ans dans Lectures Françaises
N° 74-75 de mai-juin 1963 (1)
 
Qui sont-ils ? Les lobbies qui les tiennent en laisse
« Comme le paysan aime à voir une vache avant de l’acheter, l’électeur aime à connaître celui pour qui il va voter » (Jean Legaret).

Le bon sens du paysan est bien connu, mais où est celui de l’électeur ? Ce dernier ne peut jamais connaître celui pour qui il va voter. Ce n’est que lorsque celui-ci a débuté son mandat qu’il commence à faire sa connaissance.

Le numéro double de mai et juin 1963, propose une analyse, sous forme de notices, des députés de la Ve République du gouvernement De Gaulle. Ainsi, sont notamment brossés les portraits de Chaban-Delmas, député de Gironde, Michel Debré, député de la Réunion, François Mitterrand, député de la Nièvre, pour ne parler que de quelques-uns. Chaque député est rattaché aux partis, aux associations, ou bien au groupe auquel il appartient. Ce sont ces lobbies qui font la pluie et le beau temps. Aussi nous vous proposons ici un petit dictionnaire de ces mouvements. Certains sont encore bien actifs, on ne sera pas étonné d’y retrouver : la LDH, la LICRA, le MRAP
 
François-Xavier d'HAUTEFEUILLE
 
 
LES LOBBIES QUI NOUS GOUVERNENT
ALLIANCE FRANCE-ISRAËL – Fondée par M. Jacques Soustelle, l’Alliance France-Israël  a pour objectif la conclusion d’une alliance militaire entre le jeune Etat juif et notre pays. Les protagonistes de cette alliance s’ils se rejoignaient dans leurs conclusions, obéissaient à des mobiles très différents : les uns estimaient que l’appui militaire de l’armée israélienne, considérée comme la meilleure du Proche-Orient, obligerait la Ligue Arabe à plus de prudence dans son aide au F.L.N. et permettrait ainsi à la France de réduire la rébellion ; les autres avaient surtout en vue la défense d’Israël menacé, disent-ils, dans son existence même par les pays arabes ; pour eux, l’Algérie en guerre était un abcès de fixation : tant que les Arabes seraient occupés en Afrique du Nord, ils ne s’occuperaient pas d’Israël. L’homologue israélien de cette alliance a pour président M. Begin, chef du parti Herout, nettement expansionniste, dont le programme se résume en ces mots : « Du Nil à l’Euphrate ».

vendredi 12 avril 2013

Oui au mariage religieux seulement

« Il y a au fond de la nature humaine un paganisme impérissable qui se réveille à tous les siècles, qui n’est pas mort dans le nôtre (ndlr : le XIXe), qui retourne toujours volontiers aux philosophies païennes, aux lois païennes, aux arts païens parce qu’il y trouve ses rêves réalisés et ses instincts satisfaits ». 
Frédéric Ozanam
 
Il est inutile de revenir en détail sur les différentes péripéties ayant accompagné le « mariage » homosexuel, appelé improprement « mariage pour tous ». Ce pseudo-mariage imposé par le puissant lobby gay ne devrait pas en rester là. Il est vrai que l’évolution des mœurs et, par voie de conséquence, l’effondrement de la morale ont été extrêmement rapides. Hier encore, en 1990, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) plaçait l’homosexualité dans la nomenclature des maladies mentales. De la dépénalisation des relations homosexuelles avec des mineurs consentants de plus de 15 ans en 1982 (1) à la pénalisation du délit d’homophobie en 2004, l’homosexualité en France a gagné le combat culturel, si cher au philosophe italien marxiste Antonio Gramsci, puissamment aidé, il est vrai, par la classe politico-médiatique.
 
UNE DÉCISION IMPOSÉE PAR LE TRAITÉ DE LISBONNE
 
Elle vient de gagner le combat politique malgré le très petit nombre d’homo­sexuels militants. Comme le dit très justement l’Observatoire de l’Europe : « Le vote du mariage homosexuel en France entraînera automatiquement l’adoption de la PMA et de la GPA (2) conformément aux juridictions européennes. Le mariage, et non “l’union civile”, permet automatiquement de bénéficier de l’arsenal juridique européen pour imposer de l’extérieur la révolution sociétale recherchée. Il est vain de souhaiter le mariage sans la PMA ou avec la PMA mais sans la GPA. C’est tout ou rien car qui dit mariage dit adoption, PMA et peut-être aussi GPA, car la finalité du mariage est la fondation d’une famille ».
 
Nous y sommes. J’expliquais déjà dans Lectures Françaises (n° 657 de janvier 2012 ) que Sarkozy réélu, n’aurait pu s’opposer au mariage homosexuel en vertu de la Convention européenne des droits de l’homme du Conseil de l’Europe et de la Charte européenne des droits fondamentaux du Traité de Lisbonne sauf à les dénoncer et à quitter l’Union européenne ce qu’il n’envisageait à aucun moment. Dans le même sens, Nigel Farage, député européen britannique, coprésident du groupe eu­roscepti­que
EFD (groupe Europe, Libertés, Démocratie) dénonce, à juste titre, la préparation au Parlement européen du rapport du député socialiste italien (ex-communiste) Luigi Berlinguer qui imposera la reconnaissance du « mariage » gay et de tous les actes d’état civil y afférant dans l’ensemble de l’Union européenne et rendra juridiquement contraignant tout mariage ou même pacte civil conclu dans un pays de l’UE, dans tous les autres Etats membres, y compris ceux opposés à ce type d’union. Et dire que certains croyaient aux promesses de Bruxelles lorsqu’elle affirmait, la main sur le cœur, défendre le principe de subsidiarité, en particulier en matière de droit de la famille !
 
Demain, au rythme infernal des évolutions sociétales et avec la suppression des barrières morales, certains esprits pervers ou  maçonnico-démoniaques exigeront le mariage avec des mineurs, la polygamie ou tout autre pseudo-mariage dévoyé. Dans ces conditions, que signifie encore la notion de mariage civil, union contractée entre un homme et une femme majeurs comme le précise l’article 144 du code civil ? L’article 212 du même code rappelle que « les époux se doivent mutuellement respect, fidélité, secours et assistance » et l’article 213 précise que « les époux assurent ensemble la direction morale et matérielle de la famille, ils pourvoient à l’éducation des enfants et préparent leur avenir ». Nous sommes, aujourd’hui, à des années-lumière de ce projet de vie commune, de ce mariage classique qui avait résisté, bon an mal an, aux évolutions et mutations de la société française.

Olivier DESTOUCHES


(1) Un premier ministre en exercice d’un pays membre de l’UE avait bénéficié d’un non-lieu car le mineur en question avait plus de 15 ans au moment du procès.
(2) PMA : procréation médicalement assistée ; GPA : gestation pour autrui. Contrairement à ce que vous pourriez croire, on ne parle pas d’étalons et de poulinières au Haras national du Pin !



Extrait du n° 672 (Avril 2013) de Lectures Françaises

lundi 11 mars 2013

La pilule tue !

LES POLITIQUES PRENNENT PEUR.
Depuis des décennies l'action des pouvoirs publics – de « droite » comme de gauche n'a cessé d'étendre et de faciliter la contraception, principalement la pilule vers les adolescentes. Le prétexte invoqué est l'excès « d'ivg » chez les gamines, ce qui prouve bien, au passage, combien le vagabondage sexuel encouragé par la contraception, est la véritable cause de ces fameuses « grossesses non désirées », pour lesquelles les pouvoirs publics pourraient bien mettre en œuvre une autre solution que l'avortement.
– la loi HPST du 21 juillet 2009 (Hôpital, Patients, Santé, Territoire : un drôle d'assemblage...) du gouvernement Sarkozy-Fillon avec Roselyne Bachelot comme ministre de la Santé, autorise, par exemple, les infirmiers à renouveler la prescription des contraceptifs. Et c'est la même Roselyne Bachelot qui a accordé le remboursement de ces fameuses pilules de troisième génération par la sécurité sociale.
– en 2010 le « kit-contraception », distribué gratuitement par la volonté de Ségolène Royal dans les écoles publiques, est financé par le Conseil Régional de Poitou-Charentes. Cette mesure est maintenant étendue à toutes les régions de France, pour un coût qui n'est pas précisé…
Avec le scandale des pilules de troisième génération, les ombres du Sang Contaminé et du Mediator ressortent brutalement du placard, menaçant les politiques qui commencent à serrer les fesses !
Une semaine après l'article du Monde, le 21 décembre 2012, l'Agence Nationale de Sécurité du Médicament – celle-là même qui a autorisé sous Bachelot le remboursement des pilules – dans une lettre envoyée à 80 000 généralistes et gynécologues français, leur recommande de prescrire de préférence des pilules de deuxième génération : « afin de réduire les risques de thrombose ».
Marisol Touraine, ministre de la Santé du gouvernement Ayrault – fanatique partisan de la contraception et de l'avortement – semble désemparée et prend, fin décembre 2012, une mesure de gribouille, en décidant de mettre fin au remboursement des pilules de troisième génération, à partir du 30 septembre 2013, sans pour autant en interdire la vente. S'attirant la protestation du président de l'Académie de Pharmacie citée plus haut.
Le 11 janvier 2013, à l'occasion d'une conférence de presse, elle avance la date au 31 mars, dans l'affolement semble-t-il, histoire de faire quelque chose. Mais non sans rappeler – pour une fois à juste titre – sur l'air de « c'est pas moi, c'est elle », le rôle de Roselyne Bachelot en 2009.
A ses côtés le directeur de l'ANSM, Dominique Maraninchi, se révèle merveilleusement empêtré dans un discours contradictoire. Après avoir, début janvier, virilement affirmé qu'il souhaitait « voir baisser l'utilisation des pilules de 3e génération », il déclare, le 11, dans un discours d'anthologie : « On n'est pas dans une situation d'urgence. Sans cela on prendrait des mesures plus importantes… En soi elles (les pilules de troisième) ne sont pas dangereuses, mais ce qui est dangereux collectivement c'est si elles sont trop prescrites, ou mal prescrites… »! Refilant ainsi fielleusement le bébé au corps médical : « c'est pas moi, c'est eux »…
Marisol Touraine, en effet, laisse entendre son intention de mettre en place « un dispositif » où médecins et gynécologues pourraient avoir « à justifier leurs ordonnances ». Le spectacle est loin d'être terminé ! Mais pourquoi ne pas interdire purement et simplement ces pilules ?
Mais les bombes à retardement n'en finissent pas d'exploser, et l'étau de se resserrer sur l'Administration. Le 28 janvier 2013, l'ANSM se voit contrainte de confirmer l'enquête révélée par Le Figaro, à propos de la pilule Diane35 (3) du laboratoire Bayer (125 cas de thrombose en 25 ans, dont 7 décès), en tentant d'en minimiser la portée en ne retenant que 4 décès sur les 7… Minable procédé de défense, les 3 décès « rejetés » en quelque sorte correspondant selon l'Agence « à des pathologies sous-jacentes des patientes concernées ». Formule alambiquée pour noyer le poisson, sans expliquer que ces pauvres jeunes femmes avaient des varices, ce qui était bien leur droit, si je puis dire… mais ne change rien sur le fond.
Dominique Maraninchi, qui apparaît bien comme le fusible potentiel de Marisol Touraine, développe alors une argumentation dialectique très élaborée, mais un peu simpliste, pour justifier, envers et contre tout, la contraception hormonale : « Diane était mise sur le marché comme traitement de l'acné, pas comme contraceptif » ! Passez muscade…
Les suites judiciaires sont actuellement imprévisibles. Les plaintes ne font que commencer. Les politiques comme d'habitude s'en tireront probablement. Mais le dogme de la « bonne contraception » est sérieusement ébranlé. Nous ne pleurerons pas.
Restent les malheureuses victimes du « tout contraceptif », comme du « tout abortif », le chemin est le même. Nous prierons pour elles, pour leur familles, non sans cesser « en tant que médecins catholiques » de refuser de prescrire la pilule et de recommander la régulation naturelle des naissances (4), seule solution raisonnable que l'Eglise catholique a toujours préconisé.

Docteur Luc Perrel
(janvier 2013)
 


(3) Le 31 janvier 2013, la pilule Diane35 vient d'être retirée des pharmacies par décision de l'ANSNF. A titre d'information, voici sa composition : éthinylestradiol : 0,035 mg
                                                                      acétate de cyprostérone : 2 mg
Le fait que Diane35 ait été mise sur le marché par le laboratoire Bayer avec comme seule indication le traitement de l'acné, signifie simplement la volonté du laboratoire d'élargir la diffusion de ses pilules. Ses effets contraceptifs – inhérents à sa composition – sont connus depuis le début de tous les médecins, qui la prescrivent pour cela, même si ce n'est pas écrit sur la boite, comme du ministère de la Santé et de l'Administration.
(4) NDLR : Sur la régulation naturelle des naissances et en particulier la méthode Billings, consulter la brochure du docteur Perrel, Eloge de la fécondité (Cahiers Saint Raphaël, 2009). Nous rappelons également le n° 266-267 de Lecture et Tradition (avril-mai 1999 : De la pilule au clonage, les méfaits de la bioéthique, par L. Perrel.


Extrait du n° 671 (Mars 2013) de Lectures Françaises

mercredi 6 mars 2013

Les enfonceurs de portes ouvertes

Des élus de l’UMP, relayés par Le Figaro Magazine, ont repris, il y a un mois, les critiques habituelles sur la « chasse aux sorcières » que mènerait le Parti socialiste en écartant certains hauts fonctionnaires pour attribuer des postes à leurs amis. Ils ont parlé d’ « Etat PS ». Nous l’avions déjà connu dans les années Mitterrand, après avoir subi l’Etat RPR.
Trois exemples ont été avancés. La promotion d’Olivier Schrameck devenu président du CSA, celle de Jack Lang à la tête de l’Institut du monde arabe à Paris et celles, en série, de bénéficiaires des mouvements habituels dans les administrations. On y trouve les mesquineries vengeres­ses habituelles après chaque « libération » : le gouvernement a retiré le titre de « préfet hors cadre » à MM. Renaud Bachy et Olivier Buchen, considérés comme « à droite » tout en accordant ce même titre à deux petits camarades socialistes, un qui est conseiller de Manuel Valls, Yves Colmou (un nom qui aurait ravi Labiche ou Courteline), l’autre, Pierre Besnard, est chef de cabinet de François Hollande.
Reste le cas incertain de Mme Lauvergeon. Fin janvier, les gazettes la présentaient comme la favorite de l’Elysée pour prendre la tête d’EADS. « On » lui devait ça. N’avait-elle pas été une conseillère de François Mitterrand puis une « victime » de l’abominable Sarkozy qui l’avait évincée d’Areva ? Certes, elle est entrée au conseil d’administration du constructeur aéronautique mais malgré – ou à cause de – l’appui insistant du gouvernement, le conseil d’administration semblait ne pas la vouloir comme présidente. Son assemblée générale extraordinaire ce mois de mars devrait trancher la question.
Quant à l’accusation de « purge », l’Elysée récuse le mot, pas la chose en donnant une leçon de morale citoyenne : il y a bien eu « une poignée d’évictions justifiées de fonctionnaires qui avaient oublié de servir l’Etat pour servir un seul homme ». On dirait du Saint-Just. Les porte-parole du gouvernement ont donné des exemples de « continuité », ainsi pour le général Benoît Puga resté chef d’état-major particulier du président après mai 2012. Un conseiller a commenté son maintien : « C’est un catholique traditionaliste et c’est Nicolas Sarkozy qui l’a nommé. Cela aurait pu faire des arguments pour s’en séparer. Eh bien non, car il s’est montré dès la première minute d’une loyauté absolue et il n’y a que cela qui compte. » (Le Monde, 2/02/2013). Il n’a pas échappé aux lecteurs que, pour ce conseiller, la tendance religieuse du général est citée immédiatement comme une cause justifiable d’éviction. Il semble presque étonné qu’un général « catholique traditionaliste » soit d’une loyauté parfaite envers le chef de l’Etat et son gouvernement.

mardi 5 février 2013

Les mensonges et « oublis » du voyage algérien

Les télévisions ne nous ont épargné ni les embrassades humides (4 ou 5 baisers empressés sur les joues) entre le visiteur français et le président Bouteflika, ni la marche « la main dans la main » dans les rues de Tlemcen, ni les hommages flagorneurs du Français sur le « mérite » ou les « mots » du président algérien. Quoi qu’en aient dit les journalistes gauchards français, si M. Hollande, dans son discours devant les Parlementaires algériens, n’avait pas utilisé les mots « France », « repentance », « excuses », le ton général le sous-entendait fortement. « Hollande n’avait finalement descendu le saroual "que" jusqu’à mi-cuisses » (comme l’a bien résumé Alain Sanders dans Présent n° 7758). En fait le président « normal » a ajouté une couche aux contritions publiques injustes donc révoltantes imposées à la mémoire de nos anciens par les présidents français depuis Chirac. Il faudra nous souvenir du passage le plus honteux de son discours : « Pendant cent-trente deux ans, l’Algérie a été soumise à un système profondément injuste et brutal, ce système a un nom, c’est la colonisation, et je reconnais ici les souffrances que la colonisation a infligées au peuple algérien ».

Pour le « système profondément injuste », il s’est contenté de reprendre la formule déjà choisie par Chirac puis par Sarkozy. Il l’a seulement étendue aux 132 années de la présence française, ce qui est un peu gros ! Il avait déjà, en France, parlé pour le 17 octobre 1961 (voir notre n° 668, décembre 2012). En Algé­rie, il est revenu sur la répression du 8 mai 1945 à Sétif. Nous avions ici remarqué que cette dénonciation de notre armée devant des émeutes insurrectionnelles, avait déjà été reconnue sur place, par deux ambassadeurs français dont les noms doivent être inscrits au tableau d’honneur de l’obéissance administrative (à chaque fois, ce fut évidemment Paris qui leur avait demandé) : En 2005, sous Chirac, Hubert Colin de La Verdière à Sétif et, en 2008, Sarko regnante, Bernard Bajolet à Guel­ma qui y parla d’ « insulte aux principes fondateurs de la République ». Tu l’as dit bouffi !

lundi 14 janvier 2013

Amazon et le « mariage » homosexuel

Un bon livre c'est quand on a envie de tourner les pages
pour connaître la fin de l'histoire et qu'on se retient de le faire
par crainte de rater les qualités de l'écriture.
Jacques Poulin (1937- ) Les yeux bleus de Mistassini (2002)

Pour faire bonne impression, j'adoptais le ton du connaisseur :
- Et vos livres sont classés d'après quel principe ? demandais-je
- Le principe du désordre absolu, dit-il.
Idem

Je ne savais pas que toucher un livre pouvait donner tant de joie.
Helene Hanff (1916-1997)
 
 
Les livres que j’ai lu, ceux qu’il me reste à lire, et enfin ceux que quelques amis (imprudents) m’ont prêté, occupent de larges espaces de bibliothèques en sus de mon bureau de travail. Ne voulant pas être en reste avec la modernité, j’ai obtenu de ma chère épouse, en cadeau de Noël 2011, une liseuse Kindle achetée chez le grand libraire à distance Amazon.com.
J’ai tout de suite pris goût à ce nouvel instrument électronique pour combler mes besoins toujours inassouvis de lecture. Avec la liseuse, on peut facilement engranger jusqu’à un millier de livres comme en faisait foi une publicité d’Amazon pour les dernières vacances d’été. Quelle chance de pouvoir emporter dans un si petit volume (16 cm x 11 cm et moins de 1 cm d’épaisseur) tant de livres à lire !
Dans un premier temps, j’ai surtout acquis des livres gratuits qu’Amazon n’a pas manqué d’offrir pour accrocher cette nouvelle clientèle. Des livres m’ont également été prêtés par d’autres lecteurs ayant une liseuse. Comment les avaient-ils acquis ? Je ne sais. Après tout, on lit bien des livres prêtés par un ami. Mais à échéance, n’y a-t-il pas là un risque de voir se développer un moyen de lecture qui tiendra de moins en moins compte des justes droits d’auteur. Bien peu d’auteurs en effet gagnent les sommes importantes qu’engrangent les vainqueurs des Prix Goncourt, Renaudot, Fémina et autres. Le seul prix Goncourt atteint assez régulièrement les 400 000 exemplaires. Andreï Makine avec Le Testament français, récompensé par le Goncourt, le Goncourt des lycéens et le prix Médicis, avait atteint, en 1995, le quasi doublement des ventes habituelles avec le seul prix Goncourt.
Amazon offre à ses lecteurs un service de qualité. Par deux fois nous avons pu traiter des petits problèmes de dysfonctionnement de la liseuse Kindle en laissant un message sur le site d’Amazon pour obtenir l’aide nécessaire. L’opérateur rappelle dans les secondes qui suivent et apporte sur le champ la solution.
La liseuse Kindle présente cependant le défaut suivant par rapport au livre : les pages ne sont pas indiquées, mais seulement le pourcentage de lecture faite. Ainsi, si on tourne 3 pages et que le pourcentage ne bouge pas, cela indique que le livre a au moins 300 pages. Si l’on veut revenir en arrière pour retrouver un passage intéressant, on ne peut le faire qu’en tâtonnant. La liseuse va s’améliorer en qualité, mais comme les téléphones portables ou les ordinateurs, le client sera amené à acheter de nouvelles versions qui seront toujours plus onéreuses. C’est le cycle infernal du renouvellement incessant du matériel.
La vente des livres par correspondance confirme les qualités commerciales d’Amazon. Pour les ventes de Noël, Amazon propose l’expédition express de livres, de DVD ou de CD avec l’envoi gratuit par Chronopost en … 12 heures ! Mais des spécialistes du marché craignent que la stratégie de prix cassés pratiquée par Amazon ait un impact négatif sur la rentabilité de l’entreprise basée à Seattle. On ne peut que s’interroger sur le type d’accord passé avec des organismes comme Chronopost qui sont habituellement très onéreux.
Mais pour le client, que du bonheur avec Amazon !! Merci Jeff et Mackenzie !! Mais qui sont ces noms dont nous n’avons pas encore parlé jusqu’à présent ?

JEFF ET MACKENZIE BEZOS

Jeffrey Preston Bezos, né le 12 janvier 1964, est le fondateur milliardaire et PDG d’Amazon.com. Il est sorti diplômé de l’université de Princeton en 1986 avec un Bachelor of Arts en science. Il a travaillé dans plusieurs entreprises financières de Wall Street. Il a compris très tôt les immenses possibilités de croissance du commerce en ligne, ce qui l’a amené à fonder Amazon.com en 1994 sur la côte ouest des Etats-Unis, à Seattle. Le premier site date de 1995.
Amazon.com est actuellement la plus grosse entreprise de vente par internet du monde avec en 2012 un chiffre d’affaires annuel de 48 milliards de $. En mars 2012, il avait une fortune personnelle évalué à 18,4 milliards de $. Il est marié avec Mackenzie depuis 1993. Ils ont quatre enfants.
Jeff Bezos est libertarien (1). Une expression employée par les libertariens est très explicite : « Libertarian, because it’s no one’s business what I do with my property » (« Libertarien, parce que c’est l’affaire de personne ce que je fais avec ma propriété », traduction littérale). En clair : « Occupe toi de tes oignons et laisse-moi m’enrichir en paix » !
Les libertariens sont inclassables selon les critères habituels droite/gauche. Il y a de l’anarchisme d’extrême gauche dans le refus des lois et la défense intransigeante des libertés, et des positions d’extrême droite dans la défense intransigeante de la propriété et de l’entreprise privée, le refus de l’assistanat, la liberté du port d’armes.
Jeff Bezos est un important donateur de la Fondation Dawkins pour la Raison et la Science (libertarienne) qui a pour but de « soutenir l’éducation scientifique, la pensée critique et la compréhension factuelle du monde naturel, dans la quête pour vaincre le fondamentalisme religieux, la superstition, l’intolérance et la souffrance .

LA BATAILLE CONTRE LA LOI VOTÉE DANS L’ÉTAT DE WASHINGTON
 
Au cours des élections américaines, la pratique de référendums particuliers et différents selon les Etats accompagne l’élection présidentielle. Dans l’Etat de Washington situé au nord-ouest des Etats-Unis (2), un référendum portant sur le « mariage » homosexuel était organisé. Le oui en faveur de ce « mariage » l’a emporté avec 51,79 % des voix (985 308 « pour » et 917 197 « contre »).
Deux des principaux soutiens de cette campagne ont été Jeff et Mackenzie Bezos. Voici le déroulement de l’opération (3).
Jennifer Cast, une ancienne employée d’Amazon, lesbienne et mère de quatre enfants, présidente d’une association de financement pour la cause homosexuelle en vue du référendum précité, est venue solliciter la bienveillance du couple Bezos en ces termes : « Je veux avoir le droit de me marier avec l’amour de ma vie et que mes enfants et petits-enfants sachent que leur famille est une vraie famille. Nous avons besoin de l’aide des hétérosexuels. Pour être sincère nous avons besoin de l’aide d’hétérosexuels qui ont de l’argent et qui se soucient de nous » (4). Dans son courriel elle suggérait un don de 100 000 à 200 000 $. Connaissant bien ses interlocuteurs, elle ne craignait pas un refus, mais elle ne s’attendait pas à la réponse : « Jen, cela est juste pour de multiples raisons. Nous nous engageons pour 2,5 millions de $ », signé Jeff et Mackenzie. Bill Gates, l’autre milliardaire du secteur, classé lui aussi comme grand humaniste, s’est retrouvé ridiculisé avec un « modeste » don de 100 000 $ pour cette « cause charitable ». La même somme que Steven A. Ballmer, l’autre milliardaire de Microsoft.

vendredi 7 décembre 2012

L’imposture du « 19 mars »

Le dispositif a été installé depuis quelques mois, mais ses origines sont bien plus lointaines. Avant la visite de François Hollande en Algérie en ce mois de décembre, on a assisté à une reprise d’une provocation ancienne de la part de l’extrême gauche française. A savoir la demande de faire du 19 mars la « journée nationale du souvenir de la guerre d’Algérie ». Avec en prime, cette année, une énième repentance de la France sur sa présence coloniale. L’Algérie veut l’imposer en en faisant une condition sine qua non, l’extrême gauche la réclame. Pour nos plus jeunes lecteurs, je dois redire que ce texte avait été déposé en mars 2000 par le groupe communiste – dont l’objectivité sur ces questions est connue de tous – puis a été adopté par l’Assemblée nationale le 22 janvier 2002. Il a été présenté, cette année, devant le Sénat devenu majoritairement de gauche et adopté sans surprise par celui-ci, le 8 novembre dernier, dix ans après le premier vote. A noter que pour neutraliser la mobilisation contre ce texte, la date de la discussion a été « subrepticement » avancée du 20 au 8 novembre.

Il faut savoir que la grande majorité des quelque trente associations d’anciens combattants et autres (elles groupent environ 1,5 million de membres) est opposée à la date du 19 mars, qui, d’ailleurs, avait été rejetée en décembre 2001 par le Secrétariat d’Etat aux Anciens combattants. En revanche, deux associations qui annoncent 400 000 adhérents, ont retenu cette date. Il s’agit d’associations de gauche et d’extrême gauche, qui, tout en récusant ces qualificatifs, se revendiquent de « républicaines » ! Tout le monde a compris. Depuis 1971, la plus importante association de gauche – mais qui, depuis ses origines, veut faire croire qu’elle est apolitique ! –, la FNACA (1), lança une campagne nationale (relayée et pour cause par les militants communistes et progressistes de tous poils) en direction des municipalités pour les contraindre de baptiser des rues du « 19 mars 1962 ». Les pressions, la propagande et le plus souvent l’ignorance crasse de bien des maires, aboutirent en partie : il y aurait aujourd’hui 1700 plaques de ce type.

Comme l’a fait remarquer Frédéric Pons : « jamais aucun chef de l’Etat n’a retenu le 19 mars ». Les Français, du moins leurs élus, raffolent des journées « nationales » sur toutes – ou presque – les questions historiques, politiques, médicales… Il y avait déjà (depuis 1977) le 16 octobre : l’inhumation à Notre-Dame de Lorette d’un soldat inconnu des combats d’Afrique du Nord ; le 5 décembre, fut créée la « Journée nationale sur les conflits d’Afrique du Nord ». Plus cohérente, la loi de février 2012 votée par une large majorité parlementaire, désignait le 11 novembre pour commémorer tous les morts pour la France. C’était sans compter avec la « haine » politique de certains. Leur haine de l’œuvre française en Algérie, la haine des pieds-noirs et des harkis.