Lectures Françaises

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Portraits et entrevues, par Pierre-Antoine Cousteau

ByLouis Gravêthe

Mai 20, 2022
Portraits et entrevues, par Pierre-Antoine Cousteau

Pour ceux de nos lecteurs qui ne connaîtraient pas déjà Pierre-Antoine Cousteau (dit « PAC », 1906-1958), rappelons qu’il fut « une des grandes plumes du journalisme français », selon Henry Coston avec lequel il avait fondé, en mars 1957, notre revue Lectures Françaises dans laquelle il publia, jusqu’à sa mort, une quinzaine d’éditoriaux. Frère du célèbre « commandant Cousteau », il fut aussi l’un des journalistes les plus engagés dans la presse dite « collaborationniste » sous l’Occupation, ce qui lui valut d’être condamné à mort, à la Libération. Sa peine sera en 1947 commuée en détention à perpétuité, puis il sera libéré en 1953.

Dans sa préface à l’ouvrage que nous présentons ici, Pierre-Alexandre Bouclay, journaliste et président de Radio Courtoisie, le résume ainsi :

« L’ouvrage qui suit […] illustre le talent de satiriste qui avait fait le succès de PAC. Du politicard français au mafieux américain, on y trouve une série de portraits et d’entretiens qui rappellent que, bien avant la naissance du groupe Jalons, Cousteau avait impitoyablement pastiché la presse institutionnelle. »

De son côté, Jean-Pierre Cousteau, fils de PAC et auteur d’une biographie de son père puis d’un livre de souvenirs [1], signe un avant-propos dans lequel il explique comment tous ces textes ont pu être rassemblés :

« Si ce livre est, c’est que tous les articles de mon père furent miraculeusement sauvés de sa débâcle. […] Mon Père avait heureusement colligé, dans une douzaine de gros albums, la totalité de ses albums et sa “collection” de JSP [Je suis partout, ndlr], qu’il confia à un ami lors de sa fuite en août 1944. »

Ce recueil est une sélection, parmi quelques milliers, d’articles écrits par PAC, du début des années 1930 à sa mort. C’est environ un peu plus de 90 portraits et une quarantaine d’entrevues, vraies, ou parfois « bidon » comme celle avec De Gaulle [2]. Extrait :

« En m’apercevant, De Gaulle esquisse une grimace que je suis invité à prendre pour un sourire, et d’emblée, pour me mettre à mon aise, il m’explique avec son exquise et proverbiale modestie :

– N’oubliez pas que lorsque vous me parlez, vous parlez à la France  !

– Je ne l’oublie pas, mon général, mais certains tirent de votre assurance des conclusions qui…

De Gaulle balaie l’objection : “L’homme d’action ne se conçoit guère que sans une forte dose d’égoïsme, d’orgueil, de dureté, de ruse”.

– Voilà qui vous qualifie, mon général, pour le pouvoir absolu que d’aucuns voudraient vous confier.

– Nous accueillons avec un mépris de fer les dérisoires imputations d’ambitions dictatoriales que certains aujourd’hui prodiguent à notre égard. »

En refermant ce recueil qui ne manque pas de sel, on regrettera cependant l’absence cruelle (que nous espérons voir comblée dans une prochaine réédition) d’un index des noms cités qui serait le bienvenu dans un ouvrage aussi fourni en références.

Éditions Via Romana, 2022, 412 p., 29 €

Louis GRAVÊTHE

[1]Pierre-Antoine l’autre Cousteau (Éditions Via Romana, 2016) et Fils de collabos, neveu de résistant, (même éditeur, 2019).

 

[2] – Parue dans Le Charivari, no 3, octobre-novembre 1957.

La lecture de cet article extrait du numéro 781 (mai 2022) de Lectures Françaises vous est offerte en intégralité. Pour découvrir le  sommaire du numéro et le commander, c’est ICI !

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