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Du général de Sonis au colonel Beltrame : rien de changé pour la Franc-Maçonnerie

Les revendications maçonniques après le sacrifice du colonel Beltrame n’ont pas échappé à Élise Humbert, puisque, contrairement à la plupart des revues catholiques de nos milieux qui font silence sur ce sujet, elle leur consacre un paragraphe dans son excellent article paru dans le numéro 733 (mai 2018) de Lectures Françaises.

Cela me fait penser – bien que le colonel se soit éloigné, semble-t-il, de la Loge progressivement et discrètement – aux manigances de cette même secte vis-à-vis du général de Sonis, quand celui-ci, le 24 juin 1849, démissionna avec éclat de L’Harmonie Universelle de Castres, au cours du banquet maçonnique de la Saint-Jean d’été, où la religion catholique avait été attaquée par plusieurs orateurs.

C’est toujours la même tactique : dès qu’une âme généreuse, égarée par ignorance dans les arcanes des loges, adhère ou revient à la lumière du catholicisme, et surtout si cet âme est appelée par une grâce divine spéciale à un acte de sacrifice et d’amour digne des autels, la Franc-Maçonnerie se précipite pour rappeler son appartenance à l’une de ses obédiences, comme si cette appartenance était pérenne, et pour semer la confusion en prétendant que les actes de vertu de ces héros sont dus à son enseignement. De telle sorte que les masses populaires, suffisamment déchristianisées par la Révolution, mettant tout à égalité, ne puissent plus faire le distinguo entre l’Église et la Contre-Église.

C’est ainsi que, chaque fois que la cause du général de Sonis, introduite à Rome depuis 1929, a été relancée, la Franc-Maçonnerie s’est inquiétée, et des articles ont paru dans la presse avec ce titre : « Bientôt un franc-maçon béatifié ? » ou encore dans le Bulletin du Grand-Orient, déclarant cyniquement : « Nous verrions sans nulle peine cet ancien initié du Grand-Orient élevé au rang des Bienheureux » [2].

Le sommet de l’amalgame se trouve, sans conteste, dans le livre du Frère Alec Mellor : « Quand les Francs-Maçons étaient légitimistes » [3].

Celui-ci n’hésite pas à suggérer que la charge sacrificielle de Sonis brandissant la bannière du Sacré-Cœur face aux Prussiens, à Loigny-la-Bataille, à la tête des Zouaves Pontificaux, le 2 décembre 1870, a été inspirée par son initiation maçonnique ! Voici ce qu’il écrit : « L’idéal du sacrifice à la Patrie, l’idéal du Sacré-Cœur, l’idéal de la fidélité au Roi légitime, tel avait été celui de Gaston de Sonis. Mais quel en avait été le point de départ ? Et sous d’autres noms, sous d’autres concepts même, quelle en avait été l’étincelle, à la seconde où il avait vu la Lumière ? »

Ainsi donc ce serait du jaillissement de la « lumière » maçonnique que serait partie l’étincelle qui embrasa l’âme de Gaston de Sonis à Loigny ? Quand on sait que la « lumière » reçue par les Frères, lors de leur initiation ridicule au moment où on leur enlève brusquement le bandeau des yeux [4], est un éclair de lycopode – poudre utilisée pour les feux d’artifice – , il y aurait de quoi sourire si ce n’était dramatique. Qu’est ce que cette lumière hallucinogène peut avoir de commun avec la lumière surnaturelle de la Foi allumée par Dieu dans le cœur de l’homme ?

Gageons, comme pour le général de Sonis, que c’est de cette lumière surnaturelle qu’a jailli le sacrifice du colonel Beltrame dans son acte héroïque du 24 mars 2018. Les manigances de la secte autour de sa conversion n’y pourront rien, car il est entré dans la gloire des enfants de Dieu en peu de temps et par le chemin le plus court qui est celui du plus grand amour : « donner sa vie pour ses amis » (Jn 15,12-16).

Conclusion : Comme il faut continuer à prier pour la conversion des Francs-maçons  !

 

[2] – Voir ma réfutation du Mémoire du chanoine Sévrin – dont les Frères se servent – dans l’ouvrage : « La Franc-Maçonnerie et le Général de Sonis », paru en 1988. L’affiliation de Sonis est incontestable mais son initiation n’est pas prouvée, pas plus à Saumur qu’à Castres. Pas plus qu’on ne peut prendre pour argent comptant les assertions invérifiables – car le secret des loges est bien gardé et nul profane n’a accès à leurs documents – du grand-maître de la Grande Loge de France, selon lesquelles Arnaud Beltrame serait entré en maçonnerie en 2008, l’année de son baptême, et serait même devenu « expert » (sorte de maître de cérémonie pour l’accueil des profanes) en 2012.

[3] – Éditions Histoire et Tradition, Dervy-Livres, p. 184.

[4] – Sur l’initiation complète, voir « Le Secret des Francs-Maçons », de Jacques Ploncard d’Assac (Éd. de Chiré, 1979, p. 119).

par Claude MOUTON-RAIMBAULT

 

 Pour lire le reste du numéro…

 

La franc-maçonnerie et le Général de Sonis. Réfutation d´un mémoire
Le général de Sonis
Servir Dieu dans l’armée – Mourir pour le Christ ou l’empereur

Église catholique : « Mai 68 » et modernisme pédagogique

Lu dans la Correspondance européenne 352 du 30 juin 2018. Dans un article sur « Mai 68 la révolution du néant », j’insistais sur l’essentialité du caractère de révolution culturelle de la contestation de 1968 en tant que véhicule d’une nouvelle vision totalisante de la connaissance qui venait remplacer de but en blanc, de manière anti-éthique et manifeste le précédent.

La pensée annihilante de Sartre et des nouveaux philosophes – qui constituait clairement l’arché dans lequel se développait l’ensemble du prétendu renouvellement pédagogique de la contestation estudiantine – était très actuel en 1968 mais ne constituait que la dernière version mise à jour de cette philosophie post-moderne qui, à partir de Kant, à partir de la révolution dite française, avait fermé à l’homme les portes de la vie surnaturelle, réduisant la religion à un fait tout au plus personnel, redimensionnant l’Église dans ses valeurs et son magistère universel. Cependant, pour l’Église – laquelle, il faut le rappeler, exerce son action éducative tant dans les écoles de la société civile au travers d’accords pris avec les États que directement au travers des écoles catholiques – cette pensée philosophique sceptique, athée et agnostique devait être considérée comme un danger tout compte fait moins insidieux parce qu’extérieur, que le modernisme, qui en revanche couvait en son sein et s’insinuait tant dans les méthodes d’enseignement des maîtres catholiques que dans la manière d’apprendre des disciples catholiques, futur corps enseignant. Au lendemain de l’Encyclique Pascendi, le modernisme démontrait de n’avoir en rien renoncé à sa lutte contre la foi, les dogmes et la tradition, selon le sinistre vœu de l’hérétique Ernesto Buonaiuti : « un jour viendra où notre foi intime, débordant de nos âmes et demandant la reconnaissance officielle au sein du chœur de solidarité qu’elle a su se gagner, rompra les barrières limitées de l’orthodoxie catholique et recueillera en son sein ceux qui opèrent religieusement le bien parmi les hommes. Ce jour-là, la théocratie du Vatican, tout comme le Grand Prêtre de Jérusalem, aura accompli, et sans gloire, sa mission dans le monde ». Gherardini enseignait, dans son magistral Quod et tradidi vobis, que la finalité unique du modernisme a toujours été celle de renverser le principe de la « parfaite union de pensée et d’intentions » (« eodemsensueademque sententia »: 1 Co 1,10) des membres de l’Église.

Ce jour souhaité par Buonaiuti commença à pointer avec le Concile Vatican II lequel, comme chacun sait, renouvela l’Église intra et extra, la faisant devenir « pastorale », « non dogmatique », « idéologique », « miséricordieuse », « ouverte », « collégiale », « amicale », « sensible aux besoins », « compréhensive », « œcuménique », « au service », « démocratique, sociale et solidaire ». Tout un système de motivations et de fonctions et une nouvelle terminologie venait supplanter et s’affirmer sur sa nature originale : catholique, dogmatique, hiérarchique, juridique, papiste, romaine, curiale, si « vieille et immobiliste » en ce que – comme on l’en accusait – éloignée du quotidien. Cette fois, le modernisme avait été fait entrer par la porte principale d’un concile « catholique » et avait frappé les interna corporis de l’Église au travers d’une opération très simple : grâce à des variations herméneutiques ad hoc, on avait fait tourner l’axe ecclésial dans un sens historiciste, le coupant de l’Écriture et de la Tradition du Magistère, séparant donc les deux sources de la Révélation de leur dépendance apostolique pour la lier en revanche au cours de l’histoire en correspondance à des événements, des faits, des attentes, des pressions et des situations totalement émergentes et contingentes. A juste titre, Roberto de Mattei, dans son Histoire du Concile, parle de « corrélation » entre le Concile et le mouvement estudiantin de mai 68, démontrant que « le tournant conciliaire » – qui ne peut être tenu pour la cause de la contestation – toutefois « favorisa à son tour l’explosion de la révolte estudiantine ». Il est exact de parler de « corrélation » entre les deux événements qui, à quelques années de distance seulement l’un de l’autre, déterminèrent le XXème siècle comme peu d’autres, parce que la corrélation, qui exclut la conséquentialité, laisse toujours entrevoir un terrain commun entre deux éléments. Ici, le terrain de la corrélation consistait dans l’arrière-plan commun que l’école laïque et l’Église engagée dans l’instruction se trouvaient derrière elles et auquel tant l’une que l’autre devaient puiser dans leurs respectives actions éducatives : ce terrain commun avait été abondamment engraissé tant par cette philosophie nihiliste que par ce néo théisme moderniste, de telle manière que l’élève laïc et l’élève catholique finissaient pas apprendre les mêmes choses. Les deux modèles éducatifs, le laïc et le catholique, présentaient en effet la même caractéristique d’obéir au pluralisme culturel et à l’autonomie de l’enseignement. Ce fut en somme l’élément éducatif et culturel qui fournit l’élément de conjonction permettant de corréler le Concile et le mouvement de mai 68 et qui produisit d’un côté un clergé toujours plus intolérant aux contrôles formels et de mérite de l’Église et de l’autre une génération contestatrice au nom du néant. Le produit commun fut une culture hétérogène, non sélectionnée, qualitativement de mauvaise qualité et incontrôlée, une culture désobéissante et rebelle, facilement attaquable par l’erreur. Les paroles de Don Milani sur sa méthode d’enseignement à l’école de Barbiana auraient pu aussi bien se trouver sur la bouche d’un chef ou sous-chef de Lotta continua. « Il faut avoir les idées claires en matière de problèmes sociaux et politiques. Il ne faut pas être interclassistes mais engagés ».

Le Père Ernesto Balducci, grand estimateur de Don Milani, écrivait que le prêtre de Barbiana « ne transmettait pas aux jeunes une annonce religieuse mais un message prophétique et messianique dont le point culminant est le passage de l’état d’inertie à l’état de liberté, de l’état de subordination à l’état d’autonomie ».

Dès lors on peut se demander si tant Don Milani que le Père Balducci ne se rendaient pas compte de se mouvoir, au maximum, dans le cadre de l’éducation civique et non pas du Christianisme. Des personnages tels que Don Lorenzo Milani, Don Primo Mazzolari, le Père Ernesto Balducci, le Père David M. Turoldo, Don Enzo Mazzi, Don Zeno Saltini, Don Giovanni Franzoni, Don Andrea Gallo et les nombreux autres qui ont cherché à conjuguer l’Évangile et la praxis communiste et ont interprété leur vie comme mission en vue du rachat des plus petits, ont en commun un équivoque de fond : ils ont toujours montré croire dans le fait que la vérité, surtout la vérité évangélique, est le résultat de la créativité personnelle, de l’expérience et non pas en revanche d’un lumen que l’intellect trouve par foi et ne crée pas. Ils ont été des champions de l’idéal moderniste en ce qu’ils ont parcouru la voie principale tracée par le modernisme, à savoir le sentiment, considérant que l’âme religieuse tire seulement d’elle et non d’autres, l’objet et le motif de sa foi et sur cette idée personnelle (sentiment) de foi, ils ont conduit leur action, imputant à l’Église de ne pas savoir s’aligner sur leurs points de vue particuliers (sentiment).

Tous ceux-ci, en tant qu’éducateurs à divers titres et de la même manière que la génération contestatrice de mai 68 qui luttait contre un modèle d’études qualifié d’oppressif, ont considéré que le but de l’enseignement était seulement de créer des expériences, reléguant dans le concept de notionnisme tout type de connaissance étrangère au vécu. Corollaire : la déviation pédagogique moderniste, du moment qu’elle considère comme connaissance seulement ce qui est expérience ou vécu, a des conséquences néfastes également quant à la connaissance du bien et du mal. Si la connaissance des néo théistes consiste seulement dans l’expérience alors la distinction catholique entre ordre réel, qui répond au vécu, et ordre idéal, qui répond à l’intellect disparaît et ainsi – selon l’erreur moderniste – le mal deviendrait seulement ce qui est expérimenté alors que n’existerait plus le mal intentionné ou imaginé. Cependant, cela n’est pas connaissance parce qu’est connaissance quand le mal est présent à l’esprit et est connaissance l’expérience actuelle du mal : la valeur de la chasteté par exemple, plus elle est connue et moins elle est expérimentée. Le développement de l’erreur moderniste dans le domaine de la morale porterait beaucoup plus avant jusqu’à impliquer, tout à fait naturellement, la vérité.

Par Giovanni Tortelli

 

Sous les pavés, l´Esprit
L´Église dans la tourmente de 1968
Mai 68 – Une révolution régressive

Seehofer se tourne vers l’Autriche et l’Italie pour arrêter l’immigration.

Lu dans Présent du 10 juillet 2018. Le ministre allemand de l’Intérieur, le Bavarois Horst Seehofer (CSU), s’est certes dit satisfait de l’accord obtenu la semaine dernière avec la chancelière Angela Merkel (CDU), y compris après sa dilution sous la pression des sociaux-démocrates (SPD) membres de la coalition gouvernementale. En effet, ceux-ci ne voulaient pas entendre parler de « centres de transit » à la frontière avec l’Autriche pour faire le tri entre immigrants illégaux et refouler ceux qui ont déjà été enregistrés dans un autre pays de l’UE ou qui se sont déjà vu refuser l’asile. Finalement, ces « centres » seront localisés dans les locaux de la police et cela ne devrait concerner que quelques personnes par jour. Berlin a également promis à l ‘Autriche de ne rien faire à ses dépens, c’est-à-dire de ne pas se mettre à renvoyer des immigrants en Autriche sans avoir signé un accord avec Vienne pour régler cette question. Car depuis le sommet européen des 28 et 29 juin qui n’a pas permis d’avancer sur la réforme du règlement de Dublin, ce sont des accords bilatéraux qu’Angela Merkel cherche à obtenir avec ses partenaires européens pour régler le problème de l’immigration secondaire, c’est-à-dire des déplacements d’immigrants illégaux entre pays de l’UE.

N’ayant donc finalement pas pu véritablement régler cette question chez lui, Seehofer se tourne vers le chancelier autrichien Sebastian Kurz et le ministre italien de l’Intérieur Matteo Salvini pour fermer la route de la Méditerranée centrale comme cela a été fait, sans passer par Bruxelles, pour la route des Balkans début 2016. Le ministre allemand l’a fait savoir jeudi après sa rencontre avec Kurz, en annonçant pour cette semaine une rencontre entre les ministres de l’Intérieur des trois pays. Il n’est pas sûr toutefois que Salvini accepte la demande de Seehofer de reprendre les immigrants arrivés par l’Italie. En revanche, le ministre italien de l’Intérieur a annoncé ce week-end qu’il souhaitait discuter lors de la rencontre jeudi des ministres de l’Intérieur de l’UE à Innsbruck, en Autriche (qui préside pour six mois le Conseil de l’UE), de la question du débarquement en Italie des « migrants » récupérés en mer par les navires militaires non italiens de la mission européenne EUNAVFOR MED (opération Sophia). L’exigence de Salvini sera que les immigrants clandestins récupérés par les navires d’autres pays européens ne soient plus débarqués en Italie. La ministre de la Défense, qui appartient au Mouvement 5 étoiles (M5S), a toutefois réagi à l’annonce du chef de la Ligue en rappelant que la question des navires militaires et de l’opération Sophia – sous commandement italien – relevait de ses compétences et pas de celles de Salvini. Des scissions au sein du gouvernement italien sur la question de l’immigration ne sont donc pas à exclure, mais Salvini compte bien aller de l’avant et mettre le sujet sur la table jeudi prochain, ainsi qu’il l’a confirmé à une fête de son parti dimanche.

Angela Merkel estimait jeudi à l’issue d’une rencontre à Berlin avec le Premier ministre hongrois Viktor Orban que l’Europe devait certes protéger ses frontières, mais sans devenir « une sorte de forteresse » et en faisant preuve d’humanité vis-à-vis des arrivants. Ce à quoi le Hongrois lui a rétorqué : « Si nous voulons agir humainement, alors il ne faut pas créer d’appel d’air. Et pour cela, il n’y a qu’une solution : fermer les frontières et apporter de l’aide dans les pays d’origine. »

Par Olivier Sault

 

Église et immigration – Le grand malaise – Le pape et le suicide de la civilisation européenne
L´étrange suicide de l´Europe – Immigration, identité, islam
Les migrations en Europe – Les réalités du présent. Les défis du futur

Salazar vu de France

Lu dans Présent du 7 juillet 2018. Le « philosalazarisme » en France, tel est le sujet jusqu’à présent inédit qu’ont choisi de traiter deux universitaires : Olivier Dard, professeur d’histoire contemporaine à l’université de Paris-Sorbonne, spécialiste des droites radicales, et Ana Isabel Sardinha-Desvignes, maître de conférences à l’université de la Sorbonne Nouvelle, spécialiste des droites portugaises. Une étude marquante qui s’inscrit dans le cadre de l’histoire politique et intellectuelle d’un passé récent. 

Propos recueillis par Philippe Vilgier

Le sujet de votre livre, écrit avec · Ana Isabel Sardinha-Desvignes, Célébrer Salazar en France (1930-1974), apparaît particulièrement novateur. Sur quelles sources vous êtes-vous appuyés ?

 – Nous avons mobilisé nombre de sources françaises, à commencer par les nombreux essais publiés sur Salazar, mais aussi la presse qui en a largement traité. Mais nous avons croisé ces sources hexagonales avec des sources portugaises. Et d’abord avec les archives Salazar dont nous avons utilisé l’abondante correspondance avec ses interlocuteurs français. On retiendra parmi eux Henri Massis, Jacques Ploncard d’Assac, Gilbert Renault (Rémy), Pierre de Bénouville ou Michel de Saint-Pierre. Et bien sûr la journaliste et romancière Christine Garnier, qui a publié en 1952 Vacances avec Salazar. A ces archives Salazar s’ajoutent les papiers d’António Ferro et leur riche correspondance.

Le premier chapitre s’intitule : « Aux origines était Antonio Ferro. » Qui était cet étonnant personnage ?

 – Antonio Ferro (1895-1956) joue un rôle central durant les vingt premières années du régime. Ferro est à l’origine un intellectuel de l’avant-garde qui a noué à ce titre de nombreux contacts avec ses homologues européens, notamment français. Mais le moderniste Ferro évolue dans la seconde moitié des années vingt : il est gagné au nationalisme comme à la figure et aux projets de Salazar. Celui qui a été qualifié d’ « intellectuel organique du régime » a consacré son énergie et son talent au service du nouvel homme fort du pays. Ferro a mis en scène une série de dialogues conduits avec Salazar en 1932 et réunis dans un ouvrage publié au Portugal en 1933. Le livre, adapté, parut l’année suivante en France chez Grasset, avec une préface de Paul Valéry, sous le titre Le Portugal et son chef Communicant avant l’heure Ferro est aussi l’homme qui invite et accueille les nombreux intellectuels qui font le voyage au Portugal durant les années trente. Un des plus célèbres, réunissant en juin 1935 Georges Duhamel, François Mauriac et Jules Romains, a été immortalisé sur la pellicule sous le titre A Praia da Nazaré.

On demeure surpris par le nombre d’écrivains et d’intellectuels qui ont posé un regard positif sur l’œuvre politique du docteur Salazar. Comment l’expliquer ?

– La liste est effectivement impressionnante. Il faut prendre en compte le contexte français marqué par la crise et des troubles politiques (6 février 1934). La publication du Portugal et son chef intervient dans un contexte qui conditionne la réception d’un livre et la perception d’un dirigeant politique qui n’est pas alors considéré comme un dictateur comparable à Mussolini ou Hitler. Le « docteur Salazar » n’est pas perçu comme un aventurier politique mais comme un professeur d’université, expert en finances publiques, qui aurait sorti le Portugal du désordre institutionnel et économique. Présenté par la propagande comme la réincarnation de la grandeur portugaise héritée d’Henri le Navigateur, Salazar marque soigneusement sa distance avec les fascismes, même s’il doit à l’intérieur composer avec les chemises bleues de Preto comme avec d’autres sensibilités politiques, notamment monarchistes ou traditionalistes. Salazar, qui entend être le point d’équilibre de toutes ces sensibilités anti-marxistes et n’être l’otage d’aucune, refuse de voir son autorité contrebalancée par d’autres structures, notamment un parti unique puissant. L’ambition, maintes fois rappelée, est de « faire vivre le Portugal habituellement ». Si le régime est bien celui de l‘Estado novo, il ne s’agit pas pour ce régime autoritaire de créer un homme nouveau comme dans les totalitarismes.

 

– N’est-il pas exagéré de parler d’influence maurrassienne à propos du régime de l’Estado novo ?

– Le débat est ancien et remonte à la question des liens supposés entre l’Intégralisme lusitanien des années 1910-1920 (dont Salazar n’a pas été partie prenante) et le maurrassisme. Une filiation qui doit être relativisée. Mais Maurras compte parmi les références intellectuelles de Salazar. A ceci près que Salazar, comme il le donne à voir dans ses entretiens avec Henri Massis, doit d’abord être compris non comme un doctrinaire mais comme un dirigeant politique avec le pragmatisme et l’opportunisme que cela implique. Mais pour les maurrassiens, Salazar représente une référence de premier plan dont Henri Massis a été le relais majeur.

D’où vient cette image de Salazar « sage de l’Occident » ? Quand est-elle née et jusqu’à quand a-t-elle perduré ?

– Cette image se met en place dans, la seconde moitié des années cinquante, sur fond de décolonisation. Massis l’auteur bien connu de Défense de l’Occident puis de L’Occident et son destin (1956), a campé Salazar dans ce rôle. Jacques Ploncard d’Assac, dont l’influence s’affirme au tournant des années soixante, prend ensuite le relais et diffuse cette image via ses éditoriaux radiophoniques de La Voix de l’Occident qui émet depuis Lisbonne. Cette figure du « sage de l’Occident » marque encore les nécrologies consacrées par la presse nationaliste à Salazar à l’occasion de sa mort en 1970.

Finalement, peut-on dire que Salazar soignait sa communication politique ?

– Assurément. Loin d’être un expansif ni de chercher à mettre en avant son corps ou sa voix, comme d’autres dictateurs du XXe siècle, Salazar a érigé le silence, la discrétion et un certain mystère en marqueurs de sa communication. Une communication qui a su se renouveler et s’adapter, comme en témoigne l’ouvrage à succès paru en 1952 intitulé Vacances avec Salazar, ou il échange avec Christine Garnier.

Célébrer Salazar en France ( 1930- 1974), Peter Lang, 326 pages.

 

Le vrai Salazar
Salazar et son temps
Salazar et la révolution au Portugal

Le poids du Qatar sur le groupe Lagardère

Il nous faut revenir quelques minutes sur les liens entre l’équipe du Paris-Saint-Germain et les princes du Qatar. Tant la Fondation Paris-Saint-Germain que le club de football champion de France, sont présidés par le Qatari Nasser Al-Khelaïfi. En mai dernier, la presse « pipeule » a fait ses titres sur le dîner de charité du club. On apprit qu’à l’issue d’une vente aux enchères, la Fondation avait empoché 1,6 million d’euros.

Parmi les invités les plus généreux, se signala M. Lagardère avec des choix qui  soulignent ses goûts et ses intérêts. Selon L’Équipe, il aurait dépensé 750 000 euros pour quatre lots dont « le premier maillot porté par Neymar en Ligue 1 »… (sic) Furent aussi vendues des « photos glamour » de la soirée, peu appréciées par les participants, mais chères.

C’est que Al-Khelaïfi n’est pas n’importe qui. Il est très proche de l’émir du Qatar, Tamim Ben Hamad Al-Thani, mais il est également administrateur du fonds souverain Qatar Investment Authority… qui détient chez Lagardère 13,3 % du capital et près de 20 % des droits de vote. Ce qui explique l’empressement donné à ses petits caprices. Ce rapprochement date de Jean-Luc Lagardère, mort en 2003. Il connaissait le père de l’émir actuel Al-Thani et les deux hommes s’appréciaient. En 2012, les Qataris sont devenus les premiers actionnaires et, a tenu à rappeler Arnaud Lagardère, ont été des actionnaires « d’une loyauté et d’une fidélité assez exceptionnelles » (Le Monde, 26/05/2018). Néanmoins on fit comprendre à M. Lagardère qu’il serait bon d’améliorer les investissements.

D’où le récent redéploiement sur l’édition et le « travel retail » (les boutiques d’aéroports et de gares, cf. notre numéro précédent). Cette orientation a été présentée par Arnaud Lagardère comme un « coup historique à jouer » car il ambitionne en faire des champions du monde. Tant que ses fidèles amis qataris le soutiennent…

Par Pierre Romain

 Pour lire le reste du numéro…

 

Qatar – Les secrets du coffre-fort
Une France sous influence – Quand le Qatar fait de notre pays son terrain de jeu
http://www.chire.fr/A-135156-la-face-cachee-du-11-septembre-les-secrets-inavouables-d-une-tragedie.aspx
La face cachée du 11 septembre – Les secrets inavouables d´une tragédie

Le principe de subsidiarité revient par l’Autriche.

Lu dans Minute n°2879 du 4 juillet 2018. Depuis le 1er juillet, l’Autriche a pris la présidence de l’Union européenne. Sebastian Kurz, son jeune chancelier, entend profiter de ces six mois pour promouvoir un principe invoqué à toutes les sauces, mais qui, au mieux, correspond à un réalisme indispensable au respect des libertés : la subsidiarité. De quoi s’agit-il ?

La notion de subsidiarité, sinon le mot… est sans doute vieille comme la Politique d’Aristote et, à sa suite, les philosophes réalistes qui ont affirmé l’importance de considérer le rôle et la liberté de la personne et de la famille, l’État ou le gouvernant n’ayant qu’un rôle de « suppléance ». On a traduit celle-ci au XIXe siècle par l’idée de « subsidiarité » (qui implique l’idée de formation de secours sur le plan militaire) lorsque la personne, la famille, le groupement, la corporation de métier… ne peut pas à son niveau régler les problèmes.

Il s’agit, fondamentalement, de reconnaître la liberté et la responsabilité de chacun. On est loin  d’un carcan imposé par le haut – une sorte de carcan des libertés concédées à regret – mais plutôt dans une reconnaissance du caractère organique de la société qui ne relève pas de la construction mais du développement naturel, ou l’État joue un rôle minimal, portant sur ses fonctions régaliennes et étendu uniquement au fil des besoins à d’autres domaines.

C’est le contraire du socialisme puisqu’en reconnaissant que l’État ou l’échelon supérieur n’a pas à gérer ce qui relève du libre choix de chacun, il laisse la place au droit à l’initiative individuelle et au droit de propriété, à la responsabilité propre des familles et même à une charité personnelle des familles et même à une charité personnelle par soi-même mais elle est, vis-à-vis d’autrui, plus humaine, plus souple et plus efficace lorsqu’elle ne relève pas d’une administration bureaucratisée. En un mot comme en cent : Small  is  beautiful – ce qui est petit, est beau et fonctionne mieux !

Ce n’est pas un hasard si la doctrine sociale de l’Église catholique a commencé à formuler l’idée de subsidiarité au XIXe siècle alors que les idées de Karl Marx gagnaient du terrain. Pie XI devait l’expliciter en 1931 dans l’encyclique Quadragesimo anno en ces termes : « De même qu’on ne peut enlever aux particuliers, pour les transférer à la communauté, les attributions dont ils sont capables de s’acquitter de leur seule initiative et par leurs propres moyens, ainsi  ce serait commettre une injustice, en même temps que troubler d’une manière très dommageable l’ordre social que de retirer aux groupements d’ordre inférieur pour les confier à une collectivité plus vaste et d’un rang plus élevé les fonctions qu’ils sont en mesure de remplir eux-mêmes. »

La subsidiarité s’exerce du bas vers le haut  Son exemple classique ? Celui de l’école : les parents ont la responsabilité de l’éducation et de la formation des enfants. Lorsqu’ils ne peuvent assurer convenablement leur instruction (par l’école à la maison par exemple), ils peuvent (sans y être obligés) la confier à l’école de leur choix, l’État n’intervenant qu’à titre subsidiaire – par l’assistance – en compensant les frais de cette scolarisation ou, au pire des cas, en mettant en place des écoles publiques pour ceux qui n’ont pas d’autre choix… L’exact inverse de ce qui se fait aujourd’hui en France.

L’exact inverse, aussi, de la subsidiarité codifiée par l’Union européenne avec l’assistance de Jacques Delors : c’est la subsidiarité concédée avec une fausse générosité par le traité de Maastricht – « La communauté agit dans les compétences qui lui sont conférées. Dans les domaines qui ne relèvent pas de sa compétence exclusive, la communauté n’intervient, conformément au principe de subsidiarité, que si, et dans la mesure où, les objectifs de l’action envisagée ne peuvent pas être réalisés de manière suffisante par les États membres. » Où l’on part du haut : la Communauté, qui « laisse » aux échelons plus bas de préférence étatiques ou à tout le moins administratives des éléments de pouvoir.

La subsidiarité est le grand mot de Sebastian Kurz, qui avait clairement annoncé la couleur dans son programme de gouvernement pour 2017 à 2022 : celui-ci fait de la « Subsidiarität » l’un des maîtres mots de sa nouvelle vision pour l’Autriche. Le programme la définit ainsi : « La subsidiarité signifie la priorité à la responsabilité individuelle et à celle de l’unité plus petite. Elle favorise les solutions qui correspondent à la réalité de la  vie et en décharge les entités supérieures ainsi que l’État. La subsidiarité est une valeur-clef de l’Europe communautaire. Elle est aussi une assurance contre les tendances centralisatrices au sein de l’Union européenne. »

Remettre enfin l’église au centre du village

Le mot apparaît d’ailleurs aussi bien dans le contexte de l’État fédéral autrichien  que dans celui de l’Union européenne ; pour celle-ci, il est  dit expressément que l’Autriche conduite par l’ÖVP veut travailler à son développement, « en mettant le principe de subsidiarité au centre ». Par sa mise en œuvre, il s’agirait de laisser à l’UE le seul rôle de « protéger » les citoyens de ses membres face aux « grands thèmes » qu’ils affrontent en, se bornant aux problèmes qui peuvent réellement être affrontés à ce niveau.

A cette fin, l’Autriche compte d’ailleurs réunir à la mi-novembre une conférence européenne sous sa présidence à Bregenz, sous le titre « La subsidiarité, principe de construction de l’Europe » en vue de faire adopter « la déclaration de Bregenz » sur la subsidiarité. Objectif : obtenir un « changement de cap de l’UE » pour assurer à celle-ci une « plus grande proximité avec les citoyens » (ce qui peut sembler paradoxal puisqu’il s’agit justement d’assurer qu’il y ait moins d’Europe), avec une attention particulière pour les questions de la gestion des migrations et des frontières, la répartition des compétences et le budget de l’UE.

On peut déjà se réjouir de cette nouvelle « centralité » de la subsidiarité qui devrait être au cœur de tout projet de droite.

Ce n’est pas un hasard si « l’appel d’Angers » qui se veut l’écho des véritables aspirations profondes des Français affirme « le rejet de l’étatisme bureaucratique et fiscaliste » par « l’application du principe de subsidiarité », au service de « la promotion des libertés, notamment économiques». Une idée d’avenir, s’il faut en croire le succès  d’un Sebastian Kurz.

 Par Jeanne Smits

 

La subsidiarité. Un grand dessein pour la France et l´Europe
Rebâtir l’école – Plaidoyer pour la liberté scolaire
La justice sociale : un concept catholique

« La France doit rester la France » : même les sénateurs l’exigent !

Lu dans Présent n°9145 du 4 juillet 2018. Le 26 Juin dernier, dans le cadre de la fameuse navette entre Assemblée nationale et Sénat, ce dernier débattait du projet de loi gouvernemental mi-chèvre mi-chou sur « l’Immigration, le droit d’asile et l’intégration », texte déjà adopté par les députés.

Le sénateur Jean-Louis Masson – celui-là même qui manifestait tout récemment dans nos colonnes un très ferme soutien à Présent – a pris la parole sans langue de bois, et malgré les interruptions et exclamations venues de la gauche et du centre :

« Dans le passé, l’immigration conduisait à l’assimilation ; elle conduit désormais au communautarisme ; les flux de migrants menacent notre pays. Pour que la France reste la France, il est urgent de reprendre notre destin en mains.

Il faut lutter contre l’irresponsabilité de ceux qui soutiennent cette invasion migratoire. Prenons exemple sur la Hongrie et la Pologne, et maintenant l’Autriche et l’Italie. »

Des références qui firent hurler l’élue communiste Assassi, toujours nostalgique de la Hongrie de Janos Kadar et de la Pologne de Jaruzelski.

Le sénateur Masson a poursuivi, imperturbable:

« Tout comme ces pays, nous devons fermer nos frontières, supprimer les aides sociales qui servent d’appel d’air, expulser les clandestins en situation irrégulière, expulser tout étranger qui commet un crime ou un délit sur notre sol, mettre un terme au laxisme à l’égard du communautarisme et de l’extrémisme musulmans !

Nos aides sociales sont une pompe aspirante, car les migrants choisissent de se rendre dans les pays où l’aide sociale est la plus forte, comme l’a souligné le ministre de l’Intérieur.

Commençons par régler les problèmes de nos concitoyens plutôt que ceux des autres. Certaines veuves d’agriculteurs ou de petits commerçants ne touchent que 300 euros par mois, alors que chaque migrant coûte 1 000 euros par mois !

Le 13 octobre 2015, j’avais dit que l’immigration d’aujourd’hui est le vivier du terrorisme de demain, les faits m’ont donné raison, contre les bien-pensants: trois semaines plus tard, il y avait l’attentat du Bataclan ! »

Nouvelles interruptions de la gauche : « Amalgame ! », hurlait l’élu ex-trotskiste Assouline

« Que Wauquiez accepte de travailler avec ceux qui ont toujours été clairs ! »

Masson ne s’est pas laissé intimider, poursuivant sa démonstration : « Il y a un mois, on a découvert que nous hébergions un bourreau de l’État islamique recherché par toutes les polices. Or non seulement il avait été régularisé au titre de l’asile des migrants mais en plus il percevait les aides financières de l’État. Face à ces faits, les tenants de la pensée unique crient à l’amalgame – alors que c’est seulement la terrible réalité ! La France doit rester la France. M. Wauquiez lui-même le dit enfin : qu’il accepte donc de travailler avec ceux qui ont toujours été clairs sur le sujet ! »

Le Sénat qui pratique, plus que partout ailleurs, l’entre-soi, n’est guère habitué à ce type de discours. Quelques sénateurs : Sébastien Meurant (Les Républicains) ou Stéphane Ravier (RN), ne boudaient pas leur plaisir, tandis que les élus communistes et socialistes tentaient de couvrir la voix de Jean-Louis Masson en tapant sur leur pupitre.

Mais désormais un Salvini en Italie, ou un Seehoffer en Allemagne, l’un et l’autre ministres de l’Intérieur de leurs pays respectifs, ne parlent pas autrement.

par Francis Bergeron

 

L´étrange suicide de l´Europe - Immigration, identité, islam
L´étrange suicide de l´Europe – Immigration, identité, islam
Immigration - La catastrophe - Que faire ?
Immigration – La catastrophe – Que faire ?
Terrorisme islamiste - Recrutement et radicalisation - Nos enfants sont concernés
Terrorisme islamiste – Recrutement et radicalisation – Nos enfants sont concernés

Pourquoi les militaires ne pouvaient-ils pas intervenir au Bataclan ?

Lu dans L’Échelle des Valeurs & La lettre d’information de Pierre de Villemarest de juillet 2018. En France, on aime les polémiques ! Des victimes et familles de victimes, de l’attaque du 13 novembre 2015 contre le Bataclan, portent plainte contre l’armée. Elles accusent les militaires de l’opération Sentinelle présents sur place de ne pas avoir fait usage de leurs armes contre les terroristes.
Il faut savoir les patrouilles de Sentinelle sous les ordres d’un sous-officier, du grade de sergent ou de sergent-chef, qui n’a ni la mission, ni les compétences pour diriger une opération. Il agit dans le cadre de consignes très strictes le limitant avec ses hommes à une fonction réactive, sur la place publique, face à une attaque clairement identifiée et à partir du moment où il a une connaissance globale de la situation.
En effet, les militaires, à part les gendarmes, sont formés exclusivement pour combattre sur un champ de bataille, pas pour assurer la sécurité sur le territoire national quand y circulent des civils.
En revanche, si la police est présente sur les lieux lors d’une attaque dépassant leurs compétences, les militaires peuvent être réquisitionnés par celle-ci. Ils agissent alors sous les ordres des policiers.
En outre, des policiers avaient pénétré dans le Bataclan et l’on ignorait tout des positions des terroristes, de leur nombre et de leur armement. Intervenant de leur propre chef, les militaires pouvaient occasionner des tirs croisés entre les différents intervenants.
On leur a aussi reproché de ne pas avoir prêté leurs armes aux policiers. Il faut savoir qu’un militaire ne peut céder son arme à personne. Il en est responsable sous peine de sanctions. Tout met en évidence la difficulté qu’il y a à faire intervenir des militaires en temps de paix sur le sol national.

 

Les Guetteurs – Les patrons du renseignement français répondent
Attentats parisiens du 13 Novembre 2015 – A qui profite le crime ? – Vol. 2
Dictionnaire du renseignement

 

Le gaspillage des complémentaires santé.

Lu dans Les 4 Vérités Hebdo du 29 juin 2018. UFC-Que Choisir vient de publier une intéressante étude sur les frais de gestion des complémentaires santé.

Selon elle, ces dépenses ont atteint 7,2 Md€ en 2016, dont près de 40 % consacrés aux « frais d’acquisition » engagés pour convaincre les particuliers et les employeurs de s’adresser à l’institution A plutôt qu’à B.

Nous allons nous appuyer sur ces données, sur celles de la DREES et sur les comptes de la Sécurité sociale, pour étudier la superposition des organismes complémentaires et de la sécurité sociale, pour évaluer la gabegie qu’elle engendre, et pour proposer des solutions permettant de rendre un meilleur service à un prix plus raisonnable.

En 2015, les prestations servies par la CNAM se sont élevées à 148 Md€, si l’on se limite aux dépenses relevant de l’ONDAM (Objectif national de dépenses d’assurance maladie), et à 159 Md€ pour l’ensemble des prestations versées par la CNAM.

Les cotisations, impôts et taxes ayant abouti dans les caisses de la CNAM se montent à 160,5 Md€. Les charges, quant à elles, ont atteint 5,7 Md€. Elles représentent donc 3,85 % des dépenses au sens le plus restrictif, et 3,55 % des recettes. Face à 20 % de frais de gestion pour les complémentaires santé, la CNAM en est à un peu moins de 4 %.

La CNAM dépense donc un peu moins pour sa gestion que l’ensemble des organismes d’assurance santé complémentaire, alors qu’elle sert 4,5 fois plus de prestations. Ce double dispositif, dont l’un rembourse peu mais avec des frais élevés, complique la vie des patients et pèse lourdement sur le budget des Français. Nous sommes donc en présence d’un gaspillage considérable. Ne pourrait-on pas y remédier ?

La première solution qui vient à l’esprit est: rendre inutile les complémentaires santé en augmentant la prise en charge des soins par la Sécurité sociale. La généralisation des complémentaires qui vient d’être réalisée, au prix d’un gros effort demandé aux entreprises, ayant été une décision très critiquée, et en effet stupide, ce retour en arrière radical serait concevable. Mais il y a mieux à faire.

En effet, l’assurance maladie n’est pas un modèle absolu d’accueil du public, de bonnes relations avec les professionnels de santé, ni même de gestion au moindre coût. Un peu de concurrence ne lui ferait probablement pas de mal. Ce qui est important pour le patient et ceux qui le soignent, c’est de ne pas avoir à faire deux fois les démarches pour la même opération.

Dans une certaine mesure, la solution existe déjà : quelques complémentaires gèrent les dossiers maladie pour le compte de la sécurité sociale comme pour leur propre compte.

Le particulier retire un autre avantage de cette façon de faire: il peut souscrire auprès d’un organisme tel qu’une institution de prévoyance, qui est généralement équipée pour, une formule d’épargne en vue de la retraite, ou une assurance dépendance.

Voyons encore plus loin: pourquoi ne pas ouvrir la possibilité de passer par une telle institution pour vendre en viager son domicile ou percevoir des prestations familiales ? Bref, il serait possible de renouer avec l’idée de la caisse unique qui avait été un objectif en 1945, objectif hélas rapidement abandonné en dépit de l’intérêt qu’il présente pour l’assuré social: être client d’un prestataire de services capable de lui offrir toute la gamme des produits de protection sociale, que leur usage soit imposé par la loi ou laissé au libre choix du client.

L’assurance chômage elle-même pourrait être traitée par un tel prestataire, qui connaîtrait bien ses clients et ne les abandonnerait donc pas dans un univers parfois kafkaïen.

Au moment où les banques délaissent de plus en plus le service personnalisé, au nom d’une conception ridicule du tout numérique érigé en panacée universelle, ces prestataires pourraient gérer des comptes d’épargne, notamment salariale, et peut-être même pratiquer le micro-crédit pour des entrepreneurs individuels ou le crédit à la consommation.

Pour ne pas voir disparaître leur fonds de commerce, les caisses de Sécurité sociale pourraient elles-mêmes se transformer en organismes sociaux multiservices: telle caisse d’assurance maladie, telle caisse d’allocations familiales, diversifierait ses activités en devenant l’interlocuteur privilégié de certains de ses anciens « administrés » devenus clients. Les mentalités et les pratiques évolueraient; la Sécurité sociale nouvelle génération entrerait, non pas dans la sphère marchande, qui n’est pas sa vocation, mais dans celle d’un véritable échange non marchand.

Par Jacques Bichot Économiste

 

Vous et la protection sociale. Maladie. Famille. Vieillesse. Un autre regard…
La sécurité sociale et comment s´en sortir
Ne t´aide pas et l´Etat t´aidera – Le livre noir de la sécurité sociale

Il faut rétablir la peine de mort

Lu dans Les 4 Vérités Hebdo du 4 juin 2018. Quand la peine de mort est hors-la-loi, seuls les hors-la-loi infligent la peine de mort(*).

La majorité des Français est probablement favorable à l’application de la peine de mort aux auteurs de crimes particulièrement odieux et pour lesquels aucune circonstance atténuante ne peut raisonnablement être invoquée au regard du forfait perpétré.

Les nombreux sondages faits dans les années écoulées vont tous dans ce sens.

Il y a toujours eu une majorité pour estimer qu’elle demeurait un mal nécessaire pour punir, et aussi, ce qu’on occulte trop souvent, mettre hors d’état de nuire à nouveau, les monstres que sont devenus certains hommes. Remarquons que, sur ce sujet de société majeur, on s’est bien gardé de demander par référendum leur avis aux Français, sans doute parce que la réponse n’aurait pas été celle que nos dirigeants souhaitaient.

Ce qui a joué contre le principe même de son application, c’est, psychologiquement, le côté barbare de l’exécution au moyen de la guillotine.

Nous étions les seuls dans le monde civilisé à pratiquer encore la décapitation.

On aurait pu trouver quelque chose de moins choquant.

Mais que des criminels en série, des assassins d’enfants, de vieillards, des monstres joignant la barbarie au meurtre, des terroristes ayant perpétré leurs forfaits aveugles dans des lieux où, nécessairement, ils allaient tuer et blesser n’importe qui, n’encourent pas la peine qu’ils n’hésitent pas à infliger à des innocents est une injustice. Et un encouragement.

Un meurtrier a intérêt à tuer les témoins possibles de son acte.

Dans le meilleur des cas, il augmente ses chances d’échapper à la police et à la justice.

Dans le cas contraire, deux, trois ou quatre victimes ne changeront guère son sort.

En outre, si on veut que, demain, notre société trouve encore des défenseurs en la personne des juges et des policiers, il faut aussi penser à les protéger.

Et la meilleure protection, c’est la possibilité que leur assassinat puisse mener tout droit au gibet. Peu d’humains en Occident ont de l’attirance pour le martyre.

Un argument fort contre la peine capitale est le risque de l’erreur judiciaire, hélas sans recours. Mais on pourrait modifier les textes, au moins dans ce cas, pour que la sentence ne puisse pas être prononcée sur la seule « intime conviction des jurés » – notion qui, dans un pays démocratique, est en elle-même, et dans tous les cas, une étrangeté, convenons-en.

Quand une sentence irréversible est possible, il faut des preuves indiscutables de la culpabilité; et c’est de moins en moins utopique grâce aux progrès considérables, accomplis dans les années passées, et ceux à venir, par la police scientifique.

Les humanistes autoproclamés de ce pays vont sans doute être horrifiés de ce propos.

Ils ont deux arguments principaux : retirer la vie à un homme, fût-il un assassin, est contraire à nos valeurs, c’est se rabaisser à son niveau, et le risque du châtiment suprême n’est pas dissuasif, n’a aucune vertu préventive. Déjà discutable dans une société en paix, où les crimes sont rares et ne remettent pas en cause les fondements de la société, ce point de vue est hors du temps quand on a affaire à des groupes ou des individus qui s’attaquent à n’importe qui dans le but ultime de détruire une société qu’ils haïssent, par la confusion, le désordre et la peur qu’ils propagent, et in fine par les affrontements qui surgiront inévitablement au sein de la population si l’État n’est pas inflexible.

Voilà près de 5 ans que le président et le Premier ministre de ce pays ont prononcé le mot guerre pour qualifier ce qui se passe chez nous; sans toutefois oser nommer l’ennemi.

Infliger la mort est inséparable de l’acte de guerre. D’ailleurs, on n’est pas si regardant quand il s’agit d’aller bombarder les Syriens qui ne nous ont rien fait, du moins dans le passé récent, et qui ont les mêmes ennemis que nous.

Alors? On peut tuer là-bas des étrangers anonymes assez inoffensifs pour nous, mais pas chez nous des ennemis déclarés de notre patrie, Français de surcroît généralement, donc des traîtres ? Ça n’a pas de sens.

Malheureusement, je pense qu’il faudra encore bien d’autres attentats et massacres, pour que nos chefs descendent enfin sur terre. Le courage et le bon sens ne sont toujours pas au pouvoir en France.

*« Supprimer la peine de mort ? D’accord! Que Messieurs les assassins commencent ! » (Alfred Capus)

Par Général (er) Roland Dubois

 

La peine de mort – Argumentaire
Plaidoyer pour une peine capitale – Essai
Lumière sur l´échafaud suivi de cellule 18 – Lettres de prison de Jacques Fesch

Les « migrants font leur marché »

Lu dans Le Bulletin d’André Noël n°2566 de début juin 2018. Que de protestations indignées après les propos d’une criante évidence de Gérard Collomb, ministre de  l’Intérieur ! On a parlé de racisme, de xénophobie, l’un de ses détracteurs a dit : « Un ministre ne devrait pas dire ça. » Ça? « Les migrants font un peu de « benchmarking » pour regarder les législations à travers l’Europe » et s’installer dans « les plus fragiles. » Sans doute pour se modeler sur le chef de l’État, qui s’exprime presque autant en anglais qu’en français, le ministre parle de « benchmarking », ce qui veut dire « étude comparée » ou « ils font leur marché.  » Ceux qui viennent en Europe ne sont pas des réfugiés politiques. Ils ne se préoccupent pas de savoir quel est le pays le plus avantageux pour y séjourner. N’importe lequel est le bon du moment qu’il les fait échapper à la mort et à la prison. 90% des « migrants » débarquent pour des raisons économiques. Ils étudient donc quel État peut leur conférer les meilleures prestations sociales et celui dont ils risquent le moins d’être expulsés tout en leur permettant de pouvoir y ramener toute leur famille et ils choisissent en conséquence… la France.

Ceux qui n’en sont pas convaincus n’ont qu’à aller sur les réseaux sociaux communautaires : les échanges entre la France – à l’instar d’autres pays européens – et le Maghreb, ou plus généralement l’Afrique, traitent d’informations sur les conditions d’accueil dans tel ou tel pays, afin que ceux qui  sont sur le départ s’organisent. Au fait, si ce sont les avantages sociaux qui les attirent chez nous, pourquoi Gérard Collomb ne leur en ferme-t-il pas le robinet pour les réserver aux Français, aux retraités ?

par G.B.

 

Les véritables enjeux des migrations
Immigration – La catastrophe – Que faire ?
Face à la bombe migratoire, existe-t-il une réponse ?

Éditorial, juillet-août 2018 : Le gaullisme, maladie sénile de la droite – Entretien avec Gérard Bedel

ÉDITORIAL : N° 735-736 – Juillet-août 2018 : Le gaullisme, maladie sénile de la droite – Entretien avec Gérard Bedel.

Il suffit !  

Oui, il suffit d’entendre perdurer les étalages de flagorneries, courbettes et autres courtisaneries répercutées par les sempiternelles caisses de résonances médiatico-politiques qui chantent les louanges de Charles De Gaulle.

Il y a plus de trente ans (en 1984), nos Éditions de Chiré avaient déjà publié un livre destiné à déboulonner la statue de la « figure légendaire » gaullienne : Naissance du mythe gaulliste, écrit par Henri de Foucaucourt, qui contient dans ses dernières pages les phrases suivantes :
« Charles De Gaulle, homme d’un fort calibre intellectuel, s’est imaginé investi d’une mission supérieure sur laquelle il a su improviser sa chanson de geste. Mais les faits composent une autre chanson ».

Cependant, malgré ses mises en garde et l’exposition flagrante des faits incontestables, le voile est encore et toujours jeté sur ce que fut la réalité du personnage. Aussi, notre ami Gérard Bedel, fin mélomane, a souhaité reprendre la partition de la chanson de geste parce qu’il s’est rendu compte qu’elle est une imposture qui fourmille de fausses notes !

Nous l’avons rencontré et préparé (en partie) à ses côtés l’édition de sa démonstration, ce qui nous a permis de mesurer à quel point (près de quatre-vingts ans après les faits) la légende est tenace. Nous ne sommes pas dupes, nous le savions, mais les récentes péripéties des affrontements et campagnes politiques ont redonné vigueur au détournement de la vérité, tant les différentes familles politiques contemporaines qui briguent de parvenir aux plus hautes responsabilité de l’État se réclament encore de « l’héritage gaulliste » et de la figure tutélaire de son mentor.

Gérard Bedel a bien voulu accepter de nous accorder un entretien (pages 7 à 11) au cours duquel sont évoqués quelques-uns des principaux « faits d’armes » qui ont permis de forger la légende. Et, parmi ceux-ci, il en est un qui « fait tache » dans le tableau et qui est soigneusement dissimulé au « grand public », celui de l’alliance avec l’Union soviétique stalinienne et les communistes. Nous le rappelons à propos des « événements de Mai 68 » et de la « fuite » à Baden-Baden (pp. 12 à 16), car il faut bien savoir que dès 1942, De Gaulle disposait de l’argent et des armes, fournis par Moscou, qui lui ont permis de favoriser l’emprise du Parti communiste sur la Résistance !

Cher Gérard Bedel, nous vous devons une extrême gratitude : votre essai de compréhension est une pleine réussite.

Dorénavant nous pouvons affirmer : Il suffit de nous avoir trompés, de nous avoir leurrés, de nous avoir imposés pendant ces si longues années une imposture qui aveugle, qui trompe, qui dissimule ! Espérons que, grâce à Gérard Bedel, enfin la vérité nous rendra libres !

par Jérôme SEGUIN

Le gaullisme – Maladie sénile de la droite
Naissance du mythe gaulliste
L´accord secret de Baden-Baden – Comment De Gaulle et les soviétiques ont mis fin à Mai 68

N° 735-736 – Juillet-août 2018 : Le gaullisme, maladie sénile de la droite – Entretien avec Gérard Bedel

N° 735-736 – Juillet-août 2018 : Le gaullisme, maladie sénile de la droite – Entretien avec Gérard Bedel

SOMMAIRE : 

Éditorial (par Jérôme Seguin) (p. 1)
– Les brèves (p. 3)
– Les dates à retenir (p. 5)

Politique française
– Le gaullisme, maladie sénile de la droite : entretien avec Gérard Bedel (p. 7)
– De Gaulle à Baden-Baden (par Jérôme Seguin) (p. 12)
– La Franc-Maçonnerie dans tous ses états ? (par J. S.) (p. 17)

Actualité
Du général de Sonis au colonel Beltrame : rien de changé pour la Franc-Maçonnerie (par Claude Mouton-Raimbault) (p. 21)

Économique et social
Les caisses syndicales et les grèves de printemps (par Michel Leblanc) (p. 23)

Media
– Quels changements à Valeurs actuelles ? (par M. L.) (p. 27)

*
– Il y a 50 ans. dans Lectures Françaises : La tribune de Cassandre (n° 135 de juillet 1968) (par François-Xavier d’Hautefeuille) (p. 33)

*
Dans notre courrier (par Jean Auguy et J. S.) (p. 35)
Présent va-t-il disparaître ? – Sylvain Tesson et le terrorisme islamiste – Situation de l’île de Mayotte – Un sondage révélateur en Alsace – Franc-maçonnerie (un exemple local) – Fausses et vraies victimes de la guerre d’Algérie – Le Champ des Martyrs de Brec’h – Défense de la langue française – Écoles Saint-Michel et Philibert-Vrau – Notre-Dame-des-Landes – Deux hommages à Maurras – Une journée d’hommage au maréchal Pétain – Trait d’Union (revue) – Musée de la Chouannerie – Riaumont (Association Notre-Dame de). 

*
– Échos et rumeurs (par Pierre Romain, Jacques De Kremer, et M. L.) (p. 43)
Le poids du Qatar sur le groupe Lagardère – La dette française toujours primordiale pour les politiques – Les 35 milliards d’euros de dettes de la SNCF – Procès des escrocs marseillais au carbone – L’œil de New York – Accaparement des terres agricoles en France – La démonstration des Identitaires dans les Alpes. 

Géopolitique
– Le mondialisme en marche (par Claude Vignon et W. S.) (p. 48)
La reconnaissance de Jérusalem – Des pays européens se battent contre l’immigration non désirée – Dégradation régulière des terres – Les manœuvres imprévisibles de Donald Trump contre l’Europe. – .et ses précautions pour la Chine. 

*
– Ils nous ont quittés (p. 53)
Général Emmanuel Beth – Roland Florentin – André Danet – M. l’abbé Jean Siegel – Guy Dupré – Pierre-Philippe Lambert. 

*
– La vie des livres (par P. R. et J. S.) (p. 55)
Intra muros (de Pierre-Antoine Cousteau) – L’abbaye de Clairvaux – La Démocratie, fille du christianisme (d’Étienne Herrem) – Saint Bérégise (de Jules Delfosse) – Le Droit naturel (de Philippe Pichot-Bravard) – Mabire (de Pierre Mongondry) – Un appel pressant des Éditions Résiac – La France et la déclaration Balfour (de Philippe Prévost).

Grâce à votre mobilisation, Présent continue !

Lu dans Présent n°9143 du samedi 30 juin 2018. Nous ne vous avons rien caché. Dès la fin de 2017, nous avions vu arriver les difficultés : ce jugement du conseil des prud’hommes de Paris, que nous contestons, mais qui obère gravement notre bilan ; cette facture imprévue de Presstalis. La caravane Présent risquait de patiner dans une ornière, de s’immobiliser, voire même de disparaître dans les sables mouvants.

Nous avons lancé cet appel, en nous demandant si nos lecteurs comprendraient la situation. S’ils comprendraient que ce message n’était pas comme les messages habituels face aux difficultés du temps. Charles Maurras, pour L’Action  française, Jean Madiran, pour Présent, lançaient régulièrement des appels à l’aide financière. En l’absence de ressources publicitaires significatives, en l’absence de mécènes fortunés pour payer les fins de mois, eux comme nous n’ avaient pas d’ autres possibilités que ces appels aux lecteurs. L’Action française avait même lancé une « souscription permanente », du crowdfunding avant l’heure, en quelque sorte, des financements participatifs pour conserver le plaisir de lire chaque jour leur journal favori.

Mais nos lecteurs ont bien compris, cette fois, que si Présent calait aujourd’hui, il ne pourrait sans doute pas redémarrer.

Dégager les roues de cette boue qui nous enlisait 

D’où le formidable élan de solidarité qui s’est manifesté en un mois à peine. Vous avez tous poussé pour dégager les roues de cette boue qui nous enlisait. L’élan est magnifique, et nous redonne espoir.

D’autant que, du côté de Presstalis, le ciel se dégage un peu : depuis plusieurs mois, Presstalis nous retenait la rémunération de nos ventes en kiosque pour éponger cette contribution exceptionnelle que nous ne leur avions pas versée. Mais nous venons, ce mois-ci, d’être ponctionnés de la dernière retenue. A partir de maintenant, les ventes en kiosque recommenceront à rapporter (un peu) d’argent.

En ce qui concerne le litige prud’homal, vos dons couvrent actuellement une grande partie des sommes réclamées. Si l’ effort est poursuivi cet été, nous pourrons pousser un vrai ouf de soulagement.

Mais cette crise, purement conjoncturelle, encore une fois, a eu le mérite de nous montrer votre exceptionnel attachement au titre.

Nous devons donc poursuivre l’effort entrepris, pour mettre le journal à l’abri, dans le long terme, de tels soubresauts.

Pour cela quelques décisions ont été prises :

– poursuivre la réduction des charges fixes, pour abaisser le niveau d’équilibre financier, mais sans altérer la qualité du journal ni revenir en arrière quant à la pagination, l’utilisation de la couleur, la maquette ;

– constituer un comité de soutien financier. Présent n’a pas dans sa manche l’équivalent d’un Drahi (Libération), d’un Dassault (Le Figaro), d’un Pierre Bergé (Le Monde), d’un Rothschild, etc., mais plusieurs amis ont manifesté leur souhait d’aller plus loin dans l’accompagnement financier de leur quotidien, et dans le conseil à la gestion. C’est une aide précieuse, trop longtemps négligée ;

– avoir une approche plus commerciale. Nous prévoyons de nous structurer sur ce plan, d’autant que nous avons eu la bonne surprise de découvrir que nous pouvions intéresser des annonceurs publicitaires, notamment dans le domaine culturel ;

– développer notre site Internet. Nous touchons là à une évolution structurelle nécessaire. Nous sommes conscients que d’ici dix ans le quotidien papier sera un luxe, mais un luxe que nous voulons continuer à offrir. Nous devons donc préparer cette évolution, avec nos lecteurs, en mettant en place dès 2019, l’abonnement unique papier + Internet, ou l’abonnement Internet, au choix de l’abonné ;

– poursuivre la publication des hors-série, si leur succès, dans les ventes en kiosque, se confirme. Ils alimentent un peu les finances du quotidien. Mais surtout ils permettent une meilleure visibilité de notre titre, grâce à l’affichage publicitaire sur les kiosques.

Vous voyez que nous ne manquons pas d’ambition. Ce n’est déjà plus uniquement la survie de Présent qui nous mobilise, c’est aussi son rebond, son développement.

Car Présent ne cache pas qu’il se bat pour des valeurs, et entend bien les afficher plus que jamais. C’est notre raison d’être. Poursuivre en juillet et août votre aide financière, c’est enraciner le redressement, et offrir à votre journal des perspectives dans le plus long terme.

par Francis Bergeron

 

Présent Hors Série – Nous ne sommes pas Charlie – (Juillet/Août 2015)
Brève apologie pour l´Eglise de toujours
Le 14 Juillet 1789

Gina Haspel, miss CIA

Lu dans Valeurs actuelles n°4257 du 28 juin au 4 juillet 2018. La nouvelle directrice de la CIA, nommée par Donald Trump, est la première femme à occuper ce poste. Critiquée pour son rôle dans le programme d’interrogatoires poussés, elle a dédié sa vie à la protection des États-Unis.
Il y a bien longtemps, dans une zone de conflit lointaine et confidentielle, des soldats iraniens ont débarqué sans prévenir au cours d’une réunion secrète à laquelle elle assistait. En quittant les lieux précipitamment, l’espionne américaine s’est alors retrouvée au péril de sa vie sous le feu ennemi. Elle a, depuis, gardé la balle qui a crevé le pneu de son véhicule, en souvenir des risques pris tous les jours par les agents de la CIA partout dans le monde pour protéger les États-Unis. Après avoir gravi tous les échelons de la hiérarchie en trente-trois ans d’engagement, Gina Haspel, nommée par le président Donald Trump, est devenue en mai, la première femme à diriger l’Agence centrale de renseignement en plus de soixante-dix ans.
Critiquée par les démocrates et les organisations de défense des droits de l’homme pour son rôle joué dans le programme de détentions secrètes et d’interrogatoires poussés de la CIA, la directrice de 61 ans parachève pourtant une carrière exemplaire passée dans l’ombre des opérations clandestines. Native du Kentucky, Haspel a grandi sur des bases militaires et pensé intégrer West Point, avant d’apprendre que l’académie refusait les femmes. « Mon père ayant servi dans l’armée, ça a été pour moi une affinité naturelle. Je voulais vivre des aventures outre-mer pour satisfaire mon amour des langues étrangères, a-t-elle expliqué. La CIA a tenu ses promesses. »
Déployée pour la première fois en Afrique, à la fin de la guerre froide, Haspel recrute des agents en Éthiopie, survit à un coup d’État et aide même Mère Teresa, qui craint des pénuries de blé, à contacter le président Reagan ! Celle qui parle l’espagnol et le français, apprendra le turc et le russe en missions en zones Eurasie (Ankara) et Europe (Londres). « Gina est pondérée, modeste et très expérimentée, note Carmen Medina, ex-directrice adjointe du renseignement. Au siège de la CIA, je portais toujours les problèmes difficiles à son attention, sachant qu’elle serait de bon conseil et objective. Elle pensait d’abord à ce qui était le mieux pour la nation et l’organisation. » Rapidement, cette travailleuse acharnée multiplie les coups d’éclat.
À son arrivée à Bakou, en Azerbaïdjan, Gina Haspel est accueillie avec scepticisme par ses collègues masculins. « Je n’arrive pas à croire qu’ils vous aient envoyée ici », lui lance l’un d’eux. En 1998, elle organise pourtant une opération qui permet l’arrestation de deux terroristes liés aux attentats contre les ambassades américaines au Kenya et en Tanzanie, la même année. Un succès qui lui vaut une décoration parmi d’autres. Mais côté personnel, c’est le néant. « Je n’ai absolument aucune vie en dehors du boulot », avoue alors cette femme divorcée et sans enfants. Puis, le combat contre Al-Qaïda s’intensifiant, Gina demande son transfert au centre antiterroriste.

Il faut « l’attendrir » comme un « bon steak »

Comme un symbole, elle intègre la division le 11 septembre 2001, jour des attentats contre le World Trade Center et le Pentagone. Haspel est en première ligne dans la  » guerre contre la terreur « , dont les méthodes musclées feront scandale. Entre octobre et décembre 2002, elle devient chef de base du premier  » site noir  » de la CIA, une prison secrète en Thaïlande, baptisée  » Œil de chat « , où deux suspects de la nébuleuse de Ben Laden sont soumis aux techniques d’interrogatoires dits  » renforcés « , approuvées par l’administration Bush et qualifiées depuis de  » torture  » par leurs opposants. Sous son autorité, seul le cerveau saoudien de l’attentat contre l’USS Cole, Abd al-Rahim al-Nashiri, subit trois fois le simulacre de noyade. Il faut « l’attendrir » comme un « bon steak », explique un agent au détenu en pleurs, nu et cagoulé.
« Gina est une dure à cuire. Elle écoute tous les avis mais prend les décisions qui s’imposent. Elle n’est pas idéologue, c’est une patriote », confie un ancien haut cadre de la CIA. Ainsi en 2005, quand, bras droit de Jose Rodriguez, directeur du service clandestin national, elle rédige à sa demande un câble ordonnant la destruction « à la déchiqueteuse » de 92 vidéos d’interrogatoires pour protéger les identités des agents impliqués, après la publication d’articles de presse évoquant ces méthodes. La décision, validée par des avocats de l’Agence et qu’elle « défend » loyalement, a été prise sans l’aval de la direction, du Département de la Justice (DoJ) et de la Maison-Blanche, ce qu’elle ignorait. Haspel sera d’ailleurs blanchie par une enquête interne, puis épargnée par le DoJ.
C’est donc sans surprise que la nomination par Trump, en mars, de la directrice adjointe à la tête de la CIA, à la place de Mike Pompeo, parti au Département d’État, suscite la polémique. « Son rôle précis dans le programme illégal de torture n’est pas connu, mais cela importe peu, remarque Laura Pitter, juriste senior à l’ONG Human Rights Watch. Ce que nous savons déjà est alarmant et suffit à la disqualifier. » Selon Glenn Carle, ancien agent sous couverture, Haspel serait même « un des deux hauts responsables » du programme, ce que démentent plusieurs officiels. Au siège de la CIA, ses rares contempteurs lui ont trouvé un surnom:  » Gina la sanguinaire « .
Au Capitole, des élus réclament, eux, la « transparence » sur son implication. En vain. « Ses antécédents la rendent inapte pour le poste », dénoncent des sénateurs progressistes. Face aux critiques et aux réserves de la présidence, qui redoute que le Sénat refuse de confirmer sa nomination, Haspel finit par proposer à la Maison-Blanche le retrait de sa candidature pour éviter une débâcle et préserver sa réputation et celle de la CIA. Mais les conseillers de Trump l’en dissuadent. Les démocrates n’en veulent pas « parce qu’elle est trop dure avec les terroristes », ironise le président.
Pour corriger les erreurs de la presse, la CIA organise aussi une campagne de séduction. Dans une lettre, 72 anciens officiels de l’Agence apportent leur soutien à Haspel, tout comme John Brennan, Leon Panetta et Michael Hayden, directeurs sous Bush et Obama. « J’ai hérité de mes parents une conscience morale, il n’y aura jamais plus de programme d’interrogatoire », promet-elle au Congrès, sans exprimer ni excuses, ni regrets. Le Parti républicain, lui, préfère l’argument féministe. « Gina est un symbole de diversité pour les femmes de la CIA, confirme Carmen Medina. Son style compétent et discret est un changement bienvenu dans la culture  » cow-boy  » de la CIA. » Le 17 mai, le Sénat approuve sa nomination par 54 voix contre 45, grâce à 6 démocrates.
La nouvelle patronne, qui a dévoilé ses ambitions pour l’Agence, veut étendre sa présence à l’étranger, y améliorer la formation linguistique et la préparer à l’ère cybernétique. Dans son radar : l’Iran, la Corée du Nord, la Chine et la Russie. « Son plus grand défi est de collaborer avec le président Trump, dont l’opinion sur la Russie est très différente de celle de la quasi-totalité des experts et de nos alliés », analyse John Sipher, ex-directeur des opérations russes. Gina Haspel est à la hauteur. « Je connais par cœur la CIA et les menaces auxquelles nous faisons face », a-t-elle rappelé. Les ennemis de l’Amérique sont prévenus.

Par Amaury Brelet

La Machine de guerre américaine – La politique profonde, la CIA, la drogue, l´Afghanistan…
L´état profond américain – La finance, le pétrole et la guerre perpétuelle
Dictionnaire du renseignement

 » La Croix et le Croissant « : le jeu de dupes du pseudo dialogue interreligieux

Lu dans Reconquête n°349 de Juin 2018. L’essayiste Jean-Philippe Vincent a publié le 20 mai 2018 dans la page Débats du Figaro un article intitulé « La concurrence entre religions : quelles conséquences ? ». Nous en extrayons cette réflexion bien frappée : « Quant au catholicisme, il est si engagé dans un dialogue interreligieux qu’il fait tout son possible pour ne pas convertir de musulmans. Et il y réussit ». Elle ne va hélas pas à l’encontre de la réalité. Monseigneur Teyssier, l’ancien archevêque d’Alger, ne se targuait-il pas il y a quelques années, au moment de prendre sa retraite, de n’avoir jamais cherché à convertir de musulmans, ni en avoir baptisé un seul au long de ses quarante ans, on ne dira pas de « mission » mais plutôt de « représentation ».
Nous nous souvenons de l’expression, un jour, à l’Institut catholique de Toulouse, de son emportement contre les évangéliques qui, en Algérie, par leurs actions visant à convertir des musulmans au christianisme, se rendaient selon lui dangereusement coupables d’entraver les bonnes relations avec les gouvernements algériens.

La répression en Algérie

En ce mois de mai 2018, on apprenait d’ailleurs, sur ce point, des informations sur l’état actuel de la liberté religieuse en Algérie : à peu près nulle et même en diminution sans que l’Église catholique ne semble s’en émouvoir. Les faits sont parlants. Le gouvernement algérien recense 68 500 chrétiens dans le pays, soit 0,2 % d’une population de 40 millions d’habitants. Les catholiques et les orthodoxes, essentiellement des expatriés, y sont respectivement 6 000 et 1 300. Le reste, soit 61 200, est le chiffre des évangéliques, pour l’essentiel des autochtones convertis. C’est beaucoup trop pour le gouvernement algérien, qui hurlerait pourtant si on n’avait pas accepté en France les 100 imams qu’il a envoyés en renfort de prédication pour le ramadan. Aussi des directives ont-elles été données pour renforcer de fait la législation de répression qui condamne lourdement tout acte visant à la conversion d’un musulman à une autre religion. L’article 11 d’une ordonnance signée en 2006 par Bouteflika stipule en effet ceci : « Sans préjudice des peines plus graves, est puni d’un emprisonnement de deux ans à cinq ans et d’une amende de 500 000 Dinars Algériens à 1 000 000 Dinars Algériens quiconque : 1 – incite, contraint ou utilise des moyens de séduction tendant à convertir un musulman à une autre religion, ou en utilisant à cette fin des établissements d’enseignement, d’éducation, de santé, à caractère social ou culturel ou institutions de formation, ou tout autre établissement, ou tout moyen financier, 2 – fabrique, entrepose, ou distribue des documents imprimés ou métrages audiovisuels ou par tout autre support ou moyen qui visent à ébranler la foi d’un musulman. » Or, pour le seul fait d’avoir transporté trois bibles dans sa voiture, un habitant de Tiaret, un courageux chrétien évangélique, a été condamné à une amende énorme pour lui de 100 000 dinars (5 fois le salaire mensuel de base en ce pays).
On peut ainsi mesurer la dérision de l’article 3 du même texte précisant que « les associations religieuses des cultes autres que musulman bénéficient de la protection de l’État ». Cela sans la moindre réaction de solidarité chrétienne œcuménique.
Ainsi, pas plus qu’il n’a réagi à la fermeture d’une librairie dans sa ville, appartenant à un chrétien protestant, l’évêque d’Oran, monseigneur Jean-Paul Vesco, n’a pipé mot de cette condamnation.

Les Catholiques se taisent

Commentaire de Mustapha Krim, héroïque pasteur évangélique à Bejaïa : « Quand on demande aux catholiques de prendre position et de nous soutenir, ils se taisent. Ils restent neutres. L’État les laisse tranquilles tant qu’ils ne font pas de baptêmes, ni de ni de prosélytisme ». On vérifie encore ainsi la pertinence de la réflexion précitée sur le dialogue interreligieux islamo-catholique. Dans sa veine, il ne viendrait à l’esprit d’aucun « dialogueux », comme les appelle Marie-Thérèse Urvoy, de réclamer un peu de réciprocité pour les chrétiens.

Mustapha Krim ajoute : « En France, les musulmans obtiennent des droits, et nous, chrétiens algériens, on nous les enlève. Nous demandons seulement 1 % de la liberté religieuse en Algérie dont jouissent les ressortissants et descendants algériens musulmans en France, pas plus ». Et plus loin : « Comment nos 45 lieux de cultes et 60 000 fidèles seraient-ils une menace face à 35 000 mosquées ? La vérité est que nous dérangeons parce que nous enregistrons des conversions. Si nous sommes à 95 % des convertis de l’islam, nous demeurons des citoyens algériens comme les autres avec les mêmes droits. Et s’ils fermaient tous nos lieux de culte, il y aurait alors une multiplication, avec 45 000 églises domestiques ».
Rappelons que s’il y a des églises dans certains pays musulmans, elles ne sont ouvertes que pour les étrangers et les séculaires communautés chrétiennes en dhimmitude. Car partout en islam l’apostat risque toujours la mort, selon la charia, ou les peines les plus lourdes.
Le père Antoine Moussali, cet admirable prêtre lazariste (père de Saint-Vincent de Paul), immense érudit et enseignant de la langue arabe, dans la conférence qu’il donna au Centre Charlier (la dernière puisque Dieu le rappela peu de temps après), nous disait et répétait : « je n’ai cessé au long de ma vie de parler avec des musulmans, je n’ai jamais pu dialoguer avec l’islam ».
On lira notamment « La croix et le croissant » (Ed. de Paris) et encore le livre très émouvant « Sept nuits avec un ami musulman » (id.) et encore « judaïsme, christianisme et islam » (id.).

par B.A.

La croix et le croissant – L´islam et son commerce d´esclaves chrétiens
Sept nuits avec un ami musulman
Judaïsme, christianisme et islam – Etude comparée

Comprendre les mécanismes des sociétés de pensée grâce à Augustin Cochin

Lu dans Reconquête n°349 de Juin 2018. Depuis des lustres, notamment avec notre livre Vérités sur la franc-maçonnerie, nous n’avons cessé d’appeler à la lecture ou relecture de l’œuvre historique majeure d’Augustin Cochin sur le rôle des sociétés de pensée et du jacobinisme dans la genèse de la Révolution française et dans sa continuité historique. L’essentiel de son œuvre vient d’être très heureusement réédité d’un bloc sous le titre « La machine révolutionnaire ».
Au passage, rappelons aussi qu’Augustin Cochin, officier légendaire, fut un héros et, à l’ évidence, véritablement un saint. Comme son frère, officier et père de famille, tombé au front en 1915, il n’eut de cesse d’être envoyé au feu, disant, comme lui, « ma place est au danger, mon nom m’en fait un devoir ».
Grièvement blessé une première fois, il en ressort pour dix mois d’hôpital, la mâchoire brisée, un bras fracassé. Le bras, non réparable, restera engainé dans le plâtre. Il exigera pourtant de retourner sur le front, auprès de ses soldats, qu’il aime et qui l’aiment, accompagnant les blessés et les mourants de toute sa ferveur chrétienne. Il fut encore blessé à quatre reprises, exigeant à chaque fois, dès réparation bien sommaire, de revenir soutenir et ranimer ses hommes qui deviennent fous sous les bombardements « pour maintenir la flamme dans leur cœur ». La dernière blessure fut décisive : atteint dans le cou, il lui resta un souffle de vie pour réciter à haute voix la prière finale avec son ordonnance et conclure sa vie en lui disant « À présent laisse-moi penser », offrant ainsi sa vie à Dieu.

Le vote, ce merveilleux instrument. ..

Le chrétien Augustin Cochin ne put donc hélas poursuivre une œuvre déjà considérable et prometteuse, surtout innovante dans l’analyse de la Révolution française. Il l’effectua à partir de ses recherches minutieuses d’historien sociologue imprégné des méthodes de travail de l’École des Chartes. Il a, en quelque sorte , démonté les mécanismes de ce qu’il a appelé les sociétés de pensée et notamment celles constituées par la franc-maçonnerie et le Club des jacobins.
Extrayons ces quelques passages pour mettre en appétit de compréhension, grâce à lui, des mécanismes d’enrôlement des gogos. Et d’abord sur le « vote, ce merveilleux instrument » censé être toujours le décret du peuple souverain mais qu’une minorité « d’assidus » manipule, « choisissant les nouveaux associés, nommant les bureaux, faisant les motions » …
« C’est le régime intérieur de toutes les sociétés de pensée, les sociétés d’égaux, depuis celle du Saint-Sacrement en 1650, jusqu’au Grand Orient de 1780, et depuis la société jacobine jusqu’au « Caucus » de M Chamberlain. Il a partout le même effet : la formation de ce que nos maçons appellent un ordre intérieur, les politiciens anglais, des cercles intérieurs, c’est-à-dire d’une petite société agissant au sein de la grande et en dirigeant les votes à son insu par les milles moyens « à côté » dont dispose la bande contre la foule : ordres du jour préparés, motions concertées, claques montées d’avance, épurations insensibles, votes surpris ».

L’importance du secret

Cochin a travaillé minutieusement sur l’importance du secret : « Toute société est secrète dans la mesure où elle veut agir sur une opinion profane comme un cercle intérieur, mécaniquement». « Le secret se retrouve dans toutes les sociétés de pensée ; mais il est le moyen propre des sociétés de caractère philosophique et intellectuel telle que la maçonnerie. »
Et plus précisément, sur le secret maçonnique : « Le secret maçonnique est un moyen d’entraînement et d’initiation progressive. Par tout un appareil de rites, de serments et de formules, toute une hiérarchie de grades et de pouvoirs, par la promesse répétée d’affranchissement, de lumière, de liberté, l’adepte est sollicité de degré en degré. Il se croit toujours arrivé en possession de la vérité pleine ; il se comporte comme s’il l’était : il a rejeté toute foi, tout dogme, toute autorité personnelle. Mais d’autres degrés, de nouvelles initiations lui sont présagées. Tant qu’il lui reste des habitudes, des survivances de son ancien état, de la vie normale, il ne sera pas apte aux grades supérieurs, à la révélation des derniers secrets. Les mystères religieux ne sont rien en comparaison des mystères dont se targue la franc-maçonnerie. »
Cochin n’a pas été le seul à décortiquer le phénomène néfaste de la franc-maçonnerie moderne développé à partir de l’Angleterre dès le XVIIe siècle. Mais son œuvre est sans doute encore une des plus magistrales et utiles par la pénétration et la clarté pour démonter les toujours actuels mécanismes révolutionnaires.

« La machine révolutionnaire », Augustin Cochin, Ed. Tallandier, 2018

par B.A.

Les sociétés de pensée et la démocratie moderne
Vérités sur la franc-maçonnerie – De la subversion des loges à la république des initiés
Mémoires pour servir à l´histoire du jacobinisme (2 volumes)

L’esprit social de Jean Mabire …

Lu dans Jean Mabire n°48 Solstice d’été 2018 (magazine des Amis de Jean Mabire). Jean Mabire fut-il socialiste au sens propre du terme ? Qu’il fut attiré par quelques idées socialisantes en particulier celles développées par Georges Sorel, lui-même fortement inspiré de Pierre Joseph Proudhon ceci es possible car, de ces théories très souvent utopiques, émanaient de sentiments égalitaires, de générosité et de liberté que nous ne pouvons nier mais qu’il est nécessaire de resituer dans la période industrielle du XIXe siècle. Jean Mabire en est resté à ce stade de sa réflexion, n’étant jamais tombé dans un socialisme scientifique à la Marx ou Engel.

Accordons-nous sur le fait que si tout Homme est Révolution Mait’Jean en fut incontestablement une !

Ici il est nécessaire de se pencher sur l’œuvre de Sorel à laquelle Jean Mabire s’est intéressé, certainement autant du fait que Sorel étai Natif de Cherbourg que par le socialisme révolutionnaire conservateur qu’il développa. Georges Feltin Tracol nous offre son analyse.

Pour un socialisme Européen ! C’est à Maximilien Malirois que nous avons laissé le soin de développer ce sujet. Aujourd’hui, il ne nous est plus possible de réagir au stade d’une simple Nation sans pour cela, bien au contraire, tomber dans l’esprit d’un mondialisme exacerbé et mortifère. Il est nécessaire d’observer, de comprendre et vivre en alliance avec les Peuples composants notre Europe afin d’en faire un Continent fort, capable de résister aux attaques des puissances ennemies. Jean Mabire était profondément imprégné de ces idées qu’il exprimait déjà à l’heure de l’Esprit Public ou d’Europe Action.

Pour avoir demandé à Bernard Plouvier de nous apporter son point de vue du « Travailleur » d’Ernst Jünger ? Parce que précisément, le travail ou son exploitation se trouve à la naissance des doctrines socialisantes et, bien avant cela, les conditions du travail, à la base des revotes paysannes. À travers son ouvrage, Ernst Jünger fait ressortir la Noblesse du Travail. Que celui-ci, au lieu de diviser les hommes peut et doit les rassembler au profit de l’intérêt supérieur d’un Peuple et d’une Nation. C’est une vue personnelle de l’ouvrage que nous offre Bernard Plouvier, une vue nouvelle de l’œuvre de Jünger. Jean Mabire était un travailleur forcené, très attaché à ce monde. Convaincu que le travail n’avilit pas mais au contraire rend l’homme Libre et l’ennoblit.

Bruno Favrit nous communique une expression de la pensée Nietzschéenne. Parce qu’il est incontestable que cette pensée influença Sorel et inspira naturellement Jünger, ainsi d’ailleurs que Jean Mabire et beaucoup d’entre nous, car c’est certainement celle à laquelle nous nous référons particulièrement. Ce court texte ne peut être considéré que comme une introduction à la poursuite de la pensée Mabirienne.

Enfin, qui mieux que Katherine Mabire-Hentic peut nous confier la pensée de son mari sur la fonction sociale, mais Jean était beaucoup plus que social, il était sociable. Elle nous la présente sous un aspect très personnalisé, les clichés d’une courte période de sa vie. L’image qu’elle nous apporte d’un Jean barbu est justement l’expression normale de la recherche du Soi ! Jusqu’à ce qu’il devienne !

Parce qu’il reste des choses à dire, parce que l’Esprit, l’Âme de Jean Mabire ne doivent pas mourir, avec ce bulletin, nous relançons la vie de l’A.A.J.M, aidez-nous à la continuer ! Il s’agit simplement de conserver un bon sens.

Celui qu’à toujours su garder Jean Mabire !

 

par Bernard Leveaux

Mabire – Qui suis-je ?
La Torche et le glaive
Du bûcher à la guillotine

Frère Macron et les musulmans

Lu dans monde&vie n°957 de juin 2018. En théorie, Macron reste le garant de la laïcité face à l’islamisation et de notre sécurité face au terrorisme islamique. En pratique, sa grande porosité aux thèses communautaristes, voire fondamentalistes, inquiète. Les Frères musulmans ne se contentent pas de le soutenir, ils le conseillent. Parfois directement, comme Yassine BELLATAR.

Pour Ahmet Ogras, président du Conseil français du culte musulman (CFCM), l’absence d’Emmanuel Macron au dîner de rupture du jeûne le 12 juin « est perçue par la communauté musulmane comme un boycott ». Voilà qui en dit long sur la capacité de chantage victimaire dont est capable ce proche des Frères musulmans et voilà qui manifeste la dépendance dans laquelle il estime qu’Emmanuel Macron est tombé. S’il est le premier Président depuis 10 ans à avoir, l’an dernier, assisté à cette cérémonie, c’est loin d’être le seul gage qu’il a donné à un islam plus ou moins radical. À ce titre, est-il le mieux placé pour protéger la France de l’islamisation, dont l’expression paroxystique est le terrorisme islamique ? Poser la question, c’est déjà y répondre.

De fait, l’homme parle de « radicalisation de la laïcité » (contre l’islam) ou reprend les discours du Parti des Indigènes de la République (PIR), mouvement islamo-gauchiste, du CCJF (Comité contre l’islamophobie en France, proche des Frères Musulmans) … ou de Daech sur la colonisation française, « crime contre l’humanité ».

Ces propos avaient fait grand bruit pendant la campagne présidentielle, marquée par le soupçon de complaisance, voire de soumission envers les Frères Musulmans (FM), mouvement prônant l’islamisation en douceur. Petit souci, le Service central de renseignement territorial (SCRT) met en garde contre la « porosité […] avérée » qui existe entre salafisme « quiétiste » – opposé à l’usage de la violence aujourd’hui – et salafisme djihadiste.

En attendant, on se souvient de l’affaire Mohamed Saou. Proche du PIR et du CCJF, le référent En Marche du Val-d’Oise, un « type bien », malgré des « trucs plus radicaux », selon les mots hors antenne de Macron sera écarté… avant d’être discrètement réintégré sous pression du CCIF. Plus significatif, après la Grande mosquée de Paris, c’est l’UOIF (Union des Organisations Islamiques de France, bras armé des FM), depuis rebaptisée « Musulmans de France », qui avait appelé à voter Macron.

Bellatar, le côté obscur de la force

Yassine Belattar

Un an plus tard, la même organisation enjoint Emmanuel Macron, dans une lettre ouverte, à protéger les musulmans « des attaques des radicalisés de la laïcité » et à dire « non à l’instrumentalisation de la laïcité à des fins racistes et d’intolérance religieuse », bref de laisser les fondamentalistes pratiquer leur culte et leur prosélytisme comme bon leur semble.

Il est à craindre qu’ils soient entendus, si l’on en juge par l’entourage du Président. Peu à dire des 17 députés musulmans de LREM (un record), tous au profil assez lisse. Seul Yanis Khalifa, suppléant de Sira Sylla, est proche des FM. Mais le vrai pouvoir est dans les couloirs de l’Élysée, qu’arpentent ses conseillers. Deux visages s’imposent alors : ceux d’Hakim El-Karoui et de Yassine Bellatar.

Le premier représente la face moderniste de l’islamisation : il a pondu pour l’Institut Montaigne un rapport sur « l’islam de France », qui sert de base de réflexion à Macron sur le sujet. En bon communautariste, il préconise de bâtir un maximum de mosquées-cathédrales, l’apprentissage de l’arabe littéraire (celui du Coran…) à l’école, une taxe sur le halal pour financer la formation des imams ou la construction de lieux de culte. Cerise sur le gâteau, il souhaite un veau concordat avec l’islam …

Yassine Bellatar, lui, c’est le côté obscur de la Force … Musulmane. Est-ce pour rire que cet « humoriste » a menacé « d’égorger » le journaliste Alexandre Devecchio ou harcelé le père d’une victime de Mohamed Merah ? Pas vraiment, car pour ce proche du CCIF, l’islamophobie réelle ou supposée autorise tous les dérapages. C’est donc ce personnage qui a rejoint le Conseil présidentiel des villes en mars dernier.

Ce comité Théodule est censé aider Macron à y voir plus clair dans les « quartiers populaires », c’est-à-dire à forte proportion d’immigrés ou de descendants d’immigrés, en cours d’islamisation. Et comme pour lui, il n’y a aucun lien entre terrorisme islamique et islam, pas sûr qu’il aide son « frère » Emmanuel à y voir vraiment clair.

D’ailleurs, cette façon qu’il affecte d’appeler le président son « frère » est-elle uniquement affectueuse ou fait-elle référence à d’autres Frères … musulmans ?

Par Richard Dalleau

L´islamisation de la France
A propos de l’islam – Quelques éléments de discernement
L´islam dans le terrorisme islamique

La République et ses valeurs 3e partie

Suite et fin de l’étude de Claude Beauléon sur La République et ses valeurs dont les deux premières parties sont parues dans les numéros des mois d’avril et de mai.

La protection sociale n’est due qu’aux citoyens paisibles ; il n’y a de citoyens dans la République que les républicains. Maximilien Robespierre

Juifs de France, sans vous, la France n’est plus la France ; Les Juifs de France sont à l’avant-garde de la République et de ses valeurs. Manuel Valls

Les Juifs sont les sentinelles de la République. Roger Cukierman

À lire le premier, on saisit mieux ce qui est arrivé aux Vendéens il y a un peu plus de deux siècles. A lire les seconds, on comprend qu’en République française, certains sont plus égaux que d’autres. Dans cette troisième et dernière partie nous allons nous attacher à démontrer, à partir d’exemples pris dans l’actualité la plus récente et la plus brûlante, que le projet destructeur de la France n’appartient pas au passé, qu’il n’est pas révolu, que la fameuse « laïcité apaisée » dont on nous rebat les oreilles n’est qu’une farce. Soit dit en passant, si l’on parle d’apaisement, c’est reconnaître en creux la véritable nature du concept… Certes, il a pu arriver, selon les époques, que l’agressivité du système soit mise en sourdine pour des questions d’ambiance générale ou pour des raisons tactiques (que l’on songe par exemple à la fameuse Union Sacrée en 1914). Mais, ne nous leurrons pas : le diable ne dort jamais…

J’ai énuméré dans la première partie de cet article les sept points du programme laïc de destruction. Nous allons les reprendre un par un et montrer qu’ils sont toujours, qu’ils sont plus que jamais à l’ordre du jour. Je les croiserai avec quelques-unes des 25 propositions faites par le GODF en 2014 et que j’avais jointes en annexe dans la deuxième partie. Ainsi, nous verrons que tout se tient.

La haine de Dieu et la lutte permanente contre la catholicité

Chaque jour que Dieu fait, les catholiques sont humiliés dans ce pays. Il y a bien sûr les sarcasmes permanents des media et les provocations de pseudo-artistes ou de groupuscules subventionnés comme les Femen, nous en avons l’habitude. Ce qui est relativement récent, ce sont les attaques sournoises ou de plus en plus affichées de collectifs laïcs ou de particuliers qui prennent prétexte de la loi de séparation des églises et de l’État de 1905 pour s’en prendre aux symboles ou aux signes visibles de la religion chrétienne dans le paysage français. C’est ainsi que depuis quatre ans maintenant, on assiste à des tentatives iconoclastes de destruction du patrimoine religieux par des actions juridiques menées dans plusieurs villes de France.

Cela a débuté avec l’affaire des crèches de Noël installées dans les lieux publics, comme celle de Robert Ménard, sise dans sa mairie de Béziers, ou celle mise en place dans le hall d’entrée du bâtiment du conseil général de Vendée à La Roche-sur-Yon. Nous nous en souvenons tous car ces deux cas ont été fortement médiatisés et que les intéressés se sont défendus. Derrière ces attaques – qui, certes, ne viennent pas de l’État directement – on retrouve à la manœuvre les mêmes cercles de la Libre Pensée et autres officines maçonniques. Là où la complicité des pouvoirs publics est manifeste, c’est lorsque les tribunaux ou les préfets leurs donnent raison. Il s’agit bien évidemment de tester nos capacités de résistance et de défense. C’est la mise en application de la théorie des petits pas : en cas de forte opposition, on recule prudemment pour mieux sauter, sinon on s’engouffre dans la brèche. Il faut dire que, comme d’habitude, la réaction de la hiérarchie catholique fut assez molle et c’est un euphémisme !

Plus récemment, nous avons vu la polémique enfler à Ploërmel, petite commune de Bretagne, après que deux hurluberlus eurent porté plainte contre le maire en raison de la présence d’une statue de Jean-Paul II dans un jardin public de cette cité. La statue, offerte par un artiste russe, était pourtant là depuis des années ! Nos deux énergumènes appartenaient, cela va sans dire, à la Libre Pensée. Après moult débats et procès, malgré le soutien des habitants, malgré une proposition de rachat par la Pologne !, le maire fut obligé de céder après décision du conseil d’État.

Moins connue parce que moins médiatisée, c’est une statue de la Très Sainte Vierge qui a subi le même sort dans une localité des Alpes. Elle veillait sur la bourgade, du haut de son piton rocheux – à l’extérieur donc – une initiative municipale, mais cela n’eut pas l’heur de plaire à quelques fanatiques laïcards. Le maire, la mort dans l’âme, dut céder. Enfin, un dernier exemple pour la bonne bouche, parmi tant d’autres : à Challans, petite ville de Vendée proche du littoral, le clergé local avait relayé par voie d’affichage la campagne nationale des diocèses de France faisant la promotion du baptême et invitant les particuliers à s’engager dans la Foi. Bref, une fois n’est pas coutume, l’Église de France faisait sa publicité et cela nous changeait des traditionnelles campagnes pour le denier du culte. Au demeurant, les visuels étaient agréables et originaux, pour une fois… Payante, bien entendu, et on peut penser qu’elle a coûté cher à l’Église, cette campagne d’affichage fut brusquement interrompue à la demande d’un obscur collectif de parents d’élèves de l’école publique (ils étaient moins d’une dizaine !) qui vinrent faire le siège du maire au motif que les dites affiches pouvaient constituer un trouble à l’ordre public et offenser les convictions personnelles des élèves et de leurs parents du fait qu’elles étaient visibles de tous (mais n’est-ce pas le but d’une publicité ?), le panneau d’affichage étant situé en face de la sortie du collège ou du lycée. De plus, ils arguèrent – argument imparable – que la mairie se mettait dans son tort en louant ses panneaux d’affichage pour des campagnes confessionnelles, se mettant ainsi hors la loi. Il eût fallu faire appel à un annonceur privé.

Que croyez-vous qu’il arriva ? Le maire, plutôt que de distribuer quelques coups de pieds au c… bien mérités – mêmes symboliques – sur les postérieurs de ces coquins, préféra obéir dans l’heure aux injonctions de ces furieux plutôt que de risquer un procès. Toutes les affiches disparurent donc en un temps record. Encore un homme de convictions et de courage…

par Claude BEAULEON

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Nos valeurs depuis 3000 ans – Notre spécificité ne remonte pas simplement à la Révolution française…
Petit manuel des valeurs et repères de la France
Europa – Valeurs et racines profondes de l´Europe

La traque de l’argent de l’État islamique

Ce fut par hasard qu’en 2015, les forces irakiennes mirent la main sur un de leurs compatriotes falots, détenteur de faux papiers, qui reconnut rapidement être le responsable des collectes de fonds pour l’État Islamique dans toute la région. Ses explications ont été fort utiles. Toutes les activités étaient mises à contribution, notamment les productions de l’agriculture. Ainsi au nord-ouest de Bagdad, sur les 2 000 fermes piscicoles qui fournissent la capitale et ses alentours en carpes, 400 étaient liées à Daech. Ce poisson est très apprécié en Irak et son élevage est lucratif. Certaines fermes étaient directement financées par l’organisme terroriste, d’autres étaient possédées par des particuliers victimes de racket. À partir de 2014, l’EI contrôla près d’un tiers de l’Irak et de toutes les activités, trafics, agriculture, pétrole.

Jusqu’en 2017, bien qu’affaiblie par des défaites, l’organisation continua de trouver de l’argent de la vente des carpes. Les spécialistes irakiens estiment que Daech, avait, en précaution, investi dans des fermes piscicoles, des bureaux, des compagnies de taxis, dans l’import-export qui alimentent aujourd’hui de nombreuses sociétés écrans. En 2016, des fermes de la province de la capitale, l’EI tirait 56 millions de dollars de revenus. Or ces méthodes s’étendaient à tout le pays. Daech avait pensé à distribuer des petites sommes (5 000 dollars) dans des « cellules dormantes qui investissaient dans des commerces pour se donner une autonomie financière (salaires de combattants, aides aux familles de « martyrs »…).

Certains responsables du renseignement irakien estiment que cela peut encore concerner 2 000 combattants, et peut-être 50 000 partisans parmi la population (Le Monde, 25/04/2018). Il faut surveiller les centaines de bureaux de change par lesquels passent ces trafics ainsi qu’une grande partie des échanges commerciaux et bancaires. Avec l’aide des services britanniques et américains, les juges irakiens ont monté des dossiers mais reconnaissent que la fragmentation des sommes et le cloisonnage strict des réseaux freinent les enquêtes. D’autant mieux que le gouvernement irakien a pour l’instant, échoué à endiguer la corruption et l’économie informelle. Il faudra encore longtemps surveiller les éleveurs de carpes.

par Winston Smith

Pour Lire le reste de notre numéro…

L´Etat islamique – Organigramme, financements, filières…
L´islamo business, vivier du terrorisme
L´Etat islamique – Anatomie du nouveau Califat

Le gaullisme – Maladie sénile de la droite

Les Editions de Chiré sont toujours très heureuses de diffuser un ouvrage anti-gaulliste ! Elles poussent aujourd’hui le vice jusqu’à en publier un, celui de notre ami Gérard Bedel qui aiguise sa plume pour en finir avec le Général ! Sans passion, sans idées préconçues, il reprend la carrière de cet arriviste sans scrupules et note ses mensonges, ses concessions, ses trahisons, sa soif de pouvoir. Un excellent ouvrage fort bien documenté qui fait le tour de la question en analysant de plus les conséquences et les influences catastrophiques sur la vie de la Cité à l’heure actuelle.

L’époque contemporaine fait une telle consommation de personnages et de dates historiques qu’il faudra bien que les temps à venir fassent des tris critiques et draconiens. De Gaulle échappera-t-il à la faux de l’histoire qui rejette dans le néant les gloires éphémères et les gloires usurpées, moins implacable mais plus cruelle par ses choix que la faux de la Mort qui n’épargne personne et nous jette tous dans l’égalité du tombeau ? (.)

De Gaulle dit avoir aimé la France, une certaine France correspondant à une certaine idée de la France, comme Robespierre ou Napoléon, comme Jules Ferry ou Marc Bloch. Imbus d’idéologies, la plupart des hommes politiques aiment qui la France de Voltaire, qui celle de Napoléon, qui celle des Droits de l’Homme, mais jamais la France historique et charnelle comme la chantait du Bellay :
France, mère des arts, des armes et des lois. (.)

Mon travail est plus politique qu’historique. Je n’écris pas une biographie de De Gaulle, je n’écris pas une histoire du gaullisme, j’essaie de comprendre ce qu’est le gaullisme à travers ceux qui s’en sont réclamés, à commencer par le héros éponyme.

Remarquons que la propagande existe depuis longtemps et que bien des mythes ont été créés par ceux dont la mémoire en a profité. Voilà une des raisons pour lesquelles l’histoire exige de la distance. (.)

D’où vient le titre de ce livre ? Lénine écrivit en 1920 La Maladie infantile du communisme qui portait en sous-titre : « Essai de causerie populaire sur la stratégie et la tactique marxistes ». En 2013, Benoît Rayski publia Le Gauchisme, maladie sénile du communisme. Issu du marxisme et ayant poussé jusqu’à la droite libérale, il écrivit pour le site d’informations Boulevard Voltaire, fondé par Robert Ménard et Dominique Jamet. Le dépérissement de la droite nationale par la contagion du gaullisme m’a fait penser à ces deux titres.

Gérard BEDEL

 

Le gaullisme – Maladie sénile de la droite
Pétain – Qui suis-je ?
Le général de Sonis

 

 

 

 

 

 

 

 

Mgr Trochu
Le cardinal Pie – Un défenseur des droits de Dieu
Mgr Freppel de la chaire à la tribune

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Hongrie : une nouvelle victoire

Lu dans Désinformation Hebdo n°1528 du 20 juin 2018. Le 10 mai, Viktor Orbán a été réélu Premier ministre par le Parlement hongrois. Après avoir prêté serment il a prononcé un discours dont voici quelques extraits. Loin des stéréotypes, il présente l’immense avantage de clarifier la situation et d’offrir une alternative.
Affirmons clairement que – comme l’a dit notre roi Saint Etienne – rien n’élève plus que l’humilité, et rien n’abaisse plus que l’orgueil et la haine. Et reconnaissons que derrière les succès se cache toujours la grâce du Bon Dieu. Ce n’est donc pas une clause de style, ce n’est pas seulement une tradition, mais notre profonde conviction : soli Deo gloria, la gloire appartient à Dieu seul.
Une nation entière ne peut pas être refondée en catimini. Je pense que les succès que nous avons remportés jusqu’à présent doivent beaucoup au fait que nous avons toujours déclaré ouvertement que l’ère de la démocratie libérale est arrivée à son terme.
Elle s’est avérée incapable de protéger la dignité de l’homme, elle est incapable de lui donner la liberté, elle ne peut plus lui garantir la sécurité physique et ne peut même plus défendre la culture chrétienne. Certains en Europe essaient encore de la bricoler dans l’espoir de la réparer. Ils ne comprennent pas que ce n’est pas la structure qui s’est abîmée, mais que c’est le monde qui a changé.
Notre réponse, la réponse des Hongrois au changement du monde est qu’à la place de la démocratie libérale naufragée nous avons l’intention de bâtir la démocratie chrétienne du XXI° siècle, qui garantit la dignité, la liberté et la sécurité de l’individu, protège l’égalité entre les hommes et les femmes, respecte le modèle familial traditionnel, met un frein à l’antisémitisme, protège notre culture chrétienne et donne sa chance à la pérennité et au développement de notre nation. Nous sommes des démocrates-chrétiens, et nous voulons une démocratie chrétienne. Les bibliothèques débordent de littérature sur l’esprit des nations. Mon gouvernement fait partie de l’école selon laquelle les Hongrois n’ont jamais voulu être un peuple soumis.
Comme l’a dit notre grand poète Petofi, « Qui a vécu et est mort libre ne peut pas reposer en terre soumise. Nous jurons, nous jurons sur le Dieu des Hongrois qu’esclaves nous ne serons plus ». Ce serment, chaque enfant hongrois le prononce.
Pour mon gouvernement, il ne suffit pas, pour préserver notre liberté, de maintenir hors du Bassin des Carpates les trois grandes armées : l’allemande, la russe et la turque, mais nous devons aussi créer les conditions permettant de décider librement de notre sort y compris à l’intérieur de nos frontières. Pas seulement ensemble, mais individuellement aussi. En d’autres termes, mon gouvernement sera celui des Hongrois libres et de l’Etat souverain.
Ma détermination en faveur de la liberté ne se réduit pas à mon combat contre la dictature et l’occupation soviétique, elle a aussi des motivations économiques. Je fais partie de la génération qui se rappelle encore que ce qui a condamné à mort le système étatique communiste, c’est qu’il a ignoré – et même combattu – une des lois fondamentales de la nature humaine : le communisme a interdit à l’individu d’améliorer sa situation de manière indépendante, de sa propre initiative, par son propre effort, en d’autres termes individuellement. C’est la raison pour laquelle nous avons considéré le communisme non seulement comme oppresseur, mais aussi comme contraire à la nature humaine. Je voudrais, à l’avenir aussi, bâtir notre politique sur cette expérience. Mon objectif est d’assurer le maximum de liberté aux individus, afin qu’ils puissent avancer selon leurs propres désirs. Nous ne pouvons pas nous engager à résoudre le problème de la vie de quiconque, mais nous voulons et pouvons créer les conditions permettant à chacun de le résoudre.
Je dois dire un mot aussi de notre place au sein de l’UE.
Nous souhaitons une Europe forte, la paix et des accords mutuellement profitables. Nous avons besoin de l’Union, et l’Union aussi a besoin de nous. C’est pourquoi nous sommes prêts à prendre notre part de manière proactive de tous les changements dont l’Union – le voudrait-elle – ne pourra pas faire l’économie. Nous défendrons de toutes nos forces l’approche selon laquelle l’Union doit fonctionner comme l’alliance des nations libres, et renoncer à sa vision cauchemardesque actuelle.
L’UE doit revenir à la réalité. A titre de premier pas, elle doit réviser son approche de la migration de masse et de l’immigration. L’on pense aujourd’hui à Bruxelles qu’il est injuste que l’homme ne naisse pas là où il voudrait vivre. L’on pense qu’il est juste que les hommes reçoivent le droit de s’installer n’importe où.
Des milliers d’activistes, de bureaucrates et d’hommes politiques travaillent aujourd’hui à Bruxelles pour faire de la migration un droit humain fondamental. C’est la raison pour laquelle l’on veut nous enlever le droit de décider nous-mêmes qui nous admettons chez nous, et qui nous n’admettons pas. Je suis convaincu que la migration conduit en fin de compte à la désagrégation des nations et des Etats. Les langues nationales s’affaiblissent, les frontières s’estompent, les cultures nationales se dissolvent et il ne reste plus qu’une société ouverte unique. Et à la fin, l’unification des sociétés européennes atteint le stade où un gouvernement européen unique et unifié pourra voir le jour. C’est le sort qui attend ceux qui ne se protègent pas contre la migration. Peut-être pas demain, mais dans un avenir que nous pouvons encore distinguer. C’est de cela qu’il s’agit, c’est cela le grand projet. J’affirme clairement, ici devant vous, que mon gouvernement est hostile à ce projet, au processus qui s’en approche et à toute mesure intermédiaire allant dans son sens, et qu’il en sera l’adversaire déterminé au nom de la liberté des Hongrois. Le multiculturalisme était le premier échelon. Le politiquement correct qui musèle la liberté d’expression a été le second. Voilà où en est l’Europe aujourd’hui.
Le troisième échelon serait la répartition par quotas obligatoires. Afin que l’Europe que nous aimons, et au profit de laquelle nous sommes prêts à de sérieux sacrifices, ne gravisse pas l’échelon suivant de son auto-dissolution, il faudra compter avec nous sur la scène de la politique européenne. Nous lutterons contre les quotas obligatoires, nous défendrons la culture chrétienne, et nous combattrons pour la défense des frontières.
Le 2 mai, la Hongrie a annoncé son refus de ratifier la «déclaration politique de Marrakech » du 27 janvier 2016 sur les migrations.
Pour le ministre hongrois des Affaires étrangères Peter Szijarto, ce texte « dépeint la migration comme un phénomène nécessairement positif et favorable qui contribue au développement global, nous pensons que c’est une approche déséquilibrée et nous la désapprouvons … Notre position est que nous devons nous concentrer sur les moyens de stopper l’immigration illégale et non l’encourager ». Faisant allusion aux attentats, il a ajouté : « Nous ne pouvons pas nier que la migration a un aspect sécuritaire crucial : il est inacceptable que ce soit laissé de côté dans ce document. »
La Fondation Open Society (OSF) de George Soros a fait savoir qu’elle fermait ses bureaux de Budapest pour déménager vers Berlin, à cause d’un « environnement politique et juridique de plus en plus répressif. »
« Le gouvernement hongrois dénigre et dénature notre travail et réprime la société civile, au nom d’un profit politique, en ayant recours à des stratagèmes sans précédent dans l’histoire de l’Union européenne », a déclaré Patrick Gaspard, président d’Open Society. (Patrick Gaspard, américain né de parents haïtiens au Congo, est le lobbyiste en chef de Saros à Washington et à Bruxelles.) Le parti de Viktor Orban a présenté en février une proposition de loi mettant sous surveillance les ONG et taxant celles qui reçoivent un financement étranger. Le texte était surnommé « loi Stop Soros ». Soros avait tout mis en œuvre pour que Viktor Orbán perde les élections. Il les a gagnées haut la main. Soros s’en va. L’agence Reuters parle des « fondations du philanthrope milliardaire », alors qu’il s’agit d’organisations de subversion.

 

La Hongrie sentinelle de l´Europe
Les réseaux Soros à la conquête de l´Afrique – Les réseaux d´influence à la conquête du monde
Le roman de Budapest

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Liens immortels

Si vous ne pensez qu’à vous distraire, n’ouvrez pas le « Journal d’Alice Ollé-Laprune » et, surtout, gardez-vous de le lire en entier.

Ce Journal nous ramène à la guerre de 1914. On verra ce que fut pour un jeune ménage, en attendant l’appel au front, le temps de probation, les alternances de ferveur commune dans l’acceptation du devoir et de douleur devant la séparation.

C’était comme une initiation à une série de sacrifices qui allaient s’imposer à leur union.

En écoutant Joseph Ollé-Laprune et sa femme, nous entendons la voix émouvante de nos morts qui réclament de nous un amour plus effectif et plus constant de notre chère patrie.

Un héroïsme aussi pur a quelque chose de contagieux. Puisse-t-il être médité par beaucoup de familles françaises ! Puisse-t-il être un élément agissant dans la reconstruction spirituelle de notre civilisation !

Avant-propos de S.Exc. Mgr Chaptal. Introduction de Mme Saint-René-Taillandier.
L’édition originale de ce livre est parue en 1940 aux Éditions Beauchesne. 

L’auteur :

Alice Gavoty est née en 1886 et elle épouse Joseph Ollé-Laprune en février 1914. La terrible Grande guerre éclate, Joseph est mortellement blessé en février 1915. Un an de mariage, un an d’amour, mais le bel amour, l’amour ayant Dieu pour cause, Dieu pour but, Dieu pour témoin ! Alice conservera sa fidélité à celui qu’elle estime être plus présent encore dans la mort qu’à ses côtés. La publication de la correspondance d’Alice et de Joseph avait connu un très vif succès dans les années 40 et pour cause ! Nous sommes heureux de sortir de l’oubli cette extraordinaire méditation sur le mariage chrétien et proposer ainsi à nos amis un modèle à suivre.

 

Liens immortels. Alice OLLE-LAPRUNE

 

CANCERS ET HYDROCARBURES

Lu dans La Voix de L’AGNVS du 5 juin 2018. Campagne 2018 : Arrêtez de nous polluer ! Dans plusieurs articles de « La Vie Claire », j’ai parlé de diverses recherches montrant la pollution de toute la biosphère par les déchets de la pétrochimie et par les fumées des foyers domestiques des centrales thermiques et des moteurs à explosion.

Les mauvaises combustions produisent de l’oxyde de carbone et des dérivés de craquage des goudrons, parmi lesquels on découvre des substances cancérigènes directement ou par association.

Entre celles-là, on cite surtout le benzo 3-4 pyrène, parce qu’il est en général le plus abondant et le plus commode à doser. J’insiste pour qu’on ne le suppose ni le seul, ni le plus dangereux. Nous devons accuser non seulement cet hydrocarbure en particulier, mais encore et plutôt, le mélange complexe, à composition variable qu’engendrent les oxydations imparfaites, où chaque constituant exalte les propriétés cancérigènes de ses voisins.

Il est démontré aujourd’hui que ces poisons cellulaires, ces catalyseurs de phénomènes anaérobies dangereux, diffusent depuis les centres industriels jusque vers les plus lointaines régions, de sorte que toute la planète s’en trouve envahie par le jeu des courants aériens, des pluies, des rivières et des courants marins.

Peu à peu, les feuilles se recouvrent de ces substances qui y adhèrent ; le sol et surtout l’humus s’en imprègnent.

Nul végétal n’échappe à cette pollution assez rapide. C’est pourquoi Léon Binet et Lucien Mallet (Académie des Sciences, tome 257, juillet 1963, page 577) viennent de montrer que tous les milieux vitaux sont, actuellement, plus ou moins souillés par le benzo 3-4 pyrène et ses suivants.

Ils en trouvent à doses notables aussi bien dans les plantes des villes que dans celles  éloignées d’usines et de centres urbains ; aussi bien sur les feuilles que dans  le  sol  et  dans  les  viscères  humains.

Les concentrations varient d’un végétal à l’autre ; même d’une partie de la plante l’autre, par suite des circonstances de pénétration et des sélectivités encore inconnues.

Les auteurs de ce patient et délicat travail concluent : « … Nous voyons donc  que quels  que soient les lieux, l’étude du milieu végétal et des végétaux eux-mêmes fait apparaître dans un très grand nombre de cas, la présence des hydrocarbures pour la terre, aussi bien en surface et en profondeur et quelquefois même davantage en profondeur. . . »

Voilà qui est catégorique et qui confirme l’hypothèse que nous avions indiquée depuis longtemps. En bref, nous risquons de boire des eaux souillées, entre autres choses, par des hydrocarbures, de

Il devient indéniable qu’à la longue et même parfois malgré les meilleurs soins diététiques, l’empoisonnement par le benzo 3-4 pyrène, dans les grandes villes et les zones  industrielles, menace la santé et imprègne profondément le milieu cellulaire au point de le déséquilibrer. Il y joue un rôle catalytique constant qui dévie le chimisme tissulaire jusqu’à l’orienter vers des réactions en disharmonie avec l’ensemble organique. D’où la possibilité d’un retour au mode anaérobie et à la création de points cancéreux. Ce dérangement plus ou moins profond, est bien capable de favoriser des mutations anormales au cours des mitoses, d’influencer des cellules jeunes dans des voies néfastes et même de léser définitivement certains chromosomes.

Les radiations dures n’agissent pas que par l’excès d’énergie qu’elles apportent aux substances nucléiques, qu’elles font éclater ou qu’elles polymérisent, mais encore par l’activation qu’elles provoquent, créant des radicaux libres, des groupements très ionisés, donc des corps instables, particulièrement actifs, sensibles aux oxydations comme aux réductions, qui se combinent avec une facilité incroyable pour donner des composés organiques nouveaux, étrangers au protoplasme comme au noyau. Autrement dit, les rayons durs fabriquent des poisons à partir des substances normales du sang, de la lymphe et des tissus.

En particulier, ils agissent sur les chromosomes, sur tout le patrimoine héréditaire aussi bien par effet physique direct que par effet chimique secondaire. Les monstruosités multiples dont on les accuse, avec raison, proviennent des deux sources, par conséquent. D’où les méfaits des radioscopies fréquentes, des radioisotopes et des radioconservations.

Certains prétendent que les cellules séminales, que le germen est peu touché par les rayons X, dans les radiographies en général effectuées au niveau des poumons et que, par conséquent, les effets héréditaires sont négligeables.

Je ne partage pas cet avis. Je trouve presque aussi grave que le Soma soit atteint dans ses chromosomes et ses constituants. Son dérèglement nuit fatalement au germen qu’il protège et nourrit. A la longue, il lui crée un milieu environnant anormal qui a des retentissements profonds. Dès que le germen puise dans le soma, des substances déséquilibrées ou étrangères, il se dérègle et se modifie lui-même au point de s’affaiblir, de mourir ou de se monstruoser. Je suis persuadé que bien des anomalies germinales ne proviennent pas de l’action directe des rayons X sur  les semences, mais de leur action sur le soma, devenu producteur involontaire de poisons. Cela a des conséquences terribles qui expliquent les effets des diverses radiographies fréquentes, des diverses radioactivités industrielles, guerrières et bientôt alimentaires.

par Raymond  Lautié,  Docteur  ès-Sciences

journal À Table ! de novembre 1963, fondé par Henri-Charles Geffroy, afin d’illustrer la Campagne 2018 de l’A.G.N VS.

Germen : ensemble des cellules reproductrices et des éléments qui leur donnent naissance

Soma : ensemble des cellules d’un organisme dépourvues de fonction reproductrice

 

Cancer, santé et prévention – Protocoles d´action et pistes de réflexion
La fin de l´espèce humaine
Le livre noir de l´écologie – Pollution, pauvreté, anti-humanisme, des dizaines de millions de morts, etc

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