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Les flux des migrants continuent en Méditerranée

Les flux des migrants continuent en Méditerranée

Suite à la fermeté de l’Italie et un peu de la France qui ne peuvent accueillir davantage de migrants venant de Libye (nous en avons traité). Suite aussi à des difficultés financières, L’Aquarius a été contraint de renoncer pour quelques temps à ses périples. Cependant les réseaux de passeurs ont trouvé d’autres trajets, notamment ceux par l’Espagne à partir de Melilla ou d’autres points. Les immigrants sont en majorité des jeunes hommes ou des adolescents. Au nom de la Convention européenne des droits de l’Homme, la France est tenue de s’en occuper. Et cette tâche est confiée aux maires et aux conseils départementaux. En 2017, l’Union européenne a délivré 3 millions de titres de séjour, dont 250 000 pour la France. Parmi eux les Mineurs non accompagnés (MNA) sont très nombreux, 40 000 environ aujourd’hui. La majorité d’entre eux sont clandestins. Bref cela nécessite beaucoup d’argent.

Notre confrère Minute est allé enquêter auprès de ceux qui sont localement responsables. Leurs réponses sont claires. Pour l’Oise qui accueille 338 mineurs non accompagnés, il est prévu pour l’année un budget de 20 millions d’euros. En Eure-et-Loir, le budget des MNA approche les 8 millions, etc. Pour être plus précis, il faut lire des documents administratifs, tel une note de la Direction de la communication de l’Assemblée des départements (ADF). Y est écrit : « Le coût de la prise en charge d’un MNA au titre de l’ASE (Aide sociale à l’enfance) est estimé en moyenne à 50 000 euros par mineur et par an, couvrant le logement, la nourriture, les frais d’éducation et de formation » (Minute, n° 2897, 15 rue d’Estrées, 75007 Paris, courriel : minute@minute-hebdo.fr). Comme pour cette année, on les estime à 40 000, cela fait environ 2 milliards de charge pour les départements.

Il faut savoir que la prise en charge des mineurs dure jusqu’à leur majorité et souvent au-delà. L’État ne prenant à sa charge que les cinq premiers jours d’accueil (250 euros remboursés aux conseils départementaux) ! On comprend également que ce statut de mineur soit très recherché, ce qui explique le mensonge, la dissimilation. Les demandeurs d’asile – des hommes en très grande majorité –, instruits par les associations pro-immigrants, savent leur leçon : ils déclarent arriver d’un pays en guerre. Non, ils n’ont pas de papiers. Et ils sont mineurs. Pour éclairer un peu le dossier, les employés des services de protection de l’enfance doivent montrer beaucoup de temps, de patience, poser de nombreuses questions sur les membres des familles restées en Afrique… Pour l’âge, peut être fait un test osseux. Or les associations pro immigrants conseillent aux intéressés de refuser le test. Il est vrai que le test est efficace. Il a permis de prouver parfois le mensonge de la moitié d’une « promotion ».

Claude VIGNON

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Les « gilets jaunes » au crible d’Augustin Cochin

Les « gilets jaunes » au crible d’Augustin Cochin [1]

« La principale originalité d’Augustin Cochin (est d’) avoir tenté de comprendre le processus révolutionnaire en adoptant une démarche sociologique, en s’appuyant rigoureusement sur des sources sûres, tirées directement des archives qu’il dépouillait avec ses techniques d’archiviste-paléographe acquises à l’École des chartes.

« Pour lui, les événements ne s’expliquent pas par les intentions ou les représentations des acteurs ; ceux-ci sont d’ailleurs dépassés par les bouleversements qu’ils vivent et accompagnent tant bien que mal, au risque d’être broyés par eux . C’est pourquoi il refuse non seulement le complotisme de l’abbé Barruel [2] avec sa « conspiration de mélodrame », mais aussi la démarche trop psychologisante d’un Taine, ou le « mysticisme du Peuple » à la Michelet.

« Les « sociétés », selon l’expression alors usitée, prennent diverses formes : sociétés littéraires, académies, sociétés d’agriculture, et, de plus en plus nombreuses, les loges maçonniques. Autant de lieux où l’on refait le monde en chambre avant de refaire la société « pour de vrai » [3].

Cette démarche sociologique est-elle simplement théorique, ou offre-t-elle une grille d’analyse expérimentale applicable à tous les mouvements révolutionnaires ou pseudo-révolutionnaire comme celui des « gilets jaunes » ? Les barrages de nos GJ, puis leurs « Assemblées Générales » n’ont-ils pas constitué autant de sociétés de pensée ?

Le but des sociétés de pensée n’est pas d’agir (au sens politique du terme : conquête, exercice et conservation du pouvoir), ou de représenter des intérêts (ceux des GJ ont été qualifiés de  « polymorphes » et « polyphoniques » par Gilles-William Goldnadel, ce qui me paraît bien défini) mais de dégager par la discussion un consensus, une « opinion sociale », base de la volonté générale – le référendum d’initiative citoyenne (RIC), à moins qu’il ne soit d’initiative populaire (RIP !) – est ainsi devenu leur plus petit commun dénominateur mais pour demander quoi et pour quoi faire ? Qu’importe : « Cette « vérité socialisée », explique Cochin, est la matrice d’un régime de démocratie pure ou directe (non représentative), où la volonté de la collectivité fait loi à tout instant. Or la démocratie est toujours le règne d’une minorité » [4].

Les jours et les semaines prochaines montreront probablement comment le système va s’efforcer à canaliser sa prétendue spontanéité en l’enfermant dans des structures et méthodes qui correspondent exactement à celles de la « Machine » décrite par Augustin Cochin.

Tout d’abord, les GJ qui ont réfuté tout corps intermédiaire entre eux (atomisés jusqu’à l’individualité) et l’État – pas de syndicats, pas de partis politiques, pas de représentants mais des délégués – se sont trouvés livrés à eux-mêmes et sont entrés dans le jeu des révolutionnaires patentés qui ont immédiatement pratiqué les méthodes trotskistes de l’entrisme et du terrorisme. La « Machine » a continué sa route avec la réunion des « Assemblées générales » et la rédaction de « Cahiers de doléances ». Cependant, au sein des AG, les courants pratiquent ces « techniques de triage qui débouchent sur l’élimination des gêneurs… Personne n’est protégé : les manipulateurs sont des manipulés, et se succèdent rapidement. Une fois lancée, la Machine ne cesse de tout écraser sur son passage, par une logique qui tend implacablement à l’extension du contrôle social et à la radicalisation du mouvement [5] [6]. Les complices d’hier deviennent des ennemis à abattre » [7]. C’est ainsi que, quelques fois menacés de mort, les « représentants-délégués » historiques qui ont été tentés par les propositions de dialogue du gouvernement ont été progressivement évincés [8] et remplacés par des individus sortis on ne sait d’où et qui, poussés dans leur dernier retranchement, affirment qu’ils ne parlent pas au nom des GJ mais en leur nom personnel sans que les journalistes des chaînes d’information continue ne se posent la question de l’intérêt et de la légitimité de leur offrir leur tribune nationale.

A l’opposé le pouvoir tente de récupérer le mouvement dans le « grand débat » annoncé par Emmanuel Macron.

Mise en place de nouvelles « sociétés de pensée » où les plus habiles, les mieux formés, les plus disponibles (les tireurs de ficelle comme les appelle Augustin Cochin) mais aussi les « modérateurs » désignés reformuleront les revendications selon les techniques bien connues par les spécialistes en communication. Ces débats conduiront à des synthèses tendant vers un modèle unique, non pas selon les volontés des protagonistes, mais toujours selon cette logique interne.

La grille d’analyse d’Augustin Cochin permet donc bien de comprendre mais aussi de prévoir l’évolution de ce mouvement.

Cette détermination sociale ou sociologique permettra évidemment dans quelques temps aux observateurs d’y voir une main cachée, une volonté. Ce complotisme a d’ailleurs commencé à se manifester dans les média :

« Dans ce mouvement informel, gazeux – moi je le pense depuis le début – il y a une organisation souterraine, cachée, il y a des tireurs de ficelles, des gens beaucoup plus politisés et politiciens qu’on ne le croit, et qui apparaissent aujourd’hui… Aujourd’hui, non seulement on commence à donner des visages au mouvement, mais aussi un mot d’ordre unificateur : le fameux référendum d’initiative citoyenne qui recouvre tout »

déclare Jean-Michel Apathie sur Europe 1.

Grille donc parfaitement vérifiée après trois semaines de « chienlit ». Les représentants, pardon les délégués, se dénigrent mutuellement. Viendront les opportunistes qui renifleront l’odeur de la bonne soupe dans les ors de la République où l’on saura les caresser dans le sens du poil.

Bien malin qui peut dire aujourd’hui qui sortira vainqueur de ce jeu. Mais, n’en doutons pas, le « système », la « Machine », préoccupée par les sondages qui mettent en avant le renforcement du Rassemblement National mettra en place les mécanismes correcteurs. Déjà LREM soutient l’émergence d’une liste GJ aux prochaines élections européennes pour mordre sur l’électorat du RN et de La France Insoumise et placer Emmanuel Macron, si ce n’est en tête d’un premier tour présidentiel, au moins à la deuxième position qui lui assurerait la victoire face au parti de Mme Le Pen au nom des « valeurs républicaines ».

Mais de complot nenni. Tout juste des manœuvres opportunistes pour « surfer » sur une ou des vagues qu’aucun protagoniste n’a créée ni ne maîtrise réellement. Et des analystes viendront doctement commenter les résultats qu’ils prétendront bien évidemment avoir prévus dès le début.

« La lecture de Cochin est riche d’enseignements, même pour le lecteur qui ne s’intéresse pas particulièrement au siècle des Lumières, précisément parce qu’elle met à nu les rouages de nos régimes dits démocratiques, et les techniques de manipulation de l’opinion et d’asservissement du nombre par les appareils…Bien des leçons seraient encore à tirer des travaux de Cochin, hélas interrompus par sa mort héroïque en juillet 1916 dans la Somme » [9].

Serge ICIAR

Extrait du numéro 741 (janvier 2019) – Voir le sommaire

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[1] – Augustin Cochin est un historien et sociologue français, né le 22 décembre 1876 à Paris VIIe et mort à Hardecourt-aux-Bois, le 8 juillet 1916. « Mort pour la France » au cours de la bataille de la Somme (d’après Wikipédia). François Furet, dans Penser la Révolution française, écrit : « Tocqueville et Cochin sont les seuls historiens à proposer une conceptualisation rigoureuse de la Révolution française ».

[2] – Voir ses Mémoires pour servir à l’histoire du jacobinisme (Éditions de Chiré).

[3] – Cet article s’appuie sur l’édition, de l’œuvre d’Augustin Cochin dont les textes ont été réunis, présentés et annotés par Denis Sureau aux éditions Tallandier sous le titre de La Machine révolutionnaire. La préface de Patrice Gueniffey et l’introduction de Denis Sureau la complète de façon remarquable. Le lecteur pourra en trouver une synthèse sur le site : https://philitt.fr/2018/05/24/denis-sureau-augustin-cochin-met-a-nu-les-rouages-de-nos-regimes-dits-democratiques/.

[4]Ibid.

[5] – Christophe Chalençon, « délégué » des GJ du Vaucluse, a publié le 23 décembre sur son compte Facebook une vidéo intitulée «Le chaos annoncé», où il évoque une «guerre civile inévitable» et en appelle au général de Villiers.

[6] – « Que trouve-t-on dans les gilets jaunes ? Essentiellement, une population sans repère et désespérée emportée par les extrémistes de tout bord. Là est le vrai danger, car ce peuple en colère est prêt à tous les excès ». Communiqué du 7 décembre dernier diffusé par le Grand Orient de France et signé par Jean-Philippe Hubsch, cité par https://www.lelibrepenseur.org/un-communique-du-grand-maitre-du-grand-orient-de-france/.

[7] – Cf. note 3.

[8] – Priscillia Ludosky, Jacline Mouraud…

[9] – D. Sureau, présentation de La Machine révolutionnaire d’A. Cochin, op. cit.

Les « gilets jaunes » au crible d’Augustin Cochin
Psychologie des foules
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Réflexions sur la violence
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Demain la dictature

Éditorial, janvier 2019 : Macron et le « péril jaune »

Éditorial, janvier 2019 : Macron et le « péril jaune »

Nous achevions l’éditorial de notre précédent numéro en disant : « À l’heure où nous écrivons, nous ne savons pas de quoi demain sera fait », à la suite des premières manifestations des « gilets jaunes ». Aujourd’hui, nous sommes fixés, la réponse nous est donnée : il faut nous rendre à l’évidence, le président Macron et son gouvernement sont aux abois, le chef de l’État est menacé par « le péril jaune », dit notre ami Olivier Destouches dans l’analyse générale de la situation qu’il a faite (pages 7 à 12). Après avoir affirmé à cor et à cri qu’il resterait campé sur une ligne de fermeté inflexible, peu à peu les masques sont tombés, au fur et à mesure que les manifestations prenaient de l’ampleur (du 26 novembre au 15 décembre, avec un apogée les 1er et 8 décembre). Les remparts de l’intransigeance se sont fissurés pour, finalement, s’écrouler, le lundi 10 décembre quand le président a fini par rendre les armes en acceptant et accordant quelques miettes de ce que réclamaient les « gilets jaunes » (des miettes qui représentent tout de même 14 milliards d’euros dans le budget de l’État, déjà bien mal en point). Par quelle gymnastique les ministres des Finances et des Comptes publics vont-ils parvenir à débloquer de telles sommes, un exploit qui semble au dessus de leurs forces et de leurs moyens ?

Nous en savons à peine plus que le mois dernier. Mais il semble que nous devions nous attendre à bien des surprises ou des étonnements, car l’aquilon que nous subodorions risque de prendre des proportions telles qu’il pourrait tourner en tempête ou même en ouragan ou encore en cyclone, car, selon les jugements ou les analyses des observateurs et politologues avisés, il se dit de plus en plus que le quinquennat de Macron est achevé, tant économiquement que politiquement.

*

Dans ce même numéro figure aussi une étude de l’un de nos fidèles lecteurs qui brosse le portrait de Georges Clemenceau, le « Tigre » ou encore le « Père la Victoire » (pages 29 à 41). A l’image de ce que nous publions depuis quelques mois à propos de la Guerre de 14, ce texte est pour le moins historiquement très incorrect, en rappelant quelle fut la véritable figure de celui qui porte une lourde responsabilité personnelle dans l’hécatombe des centaines de milliers de morts qui auraient pu être évitées ! Mais les « gardiens du temple » se gardent bien de n’en rien laisser paraître, à l’inverse des quantités de mensonges et d’insanités qu’ils déversent à l’encontre du maréchal Pétain.

Malgré tout, je me fais le porte parole des rédacteurs et de tous les membres qui contribuent à la réalisation de notre publication pour vous souhaiter nos meilleurs vœux de sainte et bonne année 2019.

Jérôme SEGUIN

 

N° 741 – Janvier 2019 : Macron et le « péril jaune »

N° 741 – Janvier 2019 : Macron et le « péril jaune »

SOMMAIRE :

Éditorial (par Jérôme Seguin) (p. 1)

– Les brèves (p. 3)

– Les dates à retenir (p. 6)

Politique française

– Macron et le « péril jaune » (par Olivier Destouches) (p. 7)

– Les « gilets jaunes », caractéristiques et développement du mouvement (par Jacques De Kremer) (p. 13)

Les « gilets jaunes » au crible d’Augustin Cochin (par Serge Iciar) (p. 20)

– Les surenchères de violences dans les manifestations (par Pierre Romain) (p. 23)

– Verticalité du pouvoir (par S. I.) (p. 26)

Tribune libre

– Clemenceau : Père la Victoire ou père putatif de Hitler ? (par Jean-Claude Daviet)(p. 29)

*

– Il y a 50 ans… dans Lectures Françaises : Début de la troisième guerre mondiale ? (n° 141 de janvier 1969) (par J. S. – par intérim) (p. 42)

*

– Dans notre courrier (par Jean Auguy et J. S.) (p. 48)

À propos du maréchal Pétain – Maurice Genevoix – Journées Chouannes – Faits et Documents (revue) – CNIP (Centre National des Indépendants Paysans) – Prix Renaissance 2019 – Le pouvoir aux mains des banques – De Gaulle et les Juifs – L’ENA au bord de la faillite ? – Le Bien Commun (mensuel d’Action Française) – La Faute à Rousseau (quotidien royaliste sur le Net) – Aude Mirkovic, la PMA et la GPA – Église et judaïsme – École Sainte Jeanne d’Arc (Bergerac) – Un portrait de Charette – L’hebdomadaire France Catholique racheté par Vincent Bolloré – Mitterrand et les écrivains de droite (suite) – Rappel d’un livre du général Pétain.

*

– L’actualité en bref (par P. R., J. De K. et Michel Leblanc) (p. 55)

La fausse sortie de Mélenchon – Signe des temps : le parquet national antiterroriste.

Géopolitique

– Le mondialisme en marche (par Claude Vignon et Winston Smith) (p. 57)

Les flux des migrants continuent en Méditerranée.

*

– Ils nous ont quittés (par J. S.) (p. 58)

Léon Arnoux – Claude Barbanès – Jean-Clarence Fournier – Louis Pupulin.

*

– La vie des livres (par J. S.) (p. 60)

Les Marchands de nouvelles. Essai sur les pulsions totalitaires des médias (de Ingrid Riocreux) – Le Gaullisme maladie sénile de la droite (lettre de Marie-Pauline Deswarte au sujet de son livre à Gérard Bedel) – Parmi les récentes parutions : Blanquer, ce « monstre froid ». Remède de cheval contre la « Blanquer-mania » (de Claude Meunier-Berthelot) – Dans l’école du désastre. Lâcheté à droite… Destruction à gauche (de Évelyne Tschirhart) – Pour la troisième voie solidariste (de Georges Feltin-Tracol) – Avez-vous lu Céline ? (de David Alliot et Éric Mazet) – Polices des temps noirs. France, 1939-1945 (de Jean-Marc Berlière) – Malgré-elles (de Nina Barbier).

 

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N° 739 – Novembre 2018 : Pétain, le vainqueur oublié de 1918

N° 739 – Novembre 2018 : Pétain, le vainqueur oublié de 1918

SOMMAIRE :


– Éditorial (par Jérôme Seguin) (p. 1)
– Les brèves (p. 3)
– Les dates à retenir (p. 5)

Politique française
– Les lacunes de LREM (par Pierre Romain) (p. 7)
– Le coup de pied de l’âne (par P. R.) (p. 10)
– Remaniement ministériel du 16 octobre (p. 12)

Media
– Le gros « business » au secours de la presse progressiste (par Michel Leblanc) (p. 14)

*
– L’actualité en bref (par P. R., Jacques De Kremer et M. L.) (p. 17)
Nouvelles manœuvres pour imposer PMA et GPA – Les péchés véniels des magistrats – FO copie la CGT – François Lagaffe – Analyses économiques : à prendre avec modération – Mme Nyssen « remaniée » délite.

Études
– Pétain, le vainqueur oublié de 1918 (par Jean-Baptiste Geffroy) (p. 23)
– Du 11 novembre aux traités de paix : la guerre pour cent ans, 2e partie (par Claude Beauléon) (p. 37)

*
– Dans notre courrier (par Jean Auguy et J. S.) (p. 50)
Église, subversion, migrants. – Macron et la franc-maçonnerie – Religion et paganisme – Religion et salles de concert – Frédéric Mistral – La Malle aux Mille Trésors (revue) – Un théâtre populiste – Lettre de Tonton Jean – La mémoire du général Franco – Animation dentreprise – Virginie Vota – Les GAFAM.  

Géopolitique
– Le mondialisme en marche (par Claude Vignon et Winston Smith) (p. 55)
La course au sauvetage de réfugiés – Désarroi chez certains catholiques chinois. 

*
– La vie des livres (par J. S.) (p. 58)
Histoire mondiale de la Grande Guerre, 1914-1918 (d’Yves-Marie Adeline) – LHistoire occultée : Les origines secrètes de la Première Guerre mondiale (de Gerry Docherty et Jim MacGregor).

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Les échos médiatiques d’automne

Les échos médiatiques d’automne

Cette année, la rentrée a été claironnée dans tous les domaines : pour les écoles, les politiques, la justice, et particulièrement les media. Dans ces derniers, s’est répété le jeu habituel des chaises musicales. Son but est toujours de trouver l’oiseau rare qui va attirer les auditeurs sans toucher à l’essentiel, sans varier de ligne politique ni de références « correctes » ou autres a priori, que ce soit dans les chaînes publiques ou les groupes privés.

La « matinale » de Patrick Cohen sur Europe 1, a été confiée à Nikos Aliagas « épaulé » par Jean-Michel Aphatie et David Abiker. M. Cohen remplace ce dernier pour son émission du samedi et du dimanche. Autre tic énervant des journalistes-animateurs, celui d’encenser leurs collègues qui leur renvoient la balle. Il faut voir la vidéo des louanges données à M. Cohen par Mme Laurence Bloch. Oui, à bien regarder, nous retrouvons les mêmes ou les semblables d’une chaîne à l’autre. Avec les mêmes expressions, les mêmes analyses, les mêmes a priori. Avec un petit côté de copinage.

Pierre Haski

Ainsi à France Inter, dirigée par Laurence Bloch, Pierre Haski, né à Tunis en 1953, remplace Bernard Guetta pour la rubrique de géopolitique dans le journal de Nicolas Demorand. M. Haski a été cofondateur et collaborateur du site Rue 89, créé en 2007. Il a tenu une chronique sur Europe 1 tout en travaillant à Libération (de 1981 à 2007) puis dans L’Obs. En 2017, il devient président de Reporters sans frontières. Il s’est signalé récemment en annonçant sa volonté de créer une « certification pour lutter contre les fausses informations » (sic), en souhaitant « définir des principes et des processus de fabrication d’information de qualité » (selon Le Nouveau Magazine littéraire cité par notre confrère Présent) ! Autrement dit M. Haski propose que soit mise en place une administration qui délivrerait des brevets d’information « correcte ». Ce qui induit une mise au pilori et des sanctions pour les informations jugées « fausses » ou mal pensantes. Comment ne pas penser à « 1984 » d’Orwell ? Et aux propagandes totalitaires ? On trouvera sans peine les kapos nécessaires pour ces délations.

Changements à Marianne
Natacha Polony
Natacha Polony

Dans les premiers jours de septembre, a été annoncée l’arrivée de Natacha Polony au poste de directrice de la rédaction de l’hebdomadaire Marianne. Cette journaliste de 43 ans, travaillant jusque-là au Figaro, s’est fait connaître ces dernières années en intervenant avec pertinence sur des questions d’éducation et de société, dans la presse et dans l’audiovisuel. Elle est une des rares journalistes qui n’hésitent pas à rétorquer aux pontes de la pensée « correcte ». Attitude qui entraîna son éviction d’Europe 1 et de Paris Première [1]. Elle prend donc la succession de Renaud Dély, âgé de 49 ans, qui, lui, est resté dans les « clous » de gauche en passant par Libération, Le Nouvel Observateur avant d’arriver à Marianne en 2016.

Pour nos lecteurs les plus jeunes, il n’est pas inutile de rappeler quelques caractéristiques du Marianne actuel qui fut créé en 1986 – comme mensuel – par des journalistes de « droite libérale » (Jean-Claude Valla , Éric Roig, J. Macé-Scaron, Michel Marmin, Pierre Vial, Dominique Venner…) puis il y eut des changements. Ainsi en 1997, ce fut un « magazine d’actualité hebdomadaire » que lancèrent Jean-François Kahn et Maurice Szafran, pour un lectorat de gauche. À l’époque il se disait « contre les soixante-huitards et le mondialisme capitaliste ». Ce qui ne l’empêcha pas d’apprécier les soutiens financiers confortables versés par des firmes capitalistes !

Jusqu’en 2005, le principal actionnaire fut Robert Assaraf (49,8 % du capital) haut conseiller juif marocain du gouvernement de son pays, il est décédé cette année à l’âge de 81 ans. Aujourd’hui, le capital de Marianne est détenu (à 57 %) par un dirigeant de media, Yves de Chaisemartin, 70 ans. Cet ancien régent du groupe Hersant, joue un grand rôle dans les milieux de presse. Il vient d’annoncer qu’il désirait « sortir » de Marianne. Les autres actionnaires de l’hebdomadaire sont : Maurice Szafran, âgé de 63 ans (31 % du capital), Paul Lederman (78 ans) , Guy Sitbon (84 ans), Franck Ullmann… tous hommes d’affaires liés au monde des media, du cinéma, des spectacles.

Comme un grand nombre de titres de la grosse presse, Marianne a connu des modifications de caps. Certains ont un peu étonné. En 2008, l’hebdomadaire défendit une ligne soutenue par Nicolas Dupont-Aignan, François Bayrou, Dominique de Villepin et même Ségolène Royal !

En 2012, Marianne voulut faire un « scoop » (pour gonfler les ventes) : l’hebdo publia les intentions de votes de ses journalistes, ce qui a donné : 40 % pour Hollande, 31,7 % pour Mélenchon… Ce qui s’est retrouvé dans d’autres journaux se flattant eux aussi d’objectivité. La même année, Marianne perçut 1,5 million d’euros d’aides de l’État. En 2013, R. Szafran et Laurent Neumann furent écartés. En 2016, Renaud Dély devenait directeur de la rédaction et en 2017, le magazine fut mis en redressement judiciaire. En 2017, il tirait à 143 476 exemplaires, ce qui le plaçait en quatrième position des magazines d’information. Finalement (?), nous avons appris qu’il a été racheté par un groupe de presse tchèque que nous avions présenté dans notre n° 734 : Czech Media Invest dirigé par Daniel Kretinsky qui détient à présent 91 % des parts. La presse indépendante à tendance, « déviante », nationale, aura du mal à trouver des commanditaires aussi aisés.

Conflits au Média
Sophia Chikirou
Sophia Chikirou

Il s’agit d’un site « alternatif », de gauche, lancé en janvier, très proche de La France insoumise et de Jean-Luc Mélenchon. Depuis cet été, une ex-directrice de communication de l’homme politique, Sophia Chikirou, a été, il y a quelques mois, l’objet de vives critiques de membres du parti. Ils lui reprocheraient des mouvements de fonds réalisés fin juillet avant son départ de la direction. Cette petite entreprise de 35 salariés (dont une douzaine de journalistes), avait connu des polémiques internes. Notamment à propos du départ de la première présentatrice, ou de « l’affaire de Tolbiac ». Arrêtons-nous un instant sur cet « incident ».

L’université Tolbiac était, au printemps, un centre stratégique pour les durs des multiples grèves parisiennes, une tête de pont des mouvements étudiants les plus violents surexcités par l’actualité : l’évacuation ferme de la ZAD de Notre-Dame-des-Landes, les manifs avec accrochages… Le 20 avril, des CRS interviennent à 5 heures du matin et « libèrent » les bâtiments. À six heures, la préfecture publie un communiqué selon lequel l’évacuation de Tolbiac s’est déroulée dans le calme sans aucun accident, brutalités, gazage, injures, blessures. Restés dans la rue, les « résistants » protestèrent auprès de reporters venus sur place. Se présenta un témoin de violence. Un SDF, « Désiré », logeait depuis le début dans la faculté. Il prétendit avoir assisté à des violences dont la chute d’un étudiant depuis le toit. Du sang, a-t-il précisé, coulait de sa tête. Les reporters tenaient du « chaud » ! Certains firent leur travail, cherchant d’autres témoignages, les traces de sang… en vain. Cependant la presse de gauche s’empressa de prendre pour argent comptant les racontars de « Désiré ». Marianne, Le Média, Paris Luttes, publièrent la version sanglante : un jeune homme poursuivi par un CRS était tombé d’un toit, il a été transporté dans un hôpital parisien, dans le coma. Il fallut que d’autres journalistes et policiers vérifient auprès de tous les hôpitaux ; pas de mort, ni de blessé grave. Le Média et Marianne avaient bonne mine.

Précisons que Le Média a été fondé par Mme Chikirou aux côtés du psychanalyste Gérard Miller, 70 ans, et Henri Poulain, producteur. Le site ne marcherait que grâce aux contributions de 19 000 militants, cependant Mme Chikirou annonçait un plan de développement. Le séminaire de juillet la ramena à plus de modestie. Elle quitta ses fonctions de présidente de la société de presse (elle y est remplacée par Aude Lancelin) et celle de la société de production (attribuée à Stéphanie Hammou). Parmi les conditions qu’elle avait posées à son départ, elle demandait le paiement des salaires et des factures. La nouvelle direction a déclaré avoir constaté des transferts d’argent malvenus. M. Miller a démissionné de la présidence de l’association.

Durant tout le mois d’août, les prises de positions contradictoires se sont multipliées. Mme Chikirou devrait rejoindre la campagne de La France insoumise (LFI) pour les élections européennes (mai 2019) aux côtés de Mélenchon. En attendant, le paysage reste opaque pour Le Média. Il a été décidé de supprimer le journal télévisé quotidien qui prenait trop d’énergies. Les oppositions demeurent (certains parlent de « purge anti-LFI). Choqué par ce qu’il appelle de la partialité et de la brutalité, Noël Mamère a démissionné également. Jusqu’où ira la patience des derniers « sociétaires » contributeurs ?

Tempête dans un verre d’eau
Raphaël Glucksmann
Raphaël Glucksmann

Un autre titre de la gauche bobo vient d’être secoué par des dissensions internes. Là aussi les choix personnels l’emportent sur la pérennité de l’entreprise. Le Nouveau Magazine littéraire, lancé en décembre 2017, était dirigé par Raphaël Glucksmann, âgé de 38 ans (fils d’André Glucksmann, le philosophe décédé en 2015). Il vient de claquer la porte pour désaccord avec Nicolas Domenach, 68 ans (journaliste politique actif dans les media audiovisuels), mais surtout parce que l’actionnaire majoritaire du mensuel a critiqué sa « radicalisation ». Il s’agit de Claude Perdriel, un millionnaire de 91 ans qui, depuis plus de cinquante ans, est un des principaux patrons de la presse socialiste (Le Nouvel Observateur, L’Obs…) et autres titres [2]. En 2017, il a racheté 100 % de Sophia Publications [L’Histoire, Historia, La Recherche, Le Magazine littéraire, Challenges].

Il y a eu un désaccord à propos d’Emmanuel Macron. Selon M. Glucksmann, ancien soutien de Benoît Hamon, ses critiques contre Macron se voyaient taxées par le propriétaire de « faire le jeu des populistes » ! Perdriel, Domenach, ainsi qu’un autre dirigeant de poids du magazine d’influence, Maurice Szafran qui suit la position de Perdriel, reprochaient à R. Glucksmann d’être trop à gauche ! S’est ajoutée, dans le débat, l’annonce de la sortie (en octobre) d’un livre du même essayiste traitant du libéralisme, mais « très anti-Macron et cela va poser un problème au journal » aurait reconnu M. Glucksmann, qui trouvera rapidement d’autres patrons de presse pour l’embaucher.

Pierre ROMAIN

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[1] – Notre confrère Le Salon beige a souligné (03/09/2018) qu’en janvier 2018, « elle n’avait pas craint de répondre à l’invitation des Éveilleurs d’Espérance pour débattre face à Élisabeth Lévy ; elle était déjà venue en 2016. ». Quatre ans plus tôt, Bruno Roger-Petit, aujourd’hui bombardé (malgré ses lacunes) chargé de communication d’Emmanuel Macron à l’Élysée, s’en était pris aux défenseurs de la famille en désignant « Natacha Polony et Éric Zemmour, hérauts de la France morte contre le mariage gay » !

[2] – En 1965 , alors que les chroniqueurs s’étonnaient de l’origine des grosses sommes investies dans Le Nouvel Observateur par un inconnu, ce fut Lectures Françaises qui révéla le nom de celui qui était considéré comme le fidéicommissaire du baron Edmond de Rothschild. L’information fut reprise par plusieurs journaux. M. Perdriel a fondé le groupe industriel SFA spécialisé dans les sanibroyeurs et les techniques sanitaires. Ce n’est pas d’hier que le « gros argent » se complaît à faire vivre les brûlots de gauche.

La langue des médias - Destruction du langage et fabrication du consentement
La langue des médias – Destruction du langage et fabrication du consentement
Ils ont acheté la presse - Pour comprendre enfin pourquoi elle se tait, étouffe ou encense
Ils ont acheté la presse – Pour comprendre enfin pourquoi elle se tait, étouffe ou encense
La presse et l'argent
La presse et l’argent

N° 738 – Octobre 2018 : Du 11 novembre aux traités de paix – La guerre pour cent ans

N° 738 – Octobre 2018 : Du 11 novembre aux traités de paix – La guerre pour cent ans

SOMMAIRE :

Éditorial (par Jérôme Seguin) (p. 1)
– Les brèves (p. 3)
– Les dates à retenir (p. 5)

Politique française
– Les palabres néo-calédoniennes se poursuivent (par Jacques De Kremer) (p. 7)

Actualité
– 48èmes Journées Chouannes (par J. S.) (p. 8)
– La mise au point du chef d’état-major des armées françaises (par Michel Leblanc et J. De K.) (p. 21)

Media
– Les échos médiatiques d’automne (par Pierre Romain) (p. 23)

Études
– Du 11 novembre aux traités de paix : la guerre pour cent ans (par Claude Beauléon) (p. 27)

*
– Dans notre courrier (par Jean Auguy et J. S.) (p. 37)
Civitas (revue) – Le Carillon (bulletin) – Retraités, les « vaches à lait de Macron » – SOS Tout-Petits Actualités (bulletin) – La fin de Mémoires d’Empire ? – École de l’Épiphanie (une école catholique en Vendée militaire) – Réseaux sociaux, écrans et autres dérives d’Internet. – Langue française (défense de la) – Maison de Louis-Ferdinand Céline – À propos du grade du « général » De Gaulle – ADIMAD (association) – Conversion de la Russie – Les « gay pride » et l’Église – Retour rapide sur le cas Benalla. 

*
– Il y a 50 ans. dans Lectures Françaises : Les Français ont la mémoire courte ! (n° 138-139 d’octobre-novembre 1968) (par François-Xavier d’Hautefeuille) (p. 43)


– Échos et rumeurs (par P. R., J. De K. et M. L.) (p. 48)
Un choix républicain contesté (Philippe Besson) – Les mondanités des « élites républicaines » – Le slalom judiciaire de l’affaire Ferrand – Quid des infrastructures françaises ? – Dissolution des belles promesses de 2017.  

Géopolitique
– Les campagnes de presse manipulatrices de la pensée « correcte » (par Claude Vignon) (p. 52)
– Le mondialisme en marche (par Cl. V. et Winston Smith) (p. 56)
Le mondialisme et ses militants – Guerre entre les groupes de pression sur le « copyright ». Pour ou contre la directive ? – L’appétit grandissant de la Chine pour les entreprises énergétiques européennes.  

*
– Ils nous ont quittés (p. 59)
Georges Dillinger – Mgr Camille Perl – François Bluche – Rémy Verdier – Général Robert Gaget – Michel Boudy – Pierre Jeanson – Pierre Dequenes – Patrick de Villenoisy.

 

Éditorial, octobre 2018 : Du 11 novembre aux traités de paix – La guerre pour cent ans

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Éditorial, octobre 2018 : Du 11 novembre aux traités de paix – La guerre pour cent ans

Déjà se préparent les martiales manifestations pour commémorer, « comme il se doit », le centenaire de la signature de l’armistice de 1918 qui a mis fin à l’horrible guerre qui a ensanglanté l’Europe et, par ricochet, le monde depuis un siècle. Notre ami Claude Beauléon le souligne bien en intitulant son article (pages 27 à 36), Du 11 novembre aux traités de paix : la guerre pour cent ans.

Pour ce faire, il s’est attaché à établir un résumé des circonstances qui ont conduit à l’armistice et quelles en ont été les suites. Il est important que nous fassions entendre un son de cloche qui détonne dans le concert de cymbales et clairons dithyrambiques auquel il va nous être donné d’assister. Car il est tout de même nécessaire de contribuer à rétablir la vérité sur « l’un des crimes les plus odieux qui aient été perpétrés contre l’humanité », disent deux historiens britanniques Gerry Docherty et Jim Macgregor, dans un livre récent [1] dont le contenu est rapidement résumé sur sa couverture : « Notre compréhension de ces événements a succombé au piège d’une toile mensongère soigneusement tissée par les vainqueurs de 1919 à Versailles, et entretenue depuis par de dociles historiens. La version officielle de la Première Guerre mondiale est ainsi sérieusement à remettre en question eu égard à la quantité de documents qui ont été délibérément détruits ou soustraits à nos regards ».

C’est donc ni plus ni moins qu’une imposture qui va être « célébrée » le 11 novembre ! Il y a quatre ans, en 2014 (centenaire de la déclaration de guerre) nous avions déjà tenu des propos très anti-conformistes, désireux que nous étions de contrecarrer les discours officiels, en aidant à sortir de l’oubli un ouvrage qui avait été écrit en 1919, par un prélat, Mgr Delassus : Les pourquoi de la Guerre mondiale [2] (cf. le n° 39/40, juillet-août 2014, de notre revue sœur, Lecture et Tradition), mais un ouvrage d’une clairvoyance et d’une lucidité éblouissantes : son contenu, disions-nous, « est un exposé de la conception théologique de l’histoire, mettant en exergue les preuves du complot anti-catholique. Cette vision de l’histoire est totalement différente de celle habituellement présentée, sinon “ imposée ” par les chroniqueurs ou les tenant de la thèse “ officielle ” ». Il insiste, entre autres, sur le fait que la guerre a été artificiellement fomentée pour n’être qu’un instrument mis au service de l’instauration d’un gouvernement mondial ! Il est clair qu’une « autorité supérieure » manipule à sa guise les responsables et dirigeants politiques pour les conduire à prendre des décisions qui sont en pleine conformité avec les plans d’extension du mondialisme.

Nous refusons d’être dupes de ce qui nous est imposé par la « main cachée qui dirige », raison pour laquelle nous tenons, une fois encore, à apporter notre contribution à l’exposition de la vérité.

Jérôme SEGUIN

 

[1]L’Histoire occultée. Les Origines secrètes de la Première Guerre mondiale. Édition originale parue au Royaume-Uni en 2013. Traduction française, Éditions Nouvelle Terre, 2017 (526 pages).

[2] – Trois forts volumes (1380 pages) récemment réimprimés par les Éditions Saint-Rémi.

L'histoire occultée - Les origines secrètes de la première guerre mondiale
L’histoire occultée – Les origines secrètes de la première guerre mondiale
Les pourquoi de la guerre mondiale en 3 tomes
Les pourquoi de la guerre mondiale en 3 tomes
N° 39-40 (nouvelle série), juillet-août 2014 : 1914-2014. Il y a cent ans, la Grande Guerre
N° 39-40 (nouvelle série), juillet-août 2014 : 1914-2014. Il y a cent ans, la Grande Guerre

N° 737 – Septembre 2018 : La super-classe mondiale – Entretien avec Michel Geoffroy

N° 737 – Septembre 2018 : La super-classe mondiale – Entretien avec Michel Geoffroy

SOMMAIRE :

Éditorial (par Jérôme Seguin) (p. 1)

– Les brèves (p. 3)

– Les dates à retenir (p. 5)

Politique française

– La super-classe mondiale : entretien avec Michel Geoffroy (propos recueillis par Jérôme Seguin) (p. 7)

– Quelques considérations sur le cas Benalla (par Pierre Romain) (p. 18)

Actualité

– L’art de la diversion médiatique (par Jacques De Kremer) (p. 23)

Économique et social

– Retour aux réalités (par Michel Leblanc) (p. 26)

Tribune libre

– Réformer la SNCF ? (par le club ferroviaire de Massy) (p. 30)

*

– Dans notre courrier (par Jean Auguy et J. S.) (p. 33)

Jeanne d’Arc (revue) – L’invasion des écrans – Minute (journal) – Dangers du numérique – Franc-maçonnerie – Pax Romana (revue) – Le Petit Grégoire (bulletin) – Fondation pour la Famille – Chapelle des Feuillants – Retraites (sauvegarde des) – Histoire & Liberté (revue) – Alexandre Soljenitsyne – La Fraternité de la Transfiguration – Du communisme au mondialisme – Victor Kravchenko – « Le miracle de la Vistule » – La province en grand danger – Hellfest – Office culturel de Cluny – J’Écris (revue).

– Courrier des lecteurs (p. 44)

Études

– Changer les mots, c’est changer l’âme d’un peuple (par Olivier Destouches) (p. 45)

*

– Échos et rumeurs (par P. R., J. De K. et M. L.) (p. 50)

Les bouderies des élus locaux – Les retraites des veuves sur la sellette – Les arcanes du découpage électoral – Les dérives collectives et élyséennes – La future loi de programmation militaire et les écoutes – Les choix éoliens pris cet été. – .Et ceux concernant les hydroliennes.

Géopolitique

– Le mondialisme en marche (par Claude Vignon et Winston Smith) (p. 57)

Les nouveaux choix tactiques de l’organisation État islamique – Fusion dans la chimie mondiale.

*

– La vie des livres (par J. S.) (p. 59)

Louis-Ferdinand Céline – Librairie Le Valentin (Lausanne) – L’histoire des colonies – L’Aube de Jéricho (La Revanche du lieutenant Poignard, de Brigitte Lundi) – La « liberté » des communistes – La Ruée vers l’Europe (La jeune Afrique en route vers le Vieux Continent, de Stephen Smith) – Lettre d’exil. La barbarie et nous (de Jeannette Bougrab) – Le Saut par la fenêtre (de Louis Pozzo di Borgo) – Les Jeunes Gens (Promotion Macron, de Mathieu Larnaudie) – Une nouvelle traduction de 1984 (de George Orwell) – George Orwell, écrivain des gens ordinaires (de Kévin Boucaud-Victoire).

Éditorial, septembre 2018 : La super-classe mondiale. Entretien avec Michel Geoffroy

Éditorial, septembre 2018 : La super-classe mondiale. Entretien avec Michel Geoffroy

Il y a plus de soixante ans, en 1955, notre fondateur, Henry Coston avait publié un livre très anti-conformiste, et en même temps prémonitoire, qui bousculait les idées reçues. Cet ouvrage s’intitulait Les Financiers qui mènent le monde et connut ensuite dix-sept tirages successifs (réimpressions ou rééditions), revus, corrigés, augmentés et mis à jour, jusqu’au dernier paru en 1989. Il y fustigeait les oligarchies cosmopolites et leurs agents cramponnés aux leviers de commandes de l’économie mondiale et à la direction des gouvernements de la planète.

Aujourd’hui, Coston a trouvé un digne successeur en la personne de Michel Geoffroy, auteur d’un livre très récent, La Super-Classe mondiale contre les peuples (Éd. Via Romana) qui expose sur 470 pages le projet de cette classe qui cherche à mettre en place « un utopique gouvernement mondial, c’est-à-dire la mise en servitude de toute l’humanité et la marchandisation du monde. Une classe qui manipule les autres pour parvenir à ses fins ». Il nous a fait l’amitié de nous accorder un entretien dont la seule lecture des quelques pages qu’il occupe dans ce numéro (7 à 17) doit vous inciter à vous plonger dans ce livre, « toutes affaires cessantes », tant il donne les clés destinées à décrypter l’ensemble des tenants et aboutissants de ces « financiers qui mènent le monde ».

*

Nous sommes par ailleurs très reconnaissants à Olivier Destouches d’aborder un sujet qui nous tient à cœur et malheureusement souvent négligé par nos contemporains : la défense et illustration de notre magnifique patrimoine linguistique. Changer les mots, c’est changer l’âme d’un peuple, dit-il dans le titre de son article (pp. 45 à 49), au cours duquel il estime que « la richesse de la langue française disparaît au profit d’une trivialité linguistique [dans laquelle] la vulgarité a remplacé le langage châtié, signe évident de la décadence de notre civilisation ». Devant le nombre incalculable d’erreurs et fautes de langage que nous pouvons entendre tous les jours, nous nous permettons de vous demander de veiller attentivement à ne pas sombrer dans des travers identiques et à mettre en application les conseils exprimés par Olivier Destouches.

Il est évident que cette dictature du nouveau langage est un des artifices des visées mondialistes, développé par Michel Geoffroy dans son livre (pp. 272 et 273) : « la novlangue est celle des médias, des politiciens, des intellectuels organiques et de la bourgeoisie d’État, au service de la super-classe mondiale (…) Cela montre que la sinistre prévision de George Orwell est devenue réalité en Occident. Les médias imposent la novlangue pour tenter de rééduquer la population dans le sens politiquement correct libéral/libertaire et cosmopolite ». Tout se tient et se recoupe !

Jérôme SEGUIN

Reportage photos Journées Chouannes 2018

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Avec près de 80 auteurs venus dédicacer leurs ouvrages et plus de 1000 personnes, les traditionnelles Journées Chouannes ont encore rencontré cette année un franc succès.

Quelques photos de ces deux belles journées :

Grande journée d’amitié française de l’AGRIF (Paris, 29 septembre 2018)

Grande journée d’amitié française organisée par l’AGRIF (Alliance Générale contre le Racisme et pour le respect de l’identité française et chrétienne) à la Maison de la Mutualité (24 rue Saint-Victor, 75005 Paris).

Le samedi 29 septembre 2018 de 10 h à 18 h sur le thème : « Génocide français : stop ! » – « Non à la tsunamigration, à l’islamigration, à la culture de mort ! ».

Tables rondes, conférences et dédicaces. Chiré-DPF y assurera la librairie.

Entrée normale : 10 € – Tarif réduit pour étudiants et chômeurs.

Avec le soutien du Salon Beige, de TV Libertés, de Réinformation TV, d’émissions de Radio-Courtoisie, du Centre Charlier, de Chrétienté-Solidarité.

10 h : Ouverture par Didier Rochard.

De 10 h à 18 h : stands et signatures par une soixantaine d’écrivains amis de l’AGRIF.

10 h 30 : chœur Montjoie Saint Denis : 1e aubade.

11 h : table ronde Simone Weil, (la philosophe) : « Nos combats pour la vie », avec Maître Jérôme Triomphe, François Billot de Lochner, Abbé Guillaume de Tanouärn, Gabrielle Cluzel.

12 h : accueil de Jean Raspail.

12 h 30 : temps du déjeuner. Brasseries proches. Possibilité de sandwiches sur place. Poursuite des signatures et rencontres.

14 h : mémoire des 100 millions de victimes du communisme avec  le chœur Montjoie Saint Denis : 2e aubade.

De 14 h 30 à 15 h 30 : Table ronde Charles de Foucauld : « stop à l’islamigration, le choix du christianisme », présidée par Jeanne Smits, avec Christophe Bilek, Laurent Bonnet, Marie Djamila …

de 15 h 45 à 16 h : Bernard Antony : « Face au génocide français ».

de 16 h à 16 h 15 : Bruno Gollnisch : « Cette Europe des peuples qui disent non au génocide ».

17 h : Meeting : « l’AGRIF à la pointe des combats contre les racismes antifrançais, antichrétien, antihumain », présidé par Guillaume de Thieulloy, avec Martial Bild, Jérôme Triomphe. Conclusion de Bernard Antony.

STANDS : Chœur Montjoie-Saint-Denis, AGRIF, Chrétienté-Solidarité, TV Libertés, Salon Beige.

Une soixantaine d’auteurs se sont d’ores et déjà annoncés pour dédicacer leurs livres :

Marie-Aude ALBERTBernard ANTONYAntoine ASSAF – Alain AZOULAY – Gérard BEDEL – Christophe BILEK 1 et 2François BILLOT de LOCHNERPhilippe BORNETThierry BOUCLIERFrançois BRUNATTOLouis CHAGNONYves CHIRONGabrielle CLUZEL – Victor CUPSA – Laurent DANDRIEUCharles-Henri d’ELLOYFrançois de CHASSEY – Abbé Guillaume de TANOUÄRN 1 et 2Guillaume de THIEULLOYAbbé Cyrille DEBRISPatrick DELONAlain DIDIERXavier DORClaude FAISANDIERRémi FONTAINEFrançois FOUCARTMarc FROIDEFONTMichel GEOFFROYPierre GODICHEAUBruno GOLLNISCHOlivier GRIETTEDaniel HABREKORNÉlise HUMBERTAlain JUNDLaurent LAGARTEMPEGérard LEBORGNEJacques LORCEYBrigitte LUNDIXavier MARTINClaude MEUNIER-BERTHELOT – Houchang NAHAVANDI 1 et 2Fatima OUJIBOUAbbé Guy PAGÈSAlain PAUCARD – Emmanuel PEZÉ – Gérard PINCELouis POZZO DI BORGOJean RASPAILPaul RIGNACJean-Claude ROLINATCatherine ROUVIERAlain SANDERSJeanne SMITSFerdinand SOLERJean TARLETMauricette VIAL-ANDRUAlain ZELLERBernard ZELLER

Plus d’informations auprès de l’AGRIF 70 boulevard Saint-Germain, 75005 Paris, tél 01 40 46 96 31 ou sur le site internet de l’AGRIF.

Journées Chouannes : derniers jours pour vous décider !

Journées Chouannes : derniers jours pour vous décider !

Samedi 1er et dimanche 2 septembre à Chiré-en-Montreuil (Vienne) se tiendra la 48e édition des Journées Chouannes organisée par la Diffusion de la Pensée Française, sur le thème : « 50 ans après Mai 68, quels moyens pour combattre la révolution ? » Si vous n’avez pas encore réservé ces deux journées dans votre agenda, vous pouvez encore vous décider. C’est certainement la plus grosse manifestation autour du livre contrerévolutionnaire en province : conférences, dédicaces de près d’une centaine d’auteurs sur deux jours, un grand choix de livres neufs et d’occasion.

Un grand parking sera à la disposition des participants sur place, à « La Caillauderie 86190 Chiré-en-Montreuil ».  Plan d’accès

Une participation est demandée à l’entrée (pour couvrir les très gros frais de ces deux jours : sono, sanitaires, électricité, personnel supplémentaire, publicité, matériel divers et varié, mais nécessaire). Il s’agit de 4 € pour une personne et de 6 € pour un ménage ; c’est gratuit pour les moins de 25 ans. Le ticket d’entrée qui vous sera remis vous servira pour les deux jours.

PROGRAMME DU SAMEDI

Pour ceux qui peuvent y assister, une messe basse sera célébrée à 8h30 par la Père Jean-Marie (Fraternité de la Transfiguration) pour le premier samedi du mois.

 À 9h00, ouverture officielle. Dès 10 heures, après une courte introduction, tables rondes et conférences se succèderont jusqu’au déjeuner.

 10h15-10h45 : interventions de Bernard Ferrand puis de Xavier Cebron de Lisle sur le thème : « L’Histoire, un grand roman contrerévolutionnaire ».

 11h30-12 h00 : Conférence de Bernard Antony sur « La désinformation sur Mai 68 ou les multiples révolutions ».

Pensez à réserver votre repas pour le déjeuner qui aura lieu à 12h30 :

– Repas par personne (normal) : 10 € Réservez dès maintenant !

– Repas par personne « soutien » : 18 € Réservez dès maintenant !

– Repas Enfant : 4 € Réservez dès maintenant !

 Reprise des interventions à partir de 14h00 :

14h00-14h30 : Conférence de Gérard Bedel : « La droite gaullienne, une voie sans issue ».

14h30-15h00 : Conférence de Michel Geoffroy : « Réagir au Nouvel Ordre Mondial ».

15h00-16h00 : Pause.

16h00-16h45 : Table ronde sur le thème : Maurras, l’avenir de l’intelligence (pour le 150e anniversaire de la naissance de Charles Maurras) animée par Gérard Bedel avec les interventions de : Antoine-Joseph Assaf, auteur, professeur, conférencier, Aristide Leucate, juriste, auteur, journaliste et Hilaire de Crémiers, directeur de Politique Magazine et de La Nouvelle Revue Universelle.

16h45-18h00 : Pause.

18h00-18h30 : Interventions de Virginie Vota et Adrien Abauzit sur le thème : « Internet et la fachosphère. Puissance de feu d’Internet ».

19h15 : Renouvellement de la Consécration de DPF au Sacré-Cœur.

19h40 : Apéritif

Pensez à réserver votre repas pour le banquet de Chiré qui aura lieu à 20h00 :

– Repas par personne (normal) : 12 € Réservez dès maintenant !

– Repas par personne « soutien » : 18 € Réservez dès maintenant !

– Repas Enfant : 5 € Réservez dès maintenant !

21h30 : Projection du documentaire sur les Chrétiens d’Orient de Raphaël Delpard

 

PROGRAMME DU DIMANCHE

7h00 : Messe basse des organisateurs, par le Père JEAN-MARIE

9h00 : Messe basse par le Révérend Père ARGOUARC’H

10h00 : Messe traditionnelle chantée par M. l’abbé Jean-Yves COTTARD

Pensez à réserver votre repas pour le déjeuner qui aura lieu à 12h00 :

– Repas par personne (normal) : 12 € Réservez dès maintenant !

– Repas par personne « soutien » : 18 € Réservez dès maintenant !

– Repas Enfant : 5 € Réservez dès maintenant !

 Reprise des interventions à partir de 14h00 :

14h00 : « Vivre en chrétien au XXe siècle »

« Zita, un modèle à suivre » : conférence de l’abbé Cyrille Debris, prêtre diocésain de Rouen, postulateur de la cause de béatification de l’impératrice Zita.

– « Alice Ollé-Laprune, un modèle de mariage catholique » : conférence du père Jean-Xavier (Fraternité de la Transfiguration) qui est à l’initiative de la réédition du livre d’Alice Ollé-Laprune : Liens immortels.

14h30-15h00 : « “Lumières”, Révolution : un étrange humanisme ». Conférence du professeur Xavier Martin, universitaire reconnu et tranquillement acharné qui a démantelé les rouages juridiques et toute la pensée des Lumières.

15h00-16h00 : Pause.

16h00-16h30 : Conférence de l’abbé Jean-Pierre Boubée : « L’art des arts, éduquer un enfant » préfacier du précieux traité d’éducation que les Éditions de Chiré viennent de rééditer

16h30-18h00 : Pause.

18h00-18h30 : « Les arcanes de la justice » : conférence de Maître Emmanuel Ludot, avocat au barreau de Reims, défenseur de Saddam Hussein, auteur d’un livre sur le récent scandale du Lévothyrox.

18h45 : Conclusion par François-Xavier d’Hautefeuille et mot spirituel du R.P. Lecareux.

Pensez à réserver votre repas pour le banquet des amis de Chiré qui aura lieu à 19H30 :

– Repas par personne (normal) : 10 € Réservez dès maintenant !

– Repas par personne « soutien » : 18 € Réservez dès maintenant !

– Repas Enfant : 4 € Réservez dès maintenant !

De nombreux auteurs ont annoncé leur présence :

Le samedi :

Adrien ABAUZITYves-Marie ADELINEBernard ANTONYAntoine-Joseph ASSAFYves BAECKEROOTCharles BARBANESGérard BEDELJoseph de BELFONTArmand BERARTMichel BERNARDStéphanie BIGNONYouenn CAOUISSINChristophe CARICHONYann CARRIEREXavier CEBRON DE LISLEMarie-Christine CERUTI-CENDRIERGeorges CLEMENTClotilde CLOVISPère Paul COCARDHilaire de CREMIERSCUSTOSCyrille DEBRISPatrick DELONDocteur Xavier DORCyril DUCHATEAUVéronique DUCHATEAUFrançoise DUFAYColine DUPUYApolline DUSSARTMichel FAUQUIERBernard FERRANDHenri de FERSANRémi FONTAINEJean-Paul FOUSSATMarc FROIDEFONTBernard GANTOISLouis-Christian GAUTIERPhilippe GAUTIERJean-Baptiste GEFFROYMichel GEOFFROYPierre GILLIETHPierre GODICHEAUSophie de GOURCYThomas GRIMAUXDaniel HABREKORNFrançois-Xavier d’HAUTEFEUILLERoland HELIEElise HUMBERTIGNACEPère JEAN-DOMINIQUEChristian LAGRAVEYves de LASSUSJoëlle LE PONTOIS-BERNARDAristide LEUCATEPère LOUIS-MARIE  – Jean-Claude LOZAC’HMEUREmmanuel LUDOTJean-Pierre LUSSANPhilippe de MAILLARDPierre MARTINPère Jean-Jacques MARZIACLaurence MAUGESTPaul-André MAURBernard DUFOUR représentant sa femme Fabienne MONCLAR décédéeClaude MOUTON-RAIMBAULTFlorence MRAIZIKAHermine NOUVEL DE LA FLECHEJean-Louis OMERGeorges PAGEPierre PINATELAbbé Jean-Pierre PUTOISLeila QADRArnaud RAFFARD DE BRIENNEPhilippe RANDADominique REMYAbbé Olivier RIOULTMechtilde SAVIGNYHenri SERVIENJean TARLETRobin TERRASSEJoachim VELIOCASLaurent VERGEZ – Virginie VOTA – Hristo XIEP

Le dimanche :

Joëlle d’ABBADIEAdrien ABAUZITYves-Marie ADELINEBernard ANTONYPère Jean-Paul ARGOUARC’H  – Antoine-Joseph ASSAFYves BAECKEROOTCharles BARBANESJacques BAYROUGérard BEDELJoseph de BELFONTArmand BERARTFrancis BERGERONMichel BERNARDArnould BETHERY DE LA BROSSEStéphanie BIGNONAbbé Jean-Pierre BOUBEEThierry BOUCLIERYouenn CAOUISSINYann CARRIERELucien CERISEMarie-Christine CERUTI-CENDRIERCHOUANDECOEURGeorges CLEMENTClotilde CLOVISHilaire de CREMIERSCUSTOSJacques DANSANCyrille DEBRISPatrick DELONDOMINICUSDocteur Xavier DORCyril DUCHATEAUVéronique DUCHATEAUFrançoise DUFAYApolline DUSSARTMichel FAUQUIERHenri de FERSANRémi FONTAINEJean-Paul FOUSSATMarc FROIDEFONTBernard GANTOISLouis-Christian GAUTIERPhilippe GAUTIER  – Jean-Baptiste GEFFROYPierre GILLIETHPierre GODICHEAUSophie de GOURCYThomas GRIMAUXDaniel HABREKORNFrançois-Xavier d’HAUTEFEUILLERoland HELIEElise HUMBERTIGNACEPère JEAN-DOMINIQUEChristian LAGRAVEYves de LASSUSAnne LE PAPEJoëlle LE PONTOIS-BERNARDAristide LEUCATEPère LOUIS-MARIEEmmanuel LUDOTBrigitte LUNDIJean-Pierre LUSSANPhilippe de MAILLARDPierre MARTINXavier MARTINPère Jean-Jacques MARZIACLaurence MAUGESTPaul-André MAURClaude MEUNIER-BERTHELOTBernard DUFOUR représentant sa femme Fabienne MONCLAR décédéeRené MONIOT-BEAUMONTClaude MOUTON-RAIMBAULTFlorence MRAIZIKAHermine NOUVEL DE LA FLECHEJean-Louis OMERGeorges PAGEAlain PASCALJean-Louis PICOCHEPère PIERRE-MARIEPierre PINATELMaria POUMIERPhilippe PREVOSTAbbé Jean-Pierre PUTOISLeila QADRArnaud RAFFARD DE BRIENNEPhilippe RANDADominique REMYAbbé Olivier RIOULTMechtilde SAVIGNYReynald SECHERHenri SERVIENJean TARLETRobin TERRASSEFrère ThierryJoachim VELIOCASLaurent VERGEZMauricette VIAL-ANDRUPhilippe VILGIERHristo XIEP

Les éditeurs présents :

Éditions de ChiréÉditions des Petits ChouansÉditions Ag bardÉditions AltitudeÉditions Auda IsarnCollection Le Lys NoirÉditions Les Bons Livres pour TousÉditions DéternaÉditions DualphaÉditions Dominique Martin MorinÉditions EdilysÉditions Librim ConceptÉditions du PechÉditions du Sel

 Les exposants présents :

AEP Saint Hilaire école – Fraternité de la Transfiguration – Ordre des Chevaliers de Notre-Dame  – MCF  – Œuvre Sainte Jeanne de ValoisVignoble CarrèreVignoble Les SaintongersAssociation Marthe et MarieL’Herboricaine – Milice de l’Immaculée – Association Notre-Dame de Fontpeyrine – Sinjo.fr : Antiquités, statues, tableaux…  – ACIM, Cahiers Saint Raphaël, et Mission Rosa Mystica aux Philippines

 Les revues présentes :

Lectures FrançaisesLecture et TraditionLa Gazette du QuercyPolitique MagazineQuotidien PrésentRebellionLe Sel de la TerreLa Simandre

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France: la perspective du chaos

Lu dans les 4 Vérités du 27 juillet 2018. Les scènes de pillage et d’émeutes qui ont suivi la victoire de l’équipe de France de football sont tristement significatives de l’évolution du pays ces dernières années.

Elles ont fait suite aux pillages et aux émeutes qui ont eu lieu à Nantes un peu plus tôt, et à de multiples autres scènes du même type survenues en France depuis 2005.

Il ne peut plus y avoir en France un rassemblement collectif de grande ampleur, quel qu’il soit, sans que surviennent des violences et des destructions.

Quand ce n’est pas un rassemblement collectif de grande ampleur qui sert de prétexte, une arrestation qui tourne mal peut faire l’affaire.

La police reçoit des directives, ne rétablit plus vraiment l’ordre, et se contente d’endiguer et de limiter les dégâts – et, d’ailleurs, elle les limite de moins en moins.

Les médias sont incités à dissimuler la réalité et à édulcorer leurs comptes rendus aux fins que la situation apparaisse moins grave qu’elle ne l’est.

La situation n’en est pas moins grave et devient de plus en plus préoccupante.

Voici une vingtaine d’années, il y avait en France quelques zones de non-droit.

Aujourd’hui, il y en a environ six cent. En outre, ces zones de non-droit grandissent et, par un effet de contagion, débordent vers des quartiers autrefois épargnés.

Voici une quinzaine d’années, pillages et émeutes étaient rares. Aujourd’hui, ils deviennent la norme.

Voici une douzaine d’années, les prisons renfermaient un nombre élevé de gens venant de zones de non-droit et appartenant à des bandes ethniques, et des actions de démantèlement des bandes concernées étaient menées.

Aujourd’hui, les trois quarts des criminels incarcérés sont des gens venant de zones de non-droit et appartenant à des bandes ethniques qui ne sont plus démantelées.

Voici une dizaine d’années à peine, le respect de l’uniforme existait encore, même s’il avait sérieusement commencé à s’éroder. Voir des commissariats attaqués aurait alors semblé presque impensable.

Aujourd’hui, des porteurs d’uniforme sont agressés jusque dans leur domicile, menacés de sanctions s’ils répliquent ou se défendent, et les attaques de commissariats se produisent de manière récurrente.

Ce qui se dessine a pu être défini comme une guerre civile en gestation, et j’ai moi-même pu recourir à cette expression, mais elle n’est pas vraiment exacte.

Pour qu’une guerre civile ait lieu, il faut des combattants des deux côtés.

Or il n’y a là, pour l’essentiel, qu’un seul côté qui combat, tandis que l’autre côté ne se bat pas, recule et semble simplement retarder te moment d’une défaite déjà entérinée.

Mieux vaudrait parler de déliquescence, ou de glissement lent (mais de plus en plus rapide) vers le chaos et vers une transformation de la France en un pays ressemblant à ces contrées du tiers-monde où quelques îlots préservés subsistent, tandis que, partout ailleurs, règne une loi de la jungle où tout peut arriver et où la sécurité devient très aléatoire.

Un redressement est-il possible ?

Des moyens drastiques seraient désormais nécessaires pour cela. Le recours à ces moyens serait-il envisageable ?

Cela aurait été très difficile au temps de Nicolas Sarkozy.

Au vu de la détérioration qui se poursuit, c’est devenu presque impossible.

Les dirigeants politiques qui se succèdent au pouvoir sont complices ou n’ont pas l’étoffe ni la détermination requises. Et aucune des personnes susceptibles de leur succéder présentement ne semble à même de faire ce qui devrait l’être.

Il en est ainsi en raison de ce que j’ai décrit plusieurs fois : la gauche s’est installée peu à peu dans tous les appareils et institutions.

Elle a voulu éroder, détraquer et détruire. Elle y est largement parvenue. Parce qu’elle déteste la civilisation occidentale, elle a voulu y introduire des corps étrangers inassimilables. Elle y est largement parvenue aussi. Elle a estompé, marginalisé, puis diabolisé tous les repères intellectuels à même d’étayer un sursaut.

Tout semblerait perdu si un mouvement de révolte n’était pas en train de gagner l’Europe, porté par des Européens qui ne veulent pas mourir. Ce mouvement a été qualifié de « lèpre » ou de « vent mauvais » par le minable Macron. Il importe de tout faire pour que la « lèpre » et le « vent mauvais » touchent la France. Au plus vite.

Par Guy Minière

 

Le sursaut ou le chaos
Les loups sont de retour – Du chaos vont naître de nouvelles élites
Tout ce qu´il ne faut pas dire – Insécurité, justice : un général de gendarmerie ose la vérité

Les caisses syndicales et les grèves de printemps

Cette année, en réponse aux velléités du gouvernement de réformer la SNCF dont, en priorité ses dettes énormes, les camarades-syndiqués cheminots appuyés « solidairement » par d’autres « travailleuses et travailleurs » des fonctions publiques et autres fonctionnaires, ont lancé des grèves « perlées » très handicapantes pour les usagers dont les entreprises. Mais finalement lucratives pour certains. Dès le début, les manques à gagner des grévistes furent évoqués. Cette fois, les syndicats, avec beaucoup moins de réticences que les autres années, finirent par reconnaître qu’ils avaient préparé et lancé des « caisses de secours solidaires » pour aider les grévistes à « tenir jusqu’au bout ». D’autres associations s’y joignirent avec jubilation. Les résultats étaient juteux. Les comptes obscurs de la Force syndicale, les uns après les autres, furent en partie divulgués. Qu’en est-il  sorti ?

L’art de trouver des fonds

Depuis avril et organisée le 23 mars, une pétition revendiquée par le sociologue Jean-Marc Salmon et ses amis, une trentaine de chercheurs, « créateurs », universitaires, seraient parvenus à remplir une cagnotte de plus d’un million d’euros (1 174 901 €). En deux mois ! Pour gérer ces dons, fut mise en place une association « Solidarité cheminots grévistes 2018 ». Le bureau de ladite association est administré par des responsables des quatre syndicats principaux de la SNCF : la CGT-Cheminots, Sud-Rail, CFDT-Cheminots, l’UNSA-Ferroviaire. À l’origine il fut prévu de remettre l’argent de cette énorme quête aux fédérations syndicales. Pour résorber les difficultés, il fallut établir des règles exposées par la CGT : être un cheminot en grève, s’inscrire sur les préavis définis par l’intersyndicale. Signalons que furent pris en compte d’autres éléments (composition de la famille, niveau de salaire…). Les demandeurs devaient remplir un dossier clair. Le démarrage fut lent ; en mai on put atteindre 4 000 dossiers traités. Toutes ces étapes débouchaient sur un remboursement de 20 euros par jour versé sur le compte bancaire du bénéficiaire. Jusqu’à l’épuisement de la cagnotte.

Plusieurs syndicats ont en effet lancé des cagnottes, ce qui explique des annonces variées. Sur le site Le Pot commun, Sud-Rail a reçu, dans un premier temps, 91 995 euros. L’UNSA-Ferroviaire annonça sur la page Leetchi 16 010 euros. Dès les premiers jours d’avril, la CGT avait organisé des cagnottes de « solidarité » dans tout le pays visant à récolter des dons « pour toutes les luttes de 2018 ». Une des raisons du succès a été donnée par le patron de la CGT. M. Martinez a fini par reconnaître que sa centrale avait mis en place une caisse depuis la loi El Khomri en 2016. Une sorte de rodage. Cette année la CGT, lors de la manifestation des cheminots, a pu brandir un chèque d’1 million d’euros comme signalé plus haut. Laurent Berger, secrétaire général de la CFDT, a dit sur RMC que sa confédération disposait déjà d’une « caisse de solidarité » de 125 millions ! Il a assuré que cet argent provenait des seuls adhérents (?). Pourtant l’on sait que les cotisations des salariés ne représentent que de 3 à 4 % des budgets syndicaux.

par Michel Leblanc

Lire la suite dans notre numéro…

 

Pour un nouveau contrat social
Les illusions du progrès suivi de l´Avenir socialiste des syndicats
La dictature des syndicats – FO, CGT, SUD… Nos nouveaux maîtres

L’anti-Soros qui veut fédérer les droites populistes en Europe

Lu dans Présent du 26 juillet 2018. Il est américain comme Soros et il veut faire à droite ce que le spéculateur d’origine juive hongroise a fait à gauche : soutenir les organisations conservatrices et populistes. On ne mettra pas ici « populistes » entre guillemets puisqu’il revendiquait fièrement cette appellation lors du dernier congrès du Front national, devenu Rassemblement national, où il est intervenu en tant qu’invité spécial. Nous parlons ici du catholique sans complexe Steve Bannon, l’homme du site phare de la droite alternative américaine Breitbart News auquel on attribue au moins une partie du succès électoral de Donald Trump et qui voit en Soros un homme « malfaisant mais brillant ». Devenu conseiller spécial du nouveau président américain, il avait été limogé l’été dernier, mais avait estimé qu’il pouvait faire plus pour le retour de la droite nationale, et aujourd’hui des droites nationales, hors de la Maison blanche.

« L’histoire est de notre côté » « L’histoire est de notre côté et va nous mener de victoire en victoire. Vous faites partie d’un mouvement mondial qui est plus grand que la France, plus grand que l’Italie, plus grand que la Hongrie, plus grand que tout ça. L’histoire est avec nous, c’est pour ça qu’ils ont tellement peur de vous », avait lancé aux frontistes français en mars (voir Présent du 13 mars) cet homme qui estime qu’Emmanuel Macron et Angela Merkel sont aujourd’hui les deux grandes figures vulnérables de l’Establishment européen.

De l’aveu même de Bannon, interrogé la semaine dernière par le site américain The Daily Beast, c’est au congrès du FN qu’il a eu l’idée de fédérer les droites nationales européennes disparates, en leur apportant un soutien financer et de l’expertise. « Je n’avais pas eu cette idée jusqu’à ce que Marine Le Pen m’invite à prendre la parole à Lille au Front national. Je lui ai dit : que voulez-vous que je dise ? ». Et Marine Le Pen lui aurait alors répondu : « Tout ce que vous avez à dire, c’est que nous ne sommes pas seuls. »

Le projet de Steve Bannon pour l’Europe, c’est de créer une fondation appelée The Movement (le Mouvement) pour susciter une révolte populiste à travers tout le continent, un peu à la manière dont la fondation OSF de George Soros cherche à imposer sa vision d’une société sans frontières multiculturaliste et libérale-libertaire. La fondation de Bannon veut pouvoir mettre des ressources en commun, encourager des réflexions, coordonner des études, fédérer des projets et assister les mouvements de droite qui surgissent un peu partout en Europe avec souvent trop d’amateurisme et pas assez de moyens.

Pour les élections au Parlement européen du printemps prochain, il vise à favoriser l’émergence d’un bloc populiste qui pourrait rassembler au moins un tiers des députés. Le siège de The Movement sera à Bruxelles. Comme modèle à suivre pour les leaders des droites nationales européennes, Bannon met en avant le succès de Salvini en Italie. Il est persuadé que la méthode Salvini fonctionnera aussi dans les autres pays européens. Or Matteo Salvini a justement annoncé il y a quelques semaines qu’il voulait faire de la Ligue un mouvement européen et il annonçait vendredi dernier son intention « de rassembler les partis qui formeront la nouvelle majorité au Parlement européen ».

Début juin, le nouvel ambassadeur des États-Unis en Allemagne, lecteur assidu du site Breitbart et admirateur du jeune chancelier autrichien Sebastian Kurz, suscitait la colère des élites outre-Rhin en promettant lui aussi de soutenir les vraies droites en Europe.

On peut bien sûr y voir de nouvelles ingérences américaines, mais avec désormais les Soros et les anti-Soros, ces ingérences ont au moins le mérite de devenir plus équilibrées qu’à l’époque de Barack Obama.

Par Olivier Bault

 

Le retournement Trump
Ce que nous sommes – Aux sources de l´identité européenne
La place de Donald Trump dans l´histoire – Ce que personne ne sait

L’affaire Benalla offre un sursis à la Constitution

Lu dans Minute du 26 juillet 2018. Dans la construction du nouveau monde voulu par Emmanuel Macron, après la loi « pour la confiance dans la vie politique » de 2017, la réforme constitutionnelle était une deuxième étape. La discussion aurait dû terminer le week-end dernier. Elle a été suspendue sine die.

C’est peut-être la première victoire de l’opposition à l’Assemblée nationale. Une victoire temporaire, certes, mais une victoire tout de même, obtenue à coups de rappels au règlement et de suspensions de séance. De sorte que dimanche 22 juillet en fin de matinée, le gouvernement a fini par baisser les bras. Prenant le micro depuis le banc des ministres, Nicole Belloubet, garde des Sceaux et seule ministre présent dans l’hémicycle depuis le début de l’affaire Benalla, a annoncé que « le gouvernement a décidé de suspendre l’examen de la révision constitutionnelle, mais souhaite que celui-ci puisse reprendre dans des conditions plus sereines ». Fin du premier round !

Les députés suspectés d’antiparlementarisme !

Il est vrai que depuis quatre jours — et la révélation de l’affaire Benalla —, l’Assemblée nationale était sur les charbons ardents. L’opposition ne lâchait pas le morceau et souhaitait interroger le gouvernement sur l’affaire Benalla. Dès jeudi matin, le premier à dégainer avait été Eric Ciotti, député (LR) des Alpes-Maritimes. Quelques minutes seulement après le début des débats, il effectuait un rappel au règlement, qui allait être suivi de beaucoup d’autres… Le rappel au règlement ? Il s’agit d’une disposition du règlement de l’Assemblée nationale qui permet, en gros, à chaque parlementaire d’intervenir à peu près quand il le souhaite dans les débats.

Mais c’est réellement à compter de l’après-midi du jeudi 19 juillet que l’hémicycle s’est enflammé. Les députés LR, communistes et France insoumise, s’en sont donné à cœur joie, réclamant tour à tour la suspension des travaux, la venue d’un ministre, la venue du premier ministre, la création d’une commission d’enquête parlementaire, etc. Du jeudi 19 au dimanche 22, la discussion de la réforme constitutionnelle n’a donc pas avancé, plus du tout.

De son côté, la majorité ne souhaitait pas épiloguer sur l’affaire Benalla… Richard Ferrand, président du groupe LREM, parlait alors de simple « fait divers ». « Vous faites feu de tout bois pour nous empêcher de travailler », tonnait-il. Sous les applaudissements des députés macronistes, Nicole Belloubet évoquait même… une « affaire individuelle » ! Pour les députés macronistes, l’opposition cherchait juste à faire de l’obstruction pour empêcher la réussite de la réforme constitutionnelle !

Le débat est ensuite devenu fou. « Vous cherchez à faire un coup, à instrumentaliser notre assemblée, à empêcher le déroulement de nos travaux », a reproché l’ancienne juppéiste Marie Guévenou, désormais député LREM. « L’usage de la tribune à des fins médiatiques entretient un antiparlementarisme », a même osé Marie-Pierre Rixain, député de l’Essonne ;

Arrivée au beau milieu des débats, Aurore Bergé, la médiatique député des Yvelines — ex-fillonniste, ex-juppéiste, ex-sarkozyste et provisoirement macronienne —, s’est énervée au micro en dénonçant un « sabotage », reprochant à l’opposition d’affaiblir le parlement et de « transformer notre hémicycle en théâtre, à défaut de pouvoir en faire un tribunal populaire ». « Nous, nous sommes là, a-t-elle conclu, nous sommes au travail et nous voulons reprendre les travaux dans la sérénité », avant de… quitter l’hémicycle en vitesse sous les quolibets de l’opposition : elle était attendue par BFM TV !

Panique à bord dans le camp macroniste

En réalité, dans le camp macroniste, c’était « panique à bord ». Les réunions de crise se succédaient, les suspensions de séances étaient prolongées. Les proches du président de la République, comme Sacha Houlié, député de la Vienne, entouraient leurs collègues, plutôt sceptiques sur cette affaire, et distribuaient les éléments de langage. Il s’agissait de ne surtout pas déraper ; il fallait faire bloc.

Assistants parlementaires et députés d’opposition postaient sur les réseaux sociaux des photos des conciliabules des responsables de la majorité. On y voyait notamment, dans la cour du Palais-Bourbon, François de Rugy, le président de l’Assemblée, Richard Ferrand, le président du groupe LREM, et Yaël Braun-Pivet, la présidente de la commission des lois, en pleine discussion avec Nicole Belloubet et surtout avec Christophe Castaner, le président du parti majoritaire et ministre des relations avec le Parlement. Ça discutait, ça téléphonait…

Christophe Castaner, justement, très présent à l’Assemblée nationale ces derniers jours, cherchait à entourer les députés de la majorité, répondait à la presse, il était partout, sauf… dans l’hémicycle ! Au grand désespoir des députés d’opposition qui cherchaient à se mettre un ministre sous la dent. Cette absence dans l’hémicycle lui vaudra d’ailleurs une sévère prise de bec avec Marine Le Pen, filmée par toutes les chaînes de télévision, dans la salle des Quatre Colonnes.

L’opposition avait décidé de ne pas lâcher le morceau, et, peu à peu, elle a obtenu ce qu’elle voulait : la création d’une commission d’enquête parlementaire, plus exactement la tenue de la commission des lois siégeant en commission d’enquête. Pas assez toutefois pour les députés d’opposition, qui attendaient toujours la venue d’un ministre dans l’hémicycle. En vain. Dimanche matin, Christian Jacob, le patron des députés LR, tonnait encore : « Le gouvernement doit nous répondre. Depuis trois jours, le gouvernement est en fuite. » Un peu plus et on plaçait des vigies sur la route de Varennes !

Bref, pour le gouvernement, cela devenait intenable. Samedi 21 juillet, François de Rugy réduisait la séance de l’après-midi à 37 secondes montre en main, expliquant qu’il ne croyait « pas qu’il soit utile de consacrer une séance à enchaîner les rappels au règlement ». Dimanche matin, l’étude de la réforme constitutionnelle était suspendue. Le texte était enterré, au moins provisoirement, son examen étant finalement repoussé à la rentrée.

Comme quoi à quelque chose, malheur est bon.

Quand la France insoumise ne voulait pas en parler

Tout au long des débats, Jean-Luc Mélenchon a été particulièrement offensif sur l’affaire Benalla. Pourtant, au début, les députés de la France Insoumise ne souhaitaient pas en parler. En témoigne la remarque d’Ugo Bernalicis, député LFI du Nord, au premier rappel au règlement d’Eric Ciotti :

« Pour la bonne tenue de nos débats, il serait préférable que M. Ciotti en discute avec moi et un membre du groupe La République en marche sur un plateau de télévision, plutôt que dans cet hémicycle. »

La suite a montré qu’il a changé d’avis…

 

Textes constitutionnels français (26ème édition)
Essai sur la nature juridique de la république Constitution, institution ?
Le temps des chefs est venu – Changer le casting de la politique – Réédition avec portrait d´Emmanuel Macron

Quand Buisson réécrit « Les Manants du roi »

Lu dans Présent du 20 juillet 2018. Les manants du roi est l’un des meilleurs livres de La Varende. Par le biais de onze nouvelles, il nous raconte de façon romancée différents épisodes de l’épopée royaliste, survenus entre 1793 et 1950 (paradoxalement, le livre fut écrit en 1936 !). On rêverait, aujourd’hui, d’un livre de même facture, nous racontant « les aristocrates de l’identité », par exemple.

Patrick Buisson, lui, pour la chaine Histoire, a repris cet excellent titre, pour nous raconter purement et simplement l’histoire des guerres de Vendée, cet épisode terrible qui ravagea une région, entre 1793 et 1796, et fit 180 000 victimes chez les Vendéens. Il a donc réalisé un film, avec l’aide de Guillaume Laidet, film projeté le 28 juin dernier au Grand Rex, à Paris, puis présenté sur la chaine Histoire.

Plus que d’un film, il s’agit d’une « docufiction », une sorte de reconstitution très étudiée, très fidèle a la réalité historique, en tout cas pour tous les propos mis dans la bouche de six excellents acteurs. Les textes ont d’ailleurs été fignolés par Michel Chamard. C’est un travail très réussi, d’une rare intelligence. Quant aux acteurs, ils sont tellement bons qu’on aimerait pouvoir le leur dire de vive voix, suivre leur carrière, les voir jouer à nouveau. Une mention toute spéciale pour Stanislas de La Tousche, Alain Pochet, Jean-Pierre Leroux et Jean-Louis Cassarino, qui s ‘identifient formidablement à leurs personnages, héros ou salauds : le vieux chouan, le curé réfractaire, le révolutionnaire, le bourgeois accapareur de biens nationaux, etc. Notons que sur la scène du Grand Rex, les acteurs — tous présents, à l’exception de Delphine Depardieu, en arrêt maternité — ont rendu un chaleureux hommage à Patrick Buisson, à son érudition, et à sa façon de diriger l’équipe, pour la réalisation du film.

Il faut dire que Buisson ne découvrait pas la guerre de Vendée à travers ce projet de réalisation. Il avait publié quelques mois plus tôt, une Grande Histoire des guerres de Vendée. Et l’écriture du scenario du film en avait été facilitée d’autant.

« Sur ma mobylette, avec le guide rouge de l’abbé Billaud »

Il est d’ailleurs exact que le film nous permet de mieux comprendre cette guerre, qui fut cachée pendant près de deux siècles, ou racontée de façon orientée (rappelons-nous le « Bara, enfant soldat » de nos livres d’histoire de l’école primaire), mais qui est aussi une guerre compliquée, avec sa part de trahisons, de revirements, de disputes et d’erreurs.

Patrick Buisson, extraordinaire touche-à-tout, à la culture quasiment diabolique, tant elle est vaste, a eu l’occasion d’expliquer, dans Le Courrier de l’Ouest, comment il en était venu à s’intéresser aux guerres de Vendée : « Cette histoire me touche depuis que j’ai l’âge de 16 ans, dans les années 1960 […]. Un jour, je suis parti sur ma mobylette, avec le guide rouge de l’abbé Billaud pour voir tous les lieux de la mémoire des guerres de Vendée. »

Il se trouve que ce petit guide d’une centaine de pages, avec sa couverture toilée caractéristique, mon père me l’avait offert, et nous avons visité tous les deux, lors de vacances à La Baule, en 1968, le pays de Retz, ces mêmes lieux décrits par Buisson !

Les jeunes gens d’aujourd’hui ont plus de chances ou du moins plus de facilités qu’à l’époque. Les guerres de Vendée sont sorties du non-dit de l’histoire, grâce à Philippe de Villiers, grâce à la visite de Soljenitsyne, grâce a Reynald Secher et quelques autres, grâce aux Vendéens d’abord, qui se sont réapproprié leur histoire. Des panneaux, des itinéraires, jalonnent à présent les sites. Et pour ceux qui séjourneront cet été en Vendée, il y aura en outre la possibilité de voir le film de Buisson, projeté dans les salles de cinéma de la région. Une magnifique mise en jambes », avant le grand parcours, sur les pas des héros de l’épopée vendéenne.

Par Francis Bergeron

 

Les manants du roi – 1793-1950
Vendée, du génocide au mémoricide
Le roman de Charette

Notre politique des « hors-série »

Lu dans Présent du 19 juillet 2018. Propos recueillis par François Franc. Francis Bergeron, depuis quatre ans, le quotidien Présent publie donc épisodiquement des « hors-série ». Notre quotidien ne s’écarte-t-il pas de son rôle ? Et ne fait-il pas concurrence à certains de vos confrères ?

Il est vrai qu’un quotidien n’a pas besoin de « hors-série ». Je dirais même que l’immédiateté de l’information apportée par un quotidien et le nécessaire recul sur l’actualité que présente un dossier « hors-série » sont des approches à l’opposé l’une de l’autre.

Mais vous remarquerez pourtant que la plupart des quotidiens produit des « hors-série », voire des magazines de fin de semaine.

Il y a une double explication à ce phénomène.

D’abord un quotidien nécessite la mobilisation d’importants moyens, notamment logistiques, rédactionnels et de mise en page. Mais en phase de routine, ces moyens sont loin d’être exploités à 100%. Le « hors-série » optimise les moyens. Ensuite le modèle économique des « hors-série », pour peu que le sujet soit bien choisi, est un système rentable par essence. Et en tout état de cause, les risques financiers sont très faibles, pour le coup.

N’allez-vous pas avoir la tentation de lancer aussi un hebdomadaire, pour les mêmes raisons ? De ce fait, vous rentreriez en concurrence frontale avec plusieurs titres plus ou moins proches…

Faire un hebdomadaire en plus du quotidien, et « en temps masqué » constituerait une charge de travail autrement plus volumineuse que ces « hors-série », ce qui dépasserait nos moyens. Nous produisons déjà un supplément littéraire hebdomadaire, intégré dans le quotidien. Il comporte quatre pages en été, et huit pages le reste de l’année. Il fait donc un peu office d’hebdomadaire. D’ailleurs nous constatons que nos ventes en kiosque sont bien plus importantes le week-end, alors que ce numéro de fin de semaine du quotidien est plus cher (3 euros au lieu d’1.80 euro). Ceci prouve qu’il y a la demande. La formule idéale serait de trouver une forme de partenariat avec l’équipe d’un hebdomadaire partageant l’intégralité de nos valeurs et aussi notre style de fonctionnement et d’expression. Ce n’est pas un exercice évident. Les hommes d’entreprises savent que les rapprochements, les fusions, échouent bien souvent pour des raisons de cultures d’entreprises incompatibles. Quand on parle en outre d’entreprises où les préoccupations politiques, spirituelles et culturelles sont fortes, on imagine bien tous les obstacles qu’il faudrait parvenir à franchir. Mais pourquoi pas ? L’équipe de Présent sera toujours ouverte à toute collaboration, sous quelque forme que ce soit, avec des médias proches.

Enfin les « hors-série » ne font concurrence à personne, car il n’existe pas, actuellement, à notre connaissance, de revues à thème, dans notre famille d’idées, qui soient présentes en kiosques. Le Crapouillot avait tenté de renaître de ses cendres, il y a quelques années mais le projet a échoué, semble-t-il. Peut-être était-il trop ambitieux au niveau de la qualité du papier. du nombre de pages. Nos « hors-série » à nous sont de volume et de prix plus modestes. Ils semblent bien avoir rencontré leur public.

En juin, vous avez alerté les lecteurs sur vos difficultés financières. Les « hors-série » ne créent-ils pas une source potentielle de difficultés financières supplémentaires ?

C’est une question que nous posent en effet certains lecteurs, mais jusqu’à présent nous avons au contraire toujours gagné de l’argent sur les ventes des « hors-série », qu’il s’agisse de ceux de la période 2014-2017, ou de ceux de la nouvelle série, édités cette année.

Non seulement ils ne perdent pas d’argent, mais ils en gagnent (un peu), et c’est Présent quotidien qui bénéficie de ces recettes supplémentaires. Mais le vrai profit apporté par les « hors-série » n’est pas là. Il est dans les campagnes d’affichage qui accompagnent leur mise en kiosque, et qui, du même coup, font de la publicité pour le quotidien : des affiches sont apposées dans 650 kiosques, et favorisent la vente du quotidien, en parallèle à la vente du « hors-série ».

Enfin je précise que les articles publiés dans les « hors-série » ne sont pas rémunérés. De ce fait, les coûts sont limités à la fabrication et à la distribution du journal, ainsi qu’à l’affichage en kiosques.

La diffusion est encore modeste (moins de 10 000 exemplaires), mais suffisante pour générer un bénéfice, qui est en outre amélioré par des encarts publicitaires payants.

Y a-t-il un programme éditorial des « hors-série », une prévision de thèmes qui seront prochainement abordés ?

Oui, bien entendu. En septembre, nous prévoyons de publier un numéro sur la rentrée théâtrale. Il y a de bonnes pièces à aller voir. Il y a aussi de bons acteurs, de bonnes troupes, et même des auteurs, encore peu connus, qui mériteraient d’être découverts. Beaucoup de troupes d’amateurs ou de semi-professionnels jouent dans des pièces, et ils aimeraient avoir davantage d’occasions de se produire, de montrer ce qu’ils savent faire. Savez-vous par exemple qu’il est possible de voir jouée la pièce de Robert Brasillach, La Reine de Césarée ? Nous allons raconter ce bouillonnement artistique.

D’autres numéros sont envisagés, par exemple sur le roman policier, sur les résistances à l’islamisme, sur les différentes formes d’expression musicale politiquement incorrectes, sur la brocante et la Chine, sur l’œuvre de François Brigneau et de Jean Madiran, sur le livre pour enfants etc. Et compte tenu du succès rencontré par le « hors-série » sur la bande dessinée, il est tout-à-fait envisageable d’y revenir, plusieurs étés. C’est un très bon thème : voyez la couverture du dernier Figaro Magazine. Voyez toutes ces revues à gros tirages qui consacrent leur numéro d’été à Astérix, Blueberry ou Tintin.

Nous voudrions enfin permettre à des jeunes talents, des journalistes débutants, de faire leurs premières armes dans ces « hors-série », sous la houlette de journalistes chevronnés de l’équipe de Présent. Avis aux amateurs !

Les « hors-série » Histoire-Actu du présent ont donc de belles perspectives d’avenir. Vous allez encore en entendre parler !

 

La presse et l´argent
Présent Hors Série – Nous ne sommes pas Charlie – (Juillet/Août 2015)

 

Présent Hors Série –

Retour des Vieilles Lunes

Lu dans DESINFORMATION Hebdo– La lettre de l’Institut d’Études de la Désinformation – La seule revue de presse sur le conformisme des media n°1530 – 4 juillet 2018. Dépense-t-on trop pour les banlieues se demande Polémia ? Le nouveau plan Borloo suscite les critiques ou le scepticisme. Pour certains, on finance le multiculturalisme, pour d’autres on finance la défrancisation. Si on pense qu’à coup d’argent, on va résoudre les problèmes posés par l’immigration, très présente en banlieue mais guère plus que dans toutes les grandes villes, on se trompe. Si on pense que la crise d’identité se résoudra par des financements supplémentaires, on va dans le mur. L’identité, pas plus que l’école, n’est pas une question de moyens. Quand j’étais enfant, mon école primaire, rue Escudier à Boulogne Billancourt, était, vers 1963-66, très modeste et mal chauffée. On y travaillait pourtant très bien et on y apprenait quelque chose. « Nous sommes la première civilisation a s’être ruinée pour financer son propre anéantissement », dit Finkielkraut. Mais quel rapport avec la banlieue ? C’est l’immigration qui coute cher à la collectivité et constitue l’armée de réserve du capital. C’est l’ouverture aux flux migratoires voulue par nos gouvernants et par l’Union européenne qui consister à privatiser les bénéfices (faire baisser le coût de la main d’œuvre) et à socialiser les coûts sociaux, sociétaux, culturels et identitaires reportés sur le peuple de France, y compris les immigrés qui avaient commencé à s’intégrer et qui sont déstabilises par une immigration sans cesse renouvelée. Ce qu’il faut incriminer, c’est la politique consistant à tolérer l’entrée d’une masse de clandestins en en expulsant de temps en temps seulement une petite minorité, clandestins que l’on trouve bien souvent dans les cuisines des bons restaurants ou chez les sous-traitants de gros chantiers, et que l’État finit vite par régulariser car le capitalisme a besoin de cette main d’œuvre fragile, sans tradition syndicale, et flexible. Si on ne dit pas cela, on dénonce l’effet sans dénoncer la cause, et c’est ce que font la plupart des néo-conservateurs français. Et l’argent de la politique de la ville ? Parlons-en. La politique de la ville représente quelque 500 millions par an. C’est 1/1000e des dépenses de l’État (qui sont de 500 milliards par an). Et cela dans un pays dont le PIB est de 2.200 milliards. Et dans la durée ? Sur 23 ans, de 1989 à 2012, la politique de la ville incluant la rénovation urbaine a coûté 90 milliards. Cela fait en moyenne 3,9 milliards par an : 0,18 % du PIB. A comparer aux 140 milliards/an du budget de l’éducation nationale : 6% du PIB. Quant au précédent plan Borloo, il a surtout permis de lourdes rénovations urbaines, aubaine pour les grands groupes du bâtiment.

Un exemple

La France n’est pas exempte de dénis. II en est ainsi du génocide vendéen. La ville d’Évreux avait édifié une stèle dédiée aux victimes du génocide arménien. Une partie de la communauté turque n’a pas apprécié : elle a manifesté son mécontentement dans les rues de la ville – cent a trois cents personnes, selon les sources. Beaucoup de drapeaux turcs, quelques drapeaux français et un mot d’ordre qu’on retrouvait sur des banderoles : « Laissons l’Histoire aux historiens. » Une façon de nier le génocide des Arméniens pendant la Première Guerre mondiale. C’est le mot « génocide » qui est le plus contesté : « Nous souhaitons que ce mot soit enlevé de la stèle », aurait déclaré, selon la presse, le président de l’Association franco-turque d’Évreux, organisateur du rassemblement. Les manifestants se disent porteurs d’un message de « paix » et de « vivre ensemble » et reprochent à la municipalité de mêler la politique a l’Histoire. On peut comprendre pourquoi le pouvoir turc peine à reconnaître le génocide. Le président Erdogan estimait encore récemment que ces accusations constituaient un « chantage » et que son pays ne les « accepterait jamais » : le risque est trop grand de devoir mettre en cause certains fondateurs de la Turquie moderne, voire d’être contraint à des réparations envers les familles arméniennes spoliées. « Laissons l’Histoire aux historiens » : oui, mais à condition que ce ne soit pas un alibi pour garder dans l’oubli des crimes commis dans le passé, comme l’écrit Bld Voltaire.

 

La révolte des banlieues ou les habits nus de la République
Kiffe la France
Le génocide arménien 1915 – 2015

L’ÉTAT ET LE MONOPOLE DE LA VÉRITÉ

Lu dans Politique Magazine n°171 de juillet-août 2018. Vérité, que de mensonges et de falsifications on commet en ton nom !

Telford, Cologne, Calais, Merkel, Toubon… On pourrait facilement aligner et allonger la litanie sans fin des lieux et des gens : les lieux où rien ne se passait, les gens qui nous assuraient que rien ne se passait. Il est assez ironique que dans un XXIe siècle bien entamé, où coulent à flot le lait de l’information et le miel du commentaire, les Français fassent si peu confiance aux  hommes  politiques  et  aux médias. À la question « Avez-vous très confiance, plutôt confiance, plutôt pas confiance ou pas confiance du tout dans chacune des organisations suivantes… ? », rituellement posée par le Cevipof chaque année depuis 9 ans, la réponse est sans appel : les politiques ne recueillent que 9% de confiance (14% en 2009), les médias 24% (stable depuis trois ans). Il faut dire que médiatiques et politiques ne désarment pas non plus : année après année, les Français sont avertis sévèrement qu’ils se trompent, qu’ils voient mal[1], qu’ils pensent mal, qu’ils jugent mal, qu’ils comprennent mal, qu’ils se referment, qu’ils sont haineux, voire lépreux. On les assure que leurs sens les trompent et on tente en vain de leur faire saisir les beautés et les justesses d’un discours qui veut qu’un terroriste s’affirmant bon musulman n’ait rien à voir, précisément, avec l’islam, qu’un immigrant visiblement célibataire et sans diplôme est, pourtant, un réfugié politique d’un haut niveau de formation, bref que tout va bien et même mieux, et que si dans toute l’Europe, de l’Italie à la Suède et de l’Angleterre à la Pologne, les « populistes » emmagasinent contre l’Union Européenne victoire sur victoire, c’est, assurément, qu’ils veulent « plus d’Europe ».

Le divorce est si complet  que  la solution trouvée a le mérite de la simplicité : délégitimer, ostraciser, criminaliser quiconque ne dit pas la parole officielle. L’ambassadeur de France en Hongrie considère, dans une note interne, que le président hongrois pourrait avoir raison ? Il est renvoyé, Macron ayant pourtant déclaré : « Est-ce qu’il appartient à l’autorité de révoquer une ambassadeur parce qu’il dit ce qu’il pense ? Je ne crois pas, ou alors nous créerions un délit d’opinion dans la fonction publique » (Valeurs Actuelles). À défaut de le créer, il existe – et il existe surtout ailleurs, les contrevenants se voyant attaqués sur plusieurs fronts simultanément. Primo, la justice les poursuit, de manière absurde, Nicolas Dupont-Aignan  se  retrouvant au tribunal pour avoir parlé d’« invasion migratoire » quand le ministre Collomb, qui parle de « submersion migratoire », n’est pas inquiété. Secundo, les citoyens activistes dénoncent avec ivresse tous les déviants : chaque média a mis en place les outils pour que cette génération plaintive puisse récriminer et le CSA est submergé de signalements pour n’importe quelle sottise, y compris une déclaration de l’acteur crétin Jean­ Claude Van Damme… Tertio, enfin, les plateformes sociales (YouTube, Twitter, Facebook) s’arrogent le droit de censurer, depuis la suspension temporaire d’un individu jusqu’à la suppression du ou des comptes des organisations jugées non conformes.

Cette justice privée est sans doute légale mais il est fascinant de noter qu’elle s’exerce dans un sens précis – ce ne sont pas tous les prétendus discours de haine[2] qui sont sanctionnés -, d’une part, et qu’elle rencontre l’adhésion des pouvoirs publics, d’autre part : quand Facebook a fermé la page de Génération Identitaire, Frédéric Potier, préfet délégué interministériel à la lutte contre le racisme, l’antisémitisme et la haine anti-LGBT, s’est réjoui. L’État « ubérise » la justice, avec une quasi délégation de service public : les entreprises perçoivent l’impôt, les Gafa font taire les opposants. À défaut qu’ils soient rapidement condamnés, ils deviennent inaudibles. Ainsi veut-on faire taire TV Libertés.

La description du réel est devenue un enjeu politique. Les faits n’existent plus en tant que tels ; chaque action est grosse de tous les symboles  qu’on y attache et menace d’accoucher d’une catastrophe. Il est donc légitime, dans la pensée des prescripteurs officiels, politiques et médiatiques, de ne diffuser et distiller que ce qui n’engendre que le bon et le juste. Comme le relate l’Ojim[3], la presse française a tu obstinément les quelques crimes commis par des immigrants en Allemagne – leur conférant par là-même une dimension exemplaire qu’ils n’ont pas – pour « ne pas faire le jeu » de ceux qui « instrumentalisent » les immigrants. Il est d’ailleurs tout aussi légitime, pour ces prescripteurs, de nier le réel malgré tout diffusé[4]. La presse dominante s’est donnée comme mission de prescrire le réel et non plus de le décrire, de même que le ministre de la culture entend donner aux médias d’État le rôle de rééduquer les Français. C’est une coalition de fait, qui informe au sens fort du terme, qui forme les perceptions, qui impose une forme à la réflexion. Les mots bannis, les faits écartés, les commentaires interdits, les personnes discréditées, tous les moyens sont bons pour emporter l’adhésion d’un peuple incrédule. La coalition lui réclame impérieusement sa confiance : elle n’a droit qu’à sa défiance grandissante à proportion qu’on lui interdit de s’étonner.

Par PHILIPPE MESNARD

 

[1] BHL, sur Europe 1, le 24 juin: «//n’y a pas de crise des migrants. Le solde migratoire, comme disent les démographes ou les économistes, est nul. C’est-à-dire que la balance entre les gens qui quittent l’Europe et les gens qui y rentrent est à peu prés à zéro ». Pour une réponse argumentée à cette affirmation, voir le blog de la démographe Michèle Tribalat

[2] « Nous n’autorisons pas les discours incitant à la haine sur Facebook, parce que ces discours créent une atmosphère d’intimidation et d’exclusion, et peuvent aboutir à des violences dans le monde réel. » Déclaration de Facebook au moment de la suppression de la page de Génération Identitaire, alors même que les pages antifas ou celle de la Ligue de défense noire africaine sont toujours ouvertes.

[3] site Observatoire du journalisme

[4] « De la même manière, quand un homme comme Jacques Toubon  joue avec les chiffres et les définitions pour laisser croire que l’immigration  massive n’a pas eu lieu en France depuis 40 ans, comme on l’a vu  récemment, il s’engage dans un travail de falsification de la réalité qui  pousse le commun des mortels à croire que les autorités cherchent moins  aujourd’hui à agir sur le réel qu’à le dissimuler. » Mathieu Bock-Côté, dans  Le Figaro. Jacques Toubon avait déclaré au JDD, le 23 juin · « Partout la  peur, l’idée de submersion fausse, le solde migratoire en France est nul  sur la période des trente dernières années guident les opinions et les  choix politiques. « Pour ce qui est de la France, voir l’article du Figaro« Les  chiffres de l’immigration en France » à partir des statistiques éclairantes  de l’INSEE.

 

Le terrorisme intellectuel (Poche)
Enquête au coeur de la censure
En liberté surveillée – Réquisitoire contre un système liberticide

Syrie : on tue encore !

Lu dans Présent n°9152 du 13 juillet 2018. Deera et Idlib. Ces deux villes situées respectivement au sud et au nord de la Syrie ont été le théâtre de violents affrontements entre les forces de Bachar Al Assad et des rebelles syriens.

Au bout de sept ans de guerre, il semble­rait en effet que l’armée syrienne ait enfin repris le contrôle de la situation. Au bout de sept ans de machinations étrangères et de déferlement de violences, il semblerait qu’enfin les Syriens soient globalement redevenus maîtres de leur pays. Mais pas totalement. En effet, à Deera, berceau historique de la rébellion syrienne, les combats ont cessé le 8 juillet dernier avec la reddition des rebelles, les civils commencent à peine à revenir dans la ville martyre. Ainsi, les convois de citoyens syriens croisent ceux des rebelles qui ont obtenu d’être évacués dans le nord du pays dans la province d’Idlib qui sera à n’en pas douter le prochain théâtre d’affrontements tout aussi violents.

Dans la zone kurde, la situation est tout aussi tendue. Les Kurdes de Syrie craignent le retour des persécutions, coincés entre la Turquie et les forces d’Assad. Coincés dans leur lutte identitaire et divisés par le retour du PKK en 2012 avec l’accord du régime qui y voyait un moyen efficace pour diviser les révolutionnaires, ces derniers voient leur avenir s’assombrir après plusieurs années de lutte contre le terrorisme.

Autre point chaud : les chrétiens. Le pourcentage de chrétiens au Moyen­ Orient est passé de 20 % avant la Première Guerre mondiale à 4 %, estime le Vatican. Les responsables chrétiens de Syrie prônent une aide au retour des chrétiens réfugiés dans des pays limitrophes, à l’instar de l’archevêque grec­ catholique d’Alep, Mgr Jean-Clément Jeanbart. « Le régime est une chose, le terrain une autre », confie cet homme qui n’a jamais abandonné sa ville.

Il a lancé une campagne intitulée « Alep vous attend », finançant les retours des chrétiens grâce à des bienfaiteurs suisses. Sur 170 000 chrétiens de la ville avant la guerre (11 dénominations différentes), il en reste peut-être 60 000, calcule-t-il, jugeant que ceux partis en Occident ne reviendront pas.

Si les grands médias se sont désintéressés du conflit syrien, il faut dire que l’issue de la guerre a fait mentir l’intégralité des éditorialistes et des pseudos humanitaires ; les combats à mener pour le retour de ces populations et le maintien coûte que coûte des minorités chrétiennes sur place ne sont pas encore gagnés. Le patriarche syrien-orthodoxe Ignace Ephrem II, qui vit à Damas, juge que « l’Occident a été trop obnubilé par un changement de régime. En tant que chrétiens nous avons le sentiment d’avoir été abandonnés », alarme-t-il ; « les programmes d’aides gouvernementales internationales ne nous parviennent pas, car on nous accuse d’être des suppôts du gouvernement ».

Un comble quand on sait que la seule alternative crédible au régime de Bachar serait une dictature basée sur le fondamentalisme islamique. Toujours cette vieille lubie occidentale croyant la démocratie universelle.

Pour Elisa Bureau, auteur des Chrétientés orientales (éditions Persée), les chrétiens d’Orient sont l’un des deux poumons du christianisme, s’en amputer constituerait une perte telle que notre religion aurait du mal à s’en remettre.

Par Etienne Defaye.

 

Pourquoi ? La Syrie baasiste plutôt que l´Etat islamique…
Syrie, une guerre sans nom ! Cris et châtiments
Syrie – Pourquoi l´Occident s´est trompé

DIVERGENCES

Lu dans Politique Magazine n°171 de juillet-août 2018. L’Europe n’a plus d’âme. L’européisme macronien va l’achever.

Le sommet européen du vendredi 29 juin qui s’est achevé sur un faux accord, n’a fait que révéler encore plus les antagonismes sous-jacents qui fragilisent désormais de manière continue l’Union européenne.

Angela Merkel ne peut plus parler avec autorité en Europe ; elle ne conduit même plus son gouvernement ; elle doit passer son temps à signer des compromis, tantôt avec son ministre de l’Intérieur, le bavarois Horst Seehofer, l’ex-homme fort de la CSU, tantôt avec le SPD, l’autre parti de la prétendue grande coalition. Le vice-Chancelier SPD, Olaf Scholz, a demandé du temps pour préciser les termes d’un nouvel accord. C’est de jour en jour que les oppositions se règlent désormais en Allemagne. Andrea Nahles, la nouvelle présidente du SPD, ne veut pas avaliser des décisions qui n’auraient pas été discutées, en particulier concernant des centres fermés de transit qui seraient installés aux frontières allemandes et qui permettraient des triages : « des prisons à ciel ouvert » ! Bref, le SPD veut interférer dans l’accord CDU-CSU déjà lui-même aléatoire, puisque c’est contrainte et forcée que Merkel l’a contresigné.

INCERTITUDES ALLEMANDES

Le gouvernement de coalition ne durera peut-être pas et nul ne sait ce que sera l’Allemagne dans les semaines qui viennent et par qui elle sera gouvernée. L’équilibre du jour n’est dû paradoxalement qu’à l’AfD, chacun redoutant qu’en cas de nouvelles élections le parti nationaliste ne récolte encore davantage de voix ; la CSU bavaroise ne veut pas se voir supplanter dans son propre land et le SPD sait qu’il sera, cette fois-ci, rétamé.

Comment dans de telles circonstances Angela Merkel pourrait-elle définir une politique européenne alors que les pays de l’Est, l’Italie maintenant, lui reprochent ouvertement la série des décisions qui, depuis 2015, a ouvert l’Europe aux vagues migratoires ? Dans l’impossibilité de jouer un rôle, elle a laissé agir Emmanuel Macron qui en a profité pour ramener les choses à lui. Dans sa déclaration finale, le président français s’est félicité d’avoir réussi à imposer un accord aux 27.

« Le repli national » ne l’a pas emporté, a-t-il dit, « c’est pour moi une vraie satisfaction et une victoire. L’Europe s’est décidée même si ça prend du temps ».

Inutile de signaler qu’à la sortie du rendez-vous européen force gens persiflaient une telle autosatisfaction. Les 27 n’avaient donné leur accord que parce que précisément rien de définitif n’avait été acté dans la longue nuit de prétendues et mensongères délibérations. Chacun veillait à son intérêt, pendant que Macron faisait la mouche du coche. L’italien feignait de croire que l’Europe s’engagerait à le soulager ; les autres pensaient qu’ils pourraient renvoyer leurs migrants selon des procédures qui seraient enfin mises en œuvre. Un marché de dupes.

Donald Tusk, le président du Conseil européen, convenait qu’il ne fallait pas se leurrer : « Il est bien trop tôt pour parler d’un succès ».

VOLONTARIAT EUROPÉEN

Qu’on en juge ! « Des centres contrôlés établis dans des États membres, sur une base volontaire (!) » serviront à faire le tri des migrants, en particulier ceux qui sont secourus en Méditerranée, entre les réfugiés qui peuvent prétendre à bénéficier du droit d’asile, et les migrants dits économiques ; l’UE s’engagerait à y mettre les moyens. Évidemment chacun pense que lesdits centres seront très bien installés chez les voisins à qui il se propose très clairement d’adresser ses propres colonnes de migrants. En tout cas, ce qui est sûr, c’est qu’à l’issue du sommet aucun pays ne s’était déclaré « volontaire ». Il semble bien qu’à ce jour la situation soit la même ! Même Macron a dû l’avouer : « La France n’ouvrira pas de centres de ce type … ». Eh, oui !

L’Espagne et Malte n’ont pas l’intention non plus de donner trop de suite à des gestes d’apparente générosité. L’Aquarius et le Lifeline, ça suffit. Puisque toutes les mesures décidées au sommet, selon le communiqué final, « s’appliqueront sur la base du volontariat », la vérité toute nue est qu’à ce jour il n’y a aucun volontaire. Donc l’Italie de Salvini continuera sa même politique de refus absolu et de fermeture de ses ports.

Alors, tout le reste est littérature et constructions artificielles comme les aime Macron. Retour des refusés après triage : quand et comment ? Nul ne sait ! Les pays d’origine évidemment refuseront à leur tour, et, alors, qu’est-ce qu’on fait ? Répartition des bénéficiaires du droit d’asile selon « les principes de solidarité européenne » … Cette solidarité reste, elle-même, sans que ce soit trop spécifié, volontaire ; c’est pourquoi les pays de l’Europe de l’Est et du Nord ont souscrit sans difficulté, du moment que le mot « quotas » a disparu !

L’EUROPE DE LA TROMPERIE

Victor Orban a déclaré que « la Hongrie restera un pays hongrois et ne deviendra jamais un pays de migrants ». Rien n’est plus clair et donc rien n’est plus ambigu que la solution macronienne. Angela Merkel ne pensait, quant à elle, qu’à traiter avec ses voisins, en particulier avec le chancelier autrichien, qui assure la présidence tournante de l’UE de juillet à décembre et qui prévient qu’il renverra tout migrant dans le pays qui l’aura enregistré ! L’Allemagne a du souci à se faire. Et le Brenner sera encore un lieu d’affrontements.

Ces tristes « bidouillages » ne renforceront pas l’idée européenne. Les élections de 2019 au parlement européen s’en ressentiront. La grande vision dont notre président se flatte et sur laquelle il a misé tout son avenir, se heurte au dur mur des réalités. Il n’a guère obtenu plus de succès sur sa vaste perspective d’une zone euro qui fonctionnerait à plein régime et qui permettrait une intégration économique et financière plus complète. Les Allemands ne veulent pas être prisonniers d’un système qui les placerait en banquiers et en financiers de dernier recours. Les Néerlandais ne souhaitent pas payer davantage. Bref, personne n’y croit vraiment. Macron est encore une fois de plus le seul à se déclarer« optimiste » et à parler encore de « feuille de route franco-allemande ».

Incorrigible esprit faux. « Le pire dérèglement de l’esprit, selon Bossuet, c’est d’imaginer les choses telles qu’on voudrait qu’elles soient et non telles qu’elle sont en effet. »

Par Hilaire de Crémiers

 

La Hongrie sentinelle de l´Europe
Les migrations en Europe – Les réalités du présent. Les défis du futur
L´étrange suicide de l´Europe – Immigration, identité, islam

La fin de la biodiversité, ce n’est pas les coquelicots, c’est toujours plus de migrants

Lu dans Rivarol n°3338 du 11 juillet 2018. Le programme de défense de la diversité du Premier Ministre et de Nicolas Hulot en six chapitres et 90 actions, ressemble furieusement à un catalogue de « fake news ».

Illustration : « Zéro artificialisation net des sols », proclament-ils l’un et l’autre. Est-ce une plaisanterie lorsqu’on continue à pousser chaque année des cris de triomphe à l’annonce que la France a augmenté de 1 million d’habitants. Où va-t-on les loger ? En luttant contre l’étalement urbain, affirment-ils ! C’est-à-dire par la multiplication du logement vertical. Retour au délire des années 1960. Avec en prime la végétalisation à outrance donnant naissance à une agriculture urbaine stricte­ ment chimique et hors sol et à la transformation des immeubles en centrales électriques et thermiques.

Ajoutez-y qu’ils ont l’intention « de compenser les surfaces artificialisées en désartificialisant des surfaces équivalentes ». Artificialiser on peut comprendre, c’est bétonner et bitumer et cela représenterait 9,3 % de la surface du territoire français, pour l’essentiel des terres SAU, de bonnes Surfaces Agricoles Utiles. Entre 60 000 et 80 000 hectares par an. Mais l’inverse ? Planter des tomates ou des pommes de terre, semer du blé sur un parking de supermarché et sur l’emplacement de celui-ci ? Ils parlent de « végétaliser » les trottoirs, les toits, les parkings… Et ils sont sérieux.

« 100 % de plastique recyclé d’ici 2025 », tonne Hulot. Il y a vingt ans que les Ministres de l’Écologie nous annoncent la disparition des plastiques des supermarchés. Ils ont interdit les sachets ? Mais il n’y a jamais eu autant de produits emballés ainsi, pratiquement dans tous les rayons. L’enrobage plastique est universel.

Pour protéger l’océan, 12 plastiques – comme   les  pailles –   seront supprimés. Comme si la France était le seul pays au monde à les disséminer. Et qui empêchera les 90 millions de touristes traversant d’en laisser traîner ?

D’ici quatre ans vingt réserves animales et végétales seront agrandies ou créées, mordant souvent sur de bonnes terres de culture réduites en pâturage alors que la propagande vegan qui a pris possession des grands media incite le plus grand nombre à ne plus consommer de viande. Or l’interdiction de certains pesticides qui ne sont pas près de trouver de substituts a déjà réduit considérablement notre productivité. Il n’y a pas de demi-mesures. Ou bien on interdit la chimie dans l’agriculture et on repart à zéro après une gigantesque famine. On bien on continue sur la voie actuelle et on arrête les jérémiades. Le basculement souhaité et financé de milliers de jeunes « conventionnels » vers le bio lui aussi réduira drastiquement les productions. Les frontières béantes et l’explosion démographique et touristique en France auront dans les années à venir un impact fort sur nos importations alimentaires… Gribouille est vraiment aux affaires.

« Si on ne fait rien, prévient Hulot, au milieu du prochain siècle 40 % des espèces auront disparu ». Mais cela veut dire quoi ? Quelles sont les données sur lesquelles il se base ? Si on ne fait rien ? Mais qui fait quoi et qui fait plus que les Européens et les sales Blancs ? C’est eux qui mangent de l’éléphant et du rhinocéros blanc ?

Jamais les prévisions sur le réchauffement climatique n’ont été autant contestées par les faits. On parle de montées des eaux. Où ? On nous annonçait la submersion d’îles du Pacifique ? Lesquelles puisque celles qui avaient été désignées, comme Tuvalu, Kiribati ou la Micronésie ne sont pas en train de sombrer mais voient leur surface croître. Les glaces de l’Arctique, selon l’Institut Wegener de Brême sont plus étendues que ces dernières années. Et surtout faut-il rappeler qu’il y a dix ans les climatistes annonçaient l’ouverture du pas­ sage du Nord Ouest pour l’été 2018. En Antarctique les températures en ce début juillet sont largement plus basses qu’habituellement.

Toujours plus de migrants aux caisses

Quant à celles de la troposphère elles sont nettement inférieures à celles relevées depuis 2002.

Vous parlera-t-on encore de l’Afrique  du Sud couverte de neige comme elle ne l’a jamais été en cette saison de mémoire humaine. Les Rocky Mountains américaines qui ont connu leur hiver le plus neigeux de ces trente dernières années. Records de neige également en Suède du Nord. Les autorités en ce début d’été ne savent pas comment s’en débarrasser… alors qu’elle ne semble pas décidée à fondre… Encore deux tankers bloqués par la glace dans la mer de Barends. Quatre brise-glace dont deux géants à propulsion nucléaire bataillent furieusement pour les dégager. Mais ils ne l’étaient toujours pas début juillet. Etc.

Alors écoutez les menaces brandies par Hu­lot en mars devant l’Assemblée Nationale : « [Ce constat] ne provoque pas de la peine ni de la colère mais de la Junte de savoir que derrière la sixième extinction de la biodiversité, le responsable c’est nous. Plus on réduit la biodiversité, plus on réduit nos options pour faire face à l’avenir. Il y a des tragédies in­ visibles et silencieuses dont on s’accommode tous les jours. […] Sincèrement tout le monde à l’exception de quelques-uns, s’en fiche ».

Sauf que la biodiversité, dans tous les domaines, est la première victime de la prolifération des espèces. Qu’il s’agisse des végétaux, des animaux ou des humains. Plus il y aura en France de consommateurs, moins il y aura de producteurs et plus l’agriculture, pour nourrir ces tubes digestifs, devra être chimico-industrielle, de masse et poussera à l’hybridation. Il est donc étrange comme les plus bruyants défenseurs de cette biodiversité en sont les principaux responsables qui réclament toujours plus de métissage, d’immigrés et de hordes aux caisses.

Par Petrus AGRICOLA.

 

L´empire écologique ou la subversion de l´écologie par le mondialisme
L´agriculture assassinée (3ème édition)
France, le moment politique – Manifeste écologique et social

 

Amendements : les députés hors sujet

Lu dans Minute n°2880 du 11 juillet 2018. Lui, au moins, il assume. Sur Twitter, Jacques Marilossian, petit-­fils d’immigrés arméniens et député macroniste des Hauts-de­-Seine, revendique en ces termes la paternité d’un amendement à la réforme constitutionnelle : « La révision de la Constitution est une occasion rare de défendre une cause qui nous est chère : celle de l’incrimination de la négation des crimes de génocide et des crimes contre l’humanité, en particulier le génocide arménien. »

Défendre la mémoire de ses aïeux est, sans aucun doute, une noble cause, même si nous avons à redire sur le moyen proposé, mais, de toute façon, ce n’est pas le sujet du jour. Malheureuse­ment, Jacques Marilossian est loin d’être le seul député à avoir profité de l’occasion pour défendre une cause qui lui est chère et qui n’a rien à voir avec le schmilblick. Ce sont 1384 amendements qui ont ainsi été étudiés par la commission des lois. De même, en séance publique, ce seront au moins 550 nouveaux amendements qui seront discutés !

Les champions sont, incontestablement, les turbulents députés de la France insoumise. Les mélenchonistes ont cosigné de nombreux amendements plus destinés à faire parler d’eux et de leurs brillantes idées qu’à réformer réellement la Constitution de la Ve.

 Ainsi veulent-ils inscrire le droit à l’avortement et l’euthanasie – rebaptisée classiquement « droit à mourir dans la dignité » – dans le préambule de la Constitution, ou graver dans le marbre que « les personnes de nationalité française peuvent modifier gratuitement leur état civil, sur leur simple demande ou celle de leurs représentants légaux, dès lors qu’elles estiment qu’il ne correspond pas ou plus à leur genre ».

Toujours en première ligne quand il s’agit de laïcisme, les mêmes souhaitent étendre l’application de la loi de séparation de l’Église et de l’État outre-mer et en Alsace-Moselle. En séance, Alexis Corbière défendra un amendement interdisant au président de la République de « recevoir, ni accepter, aucun titre ou distinction d’une quelconque autorité religieuse », visant ainsi le titre de chanoine du Latran reçu récemment par Emmanuel Macron.

Droit de vote des étrangers, vote à partir de 16 ans, parité dans le gouvernement, etc. : les exemples des lubies habituelles de la gauche avancées dans ce cadre sont nombreuses. Mais, à droite, on ne fait pas mieux. Ainsi une poignée de députés LR menés par l’élu des Bouches-du-Rhône Éric Diard ont-ils signé un amendement pour que soit inscrit dans la Constitution que « la République reconnaît le préjudice subi par les victimes des attentats et violences commis par l’indépendance (sic) de l’Algérie aux citoyens et à leurs ayants droit demeurés de nationalité française après les accords d’Évian ». L’intention est bonne, mais franchement, on ne voit pas ce que ça viendrait faire dans la Constitution !

Par Lionel Humbert

 

Le génocide arménien 1915 – 2015
Euthanasie, stade suprême du capitalisme
Castelnau

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