31 mai 2017

Le testament politique de Marion Maréchal-Le Pen dans Valeurs actuelles

Par Lectures Francaises

Marion Maréchal-Le Pen livre ses analyses et ses prédictions lors d’un entretien sous forme de testament politique accordé à Valeurs Actuelles

Lu pour vous dans Rivarol

Comme on le sait, Marion Maréchal-Le Pen quitte la politique. Du moins provisoirement. Dans une sorte de testament politique paru dans Valeurs Actuelles, l’hebdomadaire de l’aile droite des Républicains, elle exprime des idées qui méritent d’être lues, qu’on les partage ou non. Exemples : « Je pense que la stratégie victorieuse réside dans l’alliance de la bourgeoisie conservatrice et des classes populaires. Je crois que la droite traditionnelle et les classes populaires ont un souci commun, c’est celui de leur identité. Pas l’identité comme un folklore artificiel ou comme un musée qu’on dépoussière, mais comme un ciment social. L’identité, c’est ce qui nous donne le sentiment d’être un peuple, en dépit de lieux de vie différents, de modes de vie différents. » Elle, qui se reconnaît explicitement dans « la droite Buisson » déclare : « J’ai été très marquée, récemment, par son livre la Cause du peuple, dans lequel j’ai vu, exposés de manière claire, les fondements de cette droite nationale, identitaire, sociale, qui est la mienne. »

VISION CONSERVATRICE, IDENTITAIRE ET LIBÉRALE

Elle ajoute : « La question identitaire permet de transcender les clivages. Elle comporte une dimension abstraite, c’est vrai, avec des symboles, la Marseillaise, la devise, notre patrimoine républicain, et une dimension charnelle, notre terre, notre terroir, notre gastronomie, la pierre locale avec laquelle on construit sa maison. (NDLR : curieusement elle ne parle pas du christianisme qui est l’un des principaux fondements de la nation française) Ces deux dimensions sont complémentaires. Pour parler de stratégie, le souci commun de l’électorat de la droite conservatrice et de la France périphérique, qui n’ont pas le même rapport à la mondialisation, c’est le souci de la transmission de leur patrimoine matériel et immatériel. Si on s’attache à la transmission et à la vivification de la France, nation littéraire, nation philosophique, nation historique, à partir de là, on peut défendre ce ciment social et sauver le pays des fractures qui l’attendent. » « À partir de ce constat, on peut imaginer des passerelles pour les rassembler et apporter des réponses en commun. »

UNION DES DROITES

Marion Maréchal se définit comme “conservatrice”, car, dit-elle, elle « défend la conservation de ce qui est beau et juste dans notre histoire. Je souhaite conserver les leçons de nos expériences passées ainsi qu’une certaine vision de l’homme, de sa dignité, du refus de sa marchandisation, d’ailleurs partagée par une majorité de Français. Voilà pourquoi je parle de passerelles ». « Quand une partie de la France conservatrice défend le mariage et la filiation, elle défend aussi une partie de l’identité française avec une certaine idée des rapports humains basée sur le bien commun et l’intérêt du plus faible plutôt que sur la jouissance et l’envie de l’individu dans une liberté sans limite. C’est donc un combat identitaire, qui peut rejoindre le combat identitaire des classes populaires plus axé sur les questions liées à l’immigration et au multiculturalisme. Bien sûr, il peut y avoir des divergences économiques, mais les moteurs de vote sont essentiellement spirituel, culturel et identitaire : les masses ne bougent pas autour de l’économie. Ce qui relie ces deux électorats, c’est donc le conservatisme. Il peut s’agir de conservation de l’identité, d’un mode de vie, mais aussi du patrimoine, des entreprises, d’un modèle économique à défendre en régulant la mondialisation. »

UN GRAND RETOUR POLITIQUE DANS UNE DÉCENNIE ?

Croit-elle à la persistance du clivage droite-gauche ? Elle répond par cette phrase de l’historien contemporain Ghislain de Diesbach, ancien vice-président des Amis de Rivarol : «Il existe en France actuellement deux grands partis de gauche, dont l’un s’appelle la droite.» Elle prône une recomposition de la droite, mais certainement pas avec « cette droite des Républicains, qui est une droite reniée ». Et Marion Maréchal-Le Pen de pronostiquer : « Dans les dix ans qui viennent, les cartes seront totalement rebattues »… Avec et grâce à elle ? L’Histoire nous le dira. Un entretien très intéressant à lire dans Valeurs Actuelles et sur divers sites.
On me pardonnera, je l’espère, mon mauvais esprit. Je ne doute pas un seul instant de sa sincérité et de son adhésion à ses propos. Mais est-ce vraiment elle, qui a certes des qualités indéniables, mais pas cependant une exceptionnelle culture, que laisse pourtant supposer l’interview, qui a répondu aux questions ? Il faut savoir que ce type d’interview n’est pas oral mais écrit. Le très souple et très éclectique Patrick Buisson lui aurait-il donné un coup de main après avoir aidé le frère trois points Jean-Luc Mélenchon dans sa campagne présidentielle ?

Robert SPIELER.

Rivarol n°3284 du 25 mai 2017

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