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Lactalis : voleurs des paysans !

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Lactalis : voleurs des paysans !

Chez Lactalis, ce sont des requins égoïstes et rapaces du grand commerce ! Notre agriculture est quasiment morte, le risque de paupérisation générale augmente, et pendant ce temps, des fondus capitalo-communistes, bavent devant la toute puissance de l’idéologie matérialiste. Bravo à nos chers agriculteurs, qui n’ont d’ailleurs pas le choix, mais qui prennent des risques car, LACTALIS, c’est la communication à la mode mafia-sicilienne : omerta et coups dans le dos ! Nous vivons dans un monde où la transaction est plus importante que la production. C’est le clash assuré. Allez lire l’accueil du site de Lactalis : sur le plan de l’anti-communication et de la langue de bois, c’est du haut de gamme !

Lu dans Présent :

Occupation du siège de Lactalis

Afficher l'image d'origineLEADER MONDIAL du lait, Lactalis est la « laiterie » fran­çaise qui visse le plus le prix de la tonne de lait. Ses fournisseurs ont vu une baisse d’un tiers de leur factu­ration en deux ans, une baisse suffi­sante pour supprimer toute marge et donc toute rémunération pour les producteurs et leur famille. Le tout « justifié » par la suppression des quo­tas laitiers européens et l’alignement « libéral » des prix sur le moins-disant.

Guerre des prix et culture du silence

Afficher l'image d'origineLactalis n’en est pas à son premier bras de fer avec les éleveurs de vaches laitières. Le groupe s’est construit sur sa capacité à « maîtriser ses achats », comprendre : faire baisser sans cesse les prix pour dégager la marge néces­saire à son développement. Une stra­tégie qui paie, puisque le groupe a — notamment grâce à une croissance externe agressive — fait passer son chiffre d’affaires de 5 milliards d’euros en 2004 à près de 15 milliards en 2010. Au détriment des agricul­teurs français… Ce qui n’inquiète probablement pas les dirigeants du groupe. Si les marques de Lactalis (Président, Lou Pérac, Salakis, Bridélice, Lanquetot, Rondelé…) réali­sent une grande partie de leur chiffre d’affaires auprès des consommateurs français, le groupe saura facilement se tourner vers les pays européens à bas coûts pour prendre le relais de la disparition de notre élevage laitier.

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Le PDG de LACTALIS, Emmanuel Besnier

Lactalis cultive depuis toujours une grande culture de la discrétion, du secret même. Ainsi ses dirigeants et notamment son PDG, Emmanuel Besnier, s’abstiennent de toute rela­tion avec les médias. Les données fi­nancières concernant la rentabilité de l’entreprise ne sont par ailleurs ja­mais communiquées. Une culture de l’opacité qui n’est pas sans soupçon puisque l’entreprise a été condamnée en mars 2015 pour entente illicite dans le cadre du « Cartel du yaourt ». Lactalis est aussi un très gros an­nonceur pour la télévision et dis­pose ainsi d’un excellent moyen de maîtriser son image. En 2008, le reportage « Ces fromages qu’on assas­sine » diffusé sur France 3 et pré­senté par Périco Légasse avait subi de nombreuses coupures, certains propos s’attaquant à l’industrialisa­tion des fromages traditionnels de notre pays et au lobbying intense des géants du lait pour capter 100 % du marché et étouffer les petits produc­teurs.

Afficher l'image d'origineIl faut un sacré courage aux éle­veurs de l’Ouest pour venir affronter leur principal acheteur. Pré­cisons d’emblée que Lactalis a l’habitude d’envoyer des courriers menaçants aux agriculteurs qu’ils ont identifiés dans des actions « pouvant nuire à l’image du groupe », en fai­sant valoir une possible rupture de leur partenariat commercial. Expé­rience vécue par Ghislain de Viron, éleveur installé dans la Sarthe mais surtout membre du bureau de la FDSEA du département, à la suite d’actions « coup de poing » dans les supermarchés. De quoi faire réflé­chir…

Mettre à mal l’image de Lactalis

008avc9aCe nouveau blocage du siège social du groupe a pourtant été annoncé il y a une semaine par le président de la FDSEA de la Mayenne, Philippe Jehan, en accord avec l’en­semble des éleveurs du Grand Ouest. En début de matinée, c’est une grosse cinquantaine d’éleveurs que nous retrouvons sur place, au­tour des thermos de café, abrités des éventuelles intempéries par de grands chapiteaux. « Les éleveurs du Maine-et-Loire sont présents depuis quelques minutes, la Bretagne arri­vera demain, les Normands sui­vront et des collègues du Nord nous ont même demandé de rejoindre le mouvement » m’explique, souriant, l’un des coordinateurs. Pas d’action coup de poing cette fois-ci, « elles ne servent plus à rien ».

Ce dont se félicitent les organisa­teurs ? « La présence de très nom­breux médias, radios et télévisions », car l’objectif n’est plus de paralyser la production du groupe mais de « toucher l’image de Lactalis pour contraindre le groupe à de vraies né­gociations ». Objectif réussi après deux jours de mobilisation, puisque Lactalis fait les gros titres de l’en­semble des rédactions.

Des éleveurs révoltés ou effondrés

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Quand on vous dit que le réveil est dur…

L’ambiance sur place est très cha­leureuse. Les éleveurs savent se serrer les coudes et l’on sent, mêlée à la dé­termination, la joie de retrouver des confrères des cantons et départe­ments voisins. Malgré les circons­tances dramatiques qui provoquent cette drôle de réunion… Jérôme, ins­tallé depuis 24 ans à son compte, est venu du sud de la Mayenne. Lui qui n’avait jamais été « militant » a parti­cipé à toutes les actions locales depuis près d’un an. « Impossible de mourir sans rien dire ni rien faire », glisse-t-il comme une évidence. Aujourd’hui, Lactalis lui paie 256 euros la tonne de lait, contre 278 euros pour la moyenne du marché français. Ce même marché était à 349 euros en août 2014, 306 euros en 2015. Com­ment les éleveurs français ne seraient-ils pas condamnés à la misère ? « Je ne survis que parce que mon outil de pro­duction est largement amorti. Les jeunes ne peuvent plus y croire au­jourd’hui. Les nouvelles installations ont été divisées par deux l’an der­nier ! » Pour autant, Jérôme ne veut pas baisser les bras ni renoncer, comme tant de ces héros ordinaires qui ne veulent pas abandonner un métier qu’ils aiment tant. « Nous espé­rons envers et contre tout que la situa­tion s’améliore dans quelques mois », clôt-il notre échange avant une solide poignée de main. Pas certain que les Xavier Beulin, Stéphane Le Foll et Emmanuel Besnier souhaitent et même puissent récompenser un tel es­poir. Jérôme sera en tout cas ici, face au siège de Lactalis, le temps qu’il fau­dra, et il ne sera pas seul.

Pierre Saint-Servant

pierre-saint-servant@present.fr

Présent, jeudi 25 août 2016, n°8678

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