28 mai 2016

Orthodoxe ? Non, hétérodoxe

Par Lectures Francaises

« Orthodoxe » vient du grec όρθός orthós (droit) et δόξα dóxa (opinion). Certes, c’est toujours mieux qu’une mosquée. Mais c’est surtout un investissement autorisé aux « orthodoxes » (rappelons qu’ils sont schismatiques depuis près de 1000 ans) quand d’autres financements sont refusés pour la Foi catholique. La France a le devoir plus que jamais vital de la promouvoir et de protéger l’Église Catholique, par laquelle la seule vraie Foi passe. Nul n’est prophète en son pays. Pendant ce temps, Poutine avance tranquillement en France. Un geste diplomatique ? Oui, certainement. Mais aussi stratégique car les communautés et investisseurs russes, peut-être minoritaires, n’en sont pas moins le plus souvent porteuses de Mafias telle que les Vori z Vakone, (Вор в законе) dirigées par les équivalences Géorgiennes des « Bratva », confréries russes qui maquillent leurs opérations illégales derrière des transactions officielles et « propres ». La soi-disant église orthodoxe n’en est pas exempte. Il suffit de savoir que Cyrille, seixième patriarche de Moscou, est un « ancien » du KGB, et qu’il collabore avec l’état russe corrompu pour lutter contre la corruption du pays ! Lisez Hervé Ryssen, vous comprendrez. Ceci dit, le jour où il seront convertis, tout le monde aura la joie de compter les basiliques orientales au nombre du florilège catholique. Quant aux mosquées ? L’Église n’a t’elle pas toujours christianisé l’existant ? Question de goût…

Lu pour vous ce matin dans « CLCR » (Centre de Langue et Culture Russe).

La cathédrale russe de Paris

La Sainte-Trinité, une architecture très orthodoxe.

news_image_78_thumbnail_frÀ sept mois de l’inauguration de l’édifice, le 19 mars, le premier des cinq bulbes de la Sainte-Trinité a été posé, en grande pompe, au pied du pont de l’Alma. Sur les bords de la Seine, l’Église orthodoxe ne fait pas de remous.

Le 19 mars, à 10 heures, dans la brume glaciale, les invités, triés sur le volet et massés sur la terrasse de fortune au sommet des Algeco, attendent que la grue de 350 tonnes se mette en mouvement. En bas, la foule, rassemblée au début de l’avenue Rapp fermée à la circulation et gardée par un service d’ordre, attend le début du spectacle. «C’est comme le soleil qui se lève sur Paris», lance un homme qui ne quitte pas son iPhone pour filmer l’énorme dôme qui progresse dans le ciel, la tour Eiffel en fond d’écran.

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Ils sont convaincus que je veux consacrer la Mère Russie à la Vierge. Laisse mariner va… On a d’autres chats à fouetter avec Sam pour le moment.

Une poignée d’officiels assistent à la manœuvre. Côté français, le secrétaire d’État chargé des Relations avec le Parlement, Jean-Marie Le Guen. Frédéric Mitterrand, ex-ministre de la Culture, qui avait surnommé ironiquement l’église «Saint-Vladimir», allusion aux pressions politiques de Poutine, se fait discret. Côté russe, l’ambassadeur Alexandre Orlov et l’évêque Nestor, futur maître des lieux, imposant dans sa longue robe noire. La présence des Russes a son importance. Pour mener à bien le projet qui remonte à l’époque de Nicolas Sarkozy, le Kremlin n’a pas hésité à dépenser 170 millions d’euros pour construire sur les 8400 mètres carrés occupés par Météo-France ce centre spirituel et culturel orthodoxe qui abrite, outre l’église, une école bilingue, une maison paroissiale.

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Amitiés Kremlinoises, on se croirait dans « Les Barbouzes »…

Il aura fallu quinze bonnes minutes pour que le bulbe de 12 mètres de haut, 11 de diamètre, et 8 tonnes au lieu de 42 s’il avait été fabriqué dans un matériau traditionnel, s’ajuste au millimètre près sur sa structure en béton, à 37 mètres du sol, hauteur maximale autorisée par les règles d’urbanisme. Dans les cathédrales orthodoxes, les dômes sont à «facettes», en raison de l’assemblage de centaines de feuilles de cuivre recouvertes ensuite d’or sur une charpente en bois. Là, l’innovation technique qui a demandé deux ans d’étude est d’avoir rendu ce dôme, constitué de 8 pétales inférieurs, 4 supérieurs et un cône terminal, totalement lisse. Pour cela, des moules ont été créés par Multiplast, entreprise basée à Vannes, qui a fabriqué les grands multicoques pour la Route du rhum ou la Coupe de l’America ainsi que l’avion Solar Impulse, qui vient de réaliser son tour du monde avec l’énergie solaire.

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«À l’origine, l’architecte Jean-Michel Wilmotte voulait un bulbe très épuré et très lisse, explique Étienne Dumas, directeur des travaux de Bouygues île-de-France. On s’est rapproché d’un des leaders de la construction navale qui est un spécialiste des matériaux composites. On a fait des prototypes et des tests pour un peu plus d’an de construction. Il y a très peu de joints pour l’application de ces pétales recouverts de 90.000 feuilles d’or après assemblage. On a acheminé les dômes par convois exceptionnels pendant deux nuits pour un dernier ajustement sur place.»

D’une couleur champagne mat appelée « Moon gold » par son alliage d’or et de platine, pas brillante comme le dôme des Invalides pour ne pas choquer les habitants de la capitale, ce bulbe, qui sera entouré de quatre autres, est la plus belle réussite de l’architecte. « L’émotion est surtout de voir que le dessin s’est transformé en volume et que le rêve est devenu réalité, commente Jean-Michel Wilmotte. Ce projet est devenu vivant grâce à une technologie de notre époque. C’est un signal fort pour la ville en bordure de Seine. Paris est une ville européenne, une terre d’accueil, un symbole d’une France généreuse. »

Quand Wilmotte, finaliste des dix architectes sélectionnés sur les 444, a gagné ce projet délicat, tout s’est passé très vite: permis en quatre mois, aucun recours, construction en deux ans avec une pose complexe de la pierre Massangis de Bourgogne sur des arêtes en inox boulonné créant d’inattendus plissements. « Quand on fait de la qualité, avec le respect des traditions, on ne peut pas être critiqué », insiste l’architecte. Pour ne pas faire de vague, l’ensemble d’une hauteur raisonnable, parcouru par un jardin, entend s’intégrer dans le tissu urbain et offrir de belles échappées visuelles sur la ville en n’utilisant que la moitié de l’emprise au sol. « L’accouchement a été difficile mais Jean-Michel Wilmotte a fait évoluer ce projet, pour le faire correspondre au code génétique de Paris, ajoute M. Missika, adjoint à la maire de Paris en charge de l’urbanisme, Mais il n’est pas révolutionnaire »

En bas, dans la rue, les avis sont unanimes autour de l’équipe de Multiplast venue fêter l’événement avec des bourriches d’huîtres et du vin blanc. « Ça, c’est une mise à l’eau», s’exclame Yan Penfornis, directeur général associé de Multiplast, qui a pris le bus à 3 heures du matin et est reparti l’après-midi même. Le voisinage ne trouve pas grand-chose à redire car il préfère voir «des coupoles que des minarets… ». Certains ont la nostalgie du premier projet de canopée en verre plus spectaculaire et audacieuse que l’ancien maire de Paris, Bertrand Delane avait réfuté. D’autres n’aiment pas le côté du centre culturel trop imposant. Mais globalement, tout le monde trouve cela magnifique. « Le chantier a été mené sans bruit et sans nuisance, insiste une voisine, et c’est un plus pour notre quartier qui va s’animer de Russes. » À deux pas, rue Cognac-Jay, un hôtel a été construit pour les accueillir et le patron du Café de l’Alma, Jacques, particulièrement bien placé, compte traduire sa carte en russe.

« C’est un très grand jour pour tous les amis de la Russie à Paris récompensés de neuf ans d’efforts », insiste l’ambassadeur de Russie à Paris, M. Orlov, qui approuve cette solution architecturale de sagesse.

Celle-ci reprend la forme de la cathédrale de l’Assomption au Kremlin mais en lui insufflant un esprit du XXIe qui s’harmonise parfaitement avec le paysage de Paris. L’évêque Nestor salue lui aussi cet « édifice de consensus, lieu de communion qui servira de modèle aux 200 projets d’églises en cours de construction à Moscou ». A midi, ce dernier a présidé aux cérémonies de bénédiction des cinq croix. La plus grande fut posée vers 13 heures au sommet du bulbe sur fond de chant russe. Venue avec sa petite fille, Natalia Vodianova, divine mannequin russe et compagne d’Antoine Arnault, a versé une larme.

Béatrice de Rochebouêt « Le Figaro » – 21 mars 2016

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