Lectures Françaises : La revue de la Politique Française

Henry Coston et Lectures Françaises

Fondée en 1957 par Henri Coston

En 2017 nous célébrerons les 50 ans de Lectures Françaises, fondée en 1957 par Henry Coston qui l’a ensuite transmise en 1977 à Jean Auguy, alors directeur de la Diffussion de la Pensée Française. Une telle pérennité.

Une revue « Politiquement incorrecte »

Pour utiliser la terminologie à la mode, Lectures Françaises est une publication « politiquement incorrecte ». Depuis 50 ans, elle s’oppose aux puissants, elle s’attaque aux méchants, elle dénonce les abus. Depuis 50 ans, elle démasque les tireurs de ficelles qui, dans les coulisses, agissent efficacement pour duper les gogos. Depuis 50 ans, elle n’a cessé de déceler l’imposture des politiciens qui oublient dès le lendemain de leur élection les mirobolantes promesses qu’ils ont pu faire pendant leurs campagnes.

Les plus de 700 numéros de Lectures Françaises sont une mine de documentation, d’informations et de précisions exceptionnelles. Leur consultation permet de suivre pas à pas les étapes de la « dégradation profonde d’un pays plus que jamais livré à la haute finance, aux gros argent, aux technocrates et aux loges maçonniques ».

Portrait de Henry Coston, fondateur de Lectures Françaises, la revue de la politique françaiseHenry Coston et Lectures Françaises

La première équipe de rédacteurs

C’est en mars 1957 que parut le N° 1 de la revue Lectures Françaises, qui a rejoint aujourd’hui le groupe de Chiré. Henry Coston en est le fondateur. A l’origine, la revue était rédigée par une équipe composée principalement de Pierre-Antoine Cousteau, ancien rédacteur en chef de Je suis partout et de Paris-Soir, l’un des premiers rédacteurs de Rivarol et du Charivari (de Noël Jacquemart) ; Michel de Mauny qui fut le collaborateur de la Société Générale de Presse et du groupe Paul Dehême ; Pierre Fontaine, l’auteur de La Guerre Secrète du Pétrole et de plusieurs autres livres sur « l’or noir » ; et, naturellement, de Henry Coston, de temps en temps: Jacques Ploncard d’Assac, Georges Ollivier, Pierre Hofstetter et même un tout jeune homme, un débutant, qui signait alors Cédric de Gentissard et que l’on connaît aujourd’hui sous son patronyme: Alain de Benoist.

Lectures Françaises : l’avis d’Alcibiade

Lectures Françaises ne ressemble à aucune autre. Dans son remarquable ouvrage sur La Presse d’Opinion, Alcibiade la présente ainsi :
«…Parmi les revues non conformistes, la plus originale, la plus intéressante, est – assez curieusement – celle qui se présente sous le plus petit volume: Lectures Françaises, que dirige Henry Coston et dont P.-A. Cousteau  rédige l’éditorial. C’est, selon le mot d’un des familiers de la maison, « une revue déshydratée » qui donne avec une subtile concision énormément de nouvelles, qu’on ne trouve guère dans les feuilles opulentes et dont chacune mériterait de longs développements. »

1958 – Une année charnière pour Lectures Françaises

« Lectures Françaises» faillit capoter en 1958 : au retour du général De Gaulle au pouvoir, la revue fut une des très rares publications de tendance nationale qui prirent fermement parti contre lui.

Déjà, en juillet 1957, prévoyant son retour, elle avait annoncé que le premier soin de l’ « Homme du 18 juin » au gouvernement serait de larguer l’Afrique française et de se rapprocher des Soviets. C’est, effectivement, ce qu’il allait faire, mais naturellement personne ne la crut (pas plus que ne l’ont crue les nationaux lorsqu’elle annonça, trois mois avant les dernières élections, que la gauche ne gagnerait pas).

Le mécontentement des lecteurs fut tel, en 1958/1959, que la revue perdit 30 % de ses abonnés et qu’elle fut largement déficitaire. Il fallut à Henry Coston beaucoup d’opiniâtreté et de travail pour « tenir le coup» et redresser la barre.

Lectures Françaises aujourd’hui

Aujourd’hui, les très non-conformistes Lectures Françaises occupent une place importante dans la presse. Elle est probablement la plus pillée, bien que la moins citée, des publications politiques de notre époque ; pourtant ses informations sur les agissements des politiciens et de ceux qui les manœuvrent sont stupéfiantes.

Après Henry Coston et Jean Auguy, le directeur de la publication est François-Xavier d’Hautefeuille, également directeur des éditions de Chiré.

Lectures Françaises est devenue la revue de documentation que suivent tous ceux qui, quelles que soient leurs convictions, veulent connaître les dessous de la politique et les coulisses de la presse.

Une revue n’est vivante que si elle mécontente chaque fois un bon cinquième de ses abonnés. La justice consiste seulement à ce que ce ne soient pas toujours les mêmes qui soient dans le cinquième. Autrement, je veux dire quand on s’applique à ne mécontenter personne, on tombe dans le système de ces énormes revues qui perdent des millions, ou en gagnent, pour ne rien dire, où plutôt à ne rien dire.

Charles Péguy (in Oeuvre en prose, Ed. la Pléiade, tome 2, pp. 1136-1137)