» La Croix et le Croissant « : le jeu de dupes du pseudo dialogue interreligieux

Lu dans Reconquête n°349 de Juin 2018. L’essayiste Jean-Philippe Vincent a publié le 20 mai 2018 dans la page Débats du Figaro un article intitulé « La concurrence entre religions : quelles conséquences ? ». Nous en extrayons cette réflexion bien frappée : « Quant au catholicisme, il est si engagé dans un dialogue interreligieux qu’il fait tout son possible pour ne pas convertir de musulmans. Et il y réussit ». Elle ne va hélas pas à l’encontre de la réalité. Monseigneur Teyssier, l’ancien archevêque d’Alger, ne se targuait-il pas il y a quelques années, au moment de prendre sa retraite, de n’avoir jamais cherché à convertir de musulmans, ni en avoir baptisé un seul au long de ses quarante ans, on ne dira pas de « mission » mais plutôt de « représentation ».
Nous nous souvenons de l’expression, un jour, à l’Institut catholique de Toulouse, de son emportement contre les évangéliques qui, en Algérie, par leurs actions visant à convertir des musulmans au christianisme, se rendaient selon lui dangereusement coupables d’entraver les bonnes relations avec les gouvernements algériens.

La répression en Algérie

En ce mois de mai 2018, on apprenait d’ailleurs, sur ce point, des informations sur l’état actuel de la liberté religieuse en Algérie : à peu près nulle et même en diminution sans que l’Église catholique ne semble s’en émouvoir. Les faits sont parlants. Le gouvernement algérien recense 68 500 chrétiens dans le pays, soit 0,2 % d’une population de 40 millions d’habitants. Les catholiques et les orthodoxes, essentiellement des expatriés, y sont respectivement 6 000 et 1 300. Le reste, soit 61 200, est le chiffre des évangéliques, pour l’essentiel des autochtones convertis. C’est beaucoup trop pour le gouvernement algérien, qui hurlerait pourtant si on n’avait pas accepté en France les 100 imams qu’il a envoyés en renfort de prédication pour le ramadan. Aussi des directives ont-elles été données pour renforcer de fait la législation de répression qui condamne lourdement tout acte visant à la conversion d’un musulman à une autre religion. L’article 11 d’une ordonnance signée en 2006 par Bouteflika stipule en effet ceci : « Sans préjudice des peines plus graves, est puni d’un emprisonnement de deux ans à cinq ans et d’une amende de 500 000 Dinars Algériens à 1 000 000 Dinars Algériens quiconque : 1 – incite, contraint ou utilise des moyens de séduction tendant à convertir un musulman à une autre religion, ou en utilisant à cette fin des établissements d’enseignement, d’éducation, de santé, à caractère social ou culturel ou institutions de formation, ou tout autre établissement, ou tout moyen financier, 2 – fabrique, entrepose, ou distribue des documents imprimés ou métrages audiovisuels ou par tout autre support ou moyen qui visent à ébranler la foi d’un musulman. » Or, pour le seul fait d’avoir transporté trois bibles dans sa voiture, un habitant de Tiaret, un courageux chrétien évangélique, a été condamné à une amende énorme pour lui de 100 000 dinars (5 fois le salaire mensuel de base en ce pays).
On peut ainsi mesurer la dérision de l’article 3 du même texte précisant que « les associations religieuses des cultes autres que musulman bénéficient de la protection de l’État ». Cela sans la moindre réaction de solidarité chrétienne œcuménique.
Ainsi, pas plus qu’il n’a réagi à la fermeture d’une librairie dans sa ville, appartenant à un chrétien protestant, l’évêque d’Oran, monseigneur Jean-Paul Vesco, n’a pipé mot de cette condamnation.

Les Catholiques se taisent

Commentaire de Mustapha Krim, héroïque pasteur évangélique à Bejaïa : « Quand on demande aux catholiques de prendre position et de nous soutenir, ils se taisent. Ils restent neutres. L’État les laisse tranquilles tant qu’ils ne font pas de baptêmes, ni de ni de prosélytisme ». On vérifie encore ainsi la pertinence de la réflexion précitée sur le dialogue interreligieux islamo-catholique. Dans sa veine, il ne viendrait à l’esprit d’aucun « dialogueux », comme les appelle Marie-Thérèse Urvoy, de réclamer un peu de réciprocité pour les chrétiens.

Mustapha Krim ajoute : « En France, les musulmans obtiennent des droits, et nous, chrétiens algériens, on nous les enlève. Nous demandons seulement 1 % de la liberté religieuse en Algérie dont jouissent les ressortissants et descendants algériens musulmans en France, pas plus ». Et plus loin : « Comment nos 45 lieux de cultes et 60 000 fidèles seraient-ils une menace face à 35 000 mosquées ? La vérité est que nous dérangeons parce que nous enregistrons des conversions. Si nous sommes à 95 % des convertis de l’islam, nous demeurons des citoyens algériens comme les autres avec les mêmes droits. Et s’ils fermaient tous nos lieux de culte, il y aurait alors une multiplication, avec 45 000 églises domestiques ».
Rappelons que s’il y a des églises dans certains pays musulmans, elles ne sont ouvertes que pour les étrangers et les séculaires communautés chrétiennes en dhimmitude. Car partout en islam l’apostat risque toujours la mort, selon la charia, ou les peines les plus lourdes.
Le père Antoine Moussali, cet admirable prêtre lazariste (père de Saint-Vincent de Paul), immense érudit et enseignant de la langue arabe, dans la conférence qu’il donna au Centre Charlier (la dernière puisque Dieu le rappela peu de temps après), nous disait et répétait : « je n’ai cessé au long de ma vie de parler avec des musulmans, je n’ai jamais pu dialoguer avec l’islam ».
On lira notamment « La croix et le croissant » (Ed. de Paris) et encore le livre très émouvant « Sept nuits avec un ami musulman » (id.) et encore « judaïsme, christianisme et islam » (id.).

par B.A.

La croix et le croissant – L´islam et son commerce d´esclaves chrétiens
Sept nuits avec un ami musulman
Judaïsme, christianisme et islam – Etude comparée

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