Lu dans Présent n°9130 du 13 juin 2018. Du 7 au 10 juin dernier se réunissaient à Turin 128 participants provenant de 23  pays, pour la 66e réunion annuelle du groupe de Bilderberg. Ce groupe élitiste au fonctionnement hermétique n’en finit pas, sans doute à juste titre, d’alimenter rumeurs et craintes, d’autant plus lorsqu’on en connaît les origines et la composition. D’ailleurs, même le très affairiste et libéral quotidien Les Echos n’a pas hésité à titrer « Bilderberg, la conférence la plus secrète du monde ».

Fondé en 1954 par le milliardaire David Rockefeller et le prince Bernhard des Pays-Bas, avec implication appuyée de la CIA et l’OTAN, ce qui explique à l’évidence la surreprésentation de la nation américaine, Bilderberg a réuni, entre autres, cette année, Kenneth Jacobs, de la banque Lazard, Eric Schmidt, l’ex-président de la pieuvre Google, José Manuel Barroso, ancien président de la Commission européenne recyclé en président de la banque Goldman Sachs qui n’est plus à présenter, mais aussi un Jean-Michel Blanquer, ministre de l’Education, Audrey Azoulay, directrice générale de l’Unesco et Reid Hoffman, cofondateur du réseau social Linkedin.

Ces maîtres du monde milliardaires pour la plupart et grands architectes de sa mise en coupe réglée par la finance communient dans une même vision mondialiste de l’avenir, un avenir formaté par l’idéologie transatlantique, la concentration historiquement sans précédent du capital et l’embrigadement des populations asservies. A l’ordre du jour, un condensé des lubies ressassées dans les milieux mondialistes, parmi lesquelles, bien entendu, le populisme en Europe, l’intelligence artificielle et l’avenir du travail, le libre-échange, le leadership mondial américain, le monde post-vérité, nouvelle appellation des fake news et, bien entendu, l’Iran.

Le Vatican, représenté pour la première fois au Bilderberg

A cette clique mondialiste, il ne manquait plus  que la caution, immorale en l’occurrence, du Vatican qui y dépêcha le cardinal Pietro Parolin, secrétaire d’État du Vatican et, à ce titre, proche conseiller du pape François. Le prélat, connu pour son acharnement pro-migrants, affirme péremptoirement à qui veut l’entendre, que « les nations les plus avancées économiquement n’ont pas le droit de fermer leurs frontières aux migrants », ajoutant qu’ « il faut tout faire pour contrer le refus de les accueillir ». Voici à la fois une affirmation digne d’une saillie maçonnique et onusienne mais aussi une immixtion qui, en d’autres temps et surtout sur d’autres sujets, lui eussent valu une volée de bois vert et surtout un rappel à la neutralité et à un minimum de laïcisme. Ce collabo de haut vol remplace le très controversé Tarcisio Bertone dont l’incurie à la Curie lui valut la disgrâce du pape. Ce dernier lui reprocha non seulement d’avoir traversé les tourments et scandales d’affaires pédophiles, les révélations de Vatileaks, la réforme des finances du Vatican mais aussi de s’être fait aménager un somptueux appartement de 700m² au Palais Saint-Charles. Une véritable faute de goût en même temps qu’un véritable pain béni, si l’on ose dire, pour les opposants au catholicisme. Qualifié par certains de prélat onctueux, somptueux et présomptueux, il bénéficie de plus d’un personnel à son service composé de trois sœurs.

Rouage essentiel de la vaste machinerie mondialiste, le groupe Bilderberg représente une sorte de forum de Davos format réduit puisque ce dernier réussit à attirer chaque année plus de 1000 participants triés sur le volet. Mais les deux officines, comme un certain nombre d’autres du même acabit convergent et s’entendent pour contribuer à nous imposer, de gré et de plus en plus de force, la direction qu’elles entendent imposer au monde.

Par Arnaud Raffard de Brienne

 

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Le groupe Bilderberg impose ses valets à l´Union européenne
Oliganarchy – Roman

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