L’obsession du mélange

Comment ne pas constater presque quotidiennement les ravages de ce qui s’apparente à une épidémie ? Au nom des combats égalitaristes, antiféministes, antiracistes, toutes les activités humaines sont l’objet d’une réglementation de plus en plus sévère. Les media s’empressent de révéler les moindres entorses aux oukases officiels. Tout manquement est dénoncé surtout par les laïcards de compétition, comme un péché mortel.

 Après le primaire, le collège

À titre d’exemple arrêtons-nous sur l’organisation scolaire. Certains adeptes des utopies soixante-huitardes ont posé depuis des années la question : Comment, dans une académie aussi ségréguée (sic) que Paris, permettre aux « publics scolaires » de se mélanger ? Comment concilier, au nom d’une « école pour tous » que certains lycées soient plus recherchés que d’autres ? Ainsi le district « Est » de la capitale cumule plus d’élèves (40%, plus de boursiers (31 %), plus de lycées ? (Le Monde, 28/03/2018). Les experts de l’Éducation nationale qui utilisaient déjà un logiciel pour les affectations, ont proposé cette année un « bonus éducation prioritaire » à titre d’expérience pour certains élèves. Soit 480 points, sur un total de 24 000. A qui est attribué le bonus ? À des élèves ayant effectué leurs quatre années de collège dans l’un des établissements « labellisés REP ou REP+ » (Réseaux d’éducation prioritaires) de la capitale. Les boursiers disposant déjà de 4800 points supplémentaires, ne sont pas concernés. Le bonus est destiné aux élèves des collèges considérés comme peu attractifs… pour diverses raisons (quartiers « difficiles, à fort pourcentages d’allogènes, faible renommée de l’établissement…). Il faut savoir que déjà, depuis un an, a été bouleversée la carte scolaire de l’Est parisien (18e et 19e arrondissements).

La vraie raison est reconnue par le rectorat : le bonus (utilisé en fait pour le passage en seconde générale ou technologique), est « un coup de pouce » aux familles qui ont choisi au collège de laisser leurs enfants dans le public plutôt que de « fuir dans le privé » (sic). Les associations de parents sont critiques car il est vrai que cela revient à attribuer le bonus aux collèges les plus difficiles. Alors que d’autres établissements (sans « label » REP) se sentent discriminés. Il importe d’ajouter que ces « coups de pouce » sont une habitude. En 2017, suite à sa réforme du collège, la gauche avait concocté, pour l’évaluation de compétence, du « socle commun », une « surpondération ». Certains principaux de collèges avaient attribué à leurs élèves le maximum de points. Cette année le ministère a prévu un rééquilibrage de l’évaluation du socle commun. Donc la pratique du « bonus » va se poursuivre avec le découpage de la capitale en quatre districts.

 par Pierre Romain

Lire la suite dans notre numéro…

La fatale perversion du système scolaire français
Ecole – La haute trahison
Connaissance élémentaire de la laïcité

 

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