La République et ses valeurs 2e partie

Suite de la première partie de cette étude parue dans notre précédent numéro. Ce bel aveu a été affirmé avec une non moins belle franchise par Daniel Keller, en août 2015, lors d’un déplacement à Reims, dans un discours qu’il prononça en public et devant un parterre d’élus de la municipalité. C’était le 26 de ce mois, la veille d’un convent, pendant une cérémonie au mémorial des martyrs de la Seconde Guerre mondiale (toujours les mêmes obsessions…). Ce qui est bien avec les frères trois points, c’est que – maintenant qu’ils sont sûrs d’avoir gagné la partie – ils ne prennent même plus de gants ni ne se cachent pour mettre leurs plans à exécution ou pour dévoiler leur programme. Voici quelques extraits de son discours que j’avais précieusement conservé dans mes archives, sait-on jamais !

Dans un moment où la société cherche des boucs émissaires, le GODF se doit d’être présent pour rappeler inlassablement les valeurs fondamentales de la République. Le GODF est une institution DE la République et aussi DANS la République [3].

De la République : la Franc-Maçonnerie a fortement contribué à la naissance et à l’implantation de la République. Que l’on pense simplement à quelques Grands Hommes tels que Léon Bourgeois, Jean Zay, Mendès-France, Gambetta, Jules Ferry, tous maçons (il aurait pu ajouter : tous juifs ou presque). La République est fondamentalement maçonnique à travers l’affirmation laïque de la liberté de conscience et du refus des pressions dogmatiques, permettant l’affirmation de l’intérêt général au service des plus faibles.

Dans la République aussi… La F:.-M:. n’est ni censeur, ni Cassandre, mais un bouclier dans les moments tourmentés. Une position singulière dans le paysage politico-social par un rappel constant des principes et des valeurs fondamentales : les bras du GODF sont toujours grands ouverts à tous les défenseurs et promoteurs du triptyque républicain Liberté-Égalite-Fraternité (notamment, dans le terrible contexte actuel, aux migrants qui fuient la misère mais surtout les dangers de la guerre).

Ce petit texte mériterait une analyse approfondie tant s’y trouve condensée toute la pensée maçonnique, mais je préfère renvoyer nos lecteurs aux nombreux ouvrages écrits sur le sujet et diffusés par notre maison d’édition. Ils y trouveront matière à parfaire leur culture générale sur ce thème. Mais dans le cadre de cet article, je vais continuer à donner la parole aux thuriféraires républicains.

Qu’est-ce que la République ?

Si nous considérons que la République française est une émanation de la Révolution, alors qu’est-ce que la Révolution et qu’est-ce que la République ? Voici ce qu’en disait Michelet : « La Révolution française n’a pas établi d’autre religion, elle est en elle-même une religion ». Donc, on en déduit que la République est une religion, mais laquelle ? La réponse nous est fournie par Claude Nicolet, célèbre historien républicain dans son ouvrage L’Idée républicaine en France, 1789-1924 (Éditions Gallimard, 1982). Et voici ce qu’il en dit dans ces quelques extraits sélectionnés :

La grande idée républicaine, dont la réalisation suffit à la gloire posthume de la Troisième, qui voit dans une éducation de masse, fondée sur une pédagogie scientifique, la condition sine qua non de l’accomplissement irréversible des principes énoncés et annoncés en 1789, relève en fait de la même idéologie. Née de la raison et des progrès des lumières, l’idéologie républicaine ne pourra s’établir et triompher qu’en modelant, de manière moins élémentaire, tous les esprits. Il n’y a de République et de démocratie que par l’école. […]

C’est donc une laïcisation des fondements de la sociabilité qu’affirme l’héritage révolutionnaire […].

L’état civil laïcisé définit une nouvelle nature de l’homme, en société, si l’on veut, qui implique ses droits et ses devoirs […].

La vraie garantie est dans une participation authentique, essentiellement par le suffrage universel, d’une part. Mais aussi et surtout dans la conscience morale et civique de chaque citoyen. […]

La déclaration des Droits de l’homme est un texte sacré, non plus inspiré bien entendu par une quelconque révélation, mais issue du progrès des Lumières, la raison se révélant à elle-même […].

Elle appartient au domaine du spirituel, celui de la nouvelle morale républicaine. […]

Pour les républicains, l’expression « droits de l’homme et du citoyen » n’est pas une redondance. Elle marque une gradation impliquant l’adhésion à un consensus, une profession de foi incompatible avec certains engagements ou certaines doctrines. C’est là à coup sûr, une application formelle de la doctrine du contrat social. […]

La République emprunte au sacré, voire au divin, ses mots, et peut-être plus que ses mots.

[2] – Nous étions alors dans le contexte des attentats contre la rédaction de Charlie Hebdo et au début des premières grandes vagues migratoires vers l’Europe à la suite de l’effondrement de la Libye du colonel Khadafi et de la guerre en Syrie, toutes deux la résultante des manipulations occidentales.

par Claude Beauléon

 

Lire la suite dans notre numéro…

 

Petit manuel des valeurs et repères de la France
La mystique de la laïcité – Généalogie de la religion républicaine de Junius Frey à Vincent Peillon
La civilisation des droits de l’homme – Ou le règne du néant

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