Les slaloms du gouvernement macronien sur les libertés scolaires

Peu à peu, en six mois, ont été élaborées puis votées les décisions visant à la réforme nécessaire de l’école. Il faut reconnaître que le ministre Jean-Michel Blanquer a très habilement manœuvré devant les pièges qui l’attendaient. Pour obtenir un consensus, tant dans les familles que dans une large part du monde enseignant, il lui a suffi, dans un premier temps, de critiquer les mesures imposées par les conseillers pédagogistes de Najat Vallaud-Belkacem et d’annoncer un retour au bon sens, en parlant de méthode syllabique, de dictée « quotidienne », des quatre opérations… et d’un baccalauréat ripoliné et – peut-être – revalorisé (?). Sans parler du retour du latin, voire du grec ! (toujours enseignés dans quelques collèges privés), le chant choral, etc. Pour beaucoup de parents, et nous les comprenons parfaitement, cela ouvrait la porte à un espoir oublié, celui que leurs progénitures puissent avoir accès à une éducation plus solide que celle inculquée lors des décennies passées. Les journalistes eux-mêmes se sont joints au chœur. Pour la première fois depuis des lustres, un nouveau ministre de l’Éducation nationale « faisait les unes des magazines en dépit des humeurs acides de l’extrême gauche qui ne voyait dans la réforme annoncée qu’un projet « authentiquement réactionnaire ». Là aussi c’était s’illusionner sur quelques mots.

Il faudra observer ce que donneront les mises en place des premières décisions, les classes réellement créées, « budgétées » ; observer les premières expérimentations. Dans quelques semaines, les préparatifs de la rentrée prochaine seront déjà avancés. Puis il faudra attendre plus d’un an pour juger sur pièces. Voyons les deux projets phares, la réforme – pour dans trois ans – celui du baccalauréat ; dès la prochaine rentrée, la cohérence au primaire.

LE BAC NOUVEAU EST ARRIVÉ

Dès à présent, nous pouvons saluer la nécessaire réforme du bac. L’examen, qui ne représente plus rien, est accordé à 90 % des élèves, carte près d’un milliard d’euros chaque année, fait perdre des semaines de cours… Il aurait pu être supprimé. Mais tenant compte de son côté symbolique, « rite de passage »…, surtout par les parents qui se souviennent de l’examen qu’ils avaient passé il y a une génération – et qui n’a plus rien à voir avec celui d’à présent, M. Blanquer a choisi de simplifier les épreuves : quatre au lieu d’une douzaine aujourd’hui ; avec une partie de contrôle continu ; la disparition des séries (L, ES, S…), un pôle scientifique « consolide »… On peut penser que, prévu pour 2021, ce nouveau bac pourrait être le dernier. Ce qui induit une mise au point des programmes et pédagogies des lycées suscitant d’autres oppositions. Déjà les objections pratiques sur les étapes de l’examen se lèvent un peu partout…

Pierre Romain et Jacques De Kremer

 

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