Macron et l’organisation de « l’islam de France »

Depuis une génération, tous les ministres de l’Intérieur, sous la forte pression de l’Élysée et des Loges – Pierre Joxe, Jean-Pierre Chevènement, Nicolas Sarkozy, Bernard Cazeneuve – en général quelques mois avant des scrutins nationaux, ont sorti l’annonce que l’islam en France avait largement sa place. Cette fois, c’est Emmanuel Macron qui veut proposer une nouvelle synthèse « ouverte ». Le mois dernier, sur cette question brûlante, il a confié ses ambitions au Journal du Dimanche (11/02/2018). La rumeur courait déjà, il l’a confirmée. Il travaille « à la structuration de l’islam de France », pas moins. Les mots vont plus loin qu’il n’y paraît.

Ses conseillers sur les questions religieuses l’ont bien préparé. Il est malheureusement exact que le nombre des musulmans a augmenté depuis trois décennies de façon sensible. Mais de là à asséner qu’il est « de France », contrairement à ce que les spécialistes nous expliquent, plutôt que du Maroc, d’Algérie ou des émirats, c’est assez hardi de la part du président. Ainsi que l’affirmation de son intervention personnelle dans ce chantier obscur. Il souhaite, a-t-il dit, « poser les jalons de toute l’organisation » au premier semestre 2018. En pressant le mouvement, il tente de réussir avant le renouvellement des membres du Conseil français du culte musulman (en 2019) qui est, ne l’oublions pas, l’interlocuteur des pouvoirs publics.

Après les attentats des terroristes islamistes, en 2015, l’État encouragea la création d’une Fondation pour les œuvres de l’islam de France. Pour l’instant, les déclarations de « l’organisateur de l’islam en France » n’ont eu qu’un effet d’annonce, avec rien de consistant à l’intérieur. Lors de ses vœux aux responsables des cultes, il avait reconnu qu’il n’avait pas de schéma arrêté : « N’essayons pas de faire rentrer la réalité d’une histoire qui est différente avec chacune de nos religions dans une espèce de bloc commun ».

Rappelons que l’organisation du culte musulman s’est implantée très discrètement en France métropolitaine, après la loi de 1905, qui fut conçue, avec les soutiens des Loges, des églises protestantes et appliquée par la République, comme une arme de guerre contre l’Église catholique. Dès ce moment le culte musulman de la France métropolitaine, dut affronter des difficultés touchant à la formation et à la rémunération des imams comme sur le financement des mosquées.

De nos jours, les musulmans s’appuient pour ces questions financières et idéologiques, sur des chefs d’États dont nous avons parlé. Des questions de fond que les vagues terroristes ont ranimées, touchent à l’absence de formation des imams qui passe souvent par les « aides » des potentats. Pour éviter ces pressions politico-religieuses, certains musulmans ont proposé en France la création d’une association cultuelle nationale de financement – des mosquées et des imams – alimentée par un prélèvement sur les produits halal et sur le pèlerinage à La Mecque. Pour l’instant il n’y a pas de « courants » qui puissent parler au nom de tous les croyants. Et ce n’est pas au président d’encourager finalement l’implantation de mouvements religieux.

Michel LEBLANC

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