Toujours plus de « demandeurs d’asile »

Pas plus les périphrases que les coups de menton n’y feront rien. La venue en France de populations non désirées se poursuit sur un rythme inquiétant. Celle des légaux et celle des illégaux. Pour les premiers, on a appris début janvier que les dossiers déposés auprès de l’Office français de protection des réfugiés et des apatrides (Ofpra) ont augmenté de 17 % en un an. En 2017, ils ont dépassé les 100 000 (100412 exactement). Ils arrivent d’Albanie, Afghanistan, Haïti, Soudan, Guinée…

Le président Macron a tenté de limiter les départs vers l’Europe par une collaboration avec les pays d’origine, principalement ceux du Sahel et aussi l’Albanie qui est de loin, le premier demandeur d’asile. En effet la démarche la plus efficace est d’empêcher les départs, mais il faut bien constater que les contrôles aux frontières, qui ont été rétablis, repoussent chaque jour des dizaines de candidats. Et ceux qui parviennent dans la région parisienne font des queues interminables pour se faire enregistrer en préfecture.

Car il faut classer les dossiers selon les étapes suivies par le demandeur d’asile (ceux qui ont laissé leurs empreintes ailleurs en Europe). En fait, chaque pays cherche à repasser le mistigri à ses voisins. Il faut être précis, le « total des entrées légales n’inclut ni les mineurs ni les demandeurs d’asile ». Par conséquent, a remarqué le démographe français Jacques Dupâquier, « on peut estimer que le volume de l’immigration doit approcher de 300 000 par an ». Pour les origines, l’Insee confirme : une nette majorité vient d’Afrique à 30 %, du Portugal pour 8 %, de Roumanie (3 %)…

Un aspect essentiel a été expliqué par Michèle Tribalat, il y a quelques mois, en tenant compte que depuis des années, une partie de plus en plus importante des personnes habitant en France ne sont pas d’origine française. « On a donc un peu plus d’un habitant sur cinq d’origine étrangère sur deux générations en 2015 ». Il ne faut pas oublier que dès la troisième génération, on perd… la trace de l’immigration. Comme le souligne Julien Langella [1] les pistes sont complètement brouillées avec le fort contesté droit du sol. Il y voit une « volonté délibérée de nous dissimuler l’ampleur du grand remplacement ».

En février 2017, l’Insee, peu susceptible de gonfler la réalité, signalait que « 61 % des descendants d’immigrés de moins de vingt-cinq ans sont d’origine africaine contre 22 % d’européens ». Quant aux musulmans, selon le chercheur Jean-Paul Gourévitch, ils étaient au moins 8,5 millions en 2016 soit environ un habitant sur huit. Le chercheur en induit une évaluation de 40 millions de musulmans sur le sol français au milieu du XXIe siècle. C’est presque demain.

La situation dans laquelle se trouve notre pays est en bonne part la conséquence de l’absence d’une politique démographique nationale durant les derniers quinquennats. Probablement parce que justement, c’est vital pour n’importe quelle nation et que les grands prêtres de la pensée unique ne veulent pas entendre parler de nation ; les élus non plus. Une partie de l’Église catholique parle de « fraternisation » avec les migrants, surtout pas de conversion [2] ! Parce que le ministre de l’Intérieur a demandé, par une circulaire adressée aux préfets, de recenser les migrants dans les centres d’hébergement d’urgence, certains élus de La République En Marche (LREM) ont manifesté leur désaccord devant ce qu’ils n’hésitent pas à taxer de « durcissement de la politique migratoire ».

Puisque cette dernière n’existe pas, on ne peut la durcir. En revanche, il y a un futur projet de loi où une place serait faite à la circulaire. Pour endiguer l’émoi des députés – Mme Krimi, député franco-tunisien (LREM), a montré sa vive désapprobation [3] ce qui lui a valu les applaudissements des mélenchonistes de la France insoumise – Richard Ferrand, le patron des macronistes, a, sur intervention de l’Élysée, annoncé une réunion du groupe entièrement consacrée à la question de l’immigration et de l’asile. Vingt-sept des associations d’accueil ont déposé une requête au Conseil d’État pour faire annuler la circulaire. Pour les aider, je leur conseille d’avoir recours comme bien souvent au fabuliste. Devant des importuns envahissants, il avait mis en garde :

Laissez leur prendre un pied chez vous

Ils en auront bientôt pris quatre [4].

Pierre ROMAIN et Michel LEBLANC

[1] – Voir son livre Catholiques et identitaires (Éd. DMM, 2017).

[2] – Pour une réflexion sereine et chrétienne, lire de Laurent Dandrieu, Église et immigration : le grand malaise (Presses de la Renaissance, 2017). Voir également l’entretien qu’il a accordé à notre revue sœur Lecture et Tradition en février 2017 (n° 70, nouvelle série).

[3] – Elle a estimé que les centres de rétention des demandeurs d’asile « étaient indignes de notre république ».

[4] – Jean de La Fontaine, La Lice et sa Compagne.

Suggestion de livres sur ce thème :

http://www.chire.fr/A-199686-immigration-la-catastrophe-que-faire.aspx
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Langella-catholiques-et-identitaires-de-la-manif-pour-tous-a-la-reconquete
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Dandrieu-eglise-et-immigration-le-grand-malaise-le-pape-et-le-suicide-de-la-civilisation-europeenne
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