Editorial février 2018 : Vers une défense électronique du politiquement correct

L’incontournable Macron, comme nous le disions dans nos deux précédents numéros, ne peut s’empêcher de se pavaner sur le devant de la scène internationale, alignant courbettes, ronds de jambes et autres salamalecs pour s’attirer les bonnes grâces de l’ensemble de ceux qu’il cherche à séduire. Il vient encore, au mois de janvier, d’en administrer la preuve en s’affichant comme le cornac du gratin des patrons des plus grandes multinationales de la planète qu’il avait presque convoqués à Versailles, le 22 janvier, afin de pratiquement leur intimer l’ordre de « choisir la France » pour y placer leurs juteux investissements. Le surlendemain, il en a « rajouté une couche », lors du Forum économique mondial de Davos (en Suisse) où il a fait savoir, dans un discours tonitruant, que « la France est de retour » (laissant plus ou moins sous-entendre que ce retour est dû à ses bons offices…).

Tout ceci est bel et bon, mais quel est le but de ces gesticulations ? La réponse nous est donnée par Olivier Destouches dans la seconde partie de son analyse du discours prononcé par le président à la Sorbonne, en septembre dernier, dans le seul but de défendre et illustrer la « souveraineté européenne » (voir cette excellente analyse en pages 39 à 47). Mais au-delà de la seule Europe, Macron est beaucoup plus ambitieux : c’est la planète entière qu’il voudrait bien mettre à sa botte, en n’utilisant l’Europe que comme un tremplin provisoire pour asseoir sa posture, très bien résumée par notre rédacteur (p. 44) :

Cette voix de l’Europe liberticide, cette petite musique douce qui endort avant de tuer, c’est le renoncement à la souveraineté nationale, c’est la trahison de l’identité des peuples, c’est la politique souhaitée par M. Macron et ses conseillers occultes. Son sourire de carnassier est celui d’un « prédateur » qui entend mettre en œuvre ses idées, avec le peuple si possible, sans lui s’il le faut. Ayons toujours à l’esprit que le mondialiste Macron veut la mort de la France qui lui semble trop petite, trop repliée sur elle-même, trop rabougrie comme le disait son ami, feu Pierre Bergé, pour son rêve de grandeur faustien.

A cette vision du « monde macronien », la réponse de notre ami Destouches est sans réplique dans sa conclusion (p. 46) :

L’Europe, réalité historique, corrompue et dévoyée après la dernière guerre par des hommes comme Jean Monnet, doit retrouver un souffle et une âme non dans un grand marché ou une immigration de peuplement mais dans son génie propre, composé de traditions nationales, de racines communes et de valeurs chrétiennes. C’est contre ces euromondialistes sans Dieu que nous luttons, contre les serviteurs du « Veau d’Or » qui veulent unifier l’Europe sous la domination des multinationales et de la finance mondiale, en la dénaturant par l’immigration, le consumérisme, l’individualisme et la jouissance sous toutes ses formes.

Tout est dit dans ces quelques extraits. Ne nous berçons d’aucune illusion, sous ses apparences de chattemite, Emmanuel Macron est un très dangereux félin qui n’attend qu’un court instant de distraction de sa proie pour lui sauter à la gorge et la tenir à sa merci ! ♦

Jérôme SEGUIN

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