Le système Macron verrouille un peu plus le gouvernement

Selon les proches du système, il ne s’agirait que de réajustements effectués uniquement pour des impératifs d’efficacité. La raison semble acceptable mais, dans ce jeu de chaises musicales, examinons les promus d’automne.

Delphine Gény-Stephann est née en 1968 et fut une brillante étudiante (X-Ponts) qui débuta dans la haute fonction publique, dirigea un temps le Trésor, fut cadre d’entreprise (12 ans à des postes importants chez Saint-Gobain). Elle a été nommée par Macron secrétaire d’État auprès du ministre de l’Économie.

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Benjamin Griveaux

Benjamin Griveaux, né en 1977 à Saint-Rémy (Saône-et-Loire) fit de bonnes études (Sciences Po, HEC) et vite attiré par la politique réelle, devint président du conseil départemental de Saône-et-Loire. Il penchait à gauche, suivit les tendances rocardiennes puis strauss-kahniennes et, comme d’autres, rejoignit Macron qui le remarqua. Jusqu’à ces derniers mois, il était le principal porte-parole d’En Marche. Il fut élu député de Paris. Secrétaire d’État auprès du ministre de l’Économie, Bruno Le Maire (juin à novembre 2017), il vient d’être nommé porte-parole du gouvernement.

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Olivier Dussopt

Olivier Dussopt est, depuis 2007, député socialiste de l’Ardèche et fort bien élu et réélu. Âgé de 39 ans, il a suivi un temps la ligne de Mme Lebranchu et de Martine Aubry puis se distingua par ses spécialités : développement local et gestion de territoire. Durant le quinquennat Hollande, devenu proche de Manuel Valls (dont il a été porte-parole lors de la primaire 2017), il a été le rapporteur, à l’Assemblée nationale de la loi Maptam (janvier 2014) et de la loi NOTRe, en 2015, sur la nouvelle organisation territoriale. Il sut tisser des réseaux parmi les maires en devenant, en 2014, président de l’Association des Petites Villes de France (APVF). Il doit principalement sa promotion à son « expertise technique » et à son âge. Il vient d’être nommé secrétaire d’État, chargé de la Fonction publique. Il se retrouve auprès de Gérald Darmanin (DVD) avec lequel il avait croisé le fer. Les socialistes l’ont accusé de « trahison » car, ayant voté contre le budget 2018, il a accepté, quelques jours après, son maroquin de secrétaire d’État. Et il sait trouver la dialectique qu’il faut. Il justifie les contradictions apparentes entre ses choix idéologiques personnels – socialistes – et les mesures prises par le gouvernement, en assurant qu’elles sont nécessaires. La suppression de 120 000 postes de fonctionnaires sur le quinquennat ? C’est un engagement de Macron dans le but d’atteindre l’objectif majeur du rétablissement des comptes publics. L’effort d’économies de 13 milliards d’euros demandés aux collectivités semble intenable ? Les contributions demandées par les quinquennats précédents étaient aussi importantes et, cette fois, les 319 plus grosses collectivités s’engageront par contrat avec l’État… Il a précisé dans la presse quels chantiers lui auraient été confiés, en plus de la Fonction publique : la réforme du financement des allocations individuelles de solidarité ou celle de la fiscalité locale (autres que la suppression programmée de la taxe d’habitation). L’ambitieux quadragénaire a pris garde de ne pas trop montrer ses longues dents en concédant que le ministère de l’Intérieur reste bien le ministère des collectivités, mais en matière de fiscalité et de finances locales, « Bercy est incontournable ». C’est bien ce que nous avons dit.

Autre point qui se confirme ici, c’est que le ministre en titre de l’Économie et des Finances, Bruno Le Maire, se voit encadré par des « adjoints de plus en plus envahissants : une dame haut-fonctionnaire, Mme Gény-Stephann, venue de la grande industrie, secrétaire d’État ; Gérald Darmanin, issu de la droite, ministre de l’Action et des comptes publics ; Olivier Dussopt, secrétaire d’État auprès du ministre Darmanin.

N’oublions pas deux points : 1 – S’ajoute une dizaine de conseillers communs entre le cabinet du Premier ministre et celui du chef de l’État ; 2 – Outre les questions de politique étrangère, on peut penser que Macron (ancien ministre de l’Économie) porte son intérêt à ce qui se passe à Bercy. Rien de ce qui s’y déroule ne lui est étranger et les notes circulent vite. Le Maire a bien fait de prendre sa carte d’adhérent à LREM en septembre 2017. ♦

Pierre ROMAIN

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