Un colosse bien sinistre : la Franc-Maçonnerie

L’année 2017 est manifestement riche de centenaires : Fatima, Luther… et la Franc-Maçonnerie. À l’occasion du trois-centième anniversaire de sa naissance l’ancien président de la République a tenu à se rendre au siège de la loge du Grand Orient afin de manifester sa «reconnaissance», soulignant que la République «sait ce qu’elle doit à la Franc-Maçonnerie». Quelle est donc cette organisation mal connue, car secrète, qui, parfois à notre insu, continue d’influencer grandement nos idées et notre mode de vie ?

Lu pour vous dans Le Chardonnet.

Si l’on a peu de connaissances sur ses sources et affiliations avec les mouvements de «contre-Église» préexistants, les historiens et les loges elles-mêmes fixent conventionnellement la naissance de la Franc-Maçonnerie moderne au 24 juin 1717. A cette date, la société occultiste des Rosicruciens s’unit avec une corporation de bâtisseurs en perte de vitesse : cette dernière, tout en gardant sa tradition de secret, s’était adjoint en Angleterre des membres étrangers au métier. Pour cette raison, on la divisait alors en maçonnerie spéculative et opérative.
Cette fusion originelle explique la présence continuelle de deux courants apparemment contradictoires au sein de la Franc-Maçonnerie : le courant rationaliste et libéral, et le courant occultiste ou gnostique. Les archives furent détruites vers 1720, et 1723 vit la constitution d’une nouvelle charte : les « Constitutions de James Anderson », rédigées avec un autre pasteur : Jean-Théophile Désaguliers. Il n’y est plus fait allusion au véritable Dieu chrétien.
Un but réel et un but déclaré Le but de cette société n’est pas toujours présenté de la même façon. En effet, les francs-maçons agissent en secret, et se parent de principes séduisants comme la paix, l’amour de l’humanité pour appâter tout à la fois de nouveaux adeptes et le grand public. Trois siècles d’histoire et de méthodes d’action immorales permettent d’en discerner la finalité autrement plus perverse que la lénifiante façade. Il n’est qu’à regarder, sans risque d’erreur, la continuité de son action idéologique et politique.
Par exemple, tous reconnaissent que cette société joua un rôle décisif lors de la Révolution française. Monsieur Hollande prit la peine de le rappeler lors de sa visite au Grand Orient : «La Maçonnerie n’a pas fait la Révolution française, mais l’a préparée», ce qui au demeurant est exact car le principal mode d’action de la Franc-Maçonnerie est d’influencer l’opinion publique, non d’agir directement. Dès qu’un « frère » entre dans la phalange d’une action révolutionnaire directe, il doit normalement abandonner son affiliation visible. Depuis sa création, elle s’est installée au sein des régimes politiques successifs comme un ours dans un magasin de miel, exception faite du régime de Vichy qui lutta activement contre elle.

Un bilan très lourd

Au-delà des menues querelles internes, les victoires des frères dé-notent une remarquable constance dans l’action :
– Dans un premier temps, « dé-catholiciser » le monde, par les Révolutions et guerres modernes qui permirent l’avènement des régimes démocratiques modernes au détriment des anciennes monarchies, pour finir par l’abolition des nations et un remplacement absolu de population.
– Puis, détruire l’ ordre naturel par une législation et des attaques récurrentes contre la famille (divorce, contraception, avortement…) et contre l’école (laïcisation de l’enseignement, baisse du niveau scolaire…). D’autres méthodes y concourent comme l’usage des médias, et des spectacles.
– Enfin, instaurer sur les décombres ‘de la civilisation chrétienne une société utopique dans laquelle l’homme sans Dieu et sans espérance ne vivrait plus que pour satisfaire de vulgaires passions : « Mangeons et buvons, car demain nous mourrons ». L’idée est aussi d’enrichir une caste très fermée sur le dos de populations abêties.

Une société toujours condamnée par l’Église

Face à ce virus, l’Église a multiplié les condamnations : pas moins de 22 documents pontificaux depuis 1738, pour ne citer que les principaux. Cette « secte ténébreuse que la société porte depuis longtemps dans ses flancs comme un germe mortel »2 est condamnée pour deux raisons essentielles.
La première est son naturalisme, qui pose la raison humaine en maîtresse et souveraine de toutes choses, aboutissant ainsi à la négation de l’existence de la Révélation et de l’ordre surnaturel. Sa conséquence est la religion du laïcisme : la société doit être organisée en l’absence de Dieu.
La deuxième raison est le relativisme doctrinal : sans toujours contester toute vérité, la Maçonnerie nie la possibilité d’une connaissance objective de la vérité. Elle signe la révolte contre tout lien transcendant avec un ordre naturel ou surnaturel. Les maître-mots en sont la « liberté » et la « tolérance ».
Ces utopies ne supportent aucune opposition et justifient moralement toutes les épurations et terreurs dont l’histoire de nos pays fourmille depuis trois siècles.
Le caractère secret de la secte fait aussi la perversité : en principe, un maçon est censé ne jamais dévoiler l’identité de « frères », ni les travaux, ni les initiations. Même lorsqu’elle paraît avoir un paisible pignon sur rue, parfaitement démocratique, cette organisation est une telle superposition de sociétés secrètes que nul ne peut connaître tous ceux qui les commandent, ni d’où viennent les mots d’ordre. Tout membre est l’instrument d’une stratégie qui lui échappe.
Peut-on imaginer que Dieu soit à l’origine de toute cette architecture ? Toutes les institutions doivent être en rapport avec l’Église ou la société civile, ces deux sociétés qui forment la charpente élémentaire pour permettre à l’homme d’atteindre sa finalité. Or la Franc-Maçonnerie n’ayant son origine ni dans le droit divin révélé, ni dans le droit naturel, l’autorité qui la gouverne ne vient pas de Dieu ; elle vient donc du démon et elle est foncièrement illégitime.
C’est pourquoi le Code de 1917 prévoit une excommunication latae sententiae – c’est-à-dire qui s’applique automatiquement pour tout catholique s’affiliant à la franc-maçonnerie. Et, si le nouveau Code ne mentionne pas explicitement cette condamnation, celle-ci est toujours d’actualité, comme le rappelle la Déclaration sur la franc-maçonnerie de la S. Congrégation pour la doctrine de la foi du 26 novembre 1983.
Vaines mises en garde ? Ce qui est certain, c’est que l’on assiste aujourd’hui au triomphe des idées maçonniques.
Dans le domaine des idées, notre société est marquée par le rationalisme : dogme de la souveraineté populaire, vie sociale laïcisée, refus de se soumettre à l’ordre divin naturel et surnaturel. Dans le domaine moral, les cœurs devenus vicieux ont eu raison des mœurs catholiques. Et les postes d’influences occupés par les francs-maçons ne se comptent plus.
Peut-on lutter contre l’hydre aux têtes multiples ?
On peut donc légitimement se demander si la résistance à cette société occulte est encore possible. Or, les faiblesses de la Franc-Maçonnerie sont patentes lorsqu’on y regarde de plus près, et les moyens de lutte réels.
En premier lieu, celui de la prière, à l’exemple de Maximilien Kolbe qui consacra une partie de ses efforts à la lutte contre la Franc-Maçonnerie. Il est bon également de se rappeler que nous ne sommes pas jugés sur les résultats, mais sur les efforts fournis, et que là où le péché abonde, la grâce surabonde : le mal, si énorme soit-il, est toujours permis par Dieu, notamment en vue de notre sanctification : « Toutes choses concourent au bien de ceux qui aiment Dieu ».
Ensuite, par l’étude : une des principales armes de la Franc-Maçonnerie est le secret. Il suffit d’un peu d’étude pour lever le masque de cette secte secrète et découvrir ses failles : supérieurs inconnus, résultats repoussants et sordides, aspect ridicule et loufoque (ne rêvez-vous pas d’appartenir aux hauts grades de « Grand inspecteur inquisiteur commandeur », ou de « Sublime prince du royal secret » ?), lenteur d’action due au processus d’influence de l’opinion public qui ne permet pas de donner des ordres directs. S’intéresser à l’histoire véritable et non à sa réécriture falsifiée visant à salir l’Église et la chrétienté.
Enfin, combattre sur le plan pratique les pièges introduits par les idées maçonniques. Il est donc impératif de refuser un langage conventionnel qui transporte le libéralisme, qui dissout la notion même de vérité au profit de la loi du nombre. Il faut refuser les mœurs païennes. Mais le plus souvent, la secte propose de simples avantages mondains, susurre les demi-mesures et l’esprit de conciliation, qui amènent par exemple à s’affilier à des sociétés comme le Rotary Club, le Lions Club… : si elles ne sont pas maçonniques, elles sont assurément d’esprit maçonnique et constituent des réservoirs de futurs frères.
Somme toute, « le nerf du règne de Satan réside dans la mollesse des chrétiens » (saint Pie X). Une vie profondément catholique est donc l’antidote radical contre le poison de la secte.

Abbé Jean-Pierre Boubée

• Sources : la littérature est abondante. On peut conseiller La Franc-Maçonnerie d’après ses documents secrets de Léon de Poncins, DPF, 1972, Connaissance élémentaire de la Franc-Maçonnerie de Arnaud de Lassus et surtout, toutes les encycliques.

Le Chardonnet n°333 de décembre 2017.

Suggestion de livres sur ce thème :

Lassus Connaissance élémentaire de la Franc-Maçonnerie
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Poncins La Franc-maçonnerie d´après ses documents secrets
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Poncins Christianisme et Franc-Maçonnerie
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