Les activité politiques et bancaires ne font pas toujours bon ménage. Alors que la Société générale et HSBC ont banni de leur clientèle le Front national et sa présidente, l’une de ces banques vient de négocier une convention juridique avec les pouvoirs publics. Cet accord suscite l’indignation de plusieurs députés qui jugeraient légitime d’imposer à HSBC le paiement d’une amende plus élevée…

Lu pour vous dans L‘Action Française 2000.

En ce moment, il souffle un mauvais vent pour le FN. La Société générale a envoyé une lettre de clôture sous trente jours pour les comptes du FN. Plus précisément, la mesure vise, six comptes du parti et une quinzaine de compte des fédérations. HSBC a fait de même pour les comptes personnels de Marine Le Pen qu’il mettait à sa disposition depuis le rachat de la banque Hervet en 2003.

Banques mises à l’amende

Deux banques qui ont toujours brillé par une éthique irréprochable ? La Société générale a écopé en juillet d’une amende de 5 millions d’euros, sanctionnée par l’ACPR (l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution, qui est l’organe de supervision français de la banque et de l’assurance) pour ses insuffisances dans la lutte contre le blanchiment d’argent trois ans plus tôt. Quant à HSBC, qui avait lui-même démarché de futurs fraudeurs, il a été condamné en novembre à verser 300 millions d’euros. Cela après la négociation d’une convention juridique autorisée par la loi Sapin II de 2016. Ce texte servira-t-il de modèle ? Le Gouvernement et le Parquet national financier, qui l’a négocié, ont osé présenter ce premier accord comme une victoire, alors que le manque à gagner pour les finances publiques serait de l’ordre d’1,5 milliard d’euros ! Et alors que les États-Unis ont réussi, eux, à obtenir de la même banque le remboursement intégral d’un préjudice estimé à 1,9 milliard en la menaçant de lui retirer sa licence… Quelle volonté le Gouvernement a-t-il de lutter vraiment contre la fraude fiscale et le blanchiment d’argent ? S’inspirer des États-Unis n’aurait pas été une mauvaise chose, pour une fois.
Il est évidemment politiquement plus profitable de détourner l’attention des Français en tirant à boulets rouges sur le FN, ces deux banques cherchant peut-être ainsi à se refaire une virginité «politique» à bon… compte ! Marine Le Pen a protesté contre la « fatwa bancaire » et les discriminations dont elle et son parti sont l’objet. La Banque de France a jugé l’inverse. Et généreusement permis au FN d’ouvrir de nouveaux comptes au Crédit du Nord en vertu du « droit au compte ». En effet, le droit français depuis 1984 et maintenant le droit européen permettent à tout résident français d’avoir droit à un compte suite à une procédure. Mais les comptes ainsi ouverts obéissent à une tarification spécifique avec une liste de services restreinte : ni chéquier, ni carte bancaire ! Sans commentaire.

Curieuse coïncidence

S’il est vrai que les banques n’ont pas l’obligation de garder un client (à l’exception des clients qui ont fait appel au droit aux comptes) et qu’elles peuvent clôturer tout compte à partir du moment où elles ont informé le client trente jours à l’avance, on ne peut, toutefois, que s’étonner d’un tel traitement « en même temps » des comptes bancaires & FN et de Marine Le Pen par la Société générale et HSBC, au moment où le montant ridicule, nous l’avons vu, de la convention juridique passée avec HSBC est dévoilé aux Français. Et a été dénoncé à l’Assemblée nationale autant par la France insoumise que par Les Républicains ou l’UDI, lors du débat sur le projet de loi de finances rectificative. « En France, on encourage la canaille — je dis bien «la canaille», et je suis un homme de droite modérée », a même observé le député UDI Charles de Courson, lundi soir, 4 décembre, lors du débat. Seule la République en marche est évidemment satisfaite et a voté l’amendement du Gouvernement avalisant la convention juridique… « Merci pour HSBC ! » s’est écrié le député Républicain Éric Straumann, après avoir observé : « Il faudrait connaître la liste des donateurs d’En marche ! » Un nouveau scandale d’État ?

Robert Maillard

L‘Action Française 2000 n°2967 du 7 décembre 2017

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