Éditorial, décembre 2017 : La technocratie au pouvoir

Éditorial, décembre 2017 : La technocratie au pouvoir

Tandis que ses épigones ou ses émules ou ses ralliés s’entredéchirent et se chamaillent, Emmanuel Macron, tel le Chantecler d’Edmond Rostand, parade, se démène et se promène, dernièrement entre les pays du Proche Orient et l’Afrique Noire, dans lesquels il prend des initiatives en obtenant, en Arabie Saoudite (contre quelle monnaie d’échange ?), la libération du Premier ministre libanais, Hariri ou insiste à proférer des mensonges et contrevérités en renouvelant au Burkina Faso (le 28 novembre) ses péroraisons pour énoncer avec détermination que « les crimes de la colonisation européenne en Afrique sont incontestables » (sic !). C’est bien là l’illustration de ce que souligne Pierre Romain, quand il commente « l’art d’accommoder les restes historiques » du président (pp. 32-33) : « À l’évidence, il est dans des rôles de composition (…) tout en prétendant avoir des jugements indépendants ».

Olivier Destouches, pour sa part, confirme bien qu’il est dans le même registre en affirmant sa péremptoire volonté d’une « Défense et illustration de la souveraineté européenne » (pp. 41 à 48). Le personnage tient à s’imposer comme « l’homme providentiel », se situant, « en toute modestie », dans la ligne et la continuité des « pères fondateurs de l’Europe », qui dans une attitude « enragée » et une posture « visionnaire » se voit déjà presque « Empereur romain ou premier président de la Grande Europe, marchant au-dessus des eaux ». Pour ce faire, « il assène des propositions comme des vérités révélées que le bon peuple se doit de croire sur parole sous peine d’être traité d’hérétique (nationaliste, souverainiste, identitaire, populiste) […] Avec lui, la technocratie a pris le pouvoir en France et entend imposer à l’ensemble de l’Europe ses visées élitistes, matérialistes et mercantiles ».

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Nous avons tenu, en cette fin d’année, à évoquer le centenaire de l’événement marquant du XXe siècle : la révolution de 1917 en Russie (pp. 54 à 59), mais en insistant surtout sur les très grands mérites de Léon de Poncins qui, dès 1939, avait détecté, décelé et annoncé que l’URSS communiste allait ouvrir « une période apparemment inépuisable de guerres et de révolutions, une nouvelle et gigantesque guerre de cent ans », pour répandre sur le monde une accumulation de crimes et de barbaries, dont le bilan se solde par des centaines de millions de victimes ! Et cela, bien entendu, « dans le silence coupable, voire la complaisance, sinon la sympathie de la presque totalité des représentants politiques ou intellectuels et même religieux du monde dit “ libre ” » ! Cette affirmation lui valut d’être désigné comme cible d’une vindicte qui faillit lui coûter la vie, tandis qu’aujourd’hui les ouvrages qui consignent ce qu’il avait écrit et rendu public il y a bientôt quatre-vingts ans, font la une des magazines et sont encensés par les « meilleurs critiques littéraires et historiques » !

Pourquoi L. de Poncins n’a-t-il pas bénéficié du même régime de faveur en son temps ? Tout simplement parce que lui seul a mis à jour « la doctrine secrète marxiste dont le sens occulte a longtemps échappé aux observateurs ; la plupart des écrivains qui ont traité ce sujet nous en donnent une image fausse parce que soit ignorance, soit prudence, ils n’ont pas osé aborder la question sous cet aspect éminemment dangereux ». Et cette doctrine secrète est un sujet tellement tabou, que la censure idéologique contemporaine veille soigneusement à ce qu’elle reste totalement ignorée du public…

Jérôme SEGUIN

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