L’UNEF, ses pratiques anciennes et les nouvelles

Depuis plusieurs semestres, l’Union nationale des étudiants de France, fondée en 1907, connaît à nouveau des querelles internes entre les différentes tendances politiques de la gauche. Depuis des décennies, elle fut la pépinière des pseudopodes marxistes-léninistes ou trotskystes, leur centre de recrutement et leur école politique. Puis le PS sut devenir l’allié politique privilégié, le mentor d’encadrement. Et le premier recruteur.

En 1989, il y eut un séisme dans le train-train étudiant, un concurrent fut fondé, la Fédération des associations générales étudiantes (FAGE). En février dernier, cet organisme a pris la première place en nombre d’élus aux élections étudiantes (au CNOUS et au CNESER). Les évolutions restent cependant dans les cadres les plus conformistes. En 2002 et 2017, la FAGE donna ses consignes officielles pour les seconds tours des présidentielles : faire barrage à Le Pen (père puis fille).

Revenons aux bisbilles internes de l’UNEF. Faute de mieux sans doute, dans l’organisme étudiant, on discuterait au sein de sa direction, de questions effectivement capitales : du racisme (sic), du genre, de la laïcité. Et… de tenue de réunions « non mixtes racisées »… mais aussi de l’ouverture d’une salle de prière lors du « Collectif national » (traduction en français : le parlement du syndicat).

Le principal point de friction interne concerne la cohabitation des militants de La France insoumise (LFI) de Mélenchon. Déjà cet été, huit membres (sur trente) de la direction de l’UNEF ont été balayés. Tous adhéraient à LFI. Parmi eux, on note Cassandre Bliot, trésorière de l’UNEF. Or ce poste lui donne accès au fichier des 20 000 adhérents revendiqués. Pour se justifier, la présidente du syndicat, Lilâ Le Bas, a lancé : « Il ne doit pas y avoir de tendances politiques ! » (au sein du syndicat !) Cela doit être interprété comme un refus d’alignement politique direct sur LFI… alors que pendant des décennies l’UNEF prenait ses ordres auprès des courants du PS. L’an dernier, s’était tenu à Nanterre un collectif national à l’occasion duquel des « camarades » ont demandé de disposer d’une salle pour prier ! La demande fut acceptée. Il semblerait que ce n’était pas pour réciter un chapelet. Pour des laïcards d’élite, c’est curieux.

Benoît Hamon, qui cherche à installer son embryon de mouvement dans les campus, a sursauté à cette nouvelle. Encore plus fort, les ex-universalistes de l’UNEF ont soutenu le « festival afro-féministe Nyansapo, organisé à Paris… par le mouvement Mwasi… dont une partie était non mixte, réservée aux femmes noires » ! (Le Monde, 07/10/2017). En réponse aux critiques émises par la mairie de Paris devant un tel choix, l’UNEF a pris la défense des organisateurs. Il faut savoir que le syndicat, à plusieurs reprises, y compris dans le cadre de son « bureau national », a tenu des réunions « non mixtes racisées ». La direction a reconnu que, depuis des années, il y a des réunions non-mixtes, pour les femmes, réunions où les « dominants » (Blancs) en prennent pour leur grade. On parlerait alors de « non-mixité politique ». Nous y perdons un peu notre latin. En théorie, on ne peut tenir des réunions – publiques ou non – réservées à un type ethnique ou un sexe (puisque la « théorie du genre » prétend que l’on peut choisir ou non son sexe et que la race n’existe pas). Néanmoins les jeunes cadres du syndicat étudiant semblent s’asseoir impunément sur ces interdits droits-de-l’hommistes pour imposer un filtrage spécial. Bref n’en faire qu’à leur tête.

Jacques DE KREMER

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