Que retenir des élections sénatoriales ?

Que retenir des élections sénatoriales ? Peu de choses et il faut reconnaître que les prévisions, analyses et autres sondages avaient bien désigné les grandes lignes. L’ « ancien monde » comme l’ont nommé avec morgue les petits marquis macronistes, n’a pas cédé aux coups de boutoirs ni aux manœuvres de La République En Marche. La « droite » – quelle dérision pour désigner Les Républicains et leurs alliés centristes ! – a renforcé sa majorité. Le Parti socialiste a sauvé les meubles et les communistes ont conservé leur groupe ! Après d’ultimes contorsions des « constructifs » qui ont préféré nommer leur groupe : Groupe République et Territoires/Les Indépendants, voici la liste officielle des sénateurs :

Liste officielle des sénateurs

  1. Ce qui parvient à un total de 346 sénateurs, alors qu’ils devraient être 348 ; deux sièges ne sont pas pourvus actuellement.

Les sénateurs se disant LR « constructifs » (noms pris par les élus juppéistes à l’Assemblée nationale) firent durer le « suspense ». Après avoir annoncé qu’ils allaient créer un groupe autonome, comme le souhaitait Emmanuel Macron, ils se sont ravisés puis finalement ils ont, au dernier moment, suivi les désirs du Président en constituant un groupe. Toujours un pied dedans et un pied dehors. Ils ont tenu à préciser qu’ils étaient bien « libéraux, humanistes et européens ». Le nom du groupe insiste sur son désir de représenter les « territoires » (on aurait pu dire les provinces françaises y compris celles où se trouvent les zones de non droit) qui se sentent un peu oubliées dans les grands chantiers prochains. Le président Larcher a donné un avis que partagent de nombreux Français : « J’ai le sentiment que l’exécutif a lancé l’acte premier de la recentralisation et de la reconcentration des pouvoirs, avec une dominante de Bercy ». Certains sénateurs ont déjà évoqué la possibilité de constituer des intergroupes ce qui facilitera les marchandages rituels. Il a fallu attendre le 4 octobre pour connaître exactement la répartition des élus et établir les résultats définitifs. Les Pères conscrits n’aiment rien tant que de se faire prier.

Plus que l’élection de tel ou tel, le Sénat va être bouleversé par l’application de la loi du non-cumul. Elle s’applique à tous les sénateurs, les derniers élus le 24 septembre, mais aussi ceux qui n’étaient pas renouvelables. Sur les 178 sénateurs non renouvelables, une centaine étaient en situation de cumul. En quelques semaines, tous ceux qui, en plus d’un siège sénatorial, détenaient un mandat exécutif local, ont dû faire connaître leurs décisions. En réalité la plupart y avaient pensé depuis longtemps. Ils ont tenu compte de l’organisation des bureaux de groupes et de la désignation des candidats probables, y compris ceux pour la présidence du Sénat. Sur ce point, avec une majorité très accessible – la majorité absolue est, au Sénat, de 175 voix –, Gérard Larcher, candidat de LR et des centristes à sa réélection au « perchoir », n’avait pas de gros soucis à se faire. Il a été réélu pratiquement à l’unanimité, par 323 voix sur 348 ! Et les groupes les plus nombreux (LR et le PS) ont reconduit leurs présidents. Il n’y a pas pour autant de quoi carillonner, comme l’ont fait certains LR : « Premier échec de Macron », « Vous aurez un Sénat d’opposition, contrairement à l’Assemblée nationale »…

Les échecs doivent être partagés. D’une part, parce que l’histoire récente des gouvernements français, désigne Les Républicains comme coresponsables du marasme politique, économique et social de notre (?) pays. Par lâcheté, l’inconstant Sarkozy comme l’apathique Hollande, n’ont su, ni voulu, prendre du recul sur les consignes impérieuses des instances mondialistes. Pourtant l’ex-maire de Tulle n’avait-il pas nommé comme ministre de l’Économie, un « prodige » dont il suivit sans vigueur les recettes ? Chacun sait comment ledit prodige a su profiter des fautes de ses adversaires, et d’abord celles de Hollande, pour se retrouver à l’Élysée.

On ne saurait, sans une mauvaise foi punique, reprocher audit « prodige » de n’avoir rien annoncé. En six mois, il a beaucoup annoncé. Seulement, après plus d’une année de promesses électorales continues, les Français ne cachent pas leurs doutes, notamment les plus épuisés, les familles, les paysans… Néanmoins 45 % des Gaulois changeants, « râleurs » congénitaux, accorderaient encore leur confiance au président. Donc pas de détériorations trop visibles pour l’instant, mais des veilleurs ont repéré des signes avant-coureurs d’échecs et de mécontentements devant des mauvais choix, des maladresses, des erreurs, de vraies fautes. La liste des mécontents s’allonge : « les déçus périphériques, les cocus de la mondialisation… les paysans ruinés, les militaires, plus précisément le CEMA (chef d’état-major des armées) publiquement morigéné par le président… les fonctionnaires oubliés, les journalistes virés » (J.-P. Brighelli). Ajoutons les familles saignées par le fisc « républicain », les cadres prolétarisés, etc. La fin de l’année apportera sans doute des signes de reprise.

Jacques DE KREMER

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