Faut-il conjuguer le verbe harceler à tous les temps ?

Le monde entier ne parle plus que de cela. Pas un jour sans le scandale du harcèlement sexuel, vrai ou présumé, d’une célébrité : Pierre Joxe accusé par la fille d’Éric Besson, Gilbert Rozon, producteur canadien, mais aussi Tariq Ramadan, Georges Bush père, Christophe Arend, député d’En Marche, ou Terry Richardson, photographe de mode. Et la liste ne cesse de s’allonger !

Lu pour vous dans l’Echelle des Valeurs.

Tous les hommes se réduiraient-ils à leurs pulsions sexuelles ? Le problème est là parce que la réponse binaire : oui et non !
Oui parce qu’il y a en nous le mâle chez lequel l’indispensable désir naissant au fond des entrailles surgit à la sollicitation. Non, cependant, en raison de l’éducation et des règles sociales.
Pour rendre nos sociétés vivables, très vite, les religions et les codes ont imposé des règles comme celles du mariage et de l’interdit théorique de relations sexuelles en dehors de cette institution. Certains sont allés jusqu’à cloîtrer les femmes, comme autrefois beaucoup de sociétés méditerranéennes. Pire, à leur imposer un voile et une robe ample tombant bas pour dissimuler leurs appâts. Afin de ne pas tenter le diable en somme.
En Occident, on a aussi enseigné l’amour courtois aux chevaliers. La « drague » en fait, mais laissant l’usure du temps faire tomber les défenses, qui souvent ne demandent qu’à tomber, de la belle assiégée. De frustration, le désir en devenait agréable, canalisé, il se transformait même en inspiration pour les artistes. Puis le romantisme est venu, enfin la société bourgeoise.
Mai 68 a lui offert un sexe rapide, avec des femmes s’offrant sans cérémonie. Pire, celles-ci se voulaient les égales des hommes sur ce plan aussi, quand la montée du désir prend chez elles son temps. Quand elles sont la rivière qui se love dans la plaine, face au torrent surgi des montagnes.
La mode tendant à découvrir les corps féminins et à mettre un peu plus en valeur leurs formes, les porcs, eux, se sont crus le droit de cuissage du gourmand devant une pâtisserie aux vitres baissées. Et plus ils étaient frustrés, plus ils étaient violents dans leur quête de jouissance. Plus ils avaient de pouvoir, plus ils cherchaient la griserie de la puissance dans des étreintes imposées.
Aux femmes, nous n’aurons qu’une chose à dire : ne rêvez pas, le monde n’est pas celui imaginé par les bobos parisiens ! Lisez plutôt l’interview donnée par Juliette Binoche. Elle dit de sa relation de travail avec Harvey Weinstein : «À l’époque, je ne me suis jamais sentie en danger avec lui, car je pense que j’étais déjà armée. La seule fois où j’ai entendu une insinuation sexuelle verbale de sa part (…), j’ai répondu immédiatement par un revers de balle hors jeu».
En clair, elle a montré sans attendre qu’elle n’entrait pas dans le délire de Weinstein. Aussi simple que cela. Beaucoup de femmes ne le font pas. Pire, certaines, croyant pouvoir surfer sur le désir du porc, l’aguiche pour bénéficier d’avantages de carrière. Il ne faut pas non plus oublier cette réalité.
N’empêche, ce déferlement d’accusations de harcèlements sexuels a quelque chose de malsain. Après des années de silence, il prend des airs de délations revanchardes. Et puis, à toujours reculer les limites du mâle, n’y a-t-il pas, à la fin, risque de castration de la gent masculine. Du moins pour les « classes moyennes », celles qui paient toujours le plus !

L’Echelle des Valeurs n°180 de novembre 2017.

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