Lundi soir, tandis que Muriel Pénicaud, ministre du Travail, tentait, en vain, à Bruxelles, d’imposer les vues de Macron sur les travailleurs détachés, les députés français, à Paris, traitaient eux aussi de l’Europe. Mais dans une autre perspective. Si Muriel Pénicaud était censée défendre les intérêts français, une majorité de députés défendait ceux, financiers, de l’Union européenne. En effet, ils ont voté l’article 27 du projet de loi de finances qui fait passer la contribution française au budget européen à 20,2 milliards d’euros, après 18,7 milliards pour 2017 soit un bond de quelque 10 % ! Le taux d’inflation dans l’UE étant estimé à 1,5 % en 2017.

Lu pour vous dans Présent.

Si les députés se réclamant de l’opposition ont déposé des amendements et élevé parfois des objections à certains aspects du budget présenté, ce ne fut pas le cas pour l’Europe : les prétendus opposants de LR et du PS ont voté avec la majorité, à l’unisson des constructifs, du MoDem, et, bien entendu, de La République en marche, l’européanisme qui les unit est plus grand que les quelques problèmes qui les opposent encore. C’est pour cela que la présidente de la commission des Affaires étrangères, Marielle de Sarnez, bras droit de Français Bayrou, pour les inciter à « bien » voter, a déclaré que cette hausse est « avant tout un oui à l’Europe ». Les élus du Front national et ceux de la France insoumise ont donc dit non.

Depuis 25 ans, les versements de la France à l’UE n’ont cessé d’augmenter, passant de 3,7 % du budget en 1982 à plus de 7 % en 2017. Cela est dû non seulement au statut avantageux des fonctionnaires européens, dont le salaire moyen est de 6 500 euros, mais aussi aux divers traités de libre-échange qui privent l’Europe de recettes, en l’occurrence de droits de douane.

On nous explique régulièrement, et cette fois encore, que si la France abonde de façon importante le budget de l’Union européenne, celle-ci nous donne aussi beaucoup. Notamment dans le domaine agricole l’UE « accompagnant massivement l’agriculture, sa modernisation ainsi que le développement rural », nous dit-on. Les intéressés ne s’en aperçoivent guère, eux dont la condition n’a jamais été aussi dramatique. Un agriculteur français sur trois gagne 350 euros par mois et l’on constate plus de 300 suicides par an, presque un par jour !

Le compte n’y est pas. Avec l’Europe, il ne l’est jamais ! En 2017, la France était deuxième contributeur net au budget de l’UE, après l’Allemagne, ce qui signifie qu’elle donne plus qu’elle ne reçoit, mais c’est « normal », dit-on à Bruxelles parce que nous sommes un pays « riche. » Nous allons en être en 2018 de six milliards de notre poche ! Or, pour « sauver » la Sécurité sociale, le ministre de la Santé, Agnès Buzyn, a annoncé un plan d’économies drastique de trois milliards, les hôpitaux devront se serrer la ceinture, tout comme les familles « aisées » qui vont en être de leur poche, pour remplir, celles, percées, de l’Union européenne. Quand on aime l’Europe, on ne compte pas…

Guy Rouvrais

Présent n°8974 du 26 octobre 2017

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