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Mais qui donc a parlé ?

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Mais qui donc a parlé ?

Devant le Congrès réuni à Versailles le 3 juillet, Emmanuel Macron a-t-il parlé en président de la République, en Premier ministre, en chef de parti, en prince-philosophe ? De tout un peu et en même temps.

Lu pour vous dans Royaliste

Il y a Versailles, le Roi-Soleil, la Cour et le fatras de clichés déversés à longueur d’antenne mais toute cette imagerie ne pouvait dissimuler la manœuvre grossière par laquelle Emmanuel Macron, à la veille de la déclaration de politique générale de son Premier ministre, s’est affirmé comme le seul vrai chef du gouvernement et de la majorité.
Au nom de quoi ? D’un mandat que l’élu du 7 mai aurait reçu du peuple français pour les «réformes» qu’il souhaite accomplir. Ce qui revient à prendre d’entrée de jeu la place du Premier ministre, chef d’une majorité élue sur un programme alors que le seul mandat qui peut être confié au président de la République consiste à exercer les fonctions qui lui sont prescrites par la Constitution selon les principes d’arbitrage, de continuité de l’Etat et d’indépendance de la nation.
Les longs passages soigneusement rédigés par son porte-plume (Sylvain Fort, le conseiller «Mémoire» dont nous aurons à reparler) visent à camper Emmanuel Macron en prince-philosophe. Nous sommes loin du compte. Certains passages éthérés du discours présidentiel laissent entrevoir une très vulgaire opération de triangulation qui consiste à récupérer l’idée-force d’un adversaire pour l’inscrire dans sa propre démarche et lui faire dire le contraire de ce qu’elle semble annoncer. C’est ainsi que le concept de souveraineté a été récupéré, non pour mettre en question les traités européistes et l’Otan, mais pour faire croire qu’un pays était souverain quand il était en ordre sur le plan budgétaire et en matière de « réformes ». Même opération de récupération sur le thème de la justice sociale — déjà éventée par les ordonnances destinées à organiser la casse sociale.
Nous aurons à examiner en détail les projets de réforme constitutionnelle. Notons pour le moment que la réduction du nombre de parlementaires conduit à tailler de plus grosses circonscriptions, qui avantagent les grands partis : le patron de La République en Marche est ici à la manœuvre. La réforme du Conseil Économique est ridicule : on veut transformer cette assemblée, qu’il faudrait supprimer, en une « grande instance consultative» qu’elle est déjà.
L’été confirmera ou infirmera ces premières remarques que je conclus par une cuistrerie de dîner-en-ville : tel le dieu de Descartes, le Macron s’avance masqué. Et voilà, c’est pas difficile de faire des phrases inspirées…

Sylvie FERNOY

Royaliste n°1126 été 2017

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