Recension du livre de Levieux et Meillan sur la guerre numérique.

Lu pour vous dans Rivarol

La dernière offensive de “cyberattaque” vient à peine de se dérouler qu’elle commence à s’effacer des mémoires, sans que des conclusions pratiques en soient tirées. A croire que les innombrables utilisateurs d’ordinateurs se sont persuadés que « ces choses sont rudes, il faut pour les comprendre avoir fait des études », et que, somme toute, ces actes hostiles concernent plus les gouvernements qu’eux-mêmes, et qu’il n’y a pas de parade. Pourtant, si, il en existe. La défense numérique peut s’exercer, à condition d’abord de s’en informer, ce qui fait frémir beaucoup d’entre nous, qui pensent que trop de charlatans s’intitulent professeurs de sécurité, et qu’ils jetteront de l’argent par les fenêtres et perdront du temps, sans être plus avancés. En fait, il convient avant tout de s’informer au sujet du phénomène, certes redoutable, mais qui s’explique, et la compréhension fait jaillir les solutions.
La lutte contre la sale guerre numérique a incité deux spécialistes, François Levieux et Eric Meillan, à transmettre leur expertise à tous les “décideurs” et, au-delà, à toutes les personnes concernées, du domaine de la sécurité informatique. Sans faire défiler toutes leurs carrières très remplies, signalons que le polytechnicien et docteur ès sciences Français Levieux a été directeur technique entre autres dans le groupe de défense Thalès, une référence impressionnante, et qu’Eric Meillan, pour sa part, exerça en particulier un rôle essentiel au Service central de la Sécurité des Systèmes d’Information (SCSSI). Voilà qui peut faire peur à ceux qui redoutent de se confronter à des langages de techniciens. Qu’ils soient rassurés, la langue des auteurs s’avère claire et dénuée de tout pédantisme d’initiés.

UNE ENCYCLOPÉDIE ASSIMILABLE EN UN VOLUME RÉDUIT

Les auteurs d’attaques sont cernés quantitativement, définis quant à leurs menaces dans des domaines très variés. Leurs champs d’action, leurs objectifs, sont énumérés, la vacuité des responsables de cibles privilégiées qui ne prennent pas les précautions les plus élémentaires soulignée. La force des habitudes prises depuis très longtemps, avec les insouciances qui en résultent, le décryptage du jargon, l’historique et la signification des évolutions, la clarification des éléments à surveiller (en général, pas ceux que l’on croit), les différences entre les menaces, les pratiques des grands Etats, Etats-Unis d’Amérique en tête, répertoriées, de même que les pièges dans lesquels nous nous enfermons, le problèmes des objets connectés ou le rôle des “grands”, du Big Data et des Etats, l’hygiène informatique et la « défensive en profondeur », la gestion des personnels concernés et l’impact social, bien d’autres zones et sujets sont traités. Dans un volume restreint, sans “overdose”, le livre a la valeur d’une encyclopédie, et apparaît comme un véritable manuel pratique qui ne sacrifie pas la nécessaire théorie pour autant.
Des annexes pratiques complètent des textes qui ne laissent rien dans l’ombre. Survivre à la guerre numérique, voilà un ouvrage qui ne devrait pas être réservé à quelques grands patrons, mais devrait être consulté par tous ceux qui évoluent dans le monde numérique, si peu que ce soit. Face aux pirates saboteurs avides de rançons, l’antidote premier réside dans la connaissance des périls. Il y a urgence.

Nicolas TANDLER

Rivarol n°3291 du 13 juillet 2017

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