De Luther à Fatima en passant par la… maçonnerie

De Luther à Fatima en passant par la… maçonnerie

Dans le n° 66 (janvier 2017) du bulletin Le Belvédère de Saint-Nicolas [1], M. l’abbé Grégoire Chauvet souligne la concordance des différents anniversaires qui jalonnent notre année 2017. Le 500e de l’apparition du protestantisme (1517) avec la publication des 95 thèses hérétiques de Luther. Le 300e de la fondation officielle (1717) de la franc-maçonnerie. Le centenaire de la révolution bolchevique en Russie (1917), dont sera issu le communisme qui a répandu la terreur (des centaines de millions de victimes) sur le monde pendant des décennies. Et, enfin (toujours en 1917), le miracle de la belle apparition de la Vierge Marie à Fatima.

« Que de drames et de triomphes passagers mais meurtriers des ennemis de Notre-Seigneur ! Bien pires que les offensives de la Grande Guerre ont été les dommages irréparables causés dans les âmes par les erreurs du communisme, de la franc-maçonnerie et du protestantisme ! Quelles pertes nombreuses d’âmes séduites par elles ! », dit, à juste titre, M. l’abbé Chauvet.

Protestantisme

Il y a de quoi être effarés en constatant que les instances dirigeantes du Vatican ont pris la décision de s’unir à la « célébration » des 500 ans du luthérianisme. A ce propos, il y a lieu de « rafraîchir les mémoires », ce qu’a fait l’un de nos correspondants qui nous a transmis la reproduction d’un document diffusé en 1983 (pour le 500e anniversaire de la naissance de Luther), signé de M. l’abbé Coache, lorsqu’il était directeur de la publication Le Combat de la Foi (dont le siège se trouvait, à l’époque, dans les locaux de la Maison Lacordaire, à Flavigny-sur-Ozerain, en Côte d’Or).

Il s’élevait, avec véhémence, contre la couverture de La Documentation Catholique, titrée en gros caractères : « Martin Luther, témoin de Jésus-Christ », accompagnée du commentaire suivant : « On redécouvre Luther, on commence à le reconnaître comme un maître de la foi, comme un héraut du renouveau spirituel » ! Le document de M. l’abbé Coache est net, clair et sans bavure pour rappeler quels furent les paroles et les actes de Luther. Nous ne pouvons le reproduire dans sa totalité (ce qui serait pourtant très révélateur), mais tenons à en donner un condensé.

Il était, sans équivoque possible, hérésiarque, ennemi de l’Église, prêtre défroqué (qui a extrait une religieuse cloîtrée de son couvent pour l’épouser), religieux apostat, ordurier et débauché. Il a prononcé à l’encontre du pape et de la messe catholique des propos scandaleux (« j’affirme que tous les lupanars, les homicides, les vols, les adultères sont moins mauvais que cette abominable messe »). Il suffit, n’en rajoutons pas. Nous sommes effondrés de constater que cet homme bénéficie d’une telle bienveillance et puisse être salué par certains hauts prélats de l’Église catholique contemporaine !

Lire à ce propos le n° 100 (printemps 2017) de la revue Le Sel de la terre : « 1517-2017. 500 ans de subversion protestante ». Il développe sur près de 200 pages ce que disait Mgr  de Ségur dans ses Causeries sur le protestantisme d’aujourd’hui : « Le protestantisme mène à la révolution ; il est essentiellement, intrinsèquement révolutionnaire ».

Ce numéro poursuit et complète le précédent numéro 99 entièrement consacré à Luther. Ces deux numéros peuvent être commandés à notre librairie DPF.

Franc-maçonnerie

Pour cette secte, la position n’a rien à voir, puisque depuis sa création en 1717, elle s’est ouvertement affichée comme l’adversaire déclarée du christianisme (ses fameux « trois points » sont clairement l’expression caricaturale de la Sainte Trinité). Nous tenons à rappeler ces faits devant le déferlement de propagande qui se répand, sans vergogne pour souligner son tricentenaire, à commencer par l’allégeance de F. Hollande venu faire révérence devant ses instances suprêmes, le 27 février dernier (c’est la première dans notre histoire qu’un président de la République en exercice se rendait officiellement au siège du Grand Orient de France, à Paris).

Il ne faut pas oublier que la plupart des lois de persécution contre notre société traditionnelle émanent de « travaux préparatoires » concoctés dans le secret des loges : laïcisation, persécution contre les établissements et les congrégations religieux, spoliation des biens de l’Église, lois sociales contemporaines, avortement, euthanasie, « mariage pour tous » et tant d’autres… Et n’omettons surtout pas de rappeler que la chute et la mort du roi Louis XVI sur l’échafaud sont une décision purement maçonnique (décidée quelques dizaines d’années seulement après sa création ! Cela n’a pas tardé ! ) [2]. Les historiens les mieux avisés ne mettent aucunement en doute (n’en déplaise à certains…) la certitude de l’entière responsabilité maçonnique dans le déclenchement, le déroulement et les funestes conséquences de la « Révolution de 89 ».

De Luther à Fatima en passant par la… maçonnerie
Mémoires pour servir à l´histoire du jacobinisme (2 volumes)

Lire, relire, étudier à ce propos le livre lucide et très éclairant de l’abbé Augustin Barruel, Mémoires pour servir à l’histoire du jacobinisme (réédité, en 1973, par les Éditions de Chiré (plus de 150 ans après sa précédente édition, en 1818). Il a depuis été réimprimé à deux reprises (2005 et 2013), dans des versions revues, corrigées de quelques erreurs minimes et, surtout, augmentées de pertinentes introductions et présentations de notre ami Christian Lagrave, dont nous reproduisons ce seul court extrait : « (…) Pour ceux qui savent dans quels colloques discrets, les adversaires apparents qui contrôlent la vie politique du monde se retrouvent fraternellement mêlés sous le signe de la démocratie universelle pour préparer l’avènement du gouvernement mondial ; pour tous ceux-là, s’ils sont des adversaires de la Révolution, s’ils sont de bonne foi et n’ont pas d’écailles sur les yeux, aucun doute n’est possible : Barruel avait vu juste, il a été pleinement prophète en son temps, il mérite aujourd’hui, plus que jamais, d’être mis au rang des historiens de l’avenir ».

Depuis sa création en 1966, la librairie DPF s’est attachée à la diffusion des livres anti-maçonniques (Léon de Poncins, Henry Coston, etc.) et à la réédition de certains d’entre eux. Parmi ceux disponibles de nos jours, mentionnons, La Franc-maçonnerie d’après ses documents secrets [3], ainsi que Christianisme et Franc-maçonnerie [4] de Léon de Poncins et La Franc-maçonnerie et les projets Ferry [5], d’E. d’Avesne. Lisez, complétez vos bibliothèques avec des ouvrages de fond qui vous révèlent le « dessous des cartes » : ne vous contentez pas des innombrables paroles et images qui volent (internet, media contemporains, etc.), privilégiez et étudiez les écrits qui restent et auxquels vous pouvez vous référez à tout moment.

La Rochejaquelein

Jusqu’où les franc-maçons ne vont-ils pas imposer leur toupet ? L’édition du 23 mars 2017 du quotidien régional Le Courrier de l’Ouest (diffusé dans les Deux-Sèvres) rendait publique l’information selon laquelle une loge maçonnique vient d’être créée et porte le nom de « Général de La Rochejaquelein ». En voici résumées les étapes : il existe à Thouars (Deux-Sèvres) une loge « Général Pierre Quétineau », émanation de l’instance supérieure, la Grande Loge nationale française, dirigée dans notre région par Philippe Fontaine, grand maître provincial d’Aquitaine. « La loge général Quétineau, dit-il, prospère depuis quelques années à Thouars ; elle compte une trentaine de frères. Il était temps qu’elle essaime. Nous avons choisi Bressuire, une ville en pleine expansion » (NDLR : à 30 km à l’ouest de Thouars, dans le même département, en plein territoire « vendéen »).

De Luther à Fatima en passant par la… maçonnerie
Henri de La Rochejaquelein

Cette nouvelle loge a reçu le nom du général de La Rochejaquelein, né en 1772, au château de La Durbellière, à Saint-Aubin de Baubigné qui s’est particulièrement distingué dans sa région d’origine à la tête des Armées catholiques et royales, dont il avait été nommé généralissime en chef, pendant les combats des Guerres de Vendée. Il était à la tête des troupes qui luttaient « pour Dieu et pour le roi », les deux ennemis jurés des franc-maçons ! Il s’est trouvé directement opposé à Quétineau, général bleu (républicain), lors de batailles (en particulier celle des Aubiers, remportée par les royalistes, le 13 avril 1793). Il est évident qu’il ne pouvait y avoir rien de commun entre ces deux hommes. Cela n’a pas empêché les initiateurs de cette récente création maçonnique d’affirmer, aux dires de Philippe Fontaine, que « ce choix permet à ces deux noms de se retrouver liés une nouvelle fois par les serments de la franc-maçonnerie » ( !) Et le rédacteur du Courrier de l’Ouest de rajouter en conclusion de son article : « le choix de ce nom est avant tout le fruit d’une rencontre, celle de l’un des descendants de La Rochejaquelein, qui a rejoint la loge thouarsaise Pierre-Quétineau, il y a quelques années » (il semble ignorer que « l’Archange de la Vendée », tué en 1794, à l’âge de 21 ans, est mort sans descendance…).

Afin de lever toute ambiguïté à ce sujet, nos amis de l’association Vendée Militaire (2 avenue de la Gare, 43123 Ingrandes-sur-Loire, [email protected]) ont publié une mise au point très nette, affirmant que « cette appartenance maçonnique nous paraît suspecte. Monsieur Henri semble un peu jeune pour avoir été initié ». Elle est complétée par des informations établissant qu’il y a une confusion (délibérée ?) avec un autre membre de la même famille, et récusant ce qui a été publié par certains auteurs de livres qui ont laissé courir le bruit de l’initiation maçonnique du héros vendéen ! Ainsi est mentionnée l’existence d’un neveu de M. Henri (fils de son frère Louis) : «  Henri-Georges-Auguste, marquis de La Rochejaquelein (1805-1867), pair de France, député dans différentes assemblées, sénateur, rallié au Second Empire et membre du Grand-Orient de France ». Mais il n’est précisé nulle par que ce dernier n’eût jamais été général !

Voyez comme il est aisé de laisser planer le doute quand il s’agit de déconsidérer des personnes peu appréciées des loges maçonniques…

Le pape et la F∴M∴

Le Forum Catholique (5 mai 2017) reproduit un article de Sandro Magister, « Les Maçons font l’éloge du pape. Mais lui les voit comme la peste », rappelant quelques déclarations de François, dont celle-ci, à Turin, en juin 2015 : « Dans cette région, à la fin du XIXe siècle, la maçonnerie battait son plein et même l’Église ne pouvait rien faire, il y avait les anticalotins, mais aussi les satanistes… C’était un des moments les plus sombres et des endroits les plus sordides de l’histoire de l’Italie. Mais regardez un peu combien de saints et de saintes sont nés à cette époque. Pourquoi ? Parce qu’ils se sont rendu compte qu’ils devaient aller à contre-courant de cette culture, de cette façon de vivre ».

« En privé, le pape est souvent revenu sur ce sujet. La Maçonnerie est sa bête noire, déjà à l’époque où il vivait en Argentine. Il ne tolère pas qu’elle s’infiltre dans l’Église et il est absolument convaincu qu’elle est présente au sein de l’Ordre des Chevaliers de Malte et qu’il faut l’en extirper ». Là se trouve, pourrait-on penser, la raison pour laquelle il est intervenu dans les évictions de certains de ses membres ?

De Luther à Fatima en passant par la… maçonnerie
Christianisme et Franc-Maçonnerie

« Dans sa lettre du 1er décembre 2016 au cardinal Burke, le patron de l’Ordre, figure un passage qui, aux yeux d’un expert, fait directement allusion à la franc-maçonnerie. C’est le premier des points sur lesquels François exige une réforme de l’Ordre : “ En particulier, il faudra éviter que ne s’introduisent dans l’Ordre des manifestations de l’esprit mondain ainsi que l’appartenance à des associations, des mouvements et des organisations contraires à la foi catholique ou d’orientation relativiste. Si de tels faits devaient se vérifier, les Chevaliers qui feraient éventuellement partie de tels associations, mouvements et organisations seront invités à retirer leur adhésion, cette dernière étant incompatible avec la foi catholique et avec l’appartenance à l’Ordre” ».

Il semble que dernièrement, il ait revu sa position qui n’est plus aussi semblable à ce que nous venons de lire, puisque «  dans sa lettre adressée aux grands électeurs chargés de désigner un nouveau lieutenant Grand Maître, on ne trouve aucun ordre explicite visant à purger l’Ordre de la maçonnerie (…) Mais il ne fait cependant aucun doute que Jorge Mario Bergoglio est profondément hostile à la franc-maçonnerie et qu’il redoute comme la peste qu’elle n’infiltre l’Église, au point de voir des maçons là où il n’y en a peut-être pas. Ce qui est, en revanche, plus étrange, c’est l’enthousiasme que manifeste la maçonnerie envers ce pape. Il s’agit d’un véritable concert de louanges sans précédent pour aucun des papes qui l’ont précédé ».

Jérôme SEGUIN

[1] – Prieuré Saint-Nicolas, 60 bis rue Français, 54000 Nancy, tel. 09 53 84 61 70.

[2] – Voir à ce propos les deux livraisons de Lecture et Tradition (nos 191 et 192, janvier et février 1993) présentées par Christian Lagrave, 1793-1993 : anniversaire d’un régicide maçonnique.

[3] – Éditions de Chiré, 2014 (6e édition, d’après l’édition de 1970).

[4] – Éditions de Chiré, 2010 (d’après l’édition de 1975).

[5] – Éditions de Chiré, 2016 (nouvelle édition du livre publié pour la première fois en 1879, augmenté d’un index des noms cités).

De Luther à Fatima en passant par la… maçonnerie
Luther, Calvin, Ferry et le Lutherrorisme
De Luther à Fatima en passant par la… maçonnerie
Henri de La Rochejaquelein
De Luther à Fatima en passant par la… maçonnerie
N°191 Janvier 1993 – 1793-1993 : un régicide maçonnique (1re partie)
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