Familier du monde des affaires, Emmanuel Macron est exposé à des conflits d’intérêts dont cet aperçu n’a vraisemblablement rien d’exhaustif.

Lu pour vous dans L’Action Française 2000

L’ONG Sum0fUs a publié un dossier de trente et une pages traitant des conflits d’intérêts pesant sur les quatre principaux candidats à l’élection présidentielle. Emmanuel Macron y figure en bonne place : son « ni droite, ni gauche » n’est pas l’expression d’une indifférence au Capital. Il a été banquier d’affaires chez Rothschild puis associé-gérant. Ce qui signifie qu’il a participé aux fusions-acquisitions de plusieurs grands groupes comme Presstalis, Sofi-protéol et Siemens IT (repris par Atos). Il a piloté notamment le rachat des laits infantiles de Pfizer au détriment de Danone — une transaction évaluée à neuf milliards d’euros. Cette expérience l’a suffisamment marqué pour qu’il désire assouplir la législation bancaire, accusée d’encadrer les risques aux dépens des investissements dans l’économie. Installé à l’Élysée, il pourra donc filer un coup de main à Rothschild.

Bergé, Attali et compagnie
Lorsqu’il était banquier, Emmanuel Macron a aussi conseillé gratuitement la Société des rédacteurs du Monde lors de son rachat par Pierre Bergé, Xavier Niel et Matthieu Pigasse — avec l’aide bienveillante d’Alain Minc, qui l’avait pistonné pour intégrer la banque Rothschild. Bien évidemment, c’est donc par hasard que Pierre Bergé a soutenu sa candidature à l’élection présidentielle. Tout comme Jacques Attali, dont Macron avait été le rapporteur de la commission. Devenu ministre de l’Économie, il en avait appliqué les préconisations concernant les experts-comptables. Au risque, précisément, de susciter des conflits d’intérêts. Comme dans le scandale Enron. Lorsqu’il était à Bercy, à la faveur de la loi Sapin II, Emmanuel Macron a aussi donné un petit coup de main aux grands groupes du BTP répondant aux commandes publics. Il est dès lors difficile de penser que ceux-ci ne portent pas un regard favorable sur sa candidature.

Grands patrons à foison
Dans son entourage, outre ceux déjà cités, on trouve des dirigeants de grandes entreprises : Alexandre Bompard (Fnac-Darty), Georges Plassat (Carrefour), Pierre Pringuet (Pernod Ricard), Philippe Wahl (La Poste), Paul Hermelin (Capgemini), Frédéric Mazzella (Bla-BlaCar), Éric Carreel (Withings). Parmi les membres d’En marche, il y a aussi Jean-Jacques Mourad : ce cardiologue a démissionné de son poste de porte-parole en raison de sa trop grande proximité avec les laboratoires Servier. Benjamin Griveaux, un autre porte-parole, a travaillé chez Unibail-Rodamco, groupe de communication immobilière qui aurait profité d’une ordonnance de Macron. Quant à Didier Casas, directeur adjoint de Bouygues Telecom, il a pris un congé sans solde pour intégrer le «pôle idées» d’En marche. La liste est encore longue… On pourrait évoquer Richard Ferrand, qui a fait passer dans la loi Macron un amendement sur le secret des affaires limitant dramatiquement l’investigation des journalistes et autres lanceurs d’ alertes. Cependant, à propos d’Emmanuel Macron, la question la plus croquignolesque reste celle du financement de sa campagne électorale.

Francis VENCITON

L’Action Française 2000 n°2954 du 4 au 17 mai 2017

I-Moyenne-24334-n-720-avril-2017-une-enquete-sur-la-democratie-moderne.netN° 112 de juin-juillet 1966 : Les grandes manœuvres des élections

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