Le débat qui a précédé le second tour des élections présidentielles de 2017 fut très révélateur des différences de personnalité entre les deux candidats. Un monde semble les séparer…

Lu pour vous Présent

Pour Marine Le Pen, ce débat fut d’abord un combat pour pouvoir s’exprimer malgré les interruptions continuelles de son interlocuteur sans que les journalistes, impuissants, dépassés, l’en empêchent ! Au-delà du contenu de leurs projets, les téléspectateurs ont pu découvrir la personnalité des deux candidats à travers leur attitude, il y avait la patriote et le banquier.
Macron, condescendant, arrogant, suffisant, promenait un regard hautain, ironique, amusé, quand, avec son cœur et sa force, de conviction patriotique s’exprimait sa concurrente. Il était le prof qui attendait la faute, ou ce qu’il croyait tel, pour infliger un zéro pointé à l’élève, « indigne », qu’il n’a pas toutefois osé taxer d’« illettrée » comme il le fit des salariés de Gad. C’était aussi le premier de la classe qui faisait la leçon au cancre. Ce fut tour à tour l’énarque et le banquier qui s’exprimèrent dont l’objectif n’était pas d’éclairer les Français mais de prendre en défaut Marine Le Pen pour rassembler… contre elle. En vain !
Si le financier a jonglé avec les chiffres, en pro du tiroir-caisse, ce fut un long et épais silence sur le terrorisme islamique et sa connivence avec le fondamentalisme musulman. Il n’a pas nié — et pour cause — avoir reçu et accepté le soutien de l’UOIF dont les orateurs, dans les congrès, reprennent et défendent des thèses inacceptables et dangereuses, contre les juifs les « mécréants » et prônent l’humiliation des femmes. Mais Macron attendra que ceux que l’UOIF influence passent à l’action violente — quand il sera trop tard — pour dissoudre cette filiale des Frères musulmans !
Or, si le chômage préoccupe les Français, s’ils sont las de la servitude dans laquelle Bruxelles tient la France, leur première préoccupation, c’est leur sécurité face à la terreur islamique. Mais il n’y a rien là-dessus dans le programme d’En marche, il n’est que de se reporter à la page 15 de la brochure diffusée aux électeurs pour s’en rendre compte. Comme rempart contre le terrorisme, il se contente de vouloir créer « avec nos partenaires européens » 5000 garde-frontières.
Néanmoins, perdant ses nerfs, il a annoncé : « J’éradiquerai le terrorisme ! » sans doute avec un pistolet à eau. Comme il veut mettre à la raison les « sauvageons » des banlieues en leur infligeant des amendes, ils doivent en rire encore ! Ils en ont déjà une tonne — jamais payées — pour fraude dans les transports en commun et qui leur servent de papier pour fumer des « pétards » ! Macron, on le voit aussi à cela, vit dans un autre monde, celui de la Rotonde, qui ignore tout de l’autre dans lequel souffrent les Français et que défend, seule contre tous, Marine Le Pen.
Elle a bien démontré qu’il est le mandataire de la haute finance mondialisée, il prétend protéger nos compatriotes, mais il les laisse sans défense, toutes frontières étant ouvertes aux prédateurs financiers. Les seuls qu’il veut faire payer ce ne sont pas les banques, les spéculateurs mais les… retraités avec une hausse de 1,7 % de leur CSG, comme s’ils étaient des riches !
Les commentateurs, tous, ou peu s’en faut, acquis à Macron lui ont décerné la palme du vainqueur, s’en prenant à Marine, dénonçant ses prétendus « mensonges » ou son « incompétence », qui devraient entraîner sa défaite. Très exactement ce qu’on avait entendu Outre-Atlantique après le dernier débat Clinton-Trump. On connaît la suite…

Guy ROUVRAIS

Présent n°8885 du 5 mai 2017

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