Journées chouannes 2016 – 05 – La révolution et le droit

Au lieu d’être l’objet de la justice et de l’équité le droit est aujourd’hui devenu l’instrument d’une domination idéologique. Jean-Louis Harouel, Marie-Pauline Deswarte et Thierry Bouclier déplorent qu’en conséquence directe des inversions idéologiques issues de la Révolution française, les notions d’individualisme et d’intérêt individuel ont pris le pas sur les notions de charité et de bien commun. Avec toutes les conséquences juridiques et sociales que cela implique…

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Table ronde avec Jean-Louis Harouel, Marie-Pauline Deswarte et Thierry Bouclier, dirigée par Jean-Baptiste Geffroy.

Extraits :

Marie-Pauline Deswarte :
Je vais essayer d’être la plus simple possible, la plus claire possible.
Le bien commun c’est une notion morale. On remonte généralement à Aristote : « Le bien est la cause finale de toute chose, et toute chose, tout organisme tend vers son bien ». L’homme tend vers son bien et la société tend vers son bien. Dans la famille de pensée dans laquelle nous sommes, nous le savons très bien.
Cela concerne l’ordre juridique.
L’ordre juridique doit tendre au bien commun. Ce bien commun c’est un bien matériel, moral, intellectuel, spirituel. L’État a donc sa place là-dedans.
L’État a vocation à pourvoir aux intérêts qui sont compris dans ce bien commun. On est tout-à-fait d’accord. Il faut aller un petit peu plus loin.
Pourquoi un bien ? Parce qu’il correspond à notre nature. À la nature humaine. Ce bien commun aide au développement de notre nature. Il est la cause des biens particuliers qui sont les nôtres. Il conditionne ces biens. Donc ce bien commun appartient à chacun, puisqu’il est la cause de ces biens particuliers, mais ce n’est pas le bien total de l’individu. Voyez, on avance un petit peu plus.
On voit que cela regarde le pouvoir politique parce que ce bien commun, puisqu’il est commun, est aux fondements du pouvoir politique.
Il est transcendant le bien commun, par rapport au bien particulier. C’est cela qui donne à l’autorité politique sa transcendance. Mais en même temps c’est terrible parce que vous allez dire : on est à la merci du pouvoir politique !
Mais non, parce qu’en même temps, le bien commun limite le pouvoir politique. C’est le bien de la personne humaine. Que doit faire l’État ?

Thierry Bouclier :
Cette loi Pleven, a introduit des notions tout-à-fait pernicieuses en droit, dans la mesure où dorénavant, sur le fondement de cette loi Pleven, on est passé d’un droit objectif, à un droit subjectif. On ne juge plus des faits, on juge des sentiments.
Le juge a le droit et même le devoir d’aller fouiller les pensées et les arrières pensées du peuple. Surtout, cette loi Pleven a mis à mal le principe selon lequel la loi pénale est d’interprétation restrictive.
Trois effets néfastes pour cette loi :
Tout d’abord, en termes de distinction qui est faite entre l’étranger et le national.
La loi Pleven de 1972, guidée encore une fois par une volonté idéologique bien compréhensive en 1972, cette loi Pleven interdit dorénavant toute distinction entre le national et l’étranger. En quelque sorte c’est une abolition des frontières, et cette loi Pleven remet en avant la grande idée des révolutionnaires qui était la mise en avant du genre humain, qui s’oppose bien évidemment à la notion de citoyen ou de national.
Cette loi Pleven a également (deuxième effet néfaste) restreint considérablement la liberté d’expression puisque vous savez tous que les fameuses « ligues de vertu » écoutent ce que l’on dit, lisent ce que l’on écrit et, bien évidemment, si on ne veut pas se retrouver devant une juridiction, il faut faire extrêmement attention (que l’on soit écrivain ou journaliste), à ce que l’on écrit et à ce que l’on dit.
Ensuite, le troisième effet particulièrement néfaste de cette loi Pleven, c’est que cette grande loi en a appelé d’autres. Finalement c’est précisément à partir de là, à partir de la loi Pleven, de l’idée de la loi Pleven, que sont arrivées ces fameuses lois mémorielles, qui sont là pour sanctionner toutes les personnes qui voudraient remettre en cause un certain nombre d’éléments du passé, érigés en dogmes.

Jean-Louis Harouel :
À partir du XIXe siècle on est revenu à une conception plus classique du droit.
Les droits de l’homme, pendant tout le XIXe siècle et une partie du XXe siècle, ne s’appliquaient que dans la mesure où le législateur les inscrivait dans le droit positif.
En réalité, le législateur a surtout inscrit dans le droit positif, ce que l’on appelle les libertés publiques des citoyens. Or il ne faut pas oublier qu’elles sont dans une bonne mesure, un héritage prérévolutionnaire, un héritage de l’ancien régime.
Car l’ancien régime a très hautement valorisé, et nos vieux auteurs y ont assisté, la liberté publique.
Au cours de la seconde moitié du XXe siècle, sous l’effet de la religion des droits de l’homme et de la transformation des droits de l’homme en droit positif, la virulence des idées révolutionnaires (cette virulence qui était présente dès le départ dans les droits de l’homme), a été injectée directement dans notre droit.
En conséquence, les libertés publiques centrées sur les seuls nationaux, ont été déclassées par ce que l’on appelle les droits fondamentaux, terme qui est introduit dans le droit français dans la décennie 1970 ; droits fondamentaux dont les grands bénéficiaires sont les étrangers.
En définitive, avec notre système judiciaire qui est ainsi infecté par la religion séculière des droits de l’homme, le droit se retourne contre le peuple, dans l’intérêt duquel il a été institué.
Notre droit, dénaturé par la religion des droits de l’homme, va notamment servir (ce n’est pas le seul phénomène que l’on puisse observer mais je fais très court) à des groupes identitaires, installés au sein de notre nation, étrangers à elle par leurs origines et par leurs sentiments, pour la combattre de l’intérieur et à se substituer peu à peu à elle.

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