La fin de la grande coalition au Parlement européen

Six candidats étaient en lice le 17 janvier 2017 à Strasbourg pour l’élection du président du Parlement européen 1.Antonio Tajani, Italien du PPE (démocrate- chrétien) a été élu au quatrième et dernier tour de scrutin par 351 voix (la quasi-totalité des 217 membres du PPE, des 68 membres du groupe libéral et des 74 membres du groupe CRE – conservateurs et réformistes européens –, essentiellement conservateurs britanniques, polonais et tchèques) contre 282 à son rival socialiste, l’Italien Gianni Pittella qui pouvait compter, outre les socialistes, sur les verts et sur les communistes.

Le vote avait lieu au scrutin secret avec majorité absolue des suffrages exprimés aux trois premiers tours (les suffrages blancs et nuls ne sont pas comptabilisés) ; au quatrième et dernier tour, seuls les deux candidats arrivés en tête peuvent se présenter : le président est élu à la majorité simple. Cette élection est tout sauf brillante dans la mesure où M. Tajani n’obtient pas la moitié des voix des 751 députés européens ; il faut remonter à 1989 pour voir un président du Parlement européen aussi mal élu au quatrième tour de scrutin. M. Tajani est un juriste de 63 ans. Membre fondateur de Forza Italia, ancien porte-parole de Silvio Berlusconi, il avait été élu député européen en 1994. Il fut ensuite commissaire européen à Bruxelles, chargé des Transports puis de l’Industrie 2 entre 2008 et 2014. Il revint siéger à Strasbourg en 2014 et devint premier vice-président du Parlement européen. Élu pour deux ans et demi, jusqu’en juin 2019, il succède au social-démocrate allemand Martin Schulz qui occupait la présidence du Parlement européen depuis cinq ans et qui revient en Allemagne pour affronter Angela Merkel aux élections législatives de septembre 2017. À peine élu, Antonio Tajani a déclaré : « Notre premier objectif doit être de se rapprocher des citoyens européens (sic), de leur expliquer les mérites de l’Europe, leur faire croire à nouveau dans le sens du projet européen, leur faire comprendre que l’Europe leur apporte une vraie valeur ajoutée dans leur vie de tous les jours ». A lire de telles déclarations, on comprend que les peuples européens se détournent de l’Europe institutionnelle et rejettent ces politiciens sans projet et sans vision d’avenir, qui vivent depuis des années grassement dans les couloirs feutrés de la Commission européenne ou du Parlement européen et sont coupés des réalités. C’est à une véritable autocritique et à un aveu d’échec que se livre involontairement M. Tajani dans ses premières déclarations. Il est vrai que le nouveau président est une personnalité falote et lisse qui ne fera d’ombre ni à Madame Merkel ni au successeur d’Hollande et qui aura bien du mal à redonner au Parlement européen quelque prestige ou même quelque autorité internationale.

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