Le « holding » Rothschild et sa patronne

Le « holding » Rothschild et sa patronne

Depuis les origines de leur Banque, la force des Rothschild est d’avoir pu, génération après génération, s’établir dans les capitales européennes les plus financièrement actives, y avoir prospéré, et avoir diversifié leurs activités en s’appuyant sur un puissant réseau familial. Outre la banque, ils sont des références dans des activités non directement financières : Golf, restaurants huppés, hôtels de luxe, grands vins… actions philanthropiques…

Le 24 novembre dernier s’est tenu un raout mondain dans l’hôtel particulier parisien du baron Benjamin et de son épouse, Ariane. L’ensemble de leurs activités les placerait selon Challenges au rang de la 18e fortune française. Fortune dont Benjamin a hérité de son père Edmond en 1997.

La nouveauté dans cette famille c’est la place de décision de plus en plus nette prise par la baronne. Depuis quelques années, elle a entrepris d’unifier les marques dans tous les métiers du groupe. Son époux se consacre à ses passions : la voile, les voitures, la chasse. Elle, fait des affaires. Ariane de Rothschild, est une franco-allemande née Ariane Langner à San Salvador en 1965 avant de suivre ses parents à travers le monde. Elle a vécu principalement en Amérique du Sud et en Afrique. Son père était cadre chez Hoechst, le trust pharmaceutique. Elle fut cambiste, obtint un MBA à New York. Elle rencontra Benjamin au début des années 1990.

Il est le fils unique du baron Edmond et de Nadine Tallier, actrice. En 1987 il créa à Genève la Compagnie Benjamin de Rothschild, spécialiste « des produits de couverture financière ». Le couple a eu quatre filles. La baronne qui le souhaitait, intégra les instances des banques du groupe. Pas pour faire de la figuration. En 2005, elle décide de professionnaliser les activités philanthropiques de la famille. La famille donne entre 15 et 20 millions d’euros par an à douze fondations. Contrairement à d’autres épouses de ce milieu, elle se dit athée et ne s’est pas convertie au judaïsme, sans oublier bien sûr, de s’engager franchement pour la communauté juive pour laquelle elle est spécialement généreuse.

Depuis 2008, elle siège aux conseils de surveillance des banques à Paris et Genève, présidées par son mari. Elle devient vice-présidente du Holding Edmond de Rothschild, présidente des fondations philanthropiques qu’elle transforme en réseau international. Elle multiplie les investissements dans les pays en voie de développement, en Afrique pour étendre les zones cultivables, encourager les mesures de dépollution, le commerce équitable. Ce qu’elle a cherché, sans doute un peu brutalement, fut de rassembler dans un groupe intégré les unités suisses, françaises et luxembourgeoises.

En 2012, elle désigne Christophe de Backer, ancien patron d’HSBC en France, comme premier patron du comité exécutif du groupe. Trois ans plus tard, elle prend sa place et devient présidente du comité exécutif du Groupe Edmond de Rothschild. A Genève, elle est la première femme à diriger une banque privée et « la patronne » fait « le ménage » parmi les cadres. Ce qui ne lui fait pas que des amis. Le siège social du groupe est à Genève et intervient dans les métiers de banque privée et de gestion d’actifs. Il y a quelques mois, il reconnaissait avoir 163 milliards de francs suisses sous gestion. Mais les secousses qui ont touché les banques appréciées pour leur discrétion ne l’ont pas épargné. Avec la fin du secret bancaire en Suisse, les marges ont diminué pour les banques.

Beaucoup plus gênante a été l’implication d’une filiale luxembourgeoise du groupe (1MDB, un fonds souverain malaysien) victime de détournement de fonds. Même l’acteur américain Leonardo DiCaprio a été touché dans ce scandale. Pour le Groupe Edmond de Rothschild, qui dut subir en juin 2016 une perquisition opérée par 90 policiers dans sa banque au Luxembourg, l’épreuve, inédite, a choqué. Selon les rumeurs, « la patronne » en serait revenue.

Complément de la rédaction :

Les Rothschild bénéficient de plus de 200 ans d’une grande complaisance de la part des gouvernants et dirigeants politiques. Pour bien connaître leurs agissements et les trafics qui leur ont permis de bâtir leur colossale fortune et leur réputation imméritée, il faut lire les deux livres d’Henry Coston, Le Secret des dieux (1968) et Les Financiers qui mènent le monde (1955, réédité plus de 20 fois jusqu’en 1989). Vous y découvrirez, car on occulte soigneusement « l’affaire », comment les fondations financières reposent sur une authentique escroquerie dont l’origine se situe au moment de la défaite de Napoléon à Waterloo. En voici le résumé rapide : se trouvant à Bruxelles, le jour de la bataille, Nathan Rothschild (fils de Meyer Amschel, dit Rothschild), repartit au plus vite pour Londres, y arriva 24 heures avant que la nouvelle de la défaite ne fût connue, acheta tout ce qu’il put trouver de rente à la Bourse et réalisa, sans trouble et sans remords, un coup de filet de trente millions. En quelques années cette somme a fructifié dans des proportions considérables.

Michel LEBLANC

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