Montessori : « Ce qui compte, ce sont les premiers 7 ans »

Note de l’éditeur :

L’auteur de cet opuscule ne cache pas son admiration pour Maria Montessori. Nous ne voulons en aucun cas faire l’apologie de la méthode Montessori ou des écoles qui la pratiquent, dont les zones d’ombre sont encore nombreuses. Cependant, les conseils de l’abbé Caillon sur l’éducation et sur la spiritualité des jeunes enfants nous semblent judicieux, c’est pourquoi nous vous proposons ce texte.

Ce qui compte. ce sont les premiers 7 ans

« Ce texte est fait pour être mis entre les mains des chrétiens convaincus, afin qu’ils le donnent dans leur entourage, aux 80 % de Français qui ne font aucun geste extérieur de religion. Les spécialistes des sciences humaines, quels que soient par ailleurs leur idéologie ou leur manque de foi, reconnaissent que des événements décisifs se produisent dans l’être humain entre zéro et sept ans, et d’abord entre zéro et quatre ans. Il est donc vraiment catastrophique pour les enfants de ne jamais voir prier personne avant d’arriver au catéchisme. La pratique cultuelle extérieure de l’adulte est indispensable à l’épanouissement spirituel de l’enfant. »

« La méthode que nous préconisons est donc la suivante : que les parents, dès la naissance de leur bébé, ne manquent jamais la messe le dimanche, n’oublient jamais leurs prières quotidiennes, se confessent souvent pour être toujours en état de grâce et pouvoir communier chaque semaine ; alors leurs enfants seront éminemment préparés à profiter de leurs cinq années de catéchisme. La maman de saint Jean Bosco, qui était pourtant illettrée et misérable, a magnifiquement élevé son enfant parce qu’elle ne manquait jamais rien de ce qu’organisait son curé. De même, les parents de sainte Thérèse de l’Enfant Jésus, à qui nous dédions cette plaquette. »

« C’est de toutes parts qu’aujourd’hui les positions du Freudisme sont attaquées.
1. Des chercheurs anglais et américains ont obtenu le résultat que voici. Ils avaient pris un nombre important de malades mentaux et les avaient traités par la psychanalyse. Puis, un groupe équivalent de malades mentaux auxquels ils n’avaient rien fait. Le total de ceux qui guérissent est le même dans les deux cas. De plus, on note que le fait de venir s’étendre une heure sur le dos plusieurs fois par semaine chez un homme éminent, auquel vous faites confiance et qui vous prend en considération, peut suffire à vous remettre sur pied, même si rien n’est vrai dans les théories de Freud.

2′ Il faudrait pouvoir donner beaucoup de relief à l’avis du Docteur Thompson. Canadien d’origine, Thompson fut longtemps l’assistant de Freud. Il était, comme Freud, médecin, psychiatre et psychanalyste. Lors de la fondation de l’U.N.E.S.C.O., il fut appelé à Paris comme adjoint par Huxley. Pendant le procès de Nuremberg, c’est lui qui fut chargé d’examiner Goering. Après sa conversion au catholicisme, Thompson répétait à qui voulait l’entendre : « Le freudisme fera encore plus de mal que le marxisme, parce que le freudisme pourrit le cœur ». S’agissant alors de décrire la formation de l’inconscient, Thompson parle non point de libido comme Freud, mais bien de la conscience d’amour du tout petit : après 7 ans se développe la conscience morale, avant 7 ans on a la conscience d’amour, c’est-à-dire que l’enfant, pour avoir le sentiment de sécurité, veut pouvoir aimer et se sentir aimé. Et quand on veut décrire l’évolution de l’amour dans une vie humaine, de la naissance à la tombe, on peut déceler, dès le berceau, la qualité spirituelle de cet amour.

3′ L’une des critiques les plus fortes du Freudisme est faite aujourd’hui par Victor E. Frankl, psychiatre encore vivant et qui jouit d’une réputation mondiale. Comme Freud, Frankl est typiquement Viennois. À seize ans, encore lycéen, il envoya à Freud un essai que le Maitre publia dans sa Revue. J’ai compté de lui 24 ouvrages. J’ai renoncé à établir la liste complète de ses articles, comme aussi la liste des langues dans lesquelles il a été traduit. Disons qu’il est célèbre de l’Espagne au Japon et de la Russie à l’Afrique du Sud. Tout le monde devrait avoir lu le livre qu’il dicta d’un seul trait, en neuf jours, d’une voix brisée, en sortant des camps nazis et qui devint immédiatement un best-seller américain (913 000 exemplaires en un clin d’oeil) «Un psychiatre déporté témoigne». Ed. du Chalet. Car Frankl a beaucoup enseigné aux Etats-Unis.

Mais surtout, il faudrait méditer son livre «La Psychothérapie et son image de l’homme» Ed. Resma. Car ce livre permet d’imaginer un peu ce qu’ont pu se dire Freud et Maria Montessori
quand ils se sont rencontrés, affrontés, séparés, et qui n’a pas été consigné par écrit. « […]

« Maria Montessori fut la première jeune fille qui osa dire à ses parents qu’elle serait docteur en médecine. Son père était furieux. La Faculté ne voulait pas l’admettre. Il y avait en particulier la question des séances de dissection. Il ne convenait pas qu’une jeune fille se mêlat aux garçons pour un pareil spectacle. Elle dit : « J’irai seule, la nuit ». Le soir, on lui donnait la clé.

[…] Le 29 juillet 1896, elle obtenait son doctorat. Comme elle était la première et la seule, on l’a toujours appelée la Doctoresse Montessori.

Arrivée comme médecin, elle se mua en éducatrice et fonda une école. Les petits anormaux passèrent les mêmes examens que tout le monde. Maria se dit alors que les enfants considérés comme normaux pourraient faire beaucoup mieux si les méthodes étaient meilleures. » […]

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