Pendant que les États de l’Ouest se ruent vers l’argent virtuel et que la valeur de l’argent dépend plus des algorithmes conceptuels que de la réalité matérielle-or des caisses d’État, les chinois retournent au réel avec une valeur sûre, pas les temps qui courent.

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Chine : protectionnisme drastique et achat d’or massif

La Banque centrale chinoise (PBOC) annonce avoir épuisé un quart de ses réserves de change ces 17 derniers mois afin de soutenir le yuan, alors que pour juguler la fuite des capitaux, le gouverne­ment chinois avait pris, en décembre dernier, des mesures protectionnistes drastiques, comme l’exa­men gouvernemental des transferts à l’étranger d’une valeur d’au moins 5 millions de dollars.

Parallèlement à une politique de freinage sur les échanges de bitcoins menée par la PBOC, les obser­vateurs ont pu constater une accélération de la recomposition du marché mondial de l’or dans lequel la Chine s’impose comme un acteur central.

Fruit d’une stratégie élaborée par Pékin depuis 2002, avec l’attribution à Shanghai du monopole du négoce de l’or en Chine, la mégalopole s’est imposée comme le plus grand marché physique de négoce de l’or, avec, en 2014, la création d’un mar­ché international dans le but de court-circuiter Hong Kong, concurrent direct de Pékin.

Un récent accord permet d’ailleurs aux courtiers hongkongais d’aller passer leurs ordres sur le marché de l’or de Shanghai sans que la réciproque ne soit possible.

En outre, l’Empire du Milieu se tourne désormais, pour ses acquisitions, vers la seule place en mesure de répondre à sa demande croissante, la Suisse, qui lui a fourni, en décembre dernier, 158 tonnes d’or (soit cinq fois le volume du mois précédent, et trois fois le volume de décembre 2015), surclassant ainsi Hong Kong (52 tonnes) fournisseur tradition­nel de la Chine, dont le volume des exportations est resté à un niveau stable.

Notons ici que la Banque  centrale chinoise (PBOC) possède officiellement 1.843 tonnes d’or, volume évalué à plus du double par la plupart des observateurs.

Faits et Documents, n°429, février 2017

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