Gestion de flux migratoire par téléphone. La simplicité pour un étranger de s’incruster sur le sol Européen et/ou français, est relative à l’influence d’un organisme qui, sous peine de menaces journalistiques aux gardes-côtes, envoie ces derniers le récupérer en mer. Un simple appel au secours, invérifiable quant à la réalité du danger, et l’Europe se charge d’ajouter le plaignant à la masse grouillante de l’invasion planifiée. On a réinventé le SAMU, mais à l’échelle maritime et sans frais pour l’occupant !

Lu dans Présent :

On a tous assisté, avec un certain étonnement (litote), au spectacle de ces « migrants » qui, touchant à peine terre, sortent des portables dernier cri pour faire des selfies et passer des coups de fil. Vers où ? A qui ?

Un de mes correspondants, interpellé lui aussi par ces téléphones miracles, indique : « Je me suis toujours de­mandé comment ces téléphones pouvaient continuer à fonctionner dans un pays à moitié détruit, sur une barque, etc. Comment sont payés les abonnements ? Où les téléphones sont-ils branchés après un séjour en mer de plusieurs jours, sans prise électrique à bord ? Com­ment les caméras des journalistes sont-elles là au bon moment et cela en pleine mer ? »

Autant de questions. Et quelques réponses. À partir d’une photo, parue dans un quotidien régional français, montrant des « migrants » sur un dinghy de bonne taille. Avec cette légende : « En pleine mer, ils appellent Stras­bourg. » Et cette explication dans l’article : « Des mi­grants en détresse peuvent composer un numéro télé­phonique (…) dont le destinataire est le bureau stras­bourgeois de l’Association des travailleurs maghrébins en France. »

Ce numéro composé, le correspondant prend l’appel et demande où se trouve l’embarcation, s’inquiète de connaître le nombre de personnes à bord, de savoir s’il y a des blessés, etc. Ces renseignements collectés, ils sont envoyés aux garde-côtes de l’organisation FRONTEX, un organisme européen de surveillance des frontières (sic) de l’Europe. Et tout se met rapidement en branle pour que les garde-côtes, qui sont aux ordres si on comprend bien, se por­tent le plus vite possible vers la zone où l’embarcation a été signalée.

Mon correspondant indique encore : « Ces appels au secours sont planifiés à l’avance par le collectif Watch the Med qui distribue aux candidats à l’émigration des car­tons portant un numéro de téléphone et 1 intitulé du col­lectif. » Ces bristols, rédigés en arabe, en français, en anglais et en persan, précisent au recto que si les migrants n’étaient pas secourus assez vite, le collectif agirait auprès des médias et des politiques en conséquence…

Indication de mon correspondant : « Le truc est bien connu désormais : on provoque une avarie de moteur et on appelle le numéro de Strasbourg par le téléphone satellitaire ! Les garde-côtes embarquent tout le monde et, une heure plus tard, tous les passagers mettent le pied dans une Europe d’où ils seront « inexpulsables. »

S’incruster en Europe ? C’est simple comme un coup de fil…

ALAIN SANDERS [email protected]

Présent, n°8800, février 2017

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