Si les morts pouvaient parler, les pierres hurler, les vents de la vérité souffler plus fort encore… Voici le modus operandi pour flinguer la réputation d’un auteur qui ne se faisait aucune illusion sur son époque. Meuh non voyons : l’ombre noire de l’Église colonisatrice et grimaçante planait sur son front, tel Damoclès et son épée. Sans rire, c’est lamentable ! Bien vu à nos confrères de Présent sur ce coup ! Après votre lecture, venez donc visiter notre site : vous y retrouverez Tintin et ses aventures, non censuré mais surtout plébiscité !

Lu dans Présent :

Communique de l’Institut du Pays Libre

Tintin au pays des Soviets

Dans le Figaro du samedi 7 janvier, une pleine page est consacrée à la « colorisation » de l’excellent Tintin au pays des Soviets, le premier des albums d’Hergé. On y interroge Michel Barreau, directeur artistique des éditions Moulinsart, et Philippe Goddin, « hergéologue ». La dernière question est la suivante : » Le contenu de l’album est tout de même clairement anti-bolchevique ? » Voilà la réponse de Goddin : « Bien sûr, Hergé n’a que 21 ans. Il est encore sous la coupe de l’abbé Wallez, qui lui sert de mentor. Mais juste­ment, la colorisation adoucit tout cela. Et l’on se rend compte que l’aventure est plus burlesque qu’engagée » (sic). »

On reste pantois devant cette réponse. Imagine-t-on ce qui se passerait si, analogiquement, un coloriateur d’ancienne bande dessinée d’esprit antinazi voulait ex­cuser l’antinazisme trop évident du créateur ? Ainsi faut-il maintenant excuser Hergé d’avoir été antibolchevique, mettre cela sur le compte d’une erreur de jeunesse et de la mauvaise influence d’un abbé peu en­clin à la sympathie pour le régime communiste lénino-stalinien qui, déjà en 1929, devait avoir à son ac­tif plusieurs millions de déportés dans les camps du Goulag et plusieurs centaines de milliers de massacrés, notamment prêtres et religieux, par les tueurs de la Tchéka et les bandes de la Terreur bolchevique.

Alors que l’on est entré dans l’année de la commé­moration d’un siècle de crimes communistes contre l’humanité, depuis la Révolution de 1917, il est abo­minable que les exploitants de Tintin expriment une triste complaisance négationniste.

Bernard Antony

Présent, n°8776, jeudi 12 janvier 2017

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