Les rassemblements policiers

Les rassemblements policiers

Ils ont connu une accalmie relative fin novembre, néanmoins les braises restent chaudes et le feu peut reprendre ici ou là sous le souffle de nouvelles attaques de « sauvages en réunions ». Personne n’a oublié la tentative de crime à Viry-Châtillon (Essonne), le 8 octobre, contre des fonctionnaires de police bloqués dans leur voiture. Une bonne quinzaine d’individus armés de barres de fer, de pavés, qui mirent le feu aux deux véhicules de police en jetant des « cocktails Molotov », en n’oubliant pas de bloquer les portes des automobiles, furent qualifiés par la chattemite ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve, de « sauvageons » ! Il s’ensuivit de lourdes brûlures pour les agents et l’un d’eux resta pendant des jours entre la vie et la mort et en gardera des séquelles définitivement.

Cette bévue syntaxique, ajoutée à l’épuisement des forces de police depuis des mois, a contribué aux mouvements de colère qui ont éclaté. Depuis deux ans, répètent les intéressés, les effectifs sont lourdement sollicités pour faire face à la menace terroriste et à la crise migratoire. Naguère il y eut quelques réactions d’exaspération chez les gendarmes – surtout de la part de leurs épouses qui elles ne sont pas des militaires –, et de la part de quelques syndicalistes de la police pour des questions de gestion, de salaires, de paiement d’heures supplémentaires. Cette fois on peut observer des différences même si les vieux contentieux ont joué aussi. En première ligne, les violences délibérées, très fortes, allant désormais jusqu’au meurtre de policiers, par exemple le couple de policiers massacrés chez eux à Magnanville ou lors des manifestations d’extrême gauche (des membres de Nuit debout, contre la loi travail, contre des projets d’implantation…). Les manifestations de la CGT, FO et compagnie variée, grossies de casseurs entraînés, contre la loi travail ont causé 620 blessés chez les forces de police. Soyons conscients que depuis janvier 2016, il y a, chaque mois, 544 policiers blessés.

Tous les membres des forces de l’ordre donnent des preuves de la volonté des émeutiers de les tuer. Il y a déjà des escarmouches plus ou moins vives et des agressions depuis quelques années. « Des guet-apens, on en a toutes les semaines » précise un policier dans la zone de sécurité prioritaire (ZSP) de Grigny. Certaines cités de banlieue devenues véritablement des zones de non-droit soumises aux caïds locaux, font dans la surenchère. Mantes-la Jolie (Yvelines), nuit du 15 au 16 octobre. Appelés à la suite d’une fausse alerte, les policiers furent les cibles de jets de pierres et de cocktails Molotov, auxquels ont participé une centaine de « jeunes ». etc. Une des causes de ce genre d’effervescence est le trafic de drogue que les interventions policières – suscitées même pour un autre motif – perturbent. Chez des adolescents ainsi conditionnés s’ajoute l’attirance des mimétismes. Toujours vers la mi-octobre, les gazettes évoquèrent les violences aux abords et au sein des lycées, cette fois contre les proviseurs, les professeurs. Les municipalités parlent d’y faire patrouiller des forces de l’ordre.

Les rassemblements policiers
Jean-Marc Falcone. Le directeur général de la police nationale a été hué et appelé à la démission.

Notons d’abord que les rassemblements policiers ne répondaient à aucun appel syndical, alors que les fonctionnaires de police sont environ 80 % à avoir une carte d’adhésion à un syndicat. Les rassemblements se sont tenus, semble-t-il, spontanément, en tenue et avec les véhicules de fonction. Venu à Évry pour rencontrer les responsables policiers, le directeur général de la police nationale, Jean-Marc Falcone a été hué et appelé à la démission. Cela ne s’était jamais vu. Assez vite avait circulé un message exprimant les mécontentements précis, les rancœurs, les griefs, les exaspérations : « Face à une hiérarchie carriériste, des élites syndicales enlisées dans leurs conflits, et une justice complètement désintéressée par notre sort, nous devons nous souder. Entre bleus. »

Ayant été prises de court, les organisations syndicales tentèrent de récupérer le mouvement mais les policiers de terrain ont répondu en montrant leur hostilité envers les responsables permanents des syndicats, dont certains ne cachent pas leur complicité – souvent maçonnique – avec des politiciens et des membres des ministères.

Oui notre (?) pays souffre d’un manque d’autorité général. Mais ces bouillonnements n’ont été possibles que par des choix politiques totalement désastreux pris par le gouvernement socialiste. Principalement par les décisions concernant la justice, les funestes lois Taubira, sur les peines non appliquées, le refus gouvernemental de créer des prisons, le refus d’accorder un droit de légitime défense aux policiers… Lois votées par des députés aveuglés par leur idéologie. Comme réponse devant leurs mises en cause et leurs responsabilités, le gouvernement et le chef (sic) de l’Etat se cantonnent dans les hommages posthumes et commémorations larmoyantes.

La réaction de l’institution n’avait certes pas tardé en ouvrant une enquête administrative pour enregistrer les manquements des fonctionnaires qui passaient outre aux règlements. La menace, loin de calmer les policiers de terrain, les poussa à développer le mouvement. Les audacieux qui s’étaient exprimés à visage découvert, furent convoqués pour être admonestés. Leurs convocations ayant provoqué de nouveaux rassemblements de soutien, le gouvernement n’insista pas. Car il y eut des rassemblements de plusieurs centaines de personnes dans toutes les régions, dans les grandes villes comme dans les villes moyennes, avec comme soutiens des pompiers et des citoyens. Jusqu’en novembre.

Cette vague de rassemblements d’agents des forces de l’ordre a surpris le gouvernement et ses amis. En entendant certains slogans contre les racailles, contre Taubira, contre les lois « républicaines », certains complaisants envers la gauche, les mêmes qui soupçonnent ou accusent la droite de « complotisme », n’ont pas hésité à laisser courir le bruit que les jeunes agents qui poussèrent aux rassemblements, suivaient sans doute les consignes – oui, vous avez saisi – du FN ! En effet ce parti a toujours soutenu la police. Les gazettes suivirent un temps un manifestant qui, à visage découvert, répéta les griefs et l’épuisement des policiers, réclamant des garanties, du matériel et la sécurité. Aidés par certains policiers parisiens, des journalistes mirent un nom sur ce visage : Rodolphe Schwartz a, en fait, quitté la police depuis quatre ans. Il y était adjoint de sécurité, donc contractuel et non titulaire. Depuis, il est agent de sécurité. Les journaux l’ont désigné comme le « porte-parole » des policiers, il le nie et ne s’est exprimé qu’au titre de citoyen. Mais les journalistes apprirent en jubilant que le trentenaire bavard – et qui pratique les réseaux sociaux – avait été (37e) sur une liste FN à Paris en 2014. Aujourd’hui il se dit proche de Laurent Wauquiez. Le Point, Marianne et leurs concurrents encore plus à gauche devront trouver une autre piste.

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