Peut-on parler de GESTION de sinistre ? Assurément non. Voici un cas d’école : celui ou l’idéologie l’emporte sur la réalité. Si vous n’avez l’étiquette d’état « zone sinistrée », vous n’êtes assurément pas sinistré, et donc assurément pas… assuré… C’est inique, c’est la république.

Lu dans l’Action Agricole de Touraine :

Paysans sacrifiés. L’agriculture est vraiment malmenée.

boue_4Après la chute des cours en élevage et en céréales, après les excès d’eau et les inondations, voilà que notre ministre de l’agriculture fanfaronne d’avoir ob­tenu que le paiement des aides PAC soient versés sur les surfaces sinistrées par les inondations dans les communes déclarées en catastrophes naturelles. Quelle victoire !

  1. N’est-il pas normal de percevoir les aides alors que toutes ces cultures ont été menées correctement jusqu’à la veille des moissons ?

imagesLe vrai scandale est que le ministre de l’agriculture (à temps partiel…) sacrifie les agriculteurs sinistrés par les débordements des rivières et qui n’ont pas la chance d’être sur une commune déclarée en catastrophe naturelle. Ces gens, en plus de subir les problèmes généraux du contexte agricole, vont subir leur perte de récolte, mais encore la disparition des aides PAC sur les surfaces sinistrées.

Honte à notre ministre.

Expliquez moi pourquoi l’eau d’une même rivière, d’une même crue n’est pas traitée de la même manière d’une commune à une autre. Ma commune n’est pas retenue en catastrophe naturelle alors que les deux communes limitrophes le sont. Ces agriculteurs n’ont pas mérité qu’on confisque leurs aides alors qu’ils n’ont commis aucune erreur. L’incidence est pire qu’un contrôle. C’est la punition directement pour cause d’inondations.

p1060075____-_copie-e641cL’agence de l’eau n’est guère mieux que notre ministre. Elle va oser, sans aucun remord, nous envoyer la facture de prélèvement d’eau d’irrigation. Leur demander d’indemniser les dégâts est peine perdue. Ils devraient avoir honte, eux aussi. Je plains l’ensemble des agriculteurs sinistrés par les inondations mais aussi par les excès d’eau.

Les revenus vont être négatifs pour une ou plusieurs années. Le fardeau va être très long à se résorber. On ne remonte pas une telle perte de chiffre d’af­faire en une seule année. De plus les trésoreries déjà fragiles sont maintenant « au fond de l’eau »… Pour résumer, la conjoncture agricole dégrade nos revenus, les inondations et excès d’eau ont emmené nos récoltes, le ministre confisque les primes PAC et l’agence de l’eau va oser facturer l’eau d’irrigation.

Comment allons-nous sortir la tête de l’eau ?

Jean Gautier, Agriculteur

Action Agricole de Touraine, hors-série, 8 décembre 2016

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