Belle analyse de la schyzophrénie intellectuelle de la « pensée » libérale, voici le panégyrique contextuel d’un homme aux « convictions » refoulées. Fillon est un archétype du catholicisme libéral, c’est à dire ennemi du catholicisme. Cet article le montre pleinement. Rappelons que Fillon est un adepte soumis de la commission européenne des Bilderbergs, et qu’il les reconnaît comme dirigeants au-dessus de lui.

Lu dans Le Bulletin d’André Noël :

Fillon et le « péril » catholique

devilliers-fillon-bilderbergIl paraît qu’une terrible menace plane sur notre pays. Elle est religieuse et la gauche tire la sonnette d’alar­me. Mais ce n’est pas l’islam, qui gagne pourtant chaque jour en visibilité et en arrogance, multipliant les revendica­tions communautaires. Non ! La menace, c’est… le catholicisme. Libération, titrait sur toute la largeur de sa « une » le 24 novembre « Au secours, Jésus revient ! » pas moins.

Pour illustrer son propos, le quotidien capitalo-gauchiste a redessiné l’Hexagone avec des grains de chapelet ! Le directeur de la rédaction, Laurent Joffrin, discerne « une épidémie calotine qu’on n’a pas connu en France depuis Falloux ou Mac Mahon. » Bigre ! Le cheval de Troie de cette OPA cléricale sur la France, c’est François Fillon car, assure le mê­me Joffrin « Le sabre n’est jamais loin du goupillon. »

Et nous, pourtant observateurs attentifs, qui ne nous étions aperçus de rien, ni de cette  épidémie calotine, ni de cette résurrection de l’alliance du sabre et du goupillon !

fillon_de_castriesNous avions plutôt l’impression du contraire : c’est l’anticléricalisme qui relève la tête, ne serait-ce que par cette guérilla organisée pour empêcher qu’il y ait des crèches à Noël dans les mairies, ou par cette loi so­cialiste qui vient d’être votée pour obliger les maires à proposer des « funérailles républicaines » présidées par un officier d’état-civil. Et ce pour éviter que les familles aient à « s’adresser aux services de pompes funèbres, qui relèvent aujourd’hui majoritairement d’entreprises privées » et sont « souvent contraintes d’accepter des obsèques religieuses », selon le rapporteur socialiste, Hervé Féron.

Jusque-là, on ne s’était pas aperçu non plus que la foi de François Fillon obscurcissait sa fonction, sa politique pendant les cinq ans où il fut premier ministre n’ayant pas manifesté quelque volonté que ce soit de donner au catholi­cisme la place qu’il mérite au sein de la fille aînée de l’Église. C’est même l’inverse puisqu’il a cautionné le traité de Lisbonne, concocté par Sarkozy, qui nie les racines chrétiennes de l’Europe.

Mais voilà que tout aurait changé depuis que l’ancien premier ministre a reçu, pour la primaire, le soutien de Sens commun, formé de militants de la Manif pour tous ayant intégré LR. Ces militants-là ont dédaigné Hervé Mariton, partisan de l’abrogation pure et simple de la loi Taubira — mais Mariton s’est rallié à Juppé ! — et Jean-Frédéric Poisson, défendant la même position.

Fillon veut seulement « réécrire » la loi scélérate, en refusant l’adoption plénière aux « couples » de même sexe. On constate donc que ce n’est pas Fillon qui s’est rallié à la Manif pour tous mais ceux de Sens commun qui ont renoncé à leur revendication fondamentale qui est d’abolir la loi Taubira. Fillon ne s’est pas « catholicisé », c’est Sens commun qui s’est « fillonnisé » et laïcisé.

Dans le dossier d’accusation contre Fillon pour « cathophilie », il y a le fait qu’il s’est déclaré hostile à l’avorte­ment à cause de ses « convictions personnelles ». Mais il a tenu à préciser aussitôt que cela n’a jamais eu et n’aura la moindre incidence sur sa gouvernance. Il s’est même indigné que l’on puisse penser le contraire, il a déclaré, parlant de lui à la troisième personne : « En tant que responsable public depuis trente ans, est-ce qu’une seule fois vous avez entendu François Fillon revenir sur l’IVG ? Est-ce que je n’ai pas voté tous les textes qui ont permis l’accès des fem­mes à l’interruption de grossesse ? Évidemment, je ne toucherai à rien dans ce domaine. »

La dernière fois qu’il s’est prononcé sur cette question, c’était en 2014 quand les députés étaient appelés à se prononcer sur une « résolution », montrant l’attachement au « droit fondamental » à l’avortement. Le texte est voté à la quasi-unanimité de la droite et de la gauche. Seuls sept députés ont voté contre, parmi lesquels Jean-Frédéric Pois­son, Jacques Bompard et Gilbert Collard.

Le Bulletin d’André Noël, n°2495, 5 au 11 décembre 2016

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