Pauvre Sécu… Le concept est pourtant bon. Simplement, il est adapté à un système d’entraide corporative et non à la libre concurrence des marchés qui font monter en flèche les impôts auxquels s’ajoute les prélèvements de la sécu. La centralisation n’est pas humaine… ni économique.

Lu dans Présent :

Fillon en marche arrière

LES ÉLECTEURS de la droite et du centre sont déjà cocus. Ils sont 4,4 millions, c’est beaucoup. Il n’a pas fallu un mois à François Fillon pour passer à la trappe son programme sur la Sécurité so­ciale. Sa mesure phare, disparue de son site, était ainsi formulée : « Je propose de focaliser l’assurance publique universelle sur des affections graves ou de longue durée, et l’assurance privée sur le reste. » Pour l’instant, nous ne discuterons pas du bien-fondé de cette proposition, l’important est que l’ancien Premier mi­nistre la trouvait juste et que ses électeurs l’ont approuvée ou, au moins, n’y ont pas vu une raison de lui refuser leurs suffrages. Bonne ou mauvaise, c’était la sienne…

acoss2Il a confirmé ensuite que la distinction entre « petits » et « gros » risques qu’il avait clairement formulée n’existe plus. Il concluait dans sa mise au point du Figaro : « Il n’est donc pas question de toucher à l’Assurance maladie. » N’est-ce pas le même homme qui nous annonçait « la rupture » et même qu’il allait « casser la baraque » ? Et voilà donc qu’il ne tou­chera pas du tout à la baraque bringuebalante de la Sécu ! Ce n’était pas la peine de fustiger la pusillanimité réformatrice de Juppé et son alternance molle pour s’aligner sur lui. Mais il n’assume pas cette marche arrière, alors ses affidés rament dans les médias pour as­surer qu’il s’agit non d’un recul mais d’une « précision » étant donné, nous dit son bras droit Jérôme Chartier, que « la réforme n’a pas été comprise ». Ah, ces Français qui ne comprennent rien à rien… ou qui ont très bien compris.

Pour ces benêts, l’équipe Fillon va faire de la « pédagogie » au cours d’une « grande convention » sur le sujet. Grâce à cette réforme, il espérait économiser deux milliards et baisser les impôts, où va-t-il les trouver, maintenant ?

imagesAu-delà de l’Assurance maladie, ce qui est en cause dans ce rétropédalage express, c’est la crédibilité du candidat. Qu’en sera-t-il du reste de son programme qui était, disait-on, la marque de son sérieux et de sa détermination ? « Ce que j’observe, c’est qu’à part la question de la santé, les autres projets n ont pas été remis en cause. C’est qu’ils sont sacré­ment bons ! » se réjouit Jérôme Chartier. Il se rassure comme il peut. Or, la suppression de 500 000 postes de fonctionnaires est contes­tée et la facilité avec laquelle Fillon a cédé sur la Sécurité sociale va encourager ses oppo­sants à le har­celer sur ce front-là aussi.

Le réformateur intransigeant et ses remèdes, rudes mais sou­verains, à la Thatcher, ce n’était donc qu’une posture pour se distinguer du mollasson Juppé et convaincre les électeurs de droite ? C’était un programme pour ces derniers mais, maintenant, il songe aux autres et il dépouille son projet de ce qu’ils refusent. C’est l’opportu­nisme électoral des politiciens ordinaires. D’ici à mai 2017, que restera-il de ses propositions qui se voulaient iconoclastes ? Son slogan de candidat de la primaire était : « Le courage de la vérité », sa marche arrière illustre le sobriquet que ses « amis » lui donnaient : « Courage, Fillon ! »

Guy ROUVRAIS

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Présent, n° 8760, 21 décembre 2016


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