Déliquescence de la « majorité » à l’Assemblée nationale

C’est l’expression de la plupart des observateurs ayant suivi à l’Assemblée nationale les maigres débats du dernier projet de loi de finances fin octobre. La « droite » n’a eu aucun mal à dénoncer la pratique cavalière du gouvernement socialiste en laissant à son successeur « quantité de factures impayées dans son armoire ». Gilles Carrez, le président (LR) de la commission des Finances, a résumé la manœuvre du gouvernement : « La marque de fabrique de ce projet de budget pour 2017 : on gonfle les recettes à encaisser en 2017 et on reporte au maximum les dépenses sur 2018 et au-delà ».

La séance a surtout été marquée par la dissolution des unions de gauche : s’est constituée une alliance de la gauche socialiste avec les députés écologistes et communistes, qui ont été rejoints par plusieurs députés de « droite ». Ce qui a abouti à mettre en minorité le gouvernement sur plusieurs votes.

Assez inédites également, ont été la défense et l’adoption de plusieurs amendements défendus par Karine Berger (PS) contre l’avis défavorable du gouvernement. Ces anomalies de séances et de votes ne s’expliquent que par la bien faible mobilisation des députés PS mais surtout par la perte d’autorité du gouvernement. Ce dernier point s’expliquant alors par la parution des confidences ubuesques du président Hollande à deux journalistes.

Confession destinée à quel lectorat ? Dans quel but politique ? Nous y reviendrons. Il est certain que l’effet fut très mauvais dans les rangs du PS. D’où la perte supplémentaire d’autorité y compris à l’Assemblée nationale. Néanmoins, les conséquences des mesures prises – elles ont été votées – la première semaine sur le budget vont aggraver le déficit de 600 à 700 millions d’euros.

Cela n’est rien en comparaison de ce qui attend nos concitoyens. Nous en avons déjà glissé un mot dans notre précédent numéro. Non seulement il y aura les promesses bassement électoralistes, donc à courte vue, secteur après secteur. Il faut aussi tenir compte des promesses à plus long terme, dont les échéances s’étalent durant des années. C’est le cas des salaires des fonctionnaires, le plan pour l’emploi, celui pour les prisons, pour les policiers, Alstom, les jeunes.

En tout le supplément serait de 11 milliards d’euros au budget 2017, 13,5 milliards en 2018, 9,5 milliards en 2019. Ce qui confirmerait l’impossibilité de tenir les promesses formelles, répétées de faire descendre le déficit sous le niveau des 3 % du PIB. La France va demander des délais, des reports. Il n’est pas sûr que l’UE appréciera. En attendant les contribuables vont être encore ponctionnés.

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