La Pologne reste libre de ses choix techniques et stratégiques. Cependant, il faut savoir que les entreprises d’armement françaises sont les meilleures au monde. Aéronautique, blindés, etc… Le SAV est un perpétuel satisfecit des clients, ainsi que la maîtrise des techniques de production, de la confidentialité et de la rapidité d’exécution des tâches de maintenance. Forcément, cela a un prix, celui de l’excellence. Quelque-part, en cas de conflit avec la Pologne, nous n’aurons pas à regretter de prendre un déluge de feu par notre propre production…

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Pourquoi la Pologne renonce à l’hélicoptère Caracal

5c62a3c977409fc9b2062723218edfe0De notre correspondant perma­nent à Varsovie — Après la décision de la Pologne, annoncée le 5 octobre, de ne pas acheter 50 hélicoptères Ca­racal du constructeur Airbus Helicopters, les réactions côté français ont été quelque peu exagérées. Car contrairement à ce qui a été dit, il n’y a pas eu rupture du contrat ni annu­lation de la commande, puisque le constructeur français avait unique­ment été choisi au printemps 2015, à l’issue d’un appel d’offres, pour la phase des négociations exclusives et des vérifications techniques. Aucune commande n’avait donc encore été passée.

Fabrication et coût

sisu_xa-188_wheeled_armoured_vehicle_personnel_carrier_dutch_army_netherlands_640_001Tout le monde savait que la vic­toire du PiS aux élections d’octobre 2015 risquait de remettre en cause la signature de ce contrat. Dans l’op­position, ce parti avait été très cri­tique et avait appelé le gouverne­ment PO-PSL précédent à ne pas prendre un engagement d’une telle importance à quelques mois des élections. Pour ses détracteurs, le choix du Caracal était tout à fait contraire aux intérêts polonais. En effet, alors qu’Airbus Helicopters promettait uniquement d’assembler environ la moitié de ses hélicoptères en Pologne, sur une chaîne de mon­tage à créer, ses concurrents malheu­reux, l’Américain Sikorsky qui pro­posait le Black Hawk et l’Anglo-italien Augusta-Westland avec son mo­dèle AW149, ont déjà des usines dans ce pays et s’engageaient à fabri­quer l’intégralité des hélicoptères commandés sur place.

casaDes voix s’élevaient également pour souligner l’absurdité d’une commande portant sur l’achat de 50 hélicoptères de la taille du Cara­cal, plus cher à l’achat mais aussi à l’exploitation que le Black Hawk, pour tous les types de missions, y compris celles qui pourraient se satisfaire d’hélicoptères plus petits. D’aucuns faisaient aussi remarquer que la Pologne achetait 50 Caracal pour 2,5 Mds d’euros, soit à peu près le même prix que 109 Black Hawk récemment achetés par la Turquie et partiellement fabriqués en Pologne. Le ministre de la Dé­fense polonais Antoni Macierewicz a d’ailleurs annoncé la semaine der­nière, quelques jours après l’an­nonce de la fin des négociations avec Airbus Helicopters, la livraison aux forces armées polonaises, sans appel d’offres, de deux Black Hawk avant la fin de l’année et de huit autres l’année prochaine.

Raison garder

uh-60jDans ce contexte, la réaction du président François Hollande et du gouvernement français est surpre­nante. Outre les critiques acerbes à l’égard des Polonais, le président français et son ministre de la Dé­fense ont reporté sine die leur visite, qui était prévue à Varsovie pour le 13 octobre. Et quand l’ambassade de Pologne à Paris a été informée par courrier que sa délégation au salon Euronaval 2016 en France se verrait priver de son statut de délégation of­ficielle, on frisait carrément l’infantilité.

Ceci alors que la Pologne s’an­nonce comme le plus gros marché pour les fabricants d’armement dans la région Europe centrale et orientale pour les années à venir. Elle veut no­tamment acquérir des hélicoptères d’attaque et des sous-marins, deux types d’armement qui ne sont pas déjà fabriqués sur son territoire et pour lesquels les constructeurs fran­çais ont donc toutes leurs chances.

Car il est faux de prétendre, comme le font certains, que la Pologne n’achète de toute façon qu’américain. Depuis son accession à l’OTAN, Varsovie a en effet ac­quis, entre autres matériels, des avions de transport espagnols Casa, des chars allemands Léopard et des transports de troupes blindés finlan­dais, qui ont constitué le deuxième plus gros contrat d’armement après les F-16 américains.

Olivier Bault

Présent, n° 8717, 19 octobre 2016

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