Nuit debout, naissance avortée d’un « mouvement social » ?

Si le 8 juillet, Nuit debout a fêté ses 100 jours, il restait bien peu de monde des anciennes « assemblées générales ». La Place de la République avait dû, en urgence, être nettoyée des ordures et de débris de toutes sortes qui l’encombraient. Les slogans et autres mots d’ordre tous plus aussi pertinents que bien énoncés – « Un joyeux bordel est possible », « A la fin c’est nous qu’on va gagner »… – semblent avoir fait long feu.

Cependant, cette « expérience » a permis de mobiliser bien des personnes, de réveiller des réseaux militants en sommeil et d’en créer de nouveaux. Y ont été disputées des questions du débat public : la démocratie, le capitalisme financier, le rapport au pouvoir politique, la contestation du productivisme… et le principal objectif de son mentor : la « convergence des luttes ». De plus le mouvement a essaimé dans des villes de province mais pas dans l’Ile-de-France. Répétons-le : ce mouvement n’avait rien de spontané. Il a été soigneusement planifié par des militants groupés derrière le journaliste et réalisateur de cinéma François Ruffin.

Nuit debout, naissance avortée d’un « mouvement social » ?
François Ruffin. Le journaliste et réalisateur se place « à la gauche de la gauche ».

Il est né à Calais le 18 octobre 1975 et a été élevé à Amiens. Il a obtenu une maîtrise de lettres et a fondé un journal local, se plaçant « à la gauche de la gauche », Fakir et il a écrit aussi dans Le Monde diplomatique. Durant sept ans, il a participé à l’émission radiophonique sulfureuse de Daniel Mermet « Là-bas si j’y suis ». Il entra en 2000 au Centre de formation des journalistes et en sortit diplômé, deux ans plus tard.

François Ruffin s’est fait connaître du grand public quand il réalisa le film « Merci patron » dans lequel il attaque l’homme d’affaires Bernard Arnault et les décisions qu’il a prises pour certaines usines dans le Nord. Le film aurait enregistré 500 000 entrées, ce qui, selon des spécialistes, aurait procuré 1 million d’euros au réalisateur.

Les positions de M. Ruffin sont assez originales : il soutient le protectionnisme économique et, en même temps, la décroissance. Il cherche à faire se grouper les classes populaires et les intellectuels, ce qu’il nomme la « convergence des luttes », pour voir apparaître un « mouvement populiste de gauche ».

Ayant lancé la campagne « Nous ne voterons plus PS », ayant été proche du Front de gauche, il place aujourd’hui ses espérances révolutionnaires dans un puissant mouvement social – « pas par les urnes » – qui imposerait le changement. Durant tout le printemps, nous avons eu une petite répétition de la manœuvre. Les participants sont restés connectés à Telegram, une application de messagerie cryptée et des dizaines de messages continuent de leur être envoyés parfois pour les « convoquer » à une manifestation.

Le 5 juillet, contre le 49.3 (Loi travail), ils ne furent que 200 devant l’Assemblée nationale. Cependant les Nuit debout, aidés par les réseaux sociaux, ont permis aux plus jeunes d’apprendre le b.a. ba de la lutte sociale. Pour l’instant, à part « pourrir » la campagne présidentielle, ils se demandent pour qui ils vont voter. Une fois de plus, les trublions gauchisants vont alimenter les gros bataillons socialistes. Nul doute qu’ils feront parler d’eux pour manifester contre les résultats des urnes avant d’accepter un os à ronger.

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