Les programmes contre la « radicalisation »

Les programmes contre la « radicalisation »

Il ne s’agit pas, nous a-t-on dit, d’opérer un lavage de cerveau mais d’essayer de guider, de prévenir, en prenant en charge des petits délinquants ou des extrémistes religieux. Après les attentats de Charlie Hebdo et de l’Hyper Cacher, le gouvernement débloqua rapidement de très gros moyens dans ce but. Ce qui n’a pas entraîné, en quelques mois des résultats pondérables.

D’où la nécessité de l’évaluation faite par un « comité de pilotage » installé le 7 juillet. Il était également question de la mise en œuvre d’un comité scientifique cet été. Guillaume Denoix de Saint Marc, directeur général et porte-parole de l’Association française de victimes du terrorisme, l’a bien reconnu : « Tout le monde tâtonne, il est impossible de mesurer l’efficacité des programmes lancés », mais il estime qu’on ne peut laisser livrées à elles-mêmes des « personnes qui sont potentiellement des bombes humaines ».

Une prise en charge des détenus repérés et considérés comme radicalisés ou en passe de l’être, sera effectuée à cette rentrée, dans 27 prisons. Selon le ministre de la Justice, M. Urvoas, il y aurait aujourd’hui sous les verrous, « 1400 radicaux, dont 300 ont un lien avec le terrorisme et 100 sont des condamnés ». Début juillet, est paru un rapport sur le « regroupement des détenus islamistes radicaux dans des unités spécialisées ».

Des conseillers d’Adeline Hazan, contrôleur général des lieux de privation de libertés, ont visité cinq unités spéciales ouvertes. Tout en admettant que le regroupement de détenus islamistes, poursuivis pour association de malfaiteurs, peut sembler paradoxal – il n’est pas étanche par rapport aux autres détenus (sic) –, ils ont estimé, dans leur rapport, qu’il pouvait être utile de tenter une expérience … en fait imposée par l’administration pénitentiaire et la chancellerie.

Les équipes pluridisciplinaires ont bien commencé l’évaluation de la radicalisation. Certains (la moitié) des radicalisés ou en voie de l’être, sont envoyés dans des centres de prises en charge ; les plus endurcis et dangereux sont placés dans des centres de détention pour être maintenus à l’isolement. Chaque étape, chaque méthode, chaque grille de détection… devront être évaluées et rectifiées si besoin est. Il serait question d’étendre le projet aux droits communs.

Il est en conséquence impératif de construire de nouvelles prisons et d’embaucher de nouveaux personnels. Nous pouvons craindre, une fois de plus, que ce nouveau plan bâti sur des hypothèses hasardeuses, ne soit freiné faute de budget ou de résultats tangibles. N’oublions pas que la déradicalisation ne semble pas « marcher ». Plusieurs tueurs des attentats de janvier et novembre, ainsi que ceux de Belgique, avaient été « sermonnés » dans des « centres de déradicalisation ». On a vu le résultat.

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