Désacralisée, le mot n’est ni trop fort, ni inadéquat. En-effet, la justice est une des vertus-piliers de toute société humaine et, à ce titre, nécessite bon nombre d’autres vertus (Force, Intelligence, Crainte de Dieu etc…) qui ne sont pas humaines, mais toutes spirituelles. Ce pays va sombrer dans l’injustice car, le mot « religieusement » avait ceci de marquant, sur des élèves « pas trop mal nés », d’insister sur la gravité de leur fonction. Aujourd’hui, le serment n’est plus qu’une procédure lambda : comme le serment d’Hippocrate-hypocrite.

Lu dans Politique Magazine :

gunduz-agayev-femidead-8Ainsi, depuis le 8 août 2016, date de promulgation de la loi organique sur la magistrature, les jeunes magistrats ne prêteront plus, comme leurs aînés, le serment de « garder religieusement le secret des délibérations ». Ils jugeront de garder ce secret. Mais plus « religieusement ». « Religieusement », c’est fini.

Il s’agit de « dépoussiérer » ? Giscard d’Estaing l’avait fait en son temps pour les jurés de la Cour d’assises qui, depuis, ne prêtent plus serment « devant Dieu »…

La religion disparaît officiellement du monde de la Justice.

Peut-on être plus stupide ? Aux jeunes étudiants qui demandaient, un soir,             « peut-on être chrétien et avocat ? », nous avions répondu spontanément : « Peut-on être avocat et ne pas être chrétien ? ». Bien sûr, nombreux sont les avocats et les magistrats pour qui cette identité religieuse s’est atténuée. L’architecture de nos nouveaux palais de justice – garderons-nous longtemps encore ce nom de « palais » ? – y contribue violemment.

Mais, malgré tout, dès qu’il s’agit de cette fonction qui consiste à disposer de la liberté, de l’honneur, du patrimoine d’autres hommes, comment ne pas sentir qu’elle est forcément      « sacrée » ? « Tu n’aurais sur moi aucun pouvoir s’il ne te l’avait été donné d »En-Haut », dit le Condamné le plus célèbre de l’histoire au modèle des mauvais juges, Ponce Pilate.

La justice des hommes est toujours une affaire de transcendance.

serment-auditeurs-de-justice-1Au nom de quoi des hommes disposent-ils d’autres hommes ? De quel mystère vient cette autorité ? Plus les juges méditent sur eux-mêmes et plus ils prennent conscience du caractère religieux de leur sacerdoce.         « Religieux », au sens fort : qui relie le Ciel et la Terre, l’En-Haut et l’En-bas, et, par là, contribue à la paix des hommes entre eux. D’où les devoirs qui y sont attachés : la réserve, la discrétion, une certaine solitude, une règle de vie, un costume – la robe qui évoque, elle aussi, le personnage consacré.

Quand mesurerons-nous les effets désastreux de notre prétendue laïcité ? Quand l’Islam, à coup de bombes et de camions fous, aura fini par nous réveiller ? Ou, comme Pharaon, au temps de Moïse, resterons-nous aveugles devant les plaies qui accablent l’Égypte ?

Les bons juges, comme les bons avocats, sont attentifs à respecter « religieusement » le serment qu’un jour d’audience solennelle, debout et en robe, la main levée – comme pour le sacrifice du soir -, ils ont prononcé.

Politique Magazine, n°155, octobre 2016

Et dire que l'ancien serment faisait promettre de ne pas pratiquer l'avortement !!!
Et dire que l’ancien serment faisait promettre de ne pas pratiquer l’avortement !!!
Redécouvrez ce dont vous avez bénéficié au jour de votre Confirmation. L’Esprit-saint est Le grand oublié de notre siècle.
Une bonne approche de la fin INTERMÉDIAIRE de la cité. Il est cependant à regretter que la CAUSE FINALE n'y soit pas abordée : le salut post-mortem, conséquence du service de Dieu qui est l'ultime but de la Cité
Une bonne approche de la fin INTERMÉDIAIRE de la cité. Il est cependant à regretter que la CAUSE FINALE n’y soit pas abordée : le salut post-mortem, conséquence du service de Dieu qui est l’ultime but de la Cité.

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.