Ils l’ont fait ! Malgré plusieurs siècles de libéralisme et de déformation des esprits, les roastbeefs (pardonnez l’expression) se sont « fait la malle » devant l’imbécilité consciente institutionnelle des dirigeants de l’Europe de Maastricht. Brexit confirmé. Mais nous, les Français, relayeurs de la Révolution et propagateurs du libéralisme à outrance et de la déresponsabilisation systématique, il nous faudra certainement payer le prix de notre engeance historique de 1789. Alors ne nous réjouissons pas trop vite : entre aujourd’hui et notre libération, il y a l’Enfer à affronter. La France est en ce moment « in caudam » des peuples ; elle ne sera « in caput » qu’après une sévère remise en question. Les anglais nous ont rendus stupides, mais n’ont pas oublié d’être intelligents…

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Vers la libération des peuples

suicide-europe Ils auront été aveugles jusqu’au bout ! Jeudi, le jour du vote, à Bruxelles, à Berlin comme à Paris, le ton était à l’optimisme chez les dirigeants européens, la Grande-Bretagne allait rester au sein de l’Union européenne. Sur quoi se fondait cet optimisme ? Sur le taux de participa­tion inattendu et sans précédent en Grande-Bretagne : 72 %. Si on se ruait sur les urnes c’était pour s’opposer au Brexit, c’est sûr, opinaient-ils. Or, au contraire, c était un plébiscite en faveur de la liberté, la volonté de saisir cette chance d’en finir avec la tutelle bruxelloise pour re­couvrer une pleine sou­veraineté.

immigration-migrants-refugies-europe-syrie-chretien-suicideLa victoire est nette : 52 % contre 48 %. Rien n’a pu entraver la volonté du peuple d’en finir avec cette Europe-là, ni la récupération de l’odieux assassinat d’un député anti-Brexit par un forcené, ni les me­naces de Merkel et Hollande, annonçant la veille du scrutin, qu’en cas de départ, l’Union européenne ne concéderait rien à la Grande-Bretagne, pas même le statut de la Suisse ou de la Norvège. « Les dé­serteurs ne seront pas accueillis à bras ouverts », avait déjà déclaré Jean-Claude Junker, président de la Commission européenne. Les déserteurs, les traîtres donc, doivent être punis. A défaut d’être aimé des peuples, Bruxelles veut s’en faire craindre. On songe à cet écri­teau accroché par les Tchèques aux chars soviétiques en 1968 : « Prolétaires de tous les pays, unissez-vous ou je tire ! »

euro_suicideÀ Londres, les « élites » mondialisées, la haute finance et ses bénéficiaires, les nantis du pouvoir et du savoir, étaient vent debout contre la sortie de l’Union, le petit peuple en ses profondeurs, celui qui souffre de ce dont les autres bénéficient, a massivement voté pour la liberté. Notamment celle de ne point subir la concurrence dé­loyale de travailleurs venus de l’Europe de l’est.

islam-europeEt maintenant ? C’est la peur chez les vaincus ! Pas seu­lement celle de financiers qui, dans la panique, essaient pathétiquement de sauver leur cassette. C’est la peur de la « contagion » à Bruxelles, à Berlin, à Paris entre autres. Car pour ces gens-là la démocratie, c’est une maladie, si ce n est un chancre ! La veille du scrutin, Donald Tusk déclarait que sa « plus grande crainte est qu’un éventuel résultat négatif puisse encoura­ger d’autres eurosceptiques en Europe ». Cette crainte chez les gens d’en-haut, c’est, au contraire, un grand espoir pour ceux d’en-bas, c’est l’annonce d’un puissant vent de liberté qui déjà souffle sur le vieux continent.

En Autriche, l’AfD, qui fut près de la victoire en mai, a promis d’organi­ser un référendum en cas de victoire, tandis qu’aux Pays-Bas, le député Geert Wilders a réaffirmé que les Néerlandais « ont droit à leur référendum aussi ». En République tchèque, le premier ministre a averti ses pairs en février : en cas de Brexit, « un débat sur le retrait de la République tchèque sera à attendre dans quelques an­nées ». Selon Ipsos, 55 % des Français et 58 % des Ita­liens aspirent à organiser leur propre consultation. Ma­rine Le Pen a également appelé à la tenue d’un référen­dum dans l’hexagone. Ce 23 juin marque le début de la libération des peuples européens.

Guy ROUVRAIS

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Présent, n°8637, 25 juin 2016, 1ère de couverture.

 

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