Les « oubliés » de Mayotte

Du moins c’est ainsi que la presse française a présenté les « chômeurs » qui ont, ce printemps, bloqué Mayotte par des manifestations, des barrages, des caillassages, ce qui a encore ajouté aux graves tensions, agressions et vols qui s’y déroulent. Entre 2014 et 2015, on a enregistré 10 000 faits de cette sorte. Les cambriolages en tous genres se sont multipliés depuis deux ans, mais aussi les agressions sexuelles visant les femmes métropolitaines.

Situé au nord du canal de Mozambique, l’archipel de Mayotte, devenu un département en 2011, connaît une croissance démographique accélérée. Elle est provoquée par l’arrivée massive, continue, de Comoriens voisins attirés par un meilleur  niveau de vie. Plus de vingt mille personnes sont en situation irrégulière sur une population totale « officielle » – celle qui est prise en compte pour les aides de l’État – de 212 645 habitants. En réalité elle en compte la moitié de plus. Ce qui explique les difficultés rencontrées.

Selon la ritournelle connue, ce serait la faute de la métropole. En réalité l’État français fait beaucoup : avec un gros effort pour l’éducation de ces milliers de jeunes illettrés, en dotant le département de collèges et lycées, de centres de santé, de routes… Dans les huit dernières années, le budget global à presque doublé. Seulement le flot des immigrants ne s’arrête pas, des femmes comoriennes enceintes continuent de venir accoucher à la maternité de Mamoudzou et la moitié de la population a moins de 18 ans. Le taux de fécondité atteint des records : 4,1 enfants par femme en âge d’en avoir et les sages-femmes de la maternité sont épuisées : en moins de cinq mois cette année, il y a eu 3 400 naissances.

De nombreux habitants mettent clairement en cause l’incapacité des services de l’État et « l’impéritie des élus locaux ». Heureusement les gendarmes font toujours un travail remarquable mais ils se heurtent à l’inertie des autorités des Comores : elles refusent totalement le retour de ses ressortissants illégaux expulsés par les Français ! En moyenne, le préfet reste en place un an et demi.

Quant aux élus, ils ont gardé l’habitude de recruter des membres de leurs familles dans l’administration sans se préoccuper vraiment des compétences : « une fonction publique territoriale composée à 8  % d’agents de catégorie C qui ne répond pas aux besoins » (Le Monde, 21/04/2016). Là-bas aussi le renoncement de l’État à imposer les lois de survie pour la population mahoraise ne peut que conduire à des catastrophes.

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