Jean Vaquié désigne le fascisme comme étant la forme non-libérale de la bourgeoisie, donc autoritaire. En ceci, on peut dire qu’effectivement, l’antifascisme sera prôné par une gauche perdante aux présidentielles, puisque historiquement, le fascisme fut la réponse au communisme. Ce qui est inquiétant, ce sont ces sections de combat bien réelles tout comme leur entraînement. Hollande est à la tête de leur famille de pensée. Dans un contexte de plus en plus tendu sur le plan du sentiment d’insécurité, l’argument aurait pour effet de dévaster l’esprit patriote en lançant sur la France un énième assaut contre une droite qui n’a jamais pour autant représenté le Bien commun. Quid de la guerre civile ? Un autre moyen pour Gog et Maghog d’avancer dans la conquête des esprits, puis des peuples.

Lu dans Les 4 Vérités :

Le week-end dernier, nous avons appris que le PS s’apprêtait à organiser des primaires ouvertes à l’en­semble de la « gauche de gouvernement » en janvier prochain. De toute évidence, cette date est déterminée pour permettre à François Hollande de se présenter et de se confronter à ses adversaires le plus tard possible. Ces primaires sont, à la fois, la marque de la défaite du président et celle de son talent tacticien. Marque de sa défaite, puisqu’il aurait préféré éviter de se présenter aux pri­maires, qui devraient montrer publi­quement les ruines du camp de gau­che et le désastre de son propre bilan…

Mais aussi marque de son talent tac­ticien, car, par cette seule décision, il contraint les frondeurs, Arnaud Montebourg, Martine Aubry et de nomb­reux autres critiques de son propre camp à rentrer dans le rang. Il sera désormais impossible à un socialiste de se présenter comme candidat sans passer par la primaire. Bien que sa cote de popularité soit catastrophique, François Hollande se présente donc, paradoxalement, avec davantage de chances qu’en 2011. L’appareil du parti va, selon toute vraisemblance, « rouler » pour lui, ne serait-ce que grâce à la puissante motivation des investitures législati­ves. La situation politique peut certes continuer à s’enfoncer et François Hollande devra peut-être jeter l’épon­ge. Mais, à l’heure actuelle, il a donc de très sérieuses chances d’être dési­gné, s’il le souhaite, comme le candi­dat de la « gauche de gouverne­ment ».

Logiquement, pour les mêmes raisons d’investitures législatives, on peut penser que les Verts et les communis­tes, très sévères sur le quinquennat, ne vont pas pousser l’affrontement jusqu’à risquer de disparaître de la carte électorale. Quant à l’extrême gauche, qui mar­que en ce moment beaucoup de points, le président fait sans doute le pari — très raisonnable — qu’elle par­tira en ordre dispersé. Or, autant l’ex­trême gauche unie est plus forte que le PS et ses alliés, autant l’extrême gauche divisée ne peut pas dépasser le PS au premier tour.

François Hollande a donc toujours de sérieuses chances d’être le candidat de la gauche le mieux placé à l’issue du premier tour de 2017. Cela lui suffira-t-il à gagner ? Pour le moment, non. Mais les divisions à droite ne sont pas moins importantes qu’au sein du PS. Et, si la droite arri­ve en ordre dispersé, elle peut aussi ne pas être au deuxième tour. En attendant, François Hollande et ses acolytes préparent manifestement des coups tordus, partant du principe qu’avec 11 % d’opinions favorables, il n’est pas possible de gagner « à la loyale ». L’imagination n’étant plus au pouvoir depuis longtemps chez les socialistes, on peut d’ores et déjà dire à quoi ressembleront ces coups tor­dus. De toute évidence, il s’agira de « sau­ver la république » menacée par le péril fasciste ».

Nous avons eu, en ce sens, l’arrestation opportune d’un « terroriste d’extrême droite » en Ukraine. Nous avons eu aussi la déclaration troublante du patron de la DGSI, Patrick Calvar, annonçant à l’Assemblée que ses servi­ces s’intéressaient de plus en plus à  » l’ultra droite » et s’attendaient à une « prochaine confrontation ». Chacun sait que les groupuscules violents sont largement infiltrés par des officines plus ou moins ragoûtantes et plus ou moins liées au pouvoir. Nul besoin d’ê­tre paranoïaque pour deviner ce que certains agents zélés pourraient faire pour donner à ces déclarations un tra­gique début de réalité…

On peut aussi relever la sorte d’atten­tisme qui entoure les déclarations d’Henry de Lesquen, président de Radio Courtoisie, qui a produit plu­sieurs déclarations ahurissantes en faveur du « racisme républicain » ou s’interrogeant sur la longévité des déportés. Or, au micro de Radio Courtoisie, bien des personnalités de droite se sont succédé. Comment ne pas penser que le pouvoir socialiste pourrait les mêler toutes dans un opprobre commun ?

Par ailleurs, depuis des mois, des acti­vistes d’extrême gauche s’entraînent presque 24 heures sur 24 à la guérilla urbaine. Croit-on vraiment que ces « compétences » ne vont servir à rien ? Là encore, nul besoin d’être conspirationniste pour comprendre que ces centaines de militants ultra-violents (et bien identifiés, eux !) seront utilisées en cas d’accession de Marine Le Pen au second tour — et peut-être même en cas de victoire d’un candidat LR plus attaché aux convictions de droite qu’Alain Juppé.

La situation est explosive. Et le prési­dent, naguère élu sur des promesses d’apaisement, jette de l’huile sur le feu, pour de méprisables raisons élec­toralistes…

Les 4 Vérités, n°1049, 24 juin 2016, p.8.

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