Les candidats à la présidentielle entrent en lice les uns à la suite des autres, c’est un vrai jeu du cirque. Il est loin le temps ou un chef d’état avait une vision sur 20, 30 ans, et pouvait appliquer une politique de long terme. Avec le quinquennat, les politiques jouent à la chaise musicale tous les 5 ans, et ne travaillent réellement à diriger que pendant 3 ans, pour préparer les élections suivantes.

Lu dans Les 4 Vérités :

En novembre prochain, les candidats à l’élection présidentielle pourraient être une bonne trentaine. À l’U.M.P républicaine, c’est-à-dire au centre-droit, on en compte déjà une douzaine. Au centre droit et gauche, on pourrait en avoir trois — le dernier candidat étant une candidate, du nom de Rama Yade. À l’extrême-gauche, on devrait en avoir trois également, le porte-drapeau étant Mélen­chon. À droite, on a Marine Le Pen, présiden­te du F.N, divisé en trois courants (et avec un programme économique et financier très à gauche).

Enfin, à gauche, François Hollande se présen­te comme étant le candidat naturel des gau­ches. Entièrement mobilisé, il se dit sûr d’êt­re réélu — à la condition toutefois d’être le seul représentant la gauche, c’est-à-dire sans primaire, et d’avoir Sarkozy pour adversaire. « Sans doute, dit-il, suis-je méprisé, mais Sar­kozy, grâce auquel j’ai été élu en 2012, est détesté. Les Français choisiront le moins mauvais et je serai réélu. »

Sous des dehors bonhommes et détachés, Hollande mène une campagne tous azimuts. La distribution des cadeaux aux électeurs se chiffre déjà à quelque 5 milliards d’euros, tirés de la poche des contribuables, et l’opé­ration ne fait que commencer ! Mais un cer­tain nombre de camarades ne l’entendent pas de cette oreille. Montebourg, Hamon, Valls, Macron, ou Aubry sont prêts à le bous­culer. « Le président ne tient plus que par la force des institutions, écrit Le Figaro du 13 mai. C’est un président hors-sol. Toutes les jonctions sont coupées avec l’opinion et dés­ormais avec sa propre majorité… » Le Monde, pour sa part, dans son édition du 17 mai, souligne sous la plume de Michel Wieviorka : « Dans ces dernières années, la gauche de François Hollande a dirigé le pays sans vision, sans colonne vertébrale, à grands renforts de jeux politiciens… Son inconstance et son inconsistance, aujourd’hui manifestes, éclatent au grand jour… » Ceci étant, on finira probablement par avoir un duel entre Marine Le Pen et Alain Juppé. On notera à ce propos, que « le meilleur entre nous » se dit aujourd’hui libéral. Fort bien, mais lorsqu’il fut Premier ministre en 1995, la première décision qu’il prit fut d’augmenter l’ISF de 10 %. Ayant osé mettre en oeuvre un début de réforme des retraites, il eut aussitôt contre lui les syndicats qui paralysent le pays — CGT communiste en tête, qui, bien qu’elle ne représente que 2,6 % des salariés, est largement subven­tionnée par l’impôt.

En 2017, ces syndicats seront encore là avec le même programme qui fait que la France vit sous un régime d’inspiration communiste tempéré par l’anarchie. On en connaît le bilan.

On ne voit donc pas comment et avec qui la France pourrait se relever.

Pour autant, tout n’est pas désolant dans cette gouvernance. Elle offre parfois un pit­toresque spectacle, comme celui présenté ces jours-ci par la presse sur des pages entiè­res.

Ainsi apprend-on que certains députés hété­rosexuels se rendent coupables de harcèle­ment sur les femmes qui s’aventurent sous les lambris dorés du parlement. Le plus en vue de ces harceleurs démocratiques et citoyens est un certain Denis Baupin, marié en 2015 à Emmanuelle Cosse, ministre du Logement et égérie des Verts. Ce serait une sorte de Strauss-Kahn, dont on connaît les exploits à travers le monde, mais vert plutôt que rose — rose-vert si vous préférez. Tou­jours est-il que ce député, vice-président de l’Assemblée nationale, est communément appelé à la chambre « Denis main au c… ». C’est Le Monde du 19 mai, grand quotidien de gauche, qui nous l’apprend, précisant encore que des députés de tous horizons et même des ministres organisent des réunions dans le seul but de « lever des filles » (sic), assistantes ou collègues en jupes. Une d’ent­re elles reçut à la tribune de l’Assemblée nationale ce message: « Ta jupe est trop lon­gue, il faut la raccourcir. » Et, comme l’huma­nitaire est toujours présent à l’esprit des élus du peuple, certains font des massages à leurs charmantes collègues. Si vous voulez en savoir plus, lisez la grande presse…

En tout cas, trop, c’est trop, si bien que 17 anciennes ministres viennent de déclarer so­lennellement que, victimes de ce harcèle­ment parlementaire, elles ne se tairaient plus. Parmi ces malheureuses victimes et rebelles, figurent Nathalie Kosciusko-Morizet, Ségolène Royal, et même Marilyse Lebranchu. Alors que faire? Certains archan­ges de vertu disent: « Il faut couper les mains baladeuses. » Ce serait une solution, mais je crains qu’elle ne soit pas conforme aux droits de l’homme. Le mieux, dans un esprit apaisé et social, serait de rendre obli­gatoire pour toutes les dames se rendant au parlement le port de la burqa intégrale comme en Afghanistan. Ce vêtement ample, noir et triste serait disponible dans le ves­tiaire de nos deux chambres. Ainsi les ardeurs de nos parlementaires masculins s’é­teindraient d’elles-mêmes. Comment prati­quer le massage de cette forme ambulante sombre et lugubre. Ce serait impossible.

Trêve de plaisanterie ! La vérité, c’est qu’à l’incurie, trop nombreux sont ceux qui ajou­tent le ridicule.

On sait ce que vaut la « république irrépro­chable » annoncée par François Hollande en 2012. Comment peut-on prendre sérieux une gouvernance dans le chef a non seulement prouvé son incompétence, mais a montré « l’exemple » en allant en scooter retrouver une fille rue du Cirque ?…

Christian Lambert

Les 4 Vérités, n°1045, vendredi 27 mai 2016, p.5.

 

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