Fatima et le Portugal du XXe siècle

Deux ouvrages viennent de paraître récemment et sont liés à l’histoire du Portugal au XXe siècle. Très différents l’un de l’autre, ils sont chacun d’un très grand intérêt et, surtout, ne doivent pas être négligés dans les temps d’incertitude auxquels nous sommes aujourd’hui confrontés.

Le premier est la réédition d’un titre paru en 1976 : Le Message d’Amour du Cœur Immaculé de Marie à Fatima (Ed. de Chiré), écrit par un prêtre capucin, le père Stanislas du Chambon-Feugerolles. Il est longuement présenté lors d’un entretien avec Mickaël Savigny publié dans le numéro 60 (avril 2016) de notre revue sœur Lecture et Tradition.

Le second est également une réimpression : Salazar, par Jacques Ploncard d’Assac (qui fut pendant de longues années l’un de nos plus proches collaborateurs). Il était initialement paru en 1967 aux Éditions de la Table Ronde et fut réédité, en 1983 par Dominique Martin Morin. C’est sous cette même marque qu’il vient d’être réimprimé et qu’il peut être résumé en ces quelques mots : « Un demi-siècle de vie politique portugaise et européenne par un intime et collaborateur de Salazar ».

Or, nous venons de prendre connaissance du témoignage d’un « internaute » qui rapporte les faits suivants (cf. Nouvelles de France) :

Le président Salazar attribuait la renaissance du Portugal à Notre-Dame de Fatima, mais lui-même en a été l’instrument prédestiné. En juin 1952, Douglas Hyde, ex-directeur d’un journal communiste anglais, vint à Fatima remercier Notre-Dame de sa conversion et rendit visite à Salazar. Il lui demanda : La renaissance spirituelle du Portugal ne serait-elle pas liée à Fatima ? C’est l’opinion générale ici, tous pensent ainsi et… moi je suis de ce nombre, mais nous ne devons pas pour cela nous enorgueillir. Congréganiste de Notre-Dame à l’âge de treize ans, Salazar disait volontiers : Notre-Dame est pour moi une intime Amie. Et l’on peut dire que c’est à sa prière que le Portugal doit d’avoir été épargné par la guerre.

En effet, quand Hitler fit connaître son intention d’envahir le Portugal, Salazar passa la nuit entière à téléphoner au généralissime Franco pour le convaincre de ne pas permettre aux troupes allemandes de traverser l’Espagne, et, en même temps, il ne cessait de réciter le chapelet. Il passa ainsi la nuit avec une main au téléphone et son chapelet dans l’autre. Et le miracle se produisit.

On n’est pas étonné que, connaissant la campagne qui se faisait contre le chapelet, il prononça textuellement ces paroles : On est en train de mettre de côté la récitation du chapelet. Quelle catastrophe ! Ne récitez pas le chapelet et vous verrez ce qui arrivera ! Notre-Dame aime beaucoup cette dévotion, on doit la maintenir dans notre Patrie.

Il est bon de dire quelques mots complémentaires à propos de la réédition de Salazar.

Dans la préface que Jacques Ploncard d’Assac avait rédigé pour la 2e édition (1983), il avait reproduit un extrait de la critique parue dans la Revue des Deux Mondes à la sortie de la première édition (août 1967) :

« Ce qui frappe dans ce portrait c’est qu’il ne répond en rien à ce qu’on attend qu’il soit. Il est pratiquement le maître du Portugal depuis trente-cinq ans, mais il vit à l’écart des honneurs et de la foule. Une certaine opinion occidentale le traite en dictateur. Il n’aime ni le faste, ni les prestiges du pouvoir, ni la guerre. Il parle peu, il se montre peu, il agit en sage. Ce qu’il offre, c’est une leçon de patience, d’humilité. Il est prudent. Il sait que la facilité est de détruire, de bouleverser. Il s’y refuse. Il ne claironne pas des devises triomphantes. Il répète que la civilisation est un bien durement acquis, qu’une génération, qu’une saison, n’ont pas le droit de compromettre ce qui leur fut donné, légué par l’effort des pères. Il dit : « On ne gouverne pas des anges dans l’espace, mais des hommes sur la terre qui sont comme ils sont, et non comme quelques-uns voudraient qu’ils fussent ».

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